Politique

Le PQ élu mettrait en place la gratuité scolaire pour le postsecondaire

Dans l’espoir de tirer son épingle du jeu, le Parti québécois a dévoilé dimanche, avant ses adversaires, sa plateforme électorale. Il pense qu’il est dans son intérêt d’amener davantage le débat sur des «contenus», plutôt que sur la place des uns et des autres dans les intentions de vote.

Cette plateforme s’appuie sur le programme adopté en congrès en septembre dernier. Elle réunit les «engagements prioritaires» du Parti québécois. Le document s’étire sur 50 pages. En voici les principaux éléments :

• Établir graduellement une «véritable gratuité scolaire» pour les études postsecondaires. Les précisions viendront cependant plus tard;

• Révision du financement des écoles privées. Là aussi, des précisions seront apportées d’ici le scrutin du 1er octobre;

• Réinstaurer un tarif unique de 8,05 $ pour le premier enfant dans les CPE et les services de garde subventionnés, et de 4 $ pour le deuxième enfant;

• Obliger tous les fonctionnaires, employés et agents de l’État à avoir le visage découvert dans le cadre de leurs fonctions — sauf pour un motif de santé ou de  sécurité impératif et avéré;

• Obliger tous les citoyens à recevoir des services de l’État à visage découvert — sauf pour un motif de santé ou de sécurité impératif et avéré;

• Interdire aux personnes qui ont un pouvoir de contrainte — juges, procureurs, gardiens de prison et policiers — d’afficher leurs convictions, y compris religieuses;

• Interdire aux personnes en autorité, aux éducateurs en garderie ou en CPE et aux enseignants des niveaux préscolaire, primaire et secondaire d’afficher leurs convictions, y compris religieuses. Ici, un droit acquis s’appliquerait;

• Interdire la condition de «première expérience canadienne» de travail comme critère d’embauche, critère qui constitue un obstacle pour les Québécois d’adoption;

• Étendre la loi 101 pour assurer le français langue de travail dans les entreprises de 25 à 50 employés et dans celles à charte fédérale;

• Offrir dans les cégeps francophones un parcours enrichi en anglais comportant une session dans un cégep anglophone;

• Faire du français la langue unique de l’Administration dans ses communications avec les entreprises établies au Québec;

• Demander que 100 % des futurs immigrants et leur conjoint ne soient admis sur le territoire que s’ils démontrent une bonne connaissance du français, et assurer la francisation des réfugiés dès leur arrivée sur le territoire;

• Augmenter le soutien à domicile d’au moins 100 millions $ par année pendant 5 ans;

• Assurer un minimum d’activités physiques et de loisir dans tous les centres d’hébergement, publics et privés, pour les personnes aînées;

• Donner davantage d’autonomie aux 200 000 professionnels de la santé autres que les médecins;

• Percevoir la taxe de vente sur les biens et services achetés à l’étranger sur Internet (Netflix, par exemple) tout en réduisant le taux de taxation d’un montant équivalent sur l’ensemble des biens et services;

• Faire en sorte que les sites de vente en ligne, comme ceux qui permettent la diffusion en continu, offrent à leurs clients au Québec des pages d’accueil spécifiques, mettant en avant au moins 70 % de créations québécoises, dont 65 % seraient francophones;

• Hausser le salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici octobre 2022;

• Mettre fin à la culture du «racket» chez Revenu Québec;

• Construire avec les régions une loi-cadre sur la décentralisation et la régionalisation;

• Étudier les conclusions du bureau de projet concernant le troisième lien entre Québec et Lévis;

• Instaurer un mode de scrutin proportionnel;

• Mettre à jour les études sur la souveraineté.

Politique

Manon Massé à livre ouvert

MONTRÉAL — La coporte-parole de Québec solidaire Manon Massé a des mots durs pour le Parti québécois et son chef dans un livre qu’elle vient de publier, décrivant Jean-François Lisée comme un «habile tacticien toujours en train de réfléchir deux ou trois coups en avance».

