Politique

Trudeau réitère sa confiance envers l’Espagne pour régler la crise catalane

MONTRÉAL - Le premier ministre fédéral Justin Trudeau a réitéré sa confiance en la capacité du gouvernement et du peuple espagnols pour régler d’une manière qui respecte la liberté d’expression la crise liée à la question nationale en Catalogne.

M. Trudeau s’est exprimé dimanche sur la question alors qu’il rencontrait son homologue espagnol Pedro Sanchez dans la métropole québécoise.

Au cours d’une conférence de presse commune, des journalistes ont demandé à M. Trudeau s’il appuyait le droit à l’autodétermination du peuple catalan.

«De toute évidence, je reconnais qu’il s’agit d’une question interne délicate. J’ai confiance en le peuple espagnol et les gouvernements pour progresser dans le respect de la liberté d’expression, des valeurs, des droits de la personne, de la primauté du droit et de la constitution espagnole «, a déclaré M. Trudeau.

Selon lui, les gouvernements espagnol et catalan cherchent à trouver une solution. Il a dit de ne pas avoir abordé le sujet avec son homologue espagnol.

Des milliers et des milliers de militants indépendantistes catalans ont manifesté la semaine dernière à Barcelone pour célébrer l’anniversaire des manifestations ayant précédé le référendum sur l’indépendance en Catalogne.

Le 1er octobre marquera le premier anniversaire du référendum remporté par les indépendantistes. Mais, le processus démocratique a été déclaré illégal par le gouvernement central et des politiciens indépendantistes ont été emprisonnés ou empêchés de se présenter aux élections subséquentes.

Après une tentative avortée de déclaration d’indépendance, tous les partis politiques présents à l’Assemblée nationale du Québec avaient adopté à l’unanimité une résolution condamnant l’autoritarisme du gouvernement espagnol à l’égard de la Catalogne.

M. Trudeau a dit aux journalistes que «le Canada reconnaissait une Espagne unie».

Les événements en Catalogne n’ont pas non plus empêché le premier ministre canadien d’annoncer «une collaboration accrue» avec l’Espagne.

«Le Canada et l’Espagne continueront de travailler ensemble pour lutter contre les changements climatiques, promouvoir l’égalité des sexes et bâtir un monde plus pacifique et plus sûr. Ensemble, nous pouvons créer de nouveaux emplois et de nouvelles opportunités pour les gens des deux côtés de l’Atlantique», a déclaré M. Trudeau.

Égalité des sexes

Plus tôt, M. Sanchez avait eu droit aux honneurs militaires à son arrivée.

Les deux chefs de gouvernement ont discuté de l’égalité des sexes, de la sécurité, de la migration et des relations commerciales entre les deux pays, a mentionné M. Trudeau.

M. Sanchez a ajouté que la réunion était importante dans le contexte de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York cette semaine afin de «donner un message commun (...) et afin de renforcer les organisations multilatérales telles que les Nations Unies».

Il s’agissait de la première visite d’un chef de gouvernement espagnol au Canada depuis 2002, selon M. Sanchez.

Politique

Justin Trudeau rencontre son homologue espagnol Pedro Sanchez

MONTRÉAL — Le premier ministre Justin Trudeau accueillera dimanche, à Montréal, son homologue espagnol Pedro Sanchez.

Il s’agira d’une deuxième rencontre bilatérale entre les deux hommes, qui s’étaient entretenus à Bruxelles, en Belgique, le printemps dernier lors du Sommet de l’OTAN. C’était peu après l’assermentation officielle du premier ministre Sanchez à titre de président du gouvernement espagnol, le 1er juin.

Dans un communiqué, le premier ministre Trudeau précise que les discussions porteront notamment sur les emplois et les opportunités créés par l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, autant pour les entreprises que les citoyens.

Les deux dirigeants examineront également des avenues de collaboration plus étroite pour promouvoir la paix et la sécurité internationales, et pour faire avancer l’égalité des sexes.

Le Canada et l’Espagne entretiennent une relation économique en croissance. L’an dernier, les exportations de marchandises du Canada vers l’Espagne totalisaient 1,6 milliard de dollars. Les importations de produits en provenance de l’Espagne s’élevaient pour leur part à 2,8 milliards de dollars.

