Deux militants du Bloc québécois sur trois rejettent le leadership de Martine Ouellet.

Bloc québécois: un maigre 32% d'appui pour Ouellet

MONTRÉAL - Martine Ouellet a perdu son pari: les membres du Bloc québécois ont majoritairement rejeté son leadership à plus de de 60%, même s’ils ont accepté la mission résolument indépendantiste qu’elle souhaitait donner au parti.

Pas moins de deux militants sur trois (2/3) ont rejeté le leadership de Mme Ouellet, selon les résultats dévoilés dimanche par le président de la consultation référendaire, André Binette. Ce n'est qu'un maigre 32% des gens qui auraient voté en sa faveur. 

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Pourtant, amère consolation pour elle, une majorité de militants ont appuyé l’orientation que Mme Ouellet proposait.

Ainsi, 65% des votants ont approuvé que l’idée que le Bloc québécois doit dans ses actions quotidiennes, être le promoteur de l’option indépendantiste en utilisant chaque tribune et chaque occasion pour démontrer la nécessité de l’indépendance du Québec tant avec les militants, les citoyens qu’avec les médias et au Parlement d’Ottawa d’ici l’indépendance.

Mme Ouellet a été informée des résultats une heure avant leur dévoilement. Elle ne les a pas encore commentés, mais elle compte réagir lundi au cours d’une conférence de presse.

Un de ses conseillers, Gilbert Paquette a refusé de dire si la chef démissionnera dès lundi. On le saura demain, dit-il.

M. Paquette explique cette défaite par la campagne médiatique menée, selon lui, contre Mme Ouellet et tous ceux qui l’appuyaient. D’après lui, tout ce qu’on peut reprocher à Mme Ouellet, c’est d’avoir perdu ce vote.

«Écoutez, il y a eu deux efforts de médiation, il y a eu une invitation des députés dissidents au bureau national du Bloc qui a été refusée. Il n’y a pas eu possibilité d’une discussion avec les gens qui s’opposaient à son leadership», a-t-il soutenu.

Les deux députés qui appuyaient toujours Mme Ouellet, Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill, se sont dits déçus du résultat concernant leur chef, mais ils étaient soulagés que les membres aient accepté la mission fondamentalement indépendantiste du parti.

«C’est l’article un, c’est la quatrième fois qu’on se prononçait là dessus. Et là c’est clair, les gens ce qu’ils veulent, c’est une promotion active et assumée de l’indépendance», a confié Mme Gill.

Les deux députés n’ont pas voulu se prononcer sur l’avenir de Mme Ouellet, ou sur une possible course à la direction.