À l’instar de plusieurs politiciens en période préélectorale, la députée solidaire a publié la semaine dernière un ouvrage qui parle de sa vie et de ses idées politiques.

Dans l’un des chapitres, elle revient sur la fameuse proposition d’alliances électorales avec le Parti québécois (PQ), que son parti avait finalement rejetée lors d’un congrès en mai 2017. Mme Massé avait voté contre, mais elle s’est rarement prononcée personnellement sur cette question.

La députée solidaire, qui est aussi candidate au poste de première ministre du Québec, se montre réticente à s’allier au PQ, rappelant les «promesses brisées du gouvernement Marois»: l’indexation des frais de scolarité, le maintien de la taxe santé et l’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec.

Elle s’en prend aussi à M. Lisée qui, selon elle, a «flirté» avec la démagogie pendant la course à la direction du PQ «en brandissant le spectre des AK-47 sous les burqas».

Elle ajoute que le chef péquiste «est à gauche un jour et à droite le lendemain».

«Une fois arrivé au pouvoir, le PQ serait-il un gouvernement “progressiste et souverainiste”? On en a vu d’autres», a écrit la députée solidaire.

«La démocratie n’est pas à mes yeux une simple partie d’échecs, et la stratégie nous fait parfois chambrer avec de drôles d’oiseaux», avait-elle soutenu une page plus tôt.

Un récit de vie

Même si Mme Massé dit dans son premier chapitre qu’elle n’a pas voulu faire de ce livre une autobiographie, il en a tout l’air.

Dans son ouvrage de quelque 170 pages, la «fille de Windsor» raconte avec un langage parfois familier les premières années de sa vie, marquées notamment par la discrimination, étant donné qu’elle était «déjà à cet âge-là tomboy».

La députée, une ancienne travailleuse communautaire, parle aussi de son cheminement spirituel, et du jour où elle a annoncé à ses parents qu’elle était lesbienne.

«Mon père s’éclaircit la gorge et m’annonce d’un ton solennel: “Fille, tu fais ce que tu veux dans la vie, mais sache que c’est contre nature et que je ne veux pas de ça sous mon toit”», a-t-elle écrit.

«Ma pauvre maman a dû aller à la confesse au moins 28 000 fois cette année-là, tellement elle se sentait responsable!»

La députée glisse aussi un mot sur ses deux enfants, qu’elle a adoptés lors de sa relation avec Alexa Conradi, l’ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

La moustache, un lourd symbole

Dans un chapitre intitulé «Rire dans sa moustache», Manon Massé a aussi abordé de front un sujet qui fait beaucoup jaser: sa moustache.

Plusieurs, dont l’animateur Denis Lévesque, l’ont invitée à aller chez l’esthéticienne pour se débarrasser de ses poils blancs, a-t-elle rappelé.

Mais elle refuse, dit-elle, car «l’apparence est un champ de bataille». «Ici aussi, le pouvoir pointe son vilain nez, des gens cherchent à exercer leur domination sur d’autres.»

«J’assume complètement ma différence, même si je sais que ça rend beaucoup de gens inconfortables», a-t-elle expliqué.

«Pendant très, très longtemps, elles [des femmes] se sont fait dire d’aller chez l’esthéticienne et de s’occuper de ces poils qu’on ne saurait voir, de s’habiller d’une certaine façon, court, mais pas trop court, “parce que là, tu fais juste chercher le trouble”», a-t-elle ajouté.

Un rêve qui remonte à longtemps

En 1994, alors qu’elle est animatrice communautaire, Manon Massé se fait demander quel est son rêve le plus fou. Sa réponse? Devenir première ministre du Québec.

«Nous sommes 12 ans avant l’émergence de Québec solidaire et 20 ans avant mon élection à l’Assemblée nationale», a-t-elle souligné.

«Pour moi, à l’époque, être première ministre, c’est d’avoir les moyens politiques et économiques d’orchestrer une vaste campagne d’éducation populaire à l’échelle du Québec et permettre à tout le monde de cheminer dans leur compréhension du monde, de systèmes d’oppression et de leur donner les outils nécessaires pour le changer», a-t-elle indiqué.