Quant aux investissements canadiens en Espagne, ils étaient évalués à 6,4 milliards de dollars en 2017.

Politique

Sommet «historique» pour 15 femmes ministres des Affaires étrangères

MONTRÉAL — La quinzaine de femmes ministres des Affaires étrangères réunies vendredi et samedi à Montréal pour un premier sommet «historique» ont promis de se retrouver régulièrement pour faire prévaloir une «perspective féminine» dans la politique internationale.

«Cette réunion a constitué pour les femmes ministres des Affaires étrangères une occasion historique de mettre en application une perspective féminine sur des questions d'ordre international», a expliqué samedi la co-présidente du sommet, la chef de la diplomatie canadienne Chrystia Freeland, lors d'un point presse à l'issue de la réunion.

«Nous n'avons pas discuté de questions sur les femmes [...] mais nous avons discuté de questions qui sont notre quotidien, de la Syrie à l'Ukraine au Nicaragua à la prévention des conflits ou au développement durable», a de son côté souligné Federica Mogherini, représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, à l'origine de ce sommet qu'elle coprésidait avec Mme Freeland.

Les ministres partageront le fruit de leur réflexion la semaine prochaine lors de réunions ministérielles dans le cadre de la 73e Assemblée générale de l'ONU à New York, selon Mme Mogherini.

La quinzaine de femmes chefs de leur diplomatie — soit la moitié des femmes ministres des Affaires étrangères que compte la planète — sont convenues de se revoir régulièrement, de façon informelle, au plus tard dans un an, a expliqué Mme Mogherini.

«Nous avons planté une graine qui, je pense, va devenir une plante produisant de belles fleurs», a prédit la responsable européenne.

«Il ne s'agit pas de créer un ghetto rose, bien au contraire», a insisté Mme Freeland. «Il s'agit de souligner l'importance et le rôle et les droits des femmes et des filles dans le monde, il s'agit de parler de la façon dont les femmes en position de pouvoir peuvent s'impliquer particulièrement dans la défense de ces droits.»

Un ambassadeur pour les femmes

Par ailleurs, le Canada créera un nouveau poste d'ambassadeur dédié aux femmes, à la paix et à la sécurité, a annoncé samedi Chrystia Freeland.

La ministre canadienne n'a pas donné beaucoup de précisions, mais a souligné que le futur ambassadeur (ou ambassadrice) aiderait à promouvoir les programmes d'aide aux femmes et à promouvoir la participation féminine dans le maintien de la paix et la résolution des conflits.

À l'issue du sommet samedi après-midi, une dizaine de participantes ont symboliquement déposé des fleurs sur de petites stèles érigées dans un parc de Montréal en mémoire à 14 femmes tuées en 1989 lors de la tuerie de l'école Polytechnique. Le tueur, qui visait les femmes par haine, avait blessé 14 autres personnes.

Outre Mmes Freeland et Mogherini, la conférence a réuni les ministres d'Afrique du Sud, d'Andorre, de la Bulgarie, du Costa Rica, de Croatie, du Ghana, du Guatemala, d'Indonésie, du Kenya, de Namibie, de Norvège, du Panama, de Sainte-Lucie et de Suède.

Avec La Presse canadienne

Politique

60 000$ par an pour la nourriture lors des réunions du conseil des ministres

Le régime minceur imposé à l'État québécois n'a pas coupé l'appétit de nos gouvernants.
Au cas où les membres du gouvernement auraient un petit creux entre deux décrets, Québec met de côté 60000 $ par année pour qu'on leur serve leurs plats favoris lors des réunions du cabinet, selon des documents obtenus du Conseil exécutif par La Presse Canadienne.

Politique

La cérémonie en hommage à Lise Payette est reportée en octobre

QUÉBEC — La politique aura marqué la destinée de Lise Payette jusqu'à la toute fin.

En raison de la campagne électorale, la cérémonie prévue en hommage à l'ex-ministre souverainiste a été reportée au mois d'octobre, à une date qui n'est pas encore déterminée, selon les informations obtenues par La Presse canadienne, jeudi.

La famille de Mme Payette, décédée le 6 septembre à l'âge de 87 ans, veut ainsi éviter de tenir cette cérémonie dans le contexte politique particulier associé à une campagne électorale.

