Politique

Québec met en place trois mesures pour faciliter le transport aérien régional

GASPÉ, Qc - À la suite du Sommet sur le transport aérien tenu à Lévis en février dernier, Québec met en place trois mesures visant à favoriser les déplacements et moderniser les infrastructures.

Dans une annonce faite à Gaspé vendredi, la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay, a notamment annoncé un programme de 100 millions $ sur quatre ans afin de moderniser les aéroports régionaux québécois. Seront admissibles les travaux sur les pistes, les aides à la navigation et les aérogares. Québec participera à 50 % des coûts pour les pistes, voire plus dans certains cas, et 30 % pour les aérogares et les équipements.

«Jamais un gouvernement au Québec n’a investi autant d’argent dans les infrastructures aéroportuaires. L’ancien programme de 2015 prévoyait 1 million $. Là, on parle de 100 millions $, en plus des investissements dans ses propres aéroports et du fédéral», indique la ministre déléguée.

Le président du Comité sur le transport aérien de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté, se montre satisfait et lance maintenant la balle à Ottawa. Il rappelle que le fédéral investit dans les infrastructures aéroportuaires entre 30 et 40 millions $ par année pour l’ensemble du Canada.

«Le gouvernement du Québec fait son grand bout. Ce sera maintenant au tour du gouvernement fédéral de délier les cordons de la bourse. On a montré que c’était une priorité pour les gens du Québec», dit l’élu.

Aide pour les billets

Tel qu’annoncé au sommet, le programme de réduction pour les tarifs aériens est élargi à la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, à l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent.

Il prévoit rembourser 30 % du coût du billet admissible pour un plafond de 500 $ par année. Par exemple, un vol aller-retour Québec-Gaspé avec Air Canada se négocie pour un vol dans la prochaine semaine aux environs de 1200 $.

«Avant le 1er avril, c’était 0 $. Maintenant, c’est 500 $. On fait un bout de chemin. Mais ce n’est pas le gouvernement du Québec qui peut légiférer sur le prix. C’est de juridiction fédérale. Nous faisons tout ce qui est possible pour amener plus de concurrence et pousser les prix vers le bas», réplique la ministre à l’affirmation à laquelle la majorité de la population ne pourra toujours pas se payer un billet d’avion.

Pour les régions où le programme existait, le remboursement est bonifié à 40 % pour un maximum de 1500 $ pour les communautés reliées au réseau routier et passe à 60 % avec un plafond de 3000 $ pour les communautés non reliées au réseau routier.

Groupe de travail

Par ailleurs, Québec met en place un comité de travail de 19 personnes de divers milieux afin d’examiner notamment la possibilité de mettre en place un prix plancher pour certaines dessertes régionales avec compensation, analyser l’option d’abolir la Taxe de vente du Québec et trouver des options pour faire diminuer le coût d’un billet.

«Jamais le gouvernement du Québec n’est allé aussi loin pour aider le transport aérien régional», conclut Véronyque Tremblay.

Environnement

Nouvelles mesures pour protéger les baleines noires

HALIFAX — Le gouvernement fédéral a annoncé la fermeture temporaire de plusieurs pêcheries dans le sud du golfe du Saint-Laurent après que des baleines noires eurent été aperçues dans le secteur. Les nouvelles fermetures entrent en vigueur vendredi matin.

Ottawa a précisé que tout l’équipement de pêche doit être retiré des zones ciblées, dont la réouverture sera annoncée plus tard.

Les mesures touchent notamment la pêche au crabe des neiges, au crabe araignée, au crabe nordique, au homard et au buccin.

Une baleine noire empêtrée dans de l’équipement de pêche a été aperçue vendredi dernier dans le sud du golfe du Saint-Laurent, mais des recherches aériennes et maritimes importantes n’ont pas permis de retrouver l’animal.

Il s’agit du premier empêtrement constaté cette saison dans le golfe, où cette espèce menacée vient se nourrir pendant la période estivale.

Par ailleurs, Pêches et Océans Canada a annoncé vendredi matin un investissement de 26,6 millions $ pour la recherche sur la pression des bruits sur les mammifères marins, dont la baleine noire de l’Atlantique.

Le député de Dartmouth — Cole Harbour, Darren Fisher, en a fait l’annonce à l’Institut océanographique de Bedford où la plus grande partie du travail de recherche sera effectuée.