Politique

François Gendron en a assez de la «clipette»

DRUMMONDVILLE — Le député François Gendron déplore que les médias ne parlent pas suffisamment des propositions de fond des uns et des autres, ce qui aurait nui selon lui au Parti québécois jusqu’ici. «La clipette prend trop de place», a-t-il laissé tomber.

M. Gendron espère qu’il en sera autrement à partir de dimanche, alors que son parti dévoilera sa plateforme électorale. Elle reprendra les éléments centraux du programme adopté en septembre par les délégués du 17e Congrès du Parti québécois.

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En matière de langue d’enseignement, par exemple, les délégués péquistes avaient accepté d'offrir aux cégépiens francophones démontrant une bonne maîtrise du français la possibilité «de suivre au cégep un parcours en anglais enrichi», parcours «qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone».

Les mêmes militants avaient exigé qu'un éventuel gouvernement péquiste s'assure «que le financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et, par conséquent, qu'il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté».

Les plans en santé

Pour répliquer au plan en santé de la Coalition avenir Québec, la députée Diane Lamarre a présenté aux délégués du Conseil national le programme de son parti dans ce domaine névralgique. Il s’appuie entre autres sur le «décloisonnement professionnel», l’«amélioration de l’accès à la première ligne» et un investissement massif et urgent dans le soutien à domicile. Il s’agit en fait du plan qu’a dévoilé le Parti québécois en novembre dernier. Mme Lamarre voulait rappeler qu’il existe déjà.

Celui de la CAQ est «farfelu» et a été pensé pour «aller chercher des votes», a-t-elle dit en jugeant peu crédible la promesse caquiste de «réduire le temps d’attente aux urgences avant de voir un médecin à 90 minutes en moyenne d’ici quatre ans».

Politique

La ligne rose trop chère, mais pas le troisième lien, dit la CAQ

La Coalition avenir Québec ne veut pas payer pour la ligne rose de métro de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mais garde de la place dans son cadre financier électoral pour un troisième lien Québec-Lévis dont elle ne connaît pas le coût.

«C’est pas que c’est pas intéressant la ligne rose, mais […] il a fallu faire des choix», a commenté le chef François Legault samedi, au Congrès national de la CAQ à Lévis.

Pour compenser, le parti dévoilera son projet de transport en commun pour la grande région de Montréal, qui inclurait un Réseau express métropolitain (REM) prolongé vers les banlieues au nord, au sud et à l’est, a indiqué M. Legault. 

Pour la CAQ, la ligne rose passe trop près de lignes de métro existantes et n’est donc pas une priorité. Le député François Bonnardel croit qu’il est «irréaliste» de penser que la construction de la ligne rose coûterait seulement 6 milliards $, alors que le prolongement de la ligne bleue, sur une bien plus courte distance, coûtera 4 milliards $. 

Le gouvernement libéral a quant à lui fait de la construction de la ligne rose l’une de ses priorités. Le Parti québécois se montre aussi favorable au projet. 

Deux projets à Québec

Sans dire que les besoins en transports sont plus criants à Québec qu’à Montréal, le chef de la CAQ François Legault croit qu’autant le projet de tramway que celui de troisième lien routier entre Québec et Lévis doivent entrer dans le cadre financier de la CAQ en campagne électorale et qu’ils sont justifiés en raison du volume de personnes qui les emprunteront. 

En début de journée samedi, le député François Bonnardel a soutenu que «le financement de ce projet en bonne et due forme va être dévoilé, va être encadré dans notre cadre financier». Il a toutefois dû corriger sa position quelques heures plus tard, en précisant sur Twitter que les coûts du troisième lien seront plutôt inscrits dans le cadre financier une fois que la CAQ sera au pouvoir et une fois que l’étude sur le projet sera terminée. 

La CAQ prévoit la construction d’un troisième lien à l’est de la grande région de Québec, mais elle n’a jamais spécifié si elle souhaitait construire un tunnel, un pont ou un pont-tunnel. 