Deux semaines après le décès de l'ex-ministre péquiste dans le gouvernement de René Lévesque, journaliste, animatrice et auteure de téléromans, à peu près tout reste encore à faire, a-t-on appris, avant de pouvoir préciser la date, le lieu et la teneur de «l'hommage national» que le Québec veut rendre à celle qui fut une des pionnières du féminisme québécois.

Les proches de Mme Payette et les personnes chargées du protocole au ministère des Relations internationales sont en discussion depuis deux semaines en vue de fixer les contours de la cérémonie, mais peu de décisions ont été prises jusqu'à maintenant.

Il faut dire que cette cérémonie, qui marquera un précédent, revêtira un caractère un peu particulier. Il faut en quelque sorte inventer une formule, Mme Payette ayant indiqué qu'elle ne voulait pas de cérémonie religieuse.

Au lieu des traditionnelles «funérailles nationales», très encadrées et célébrées dans une église, on devra donc préparer un «hommage national» laïc, à la hauteur de la contribution apportée par la disparue à la société québécoise.

À l'hôtel de ville?

Selon les informations obtenues, dans ses dernières volontés, Mme Payette n'a pas exprimé de demandes particulières liées au rite funéraire à privilégier dans son cas.

Dans tous les cas de figure, les décisions reviendront à la famille de la défunte. Le gouvernement propose des scénarios en fonction des désirs exprimés par la famille de la disparue, ses trois enfants et sa petite-fille. En bout de ligne, c'est la famille qui dispose.

Le lieu de rassemblement n'est pas encore choisi, mais la cérémonie devrait se tenir à Montréal. La famille a proposé l'hôtel de ville de Montréal, comme scénario possible, mais aucune décision n'est encore arrêtée.

Aucune date n'est encore envisagée. Un scénario possible: la cérémonie pourrait avoir lieu quelque part à la mi-octobre, soit plus d'un mois après le décès.

On chercherait ainsi à laisser passer la campagne électorale, le scrutin du 1er octobre et la période de transition qui suivra, incluant le Sommet de la Francophonie en Arménie et l'assermentation du futur gouvernement, attendue vers le 15 octobre.

Mais le scénario de la première semaine d'octobre n'a pas encore été écarté non plus.

Cérémonie ouverte au public

On sait par contre que l'urne contenant les restes de la défunte sera exposée lors de la cérémonie officielle avec les dignitaires, qui devrait durer environ une heure.

Elle sera suivie d'une autre cérémonie, sur les lieux mêmes, ouverte au grand public.

La liste des artistes présents et des personnes invitées à témoigner durant la cérémonie n'est pas encore dressée.

Un registre de condoléances sera également mis en ligne.

Politique

Conseil municipal de Toronto: la cour d’appel de l’Ontario donne raison à Doug Ford

TORONTO - Le plus haut tribunal ontarien a suspendu une décision qui avait bouleversé les plans du gouvernement provincial visant à réduire la taille du conseil de ville de Toronto en pleine élection municipale.

La victoire juridique du gouvernement progressiste-conservateur signifie que le personnel de la ville peut immédiatement se concentrer sur la planification d’une élection à 25 conseillers et abandonner le modèle à 47 conseillers que la décision du tribunal inférieur avait imposé.

Cela signifie également que le gouvernement n’aura pas à aller de l’avant avec une nouvelle loi sur la réduction de la taille du conseil municipal, qui invoquait une disposition constitutionnelle connue sous le nom de clause nonobstant pour passer outre la décision du tribunal inférieur.

La province avait soutenu que la suspension était nécessaire pour éliminer l’incertitude entourant le vote du 22 octobre et la Cour d’appel s’est montrée d’accord.

«Il n’est pas dans l’intérêt public de permettre que les élections imminentes se déroulent sur la base d’une décision douteuse qui invalide une législation dûment adoptée par la législature», a écrit le panel de trois juges.

La Cour d’appel a rejeté les arguments des opposants à la suspension selon lesquels la province était responsable du chaos entourant l’élection et ne devrait donc pas obtenir l’aide des tribunaux.

«Nous n’acceptons pas l’affirmation des intimés qui estiment que parce que l’Ontario a exercé son pouvoir législatif pour adopter le projet de loi 5, il n’a pas les ''mains propres'' et ne devrait pas avoir droit à l’aide de cette cour», a ajouté le panel.