D’après le communiqué publié par le gouvernement fédéral, les recherches devraient aider à «déterminer comment réduire les répercussions des facteurs de stress» sur les baleines et les autres espèces marines.

Les travaux vont d’abord s’intéresser à l’incidence du bruit causé par le trafic maritime sur les espèces en voie de disparition comme la baleine noire de l’Atlantique, l’épaulard résident du Sud et le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent.

L’Université Dalhousie obtient notamment un financement de 635 000 $ pour l’appuyer dans la surveillance des baleines noires de l’Atlantique dans le golfe du Saint-Laurent et dans le bassin Roseway, au large du sud de la Nouvelle-Écosse.

Des planeurs acoustiques sous-marins vont être déployés afin de détecter la présence des baleines et leurs déplacements.

Politique

Front commun Ontario-Saskatchewan contre Ottawa et la tarification du carbone

ST. ANDREWS, N.-B. — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé jeudi que sa province sera partie prenante du renvoi soumis par la Saskatchewan pour contester devant les tribunaux la tarification du carbone imposée par Ottawa.

M. Ford s’est joint jeudi matin à son homologue saskatchewanais, Scott Moe, pour dénoncer le projet fédéral, avant l’ouverture officielle de la rencontre de deux jours des premiers ministres des provinces et territoires. La réunion estivale du Conseil de la fédération s’est amorcée jeudi à St. Andrews, au Nouveau-Brunswick. Les premiers ministres Ford et Moe avaient eu auparavant une rencontre bilatérale, mercredi soir, et ils ont offert un point de presse commun, jeudi matin.

Le premier ministre Ford a assuré que les deux provinces sont «exactement sur la même longueur d’onde» au sujet de la tarification du carbone. Il a ensuite prévenu que l’Ontario utilisera tous les outils à sa disposition pour contester une «mauvaise taxe» qui, selon lui, «nuira aux familles et aux entreprises». M. Moe soutient de son côté qu’une taxe unique ne tient pas compte de la diversité de l’économie canadienne.

Le gouvernement Ford a déjà entrepris de démanteler le système ontarien de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre — le «marché du carbone», d’abord mis sur pied par le Québec et la Californie. La tarification du carbone exigée par le plan fédéral commencerait à 20 $ la tonne, et passerait à 50 $ la tonne d’ici 2022.

Le premier ministre Moe a résumé ainsi l’état des choses: «Nous avons deux provinces qui se conforment à la loi, deux provinces devant les tribunaux, et le reste du pays qui n’atteint pas les cibles fédérales.» Les deux hommes ont ensuite quitté le lutrin sur les pelouses de l’hôtel sans prendre de questions des journalistes.

L’hôte de la rencontre, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a émergé plus tard avec l’ambassadeur du Canada à Washington, David MacNaughton, qui venait de proposer aux premiers ministres différents moyens de régler les litiges commerciaux avec les États-Unis.

M. Gallant a réitéré que sa province maintenait le cap sur son plan de tarification du carbone, tout en gardant un oeil sur ce que les autres provinces mettront en place. «Nous sommes disposés à réviser nos façons de faire pour nous assurer qu’elles sont concurrentielles, que nous continuons de faire croître notre économie», a déclaré M. Gallant. «Nous devons attendre de voir les propositions des autres provinces.»

La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a affirmé que le gouvernement Ford ne devrait pas utiliser l’argent des contribuables dans une contestation coûteuse devant les tribunaux.

«Il est décevant que l’Ontario dépense 30 millions $ de l’argent des contribuables pour combattre le leadership en matière de climat. Notre gouvernement a un plan pour protéger l’environnement et faire croître l’économie et il fonctionne», a dit Mme McKenna, jeudi.

Couillard défend la tarification du carbone

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a affirmé que son gouvernement croyait fermement à l’idée que la lutte contre les changements climatiques «doit comporter un mécanisme de fixation de prix sur le carbone».

«Les principes sont déjà établis. Vous savez, on a créé le marché du carbone avant la loi fédérale, ou les interventions fédérales sur le sujet, et notre marché du carbone, il existe, et il continuera d’exister. Donc, on a déjà affirmé et pleinement exercé notre juridiction en cette matière-là», a-t-il fait valoir.