Attendre 90 minutes à l’urgence

Le congrès a été l’occasion pour le député François Paradis de dévoiler 25 mesures que le parti souhaite prendre en santé, mais aucune n’a toutefois été chiffrée. 

La CAQ veut réduire l’attente moyenne pour un patient dans les urgences à 90 minutes. Elle veut également revoir le mode de rémunération des médecins de famille, rouvrir des consultations sans rendez-vous dans les GMF et les CLSC les soirs et la fin de semaine et abolir le temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières. 

M. Paradis s’est fait appeler par un militant le «futur ministre de la Santé», une proposition qui a été chaudement applaudie par la salle. Le député n’a toutefois pas voulu dire aux médias s’il se voyait dans ce siège. 

Politique

Véronique Hivon enflamme le Conseil national du PQ

DRUMMONDVILLE — Mois après mois, la Coalition avenir Québec demeure le principal cauchemar du Parti québécois. On l’a tout de suite senti à l’ouverture du Conseil national du parti qui se déroule cette fin de semaine à Drummondville. Mais ce qui a d’abord retenu l’attention ce samedi, c’est le discours passionné livré par Véronique Hivon aux quelque 500 délégués présents.

La vice-chef du PQ a ravi les militants en parlant des candidats «interchangeables» de la CAQ et du PLQ — qui «s’échangent des joueurs» —, de l’opportunisme qu’elle dit voir du côté de la «Coalition affaiblissement Québec», de son «imposture», du «mirage» qu’elle représente, de la nécessité de posséder un «État fort au service des gens; un état souple et agile», de la «supercherie» que constituerait le fait de faire croire aux Québécois que le Québec n’a pas tout ce qu’il faut pour être indépendant.

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a estimé que ce discours est l’un des meilleurs qu’il ait entendus de sa vie — un sentiment partagé par les délégués. Ils ont apprécié l’«énergie et le propos» de Véronique Hivon.

Deux messages de Lisée

M. Lisée veut faire entendre deux messages aux électeurs québécois: d’abord, que le programme du Parti québécois est «crédible»; ensuite, que la campagne électorale ontarienne démontre que la formation politique donnée gagnante dans les intentions de vote peut se faire coiffer au poteau.

«Tout le monde veut du changement; on est d’accord», mais «ça prend du changement crédible», a insisté le chef péquiste. Il estime que son parti est en train de gagner cette «bataille de la crédibilité» contre «l’autre offre de changement», celle de la CAQ qui, «constamment fait des propositions qui sont inapplicables»; que ce soit en immigration, en santé ou dans le domaine de l’énergie.

Jean-François Lisée affirme que son parti surprendra les sceptiques de la même façon que le NPD surprend actuellement sur la scène politique ontarienne. Les conservateurs dirigés par Doug Ford ne sont plus premiers dans les intentions de vote. Ils pourraient perdre le scrutin qu’ils devaient pourtant gagner, d’après les sondages.

«En Ontario, les gens voulaient se débarrasser des libéraux. Et pendant longtemps, ils ont pensé que les conservateurs étaient le meilleur outil de changement. Et lorsque la campagne électorale a commencé, ils se sont mis à écouter les arguments des uns et des autres et se sont dit que, finalement, ce n’était pas un si bon choix que ça, que le NPD a une meilleure équipe et qu’il est plus crédible. Nous, on pense que c’est ce qui va se passer aussi au Québec parce qu’on le sait, sujet après sujet, nos propositions tiennent la route. Celles de la CAQ ne tiennent pas la route.»

La sincérité de Legault

Jean-François Lisée se questionne non seulement sur la «crédibilité», mais sur la «sincérité» de François Legault. Est-il souverainiste? Fédéraliste? Il n’a pas de «conviction profonde», assène-t-il.

S’il ne «tiendra pas de référendum, c’est parce qu’il a décidé que pour être premier ministre, c’était mieux de ne pas être souverainiste. Il choisit ses convictions, là-dessus et sur autre chose, en fonction de ce qui va lui permettre de devenir premier ministre».