Un juge ontarien a déterminé, la semaine dernière, que le projet de loi 5 de la province, qui fait passer le conseil municipal de Toronto de 47 à 25 sièges, viole le droit à la liberté d’expression des candidats et des électeurs.

Le premier ministre Doug Ford a contesté la décision et pris la décision sans précédent d’invoquer la disposition de dérogation en déposant son projet de loi, afin de faire adopter son plan.

Le nouveau projet de loi ne sera soumis à un vote final que jeudi, au plus tôt, et les avocats de la province ont déclaré que les élus ne procéderaient pas au vote si la suspension était accordée.

Rentrée parlementaire sous le signe de l’incertitude à Ottawa

OTTAWA — Les députés fédéraux sont de retour à Ottawa lundi pour la reprise des travaux parlementaires. Les libéraux de Justin Trudeau auront un an pour convaincre les électeurs de les réélire en octobre 2019. Parmi leurs priorités, deux projets de loi. L’un pour la mise en oeuvre la nouvelle mouture du Partenariat transpacifique, un accord de libre-échange conclut avec dix pays de la région du Pacifique, l’autre sur l’équité salariale. Mais des dossiers sur lesquels le gouvernement Trudeau a moins de contrôle risquent de l’accaparer. Les partis d’opposition auront aussi leurs propres chats à fouetter.

ALENA

La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain n’est toujours pas terminée malgré la date butoir qui ne cesse d’être repoussée. La pression est forte pour qu’une entente soit conclue avant le 1er octobre. C’est le jour où elle doit être présentée au Congrès américain pour qu’elle soit en vigueur avant l’entrée en poste en décembre du nouveau président mexicain Andrés Manuel López Obrador. Les États-Unis ont déjà signé un accord avec le Mexique auquel le Canada pourrait se joindre. Le président américain Donald Trump a déjà menacé d’exclure le Canada si les négociateurs canadiens et américains n’arrivent pas à s’entendre. Les Américains veulent des concessions sur la gestion de l’offre au grand dam des producteurs de lait.

Marijuana

La consommation de cannabis sera légale le 17 octobre, soit un mois jour pour jour après la reprise des travaux. Comment cela se passera-t-il ? Les provinces ont adopté des régimes différents pour encadrer la vente de cette drogue. Par exemple, le Québec a choisi d’interdire la culture à domicile, alors que la loi fédérale permet de faire pousser jusqu’à quatre plants. Déjà, on s’attend à des contestations judiciaires. Le cannabis sera vendu par l’entremise de la Société québécoise du cannabis, alors que l’Ontario a récemment choisi de s’en remettre au secteur privé.

Trans Mountain

Plusieurs questions demeurent en suspens depuis que la Cour d’appel fédérale a stoppé le projet d’expansion de l’oléoduc pour une durée indéterminée. Le gouvernement a acheté l’oléoduc déjà existant pour 4,5 milliards $ et s’est engagé à mener à terme le projet d’expansion qui triplerait sa capacité. Trois options s’offrent à lui: interjeter appel devant la Cour suprême, adopter une loi pour affirmer la compétence du gouvernement fédéral en la matière ou refaire ses devoirs comme le recommande la cour. L’augmentation de la circulation de pétroliers près de la côte ouest soulève la controverse en Colombie-Britannique tandis que l’Alberta tient mordicus à ce projet qui permettrait d’exporter davantage de pétrole des sables bitumineux vers l’Asie.

Changements climatiques

Le plan du gouvernement fédéral pour lutter contre les changements climatiques fait face à une vague d’opposition, alors qu’il doit entrer en vigueur dans moins de six mois. La province de l’Ontario s’est récemment retirée du marché du carbone et a joint la contestation judiciaire de la Saskatchewan. Puis, l’Alberta a annoncé qu’elle n’y participerait plus après le jugement de la Cour d’appel fédérale sur l’oléoduc Trans Mountain. Ottawa prévoit imposer dès janvier 2019 une taxe sur le carbone de 10 $ la tonne aux provinces qui refuseront de mettre un prix sur leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette taxe augmentera de 10 $ par année pour atteindre 50 $ la tonne en 2022.

Division chez les conservateurs?