Concernant les divergences entre les provinces sur cette question, M. Couillard a dit croire que le Québec était un très bon exemple du mariage entre le marché du carbone et la croissance de l’économie.

«S’il y a un endroit où on a démontré qu’on peut avoir une tarification du carbone et avoir une croissance économique de très fort niveau, c’est bien au Québec. (..) Ceux qui disent que la tarification du carbone nuit à l’économie, on en est le contre-exemple vivant au Québec», a-t-il argué.

Questionné sur son bref premier contact avec son nouvel homologue de l’Ontario, Doug Ford, M. Couillard a soutenu qu’ils s’entendaient sur plusieurs points.

«Bien sûr, il y a un sujet sur lequel nous avons des désaccords, la question du changement climatique, mais sur la question de l’économie, de l’agriculture, et également sur les aspects de la situation des demandeurs d’asile, on est en accord complet. Et je crois que c’est important de le souligner, parce que nos entrepreneurs, nos agriculteurs, veulent nous voir travailler ensemble», a dit M. Couillard.

Selon lui, les discours des deux provinces concernant les demandeurs d’asile sont les mêmes, puisque le gouvernement de Doug Ford dit au fédéral vouloir «être compensé pour les coûts qui sont les nôtres dans les services sous juridiction provinciale».

Une lettre aux gouverneurs

Au côté de l’hôte de la rencontre, l’ambassadeur MacNaughton a affirmé que les premiers ministres avaient été d’un bon secours pour tendre la main aux politiciens et aux entreprises aux États-Unis.

«Nous devons dans une prochaine étape rejoindre les citoyens américains. Nous devons approcher ceux qui pourraient ne pas être encore convaincus ou ceux qui ont des vues différentes ou qui sont opposés au commerce pour des motifs idéologiques», a-t-il toutefois ajouté.

Jeudi, les premiers ministres des provinces et des territoires ont dévoilé une lettre transmise à tous les gouverneurs d’États américains, dans laquelle ils soulignent que le Canada et les États-Unis ont «bâti le partenariat économique le plus concurrentiel et novateur au monde».

«À titre de gouverneurs et de premiers ministres des provinces et territoires, [...] nous pouvons témoigner directement de l’impact que peuvent avoir des politiques adoptées à des milliers de kilomètres sur la vie quotidienne de nos citoyens», écrivent-ils.

«Les récentes mesures protectionnistes adoptées par l’administration américaine n’ont pas seulement affecté les Canadiens de manière injuste et négative, mais ont aussi eu des répercussions néfastes sur vos industries, vos travailleurs et vos familles», ajoutent les premiers ministres.

La lettre invite à «approfondir la collaboration existante» pour «faire en sorte que cette alliance entre les deux pays demeure solide et se poursuive pendant de nombreuses années».

Politique

Remaniement ministériel: Mélanie Joly rétrogradée; places aux dossiers ontariens

OTTAWA - Justin Trudeau a remanié son conseil des ministres mercredi matin; un exercice qui expose les inquiétudes du gouvernement fédéral face à un voisin de plus en plus difficile et des provinces où il a perdu des alliés.

Le premier ministre a également rétrogradé Mélanie Joly et donné du galon à trois députés ontariens.

Mme Joly, qui ne se sera pas tout à fait relevée de l’épisode Netflix, est remplacée par un autre Montréalais au ministère du Patrimoine: Pablo Rodriguez. L’élu d’Honoré-Mercier occupait, jusque-là, les fonctions de whip du gouvernement. Mme Joly ne gérera plus que tourisme, langues officielles et francophonie.

Elle fait contre mauvaise fortune bon coeur. «Je suis très fière de tout ce qui a été fait à Patrimoine. J’avais hérité à l’époque d’un ministère qui avait été coupé à 40 pour cent. Et je suis contente de l’avoir rebâti, de l’avoir refinancé, d’avoir annoncé toutes les réformes. Et maintenant je suis prête pour un nouveau défi», a-t-elle lancé à sa sortie de Rideau Hall.

«Le tourisme est un moteur économique essentiel», a dit M. Trudeau dans sa conférence de presse qui a suivi la cérémonie. «La capacité de Mélanie de connecter avec les gens, d’aller vendre le Canada à l’international (...), c’est un portfolio très important pour moi», a-t-il assuré.