Aux yeux du candidat péquiste Jean-Martin Aussant, toutefois, le chef caquiste est bel et bien un souverainiste. M. Aussant a présenté un argumentaire souverainiste aux militants présents à ce Conseil national. Dans son énoncé, la péréquation est devenue la «pire équation». Il a de plus relevé que le «comptable» François Legault a déjà calculé que la souveraineté serait payante pour le Québec.

Pour galvaniser les troupes, la direction du PQ a présenté son outil de ciblage d’électeurs baptisé La Force bleue.

Après Véronique Hivon samedi, ce sera au tour de Jean-François Lisée, dimanche, de prononcer un discours aux militants présents à Drummondville.

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Politique

Devenue caquiste après l’attentat à la Grande Mosquée

La recrue de la Coalition avenir Québec Nadine Girault a tourné le dos au Parti libéral après l’attentat à la Grande Mosquée de Québec, car elle n’a pas apprécié l’«arrogance» du parti sur la question du port des signes religieux.

Quelques semaines après l’attentat, les partis d’opposition à l’Assemblée nationale avaient trouvé un consensus sur cette délicate question, qui s’approchait des recommandations de Bouchard-Taylor. Ils espéraient la collaboration du PLQ, afin de mettre un terme à ce débat une fois pour toutes.

«J’ai pas aimé qu’on refuse la main tendue» a soutenu Mme Girault lors du dévoilement de sa candidature, samedi. En anglais, elle a ajouté que le PLQ est déconnecté de la population sur cette question. 

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Grande amie de la ministre libérale Dominique Anglade, la haute gestionnaire a versé des dons de 100 $ au Parti libéral pendant quatre ans. «Quand on a une amie qui se présente en politique, bien on l’appuie», justifie-t-elle. Une rencontre déterminante avec le chef François Legault l’a convaincue de faire le saut avec la CAQ. Celle qui est née au Missouri, a vécu en Gaspésie et travaille à Montréal tentera sa chance dans la circonscription de Bertrand, dans les Laurentides. 

Après Svetlana Solomykina dans Taschereau, il s’agit de la deuxième candidate de la CAQ à expliquer cette semaine s’être détournée des libéraux en raison de leur position sur l’identité québécoise. M. Legault a rappelé que Vincent Caron, le candidat dans Portneuf, a claqué la porte du parti pour les mêmes raisons. 

M. Legault a également annoncé samedi que la candidature du président de la CAQ Stéphane Le Bouyonnec. Pour l’ex-député, il était évident qu’il serait de retour comme candidat après sa «défaite crève-coeur» en 2014. Celui qui est un membre fondateur de la CAQ se présente de nouveau dans La Prairie, en Montérégie.

Politique

Le PLQ crée un site pour s'attaquer à Legault et la CAQ

MONTRÉAL — Le Parti libéral du Québec (PLQ) vient de lancer un site Web dans lequel il s’attaque à la crédibilité de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de son chef, François Legault.

Le site «testdecredibilite.com» fait état des promesses de la CAQ et tente de démontrer l’impossiblité de les réaliser.

Les ministres Dominique Anglade, Sébastien Proulx et Carlos Leitão sont mis à contribution dans de brèves capsules vidéos.

Les dossiers de la maternelle à 4 ans, de la pénurie de main-d’oeuvre et de la péréquation y sont notamment abordés.

Les ministres demandent au chef caquiste François Legault de répondre à des questions et «d’arrêter de se cacher».

Rappelons que la CAQ domine les sondages d’opinion depuis plusieurs mois, ce qui en fait pour l’instant le principal adversaire des libéraux aux prochaines élections.

L'offensive prend lieu au moment où le parti de François Legault est en congrès national, ce week-end, au Centre de congrès et d'expositions de Lévis.

Politique

Une classe politique renouvelée à Québec

DÉCODAGE / Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec se mettront encore davantage en ordre de marche électorale en tenant respectivement cette fin de semaine un Conseil national et un Congrès national.