Maxime Bernier arrivera-t-il à recruter suffisamment de membres avec son nouveau parti pour diviser les conservateurs ? Lorsqu’il avait claqué la porte du parti en août, ses anciens collègues l’avaient accusé de vouloir aider Justin Trudeau à obtenir un deuxième mandat. L’ex-premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney l’a également mis en garde contre une division du vote de la droite. Qu’à cela ne tienne, le député de Beauce veut rallier les gens qui en ont assez de la rectitude politique. Son objectif est de présenter 338 candidats du Parti populaire du Canada en 2019.

Les défis du NPD

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh pourra-t-il enfin siéger à la Chambre des communes ? Il se prépare déjà pour l’élection partielle dans Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique, dont la date est toujours inconnue. La fin des travaux parlementaires en juin avait été plutôt difficile pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) après le résultat peu satisfaisant de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord. M. Singh avait alors promis de se retrousser les manches. Il a donc effectué une tournée estivale dans cinq régions du Québec pour mieux se faire connaître et apprendre à mieux connaître les Québécois. La grogne se fait également sentir en Saskatchewan où on lui reproche d’avoir exclu le député Erin Weir.

Retour au Bloc québécois?

L’automne sera-t-il ponctué par la réconciliation des cinq députés de Québec avec ceux du Bloc québécois ? C’est ce qu’espère le chef intérimaire bloquiste, Mario Beaulieu. Le parti a décidé de se lancer dans un projet de refondation dans l’espoir de ramener les cinq députés dans ses rangs. Il a également formé un exécutif composé de représentants des deux clans: ceux qui appuyaient le leadership de Martine Ouellet et ceux qui s’y opposaient. Les canaux de communication sont ouverts entre Québec debout et le Bloc québécois, mais les deux formations attendent le dénouement de l’élection au Québec avant de poser publiquement quelque geste que ce soit.

Politique

Maxime Bernier baptise sa formation Parti populaire du Canada

OTTAWA — Un parti de «populistes intelligents» qui n'a pas peur des «tabous» et rien à faire de la rectitude politique et du clientélisme : voilà le véhicule que souhaite être le Parti populaire du Canada (PPC) dont Maxime Bernier a annoncé la création, vendredi.

Le député indépendant a jeté les bases du parti dont il sera le chef en expliquant avoir arrêté son choix sur ce nom, car il est «temps de remettre le pouvoir entre les mains des gens» et libérer «les citoyens ordinaires» de l'emprise des groupes de pression, cartels et lobbies.

Il veut accueillir sous la tente du PPC une «coalition de gens qui sont désabusés des politiciens qui disent une chose un jour et le contraire le lendemain», des libéraux de l'ère Chrétien et Martin qui sont déçus des déficits et des «gens qui sont plutôt socialistes».

«Ce que je fais, je fais de la politique, peut-être, de populisme intelligent, basée sur des réformes sérieuses, des réformes nécessaires, des politiques publiques sérieuses et bien songées», a argué Maxime Bernier en conférence de presse à Ottawa.

«Donc je n'ai pas de problème à avoir l'étiquette de populiste intelligent», a tranché celui qui aime également celle de «Mad Max».

Parmi les réformes qu'il mettrait en oeuvre figure celle du système d'immigration. Sous un gouvernement Bernier, il y aurait davantage de nouveaux arrivants économiques et moins de réfugiés — et tous ces immigrants devraient «partager nos valeurs», a prévenu le politicien.

«Si un nouveau Canadien pense que les gais n'ont pas de droits au Canada, et qu'on devrait pendre les gais [...], je pense que cette diversité-là n'est pas voulue», a-t-il fait valoir, sans pour autant préciser comment le filtrage s'effectuerait.

À l'époque où il faisait campagne pour se faire élire à la tête du Parti conservateur du Canada (PCC), Maxime Bernier avait raillé la proposition de l'une de ses rivales à la chefferie, Kellie Leitch, d'imposer aux candidats à l'immigration un test des valeurs canadiennes.

Une sélection de valeurs à l'entrée est «une des solutions», a souligné vendredi l'élu de Beauce. «Je ne dis pas que ce serait la solution. Ayons ce débat, et plus tard, j'arriverai avec la solution que je préfère», a-t-il spécifié.