M. Rodriguez a dit ne pas avoir l’impression de s’être fait refiler «une patate chaude» et a professé son amour des patates, en rigolant, après avoir vanté l’importance des dossiers qu’il se voit confier.

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Politique

Les conservateurs retirent une pub négative contre Trudeau

OTTAWA — Le Parti conservateur du Canada a retiré une publicité négative de son fil Twitter, mardi, dans laquelle on pouvait voir un homme noir transporter une valise par-dessus un micromessage du premier ministre Justin Trudeau.

Dans le micromessage, qui est déroulé comme un tapis à l’entrée d’une clôture brisée, on pouvait lire les mots «croyance» et «diversité».

Les conservateurs martèlent qu’un message envoyé par le premier ministre en janvier 2017 pourrait être partiellement responsable de l’afflux massif de demandeurs d’asile à la frontière canadienne.

Le porte-parole du Parti conservateur, Cory Hann, a déclaré que la publicité avait été enlevée parce que la situation à la frontière ne concernait pas seulement un groupe de personnes.

L’image, qui montre une personne traverser «illégalement» la frontière canadienne, avait été utilisée par plusieurs médias qui abordaient cette question, a indiqué M. Hann.

La photo dans son entièreté présente un homme, avec un groupe de personnes, qui transportent leur valise au Québec. L’image modifiée par le Parti conservateur avait isolé l’homme seulement.

Une citation tirée d’un article du Financial Post était accolée à l’image: «Le micromessage moralisateur de Trudeau provoque une crise migratoire — maintenant il doit réparer ce qu’il a causé.»

Dans une lettre ouverte publiée mardi, le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen a accusé les conservateurs de «colporter des informations fausses pour attiser la peur». Il juge «ridicule» que les conservateurs blâment le premier ministre pour cette crise.

Politique

Trudeau rebrassera les cartes du cabinet en prévision des élections de 2019

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau rebrassera ses principales cartes, mercredi, pour mettre bien en selle les ministres qui mèneront l’équipe libérale jusqu’aux prochaines élections fédérales de l’an prochain.

Le remaniement devrait aussi permettre de bien installer des communicateurs habiles dans l’équipe afin qu’ils puissent énoncer les positions du gouvernement et défendre ses politiques sur des enjeux de premier plan en vue de la campagne électorale de 2019.

Des sources internes ont aussi laissé entrevoir la possibilité que M. Trudeau désigne un ministre dédié aux aînés.

Ce remaniement en plein été donnera aux ministres quelques mois pour se mettre à jour sur leurs nouvelles responsabilités avant de retourner au Parlement cet automne, et ils devraient avoir la pleine maîtrise de leurs dossiers à l’approche du rendez-vous électoral.

Dans certains cas, M. Trudeau pourrait alléger le fardeau de ministres qui cumulent présentement plusieurs fonctions - comme Kirsty Duncan, ministre des Sciences et ministre des Sports et des Personnes handicapées, et Bardish Chagger, leader du gouvernement à la Chambre des communes et ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme.

Politique

Trudeau critique Poutine, mais évite d'écorcher Trump

OTTAWA — Justin Trudeau reste ferme dans sa condamnation de Vladimir Poutine, malgré les bons mots qu’a eus le président américain Donald Trump pour son homologue russe, lundi à Helsinki.

Le premier ministre a affirmé mardi matin que le Canada demeurait fermement opposé à toute une série de gestes posés par la Russie, notamment l’annexion de la Crimée ainsi que le soutien à l’homme fort syrien Bachar Al-Assad et aux rebelles dans l’est de l’Ukraine.

M. Trudeau affirme que le Canada s’est également engagé à soutenir les pays d’Europe de l’Est — comme la Lettonie, où il a récemment rendu visite à 450 soldats canadiens qui commandent un groupement tactique de l’OTAN, dont la mission est de contrer une éventuelle invasion russe.

LIRE AUSSI: Trump plaide le lapsus après ses propos sur Poutine

Cette rhétorique contre le dirigeant russe survient au lendemain d’un sommet controversé entre les présidents Poutine et Trump, en Finlande, alors que le président américain a semblé accuser son propre pays pour les mauvaises relations avec Moscou.

Au sujet de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, M. Trump a paru privilégier les dénégations solennelles de M. Poutine aux enquêtes des services de renseignement de son propre pays.