Mine de rien, c’est vers un profond renouvellement de l’Assemblée nationale que l’on se dirige. En comptant les députés ayant annoncé qu’ils ne solliciteront pas de nouveau mandat, ceux qui en feront encore l’annonce d’ici peu et les 14 ayant démissionné depuis le scrutin d’avril 2014, on arrivera à près de 50 parlementaires qui ne se représenteront pas sur la prochaine ligne de départ. Pas mal sur un total de 125.

Cela, c’est sans compter les actuels parlementaires qui mordront la poussière le 1er octobre. Eux non plus ne seront plus là lors de la prochaine législature.

Il faut aussi noter ceci: à moins que le prochain gouvernement soit minoritaire, deux chefs dont les partis seront battus lors des prochaines élections générales risquent fort de tirer leur révérence — sur les trois principales formations représentées à l’Assemblée nationale.

Dans la configuration d’un parlement dirigé par un gouvernement minoritaire, ce serait sans doute un peu moins certain, car une revanche à court terme serait alors possible. Mais on peut s’attendre à deux courses à la direction avec un gouvernement majoritaire. 

Marwah Rizqy

Les séances de gonflage de muscles se poursuivent. Les partis continuent de présenter leurs candidats en vue des prochaines élections. Ou tentent encore de recruter de grosses pointures pour démontrer leurs forces et leur capacité à gouverner.

Tentent encore… C’est le cas du Parti québécois, qui pourrait bien de plus devoir finir par trouver un candidat qui apparaîtra comme l’éventuel ministre des Finances d’un gouvernement péquiste — un rôle qui reviendrait à Nicolas Marceau s’il décidait finalement de rester. Qui à ce poste s’il part? Si la question pouvait se poser pour la CAQ, elle pourra se poser pour le PQ.

Convaincre de grosses pointures… C’est aussi un défi pour les libéraux de Philippe Couillard dans la région de la capitale. Ils ne parviennent pas à y recruter une figure comme celle d’Alexandre Taillefer ou une candidate de la trempe de la fiscaliste Marwah Rizqy, qui portera les couleurs du parti dans la circonscription montréalaise de Saint-Laurent.

Il y a certes une part de risque pour une formation politique à recruter un esprit fort comme cette candidate. Mais tant mieux si les partis acceptent d’être bousculés à l’interne! Tant mieux s’ils acceptent d’être poussés à aller plus loin par certaines de leurs recrues, en l’occurrence sur le commerce en ligne et les paradis fiscaux. Quitte à subir les foudres publiques de ces mêmes recrues s’ils ne bougent pas suffisamment.

Philippe Couillard a beau rappeler qu’une formation politique n’est «pas une secte religieuse», comme pour dire qu’il n’y a rien là d’inhabituel, il n’empêche que la ligne de parti y prédomine et qu’il existe bel et bien un petit «catéchisme». La preuve: c’est lorsque des élus annoncent leur départ qu’on apprend qu’ils n’étaient pas d’accord avec tel ou tel aspect, comme l’a confié récemment le libéral Michel Matte au Soleil en évoquant les signes religieux.

Svetlana Solomykina

Alors que Marwah Rizqy a pourfendu mercredi en termes enflammés la politique d’immigration de la Coalition avenir Québec, la candidate caquiste dans la circonscription de Taschereau, Svetlana  Solomykina, a estimé jeudi que le Parti libéral faisait fausse route en matière d’intégration.

Cette candidate a pourtant été proche des libéraux jusqu’à récemment. Le fait que François Legault l’ait formellement invitée à se porter candidate — ce que n’ont pas fait les libéraux — paraît avoir pesé dans son choix. Un peu comme dans le cas du «futur ministre caquiste des Finances», Éric Girard, qui a estimé que les libéraux ont accompli un bon travail sur le front des finances publiques, mais qui n’a pas été sollicité par ces derniers. Ayant déjà Carlos Leitão aux Finances, ils n’avaient pas cette place à lui offrir.