Accepterait-il, comme premier ministre, d'expulser des immigrants qui n'auraient pas appris le français après trois ans passés au Québec, comme le propose le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault?

Le député n'a pas voulu se mouiller. «On verra ça en temps et lieu. Si M. Legault est élu et si je suis premier ministre, on en discutera à ce moment-là», s'est-il contenté d'offrir sans se prononcer sur le principe.

Mais chose certaine, une discussion sur l'immigration est nécessaire, a insisté Maxime Bernier, citant un sondage réalisé en août dernier, lequel montrait que 49 % des Canadiens souhaitent que les cibles d'immigration fédérales soient revues à la baisse.

Et au PPC, le débat se fera, a-t-il tranché. Car le parti «fait de la politique différemment», «n'a pas peur de la mauvaise presse» et on ne craint pas non plus les «tabous», a dit celui qui sera son chef une fois que le conseil d'administration lui donnera son sceau d'approbation.

«Il n'y en a plus de tabous. On dit ce qu'on pense. C'est ce que les gens aiment», a-t-il lancé.

Pas de «vrai gagnant» de la droite

Le député Bernier a claqué avec fracas la porte du Parti conservateur le 23 août dernier. Dans les semaines ayant précédé cette défection, il avait posé des gestes et fait des déclarations publiques qui avaient provoqué l'ire de ses collègues, anciens comme nouveaux.

On lui a reproché d'avoir posé un geste qui pourrait diviser le vote à droite et mener à la réélection de libéraux en 2019. Le Beauceron n'est «pas d'accord» avec l'analyse et compte «prouver dans quelques mois que ce parti est l'alternative réelle» au gouvernement Trudeau.

Son ancien collègue de caucus Gérard Deltell considère pour sa part que la seule «alternative réaliste et sérieuse» est le Parti conservateur d'Andrew Scheer. C'est ce que prouve le fait que les gros canons du conservatisme au Canada se rangent derrière le Saskatchewanais, a-t-il suggéré.

«Quand on regarde la réalité des faits, tous les grands champions conservateurs, les vrais gens de droite, les vrais gagnants de la droite — les Jason Kenney, les Doug Ford, les Stephen Harper — sont toujours avec nous», a-t-il plaidé en entrevue à La Presse canadienne.

L'élu de Louis-Saint-Laurent y est ensuite allé d'une pique à l'endroit de son ancien camarade de banquette. «Il n'y a pas un député qui est parti, mais pas un, là! C'est bien beau vouloir être populaire, encore faut-il avoir du monde avec soi», a-t-il raillé.

Un candidat populaire bientôt

L'heure n'était pas au dévoilement d'appuis, vendredi, mais le porte-parole du député de Beauce, Martin Masse, a cependant assuré qu'un candidat se présenterait sous la bannière du PPC à la première occasion, soit lorsqu'une élection complémentaire sera déclenchée.

Le premier ministre devra déclencher des scrutins partiels prochainement afin de pourvoir des sièges vacants aux Communes. Il est tenu de le faire d'ici le 30 octobre dans la circonscription de Leeds-Grenville-Thousand Islands, en Ontario, à la suite du décès de Gord Brown.

Sur le plan du financement, les choses vont déjà assez rondement: Maxime Bernier s'est félicité vendredi d'avoir amassé une cagnotte de 140 000 $ depuis qu'il a rompu les rangs conservateurs, il y a de cela trois semaines.

Politique

«Parti populaire» pour Maxime Bernier? L'élu annonce bientôt le nom de son parti

OTTAWA — Un nouveau chapitre de l'histoire politique de Mad Max s'écrira vendredi. Trois semaines après avoir claqué la porte du Parti conservateur du Canada (PCC), le Beauceron sera à Ottawa pour dévoiler le nom et le logo de son nouveau parti.

L'équipe de Maxime Bernier a confirmé avoir enregistré le nom de domaine internet «Parti populaire du Canada» («The People's Party of Canada» en anglais), une information qui a initialement été rapportée par le Toronto Star.

Mais il pourrait s'agir d'un subterfuge, puisque d'autres ont aussi été enregistrés, a argué son porte-parole, Martin Masse. «On a fait ça pour brouiller les pistes», a-t-il mentionné en entrevue téléphonique.