Il a toutefois rectifié le tir mardi, affirmant qu’il s’était mal exprimé et qu’il avait en fait voulu dire le contraire de ce qu’il a déclaré en conférence de presse la veille. M. Trump a ajouté qu’il acceptait les conclusions des agences de renseignement aux États-Unis, qui accusent la Russie de s’être ingérée dans l’élection américaine.

Tandis que de nombreux responsables américains, démocrates mais aussi républicains, ont fustigé la performance de M. Trump à Helsinki, le premier ministre Trudeau s’est gardé de commenter l’attitude du président, mardi. Il a préféré reprendre sa condamnation de M. Poutine et de la Russie.

«Je reviens de Lettonie, où nous avons continué de démontrer notre appui pour les forces de l’OTAN dirigées par le Canada en Lettonie, pour tenir le fort contre une possible incursion russe dans les pays baltes. Nous allons continuer d’être sans équivoque dans notre condamnation de Vladimir Poutine et de la Russie», a déclaré M. Trudeau, en point de presse lors d’une visite à Sutherlands River, en Nouvelle-Écosse.

Politique

François Legault, l’as du blocage sur Twitter?

«J’ai éreinté tous les chefs dans mes chroniques, mais seul celui de @coalitionavenir m’a bloquée. On parle d’un aspirant premier ministre…»

Le 9 juillet, la journaliste indépendante, chroniqueuse et blogueuse Marilyse Hamelin (Châtelaine) a lancé un «sondage-maison» sur Twitter. Elle voulait savoir qui, parmi ses abonnés, à l’instar du blogueur humoristique Mathieu Charlebois (L’actualité), avait été bloqué par François Legault. 

Parmi les réponses, celle de Jean-Philippe Pleau, sociologue, réalisateur à la radio de Radio-Canada et coanimateur avec Serge Bouchard de l’émission d’idées et de réflexion C’est fou, qui affirme avoir été «bloqué depuis fort longtemps».  

Le spin doctor chez Quebecor Steve E. Fortin dit également avoir été bloqué pendant des années, puis débloqué récemment. Idem pour le rédacteur en chef de Profession Santé, Éric Grenier, qui témoigne avoir «finalement été débloqué par une intervention divine». 

D’autres utilisateurs de Twitter se plaignent d’avoir été bloqués par le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), comme cette militante péquiste de Saguenay, Guylaine Simard, qui dit n’avoir pourtant «jamais tweeté avec lui», être «très polie» sur Twitter et ne jamais tenir de propos «déplacés». D’aucuns avancent que François Legault bloque «tous ceux qui ne pensent pas comme lui». 

Le Soleil a demandé à la CAQ pourquoi François Legault bloquait régulièrement des utilisateurs de Twitter. Émilie Toussaint, conseillère aux relations médias, nous a expliqué que François Legault gérait lui-même et seul son compte Twitter, et qu’il recevait un nombre très élevé de commentaires «qu’il tient à lire, un par un». 

«Cependant, il arrive souvent que des trolls envahissent sa boîte de réception et l’empêchent de lire attentivement les commentaires des “vrais gens”. Il se voit donc dans l’obligation de bloquer certains comptes qui n’ont d’autre but que de le troller», précise Émilie Toussaint, tout en soulignant que M. Legault «tente de bloquer uniquement les comptes un brin trop intenses avec des propos désobligeants».

«Si une personne juge qu’elle n’aurait pas dû être bloquée, elle peut contacter le service des communications numériques de la CAQ et nous verrons à corriger la situation s’il y a lieu», ajoute la porte-parole de la CAQ.

Chez Québec solidaire

Quelles sont les pratiques chez les chefs des autres partis? Chez Québec solidaire, c’est généralement l’équipe des communications qui «tweete» au nom de Manon Massé, ce qui n’empêche pas celle-ci d’interagir elle-même avec ses abonnés. 

«Mais elle ne lit pas systématiquement tous les messages, il y a un filtre qui se fait, comme c’était le cas pour Françoise David. On ne souhaite pas nécessairement exposer Manon Massé à des commentaires qui dépassent le simple débat respectueux, qui entrent plus dans la catégorie menaces et intimidation», explique le gestionnaire des réseaux sociaux pour Québec solidaire, Julien Joyal.