Derrière le ramdam médiatique autour des partants et des arrivants, il y a beaucoup plus de sujets à débattre et de contenu à discuter qu’il n’y paraît en surface — si l’on veut se donner la peine de regarder. Pensons seulement à l’immigration en général, à sa «régionalisation», à la rareté de la main-d’œuvre et à la francisation, dont il a encore été question cette semaine.

Des dossiers de fond? Observons encore une fois que le meneur dans les intentions de vote, le parti de François Legault, continue de donner des coups de rabot sur le maximum de choses susceptibles de déplaire, notamment aux syndicats. Exit ou presque, par exemple, la création d’un ordre professionnel des enseignants.

Ce n’est plus le moment de «heurter», se dit-on à la CAQ, où l’on joue de prudence et où l’on veut et où l’on doit paraître le plus «responsable» possible.

Politique

Le PQ fait une croix sur une candidature de PKP... mais garde la porte ouverte

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) fait une croix sur une candidature de Pierre Karl Péladeau.

La présidente du parti, Gabrielle Lemieux, estime que le grand patron de Québecor et ex-chef de sa formation ne reviendra pas au bercail avant le scrutin du 1er octobre.

Dans une entrevue en janvier à Radio-Canada, M. Péladeau n’avait pas fermé la porte à un retour en politique et, par la suite, le chef péquiste, Jean-François Lisée, avait signifié qu’il était toujours le bienvenu et qu’il serait une «excellente addition» à son équipe.

Or, dans un entretien avec La Presse canadienne diffusé vendredi à la veille du conseil national du PQ à Drummondville, Mme Lemieux a dit qu’elle n’avait «aucun contact» avec M. Péladeau.

«Les derniers signaux indiquent qu’il n’y aura pas de retour en politique à court terme», a-t-elle affirmé.

En soirée toutefois, le cabinet du chef de l’opposition officielle a tenu à manifester néanmoins des signaux d’ouverture.

«En effet, les signaux ne pointent pas vers une candidature de M. Péladeau, mais les rapports sont excellents. La porte est toujours ouverte», a-t-on écrit.

M. Péladeau est resté très actif sur la scène publique ces derniers mois, multipliant les sorties, par l’entremise de Twitter, notamment contre le gouvernement Couillard, le gouvernement Trudeau et le fédéralisme.

Rappelons que Pierre Karl Péladeau avait été élu chef du PQ en mai 2015, succédant ainsi à Pauline Marois, dont le gouvernement avait été battu aux élections de l’année précédente. Il avait toutefois démissionné à peine un an plus tard pour des raisons familiales.

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LE PQ ESPÈRE RENVERSER LA VAPEUR

Le Parti québécois (PQ) lance sa campagne électorale dès samedi: il présentera sa plateforme électorale à Drummondville au cours d’un Conseil national qui s’annonce critique, une de ses dernières chances de faire bouger l’aiguille des sondages avant le scrutin du 1er octobre.

La présidente du parti, Gabrielle Lemieux, soutient que sa formation peut renverser la vapeur, même si elle stagne depuis plusieurs mois dans les intentions de vote, autour de 20%, loin derrière la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral (PLQ).

«Oui, tout à fait, j’ai la ferme conviction que c’est possible, a-t-elle affirmé dans une entrevue avec La Presse canadienne diffusée vendredi. Comme on dit: en politique, quelques mois, c’est une éternité.»

Le parti mise notamment sur une autre donnée des sondages: un électeur caquiste sur deux «n’est absolument pas certain» de maintenir son appui à la CAQ. «On ne peut donc pas dire que les jeux sont faits, tout reste à jouer», a plaidé Mme Lemieux.

«Quelques points de plus pourraient nous rapprocher d’un gouvernement, ce sera ça, notre combat, pendant les prochains mois, et ce sera possible de le faire», a-t-elle poursuivi.

«Lancer la campagne»

Habituellement, les partis présentent leur plateforme juste avant ou même pendant la campagne électorale, mais le PQ fait le pari d’un lancement beaucoup plus précoce pour que ses idées circulent et séduisent, bien avant le début officiel de la campagne, à la fin d’août.