Le terme «populaire» est tout de même à l'honneur dans l'offensive de recrutement lancée ces derniers jours via les comptes Twitter et Facebook de l'élu, qui siègera comme indépendant lorsque les travaux parlementaires reprendront, lundi prochain.

Chez Élections Canada, on n'avait reçu aucun document en vue de l'enregistrement du parti, jeudi après-midi. L'élu de Beauce compte mettre fin au suspense en conférence de presse vendredi matin, alors qu'il fera également le point sur ses efforts de financement.

Son porte-parole n'a pas voulu préciser quel était le montant de la cagnotte, se contentant de dire que le cap des 100 000 $ avait été franchi depuis que Maxime Bernier a quitté son parti, le 23 août dernier, l'accusant d'être «trop corrompu intellectuellement et moralement pour être réformé».

Appuis

À défaut d'avoir pu réformer lui-même le PCC, s'étant incliné in extremis devant son rival Andrew Scheer, en mai 2017, il prendra donc les rênes d'une nouvelle formation politique. Sa démarche a déjà piqué la curiosité de certaines personnes, dont celle de deux anciens députés conservateurs.

L'ex-député québécois Luc Harvey, qui a représenté la circonscription de Louis-Hébert de 2006 à 2008, a confié lundi au quotidien Le Devoir que ce serait «avec le plus grand plaisir» qu'il «porterai(t) la bannière de Maxime».

Un autre ancien élu du PCC, le Britanno-Colombien Gurmant Grewal, a déclaré à La Presse canadienne qu'il soutenait le projet, tout comme Marc Emery, militant pour la légalisation du cannabis, et Michael Wekerle, banquier et ex-vedette de l'émission «Dragon's Den».

Critiques

La défection de Maxime Bernier a toutefois été vertement critiquée par plusieurs de ses collègues, nouveaux et anciens. On lui a notamment reproché d'avoir posé un geste qui pourrait diviser le vote à droite et mener à la réélection des libéraux de Justin Trudeau en 2019.

On l'a aussi accusé d'avoir agi en mauvais perdant et d'avoir manqué de loyauté à l'endroit du chef, Andrew Scheer, lequel a coiffé le Beauceron au poteau après 13 tours de scrutin, il y a maintenant un peu plus d'un an.

Politique

Le ministre Dominic LeBlanc s'est trouvé en situation de conflit d'intérêts

OTTAWA — Le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique du Canada conclut que le ministre Dominic LeBlanc se trouvait en situation de conflit d'intérêts lorsqu'il a approuvé un permis de pêche à une entreprise qui employait un membre de sa famille.

Le gouvernement libéral a annulé le permis de pêche et relancé le processus d'octroi, sans en préciser le motif.

Un permis pour la pêche à la mactre de Stimpson avait été accordé à l'entreprise Five Nations Clam. M. LeBlanc était alors ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, jusqu'à un remaniement au cours de l'été; il est maintenant ministre des Affaires intergouvernementales et du Nord, et ministre du Commerce intérieur.

Or, Gilles Thériault, cousin germain de l'épouse de M. LeBlanc, «aurait pu profiter financièrement» de l'octroi du permis, conclut le commissaire à l'éthique, puisqu'il «aurait été le directeur général de l'entreprise si le processus d'octroi du permis s'était poursuivi».

«Agissant à titre de ministre, M. LeBlanc exerçait un pouvoir officiel lorsqu'il a pris la décision de passer aux étapes suivantes dans l'octroi du permis à la Five Nations Clam Company, précise Mario Dion. Cette décision lui fournissait la possibilité de favoriser l'intérêt personnel de M. Thériault.»

Selon la Loi sur les conflits d'intérêts, un titulaire de charge publique se trouve en situation de conflit d'intérêts «lorsqu'il exerce un pouvoir officiel ou une fonction officielle qui lui fournit la possibilité de favoriser son intérêt personnel ou celui d'un parent ou d'un ami ou de favoriser de façon irrégulière celui de toute autre personne».

Le commissaire a déterminé que M. LeBlanc avait contrevenu au paragraphe «qui interdit aux titulaires de charge publique de prendre une décision qui les placerait en situation de conflit d'intérêts», et à l'article «qui exige qu'ils se récusent concernant une discussion, une décision, un débat ou un vote à l'égard de toute question qui pourrait les placer en situation de conflit d'intérêts».