M. Joyal assure toutefois que l’équipe de Québec solidaire «ne bloque personne». «On ne veut pas empêcher les gens de nous lire et d’interagir avec nous […]. Quand tu aspires à gouverner, tu ne peux pas empêcher les gens de voir ce que tu as à dire», estime-t-il.

Le PQ ne bloque pas, sauf…

Du côté du Parti québécois, le compte Twitter du chef est alimenté tant par Jean-François Lisée que par son équipe de communications. Là aussi, on affirme ne bloquer personne, «sauf les comptes qui envoient des spams ou qui font de l’autopromotion».  

Les utilisateurs qui font des commentaires «sexistes, racistes ou homophobes à répétition» peuvent aussi être bloqués, nous dit-on. Au total, seulement 39 comptes auraient été bloqués. Jamais Jean-François Lisée et son équipe ne bloquent des utilisateurs sur la seule base d’opinions divergentes, assure-t-on. 

Au cabinet de Philippe Couillard, on affirme aussi que les internautes d’autres allégeances politiques sont les bienvenus sur la page Facebook ou le compte Twitter du premier ministre, qui sont gérés par son équipe des communications. Seuls les commentaires irrespectueux envers le premier ministre ou entre les internautes ne sont pas tolérés, précise l’attachée de presse de Philippe Couillard, Joçanne Prévost. 

Politique

Michelle Blanc: au-delà de sa transidentité

MONTRÉAL — La candidate du Parti québécois (PQ) dans la circonscription montréalaise de Mercier, Michelle Blanc, veut que les gens passent au-delà de sa transidentité pour écouter ses idées.

«Quand on parle de Maka Kotto, on ne dit pas le candidat noir», a-t-elle déclaré en entrevue, faisant référence au député péquiste de Bourget.

Michelle Blanc assure qu’elle est fière d’être l’une des porte-étendard de la cause LGBTQ, et d’avoir vécu sa transition devant l’œil des médias.

«Je ne suis pas unidimensionnelle. J’ai un certain problème à ce qu’on me réduise à mon identité de genre. Oui, ça fait partie de ma personne, mais je suis pas mal plus que ça», a-t-elle plaidé.

Michelle Blanc regrette que les gens oublient qu’elle est une spécialiste du numérique. Elle dit vouloir se présenter en politique pour que le Québec se dote d’un plan numérique.

Contre Ruba Ghazal

La candidate péquiste se mesurera au prochain scrutin à Ruba Ghazal, la candidate solidaire choisie pour remplacer Amir Khadir dans son fief, qu’il détenait depuis 2008.

Aux dernières élections, la candidate du PQ, la comédienne Sylvie Legault, avait terminé troisième, derrière le libéral Richard Sagala et Amir Khadir, qui avait terminé premier avec plus de 46 % des voix.

Mme Blanc s’est toutefois dite convaincue de l’emporter dans cette circonscription qui a déjà été un château fort péquiste.

«Il y a une bonne tradition du Parti québécois, il y a mille militants du Parti québécois dans Mercier. On a une caisse de campagne qui est pleine, on a des gens qui sont extrêmement déterminés», a-t-elle assuré.

Elle s’attend à une course à deux, entre elle et sa rivale solidaire, et en a profité pour critiquer la Coalition avenir Québec (CAQ).

«La Coalition avenir Québec, ils se concentrent dans la région de Québec et dans le 450; en dehors de ça, on va mettre des poteaux parce que ça prend quelqu’un», a-t-elle conclu.

Politique

Mélanie Joly officiellement candidate en 2019

MONTRÉAL - La ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly sera de nouveau candidate aux prochaines élections fédérales de 2019.

La candidature de Mme Joly a été confirmée dimanche, lors d’une assemblée d’investiture. Elle portera encore une fois les couleurs libérales dans la circonscription montréalaise d’Ahuntsic-Cartierville, qu’elle représente depuis 2015.

Elle avait été élue avec plus de 47 pour cent des voix.

Sur sa page Facebook, la ministre souligne que le Parti libéral «continue son travail acharné pour assembler des équipes de campagnes gagnantes à travers le pays, et qu’une partie de ce travail commence à Montréal».

Mélanie Joly ajoute qu’il est «difficile de croire que l’élection de 2019 aura lieu dans moins de 500 jours».