«Ce sera vraiment l’occasion de lancer la campagne électorale», a précisé Mme Lemieux.

Il n’a pas été possible d’obtenir quelque information que ce soit sur les engagements qui seront contenus dans la plateforme. Cependant, il y aura notamment une mesure phare qui viendra «soutenir ou soulager les parents ou les nouveaux parents», a-t-elle laissé entendre.

Mme Lemieux a assuré que le PQ, avec son programme social-démocrate, est en phase avec les besoins des électeurs, «au service des familles québécoises», et qu’il représente le vrai changement. De surcroît, le projet souverainiste étant repoussé à un éventuel deuxième mandat, après 2022, le PQ espère rallier même des électeurs fédéralistes ou ambivalents sur la question nationale.

«On veut que tout électeur sente qu’il est la bienvenue au Parti québécois», a-t-elle dit.

Enfin, le PQ mise sur sa machine, lui qui compte le plus grand nombre de membres, plus que tous les autres partis réunis. Et malgré les sondages, Mme Lemieux a assuré que «le moral est très, très bon».

Elle a également ajouté que les élections à date fixe, qui permettent une préparation en vue d’une échéance connue, «accentuent l’enthousiasme des militants».

Le Parti québécois compte d’ailleurs sur le conseil national pour peaufiner ses outils technologiques et les méthodes de sa machine. La présidente de la formation a assuré qu’elle disposait des meilleurs outils technologiques, quant à leur «performance et à leur précision», pour engager le dialogue avec les citoyens.

Politique

Ottawa bonifie l’aide aux parents d’enfants disparus ou assassinés

OTTAWA — Le gouvernement fédéral sera plus généreux envers les parents d’enfants disparus ou assassinés.

Le ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos, a annoncé vendredi que le montant hebdomadaire versé par Ottawa passera de 350 $ à 450 $ à compter de l’automne 2018.

La période de temps pendant laquelle les parents pourront toucher cette somme sera par le fait même prolongée d’un an à deux ans, a-t-il confirmé en conférence de presse au parlement.

De plus, le montant sera désormais accessible aux parents d’enfants disparus ou assassinés qui sont âgés de moins de 25 ans. Sous l’ancien programme instauré en 2013 par le gouvernement de Stephen Harper, cette limite avait été fixée à 18 ans.

Cela posait problème puisque «le taux d’homicide et de disparition des jeunes adultes est le plus élevé entre 18 et 25 ans», a noté le ministre Duclos.

«Le système actuel a le potentiel de bénéficier à environ 100 familles par année. Avec cette flexibilité accrue, cela devrait passer à environ 320, donc on triple le nombre de familles qui vont pouvoir être aidées», a-t-il soutenu.

Selon le ministre, seul un pour cent du budget annuel de 10 millions $ dédié à cette subvention, donc 100 000 $, était utilisé. Avec les changements qui seront apportés au programme, on évalue que 4 millions $ pourraient être versés, a-t-il indiqué.

«Nous allons surveiller de très près le taux de participation et l’accessibilité afin de nous assurer qu’aucun obstacle ne puisse empêcher les familles de bénéficier de cette allocation», a noté M. Duclos.

La subvention est destinée aux parents admissibles qui ont subi une perte de revenu s’ils se sont absentés de leur emploi afin de surmonter les difficultés liées à une disparition ou un décès.

Le gouvernement espère que davantage de parents réclameront l’allocation, et compte déployer des «efforts de communication» pour atteindre son objectif.

Cela passe notamment par les services policiers, comme l’a mentionné le député Bill Blair, ancien chef du Service de police de Toronto. Ce sont eux qui, en première ligne, pourront informer les familles de l’existence de cette prestation, a-t-il affirmé.

Ottawa compte par ailleurs modifier le Code canadien du travail pour garantir que les employés du secteur privé sous réglementation fédérale puissent bénéficier de la prestation.