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260 millions $ pour réduire moins de 1 % du CO2 au Québec

OTTAWA - Le Québec ne réduira qu'une infime portion de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) avec les fonds fédéraux pour lutter contre les changements climatiques.

La ministre fédérale de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a annoncé à Ottawa vendredi la répartition du Fonds du leadership pour une économie à faibles émissions de carbone lors d'une conférence de presse qui avait toutes les apparences d'une publicité pour Canadian Tire.

Son homologue québécoise Isabelle Melançon a, pour sa part, dévoilé presque simultanément comment cet argent serait dépensé durant une conférence de presse aux Fermes Lufa à Montréal.

«On a juste une planète et chaque point de pourcentage qu'on va gagner, c'est un pas dans la bonne direction parce que l'urgence, elle est actuellement», a affirmé Mme Melançon en entrevue.

«On les voit, les inondations, on les voit, les microrafales, on les voit, les marées importantes en Gaspésie qui partent avec la moitié de nos routes, a-t-elle continué. Ça, ça s'appelle le réchauffement de la planète.»

Le fonds fédéral prévoit 1,4 milliard $ au cours des cinq prochaines années pour aider les provinces et les territoires qui ont adhéré au Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques à réduire leurs émissions de GES. La Saskatchewan et le Manitoba sont les seules provinces qui ne l'ont pas signé.

Ce cadre a été mis en place il y a un an pour permettre au Canada de respecter son engagement en vertu de l'Accord de Paris sur le climat. L'objectif est de réduire les émissions de GES de 30 % sous le niveau de 2005 d'ici 2030.

Le Québec obtiendra environ 260 millions $ pour financer des projets de conversion et d'efficacité énergétique, d'usage de la biomasse dans l'industrie forestière et de traitement du biogaz dans le secteur agricole.

Le Québec espère réduire ses émissions de CO2 d'un demi-million de tonnes d'ici 2030 grâce au financement d'Ottawa, «ce qui équivaut à retirer 155 880 voitures des routes chaque année», peut-on lire dans le communiqué diffusé par le cabinet de la ministre Melançon.

Cela représente 0,7 % des émissions totales du Québec en 2015, qui s'élevaient à 80 millions de tonnes.

Non négligeable

Même si ça semble peu, ce n'est pas négligeable, selon le directeur général de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand.

«Quand, sur 25 ans, on a fait seulement -8 %, faire -0,7 %, c'est significatif, a-t-il expliqué en entrevue. Toutes les réductions sont importantes.»

«Ce sont des programmes qui génèrent beaucoup de réductions pour pas trop cher la tonne comparativement à autre chose», a-t-il ajouté en prenant pour exemple les investissements dans les transports en commun ou dans l'électrification des transports.

La ministre Melançon a signalé que d'autres mesures adoptées par le Québec permettront de réduire davantage les émissions de GES, dont plus de 40 % proviennent des transports.

Elle présentera lundi le règlement qui accompagne la «loi zéro émission» adoptée par l'Assemblée nationale en 2016 et qui doit être appliquée à compter de janvier prochain. Cette loi a pour but d'augmenter le nombre de véhicules à faible émission sur les routes du Québec.

Une publicité?

La ministre Catherine McKenna semblait faire la promotion de Canadian Tire lors de sa conférence de presse vendredi. Le détaillant a adopté plusieurs pratiques pour améliorer son efficacité énergétique au cours des dernières années, ce qu'elle a tenu à souligner. Deux logos de la chaîne de magasins avaient été apposés bien en vue sur l'étalage derrière elle.

La conférence de presse a débuté par une présentation de responsables de la chaîne qui ont donné des détails sur leurs pratiques vertes - comme les rabais qu'ils offrent aux consommateurs pour l'achat de produits écoénergétiques et l'usage d'énergie propre dans leurs centres de distribution - et leur impact sur les réductions des émissions de GES.

La ministre McKenna a, quant à elle, incité les consommateurs à acheter des produits chez le détaillant durant sa conférence de presse.

«Remplacer vos cinq ampoules les plus utilisées [à la maison] par des ampoules écoénergétiques comme celles que nous voyons ici peut vous permettre d'économiser plus de 65 $ par année», a-t-elle dit en brandissant l'une de ces ampoules.

«Et vous pouvez les acheter chez Canadian Tire», a-t-elle ajouté en riant.

Questionnée à ce sujet, la ministre s'est défendue de faire la promotion du détaillant. «Canadian Tire, c'est vrai que c'est un chef de file en matière de réduction des émissions et qu'ils ont des produits que les Canadiens veulent», a-t-elle dit en ajoutant que beaucoup de gens y font leurs achats.

Politique

Jason Kenney élu député en Alberta

CALGARY - L'ancien ministre fédéral conservateur Jason Kenney vient d'être élu député à l'Assemblée législative de l'Alberta.

Le chef des conservateurs unis est le vainqueur de l'élection complémentaire qui se tenait dans la circonscription de Calgary-Lougheed. Il a facilement battu les six autres candidats, dont le chef libéral provincial, David Khan.

Jason Kenney a été l'architecte de la fusion entre les deux partis de centre droit en Alberta, le Parti progressiste-conservateur et le Wildrose.

Cette victoire lui permettra de se mesurer à la première ministre néo-démocrate Rachel Notley à l'Assemblée législative avant les élections provinciales de 2019.

L'élection complémentaire a été déclenchée à la suite du retrait de Dave Rodney, membre des conservateurs unis, pour ouvrir la voie à une candidature de M. Kenney, devenu chef du parti le 28 octobre.

Durant la campagne électorale, M. Kenney a dit avoir reçu un accueil positif dans son porte-à-porte.

Jason Kenney affrontait notamment le candidat néo-démocrate Phillip van der Merwe et la nouvelle cheffe du Parti vert, Romy Tittel.

Les autres candidats étaient Wayne Leslie du Parti de l'avantage albertain, Lauren Thorsteinson du Parti réformiste de l'Alberta et l'indépendant Larry Heather.

M. Khan, qui tentait également d'obtenir son premier siège à l'Assemblée législative, a déclaré qu'il représentait la seule véritable alternative aux conservateurs unis et aux néo-démocrates.

Van der Merwe a affirmé qu'il ne ressentait aucune pression supplémentaire parce que les néo-démocrates sont déjà au pouvoir. Il a dit qu'il a reçu beaucoup d'appui de la part de bénévoles motivés et de députés qui l'ont aidé à faire campagne.

Politique

Un employé du bureau de Justin Trudeau se retire à la suite d'allégations

OTTAWA — Un employé du bureau du premier ministre Justin Trudeau fait l’objet d’une enquête sur des allégations non précisées.

Le bureau du premier ministre n’identifie pas l’employé ou la nature des allégations.

Toutefois, cet employé, Claude-Éric Gagné, le directeur adjoint aux opérations du bureau du premier ministre, a déclaré mercredi soir qu’il était en congé en raison d’une «enquête indépendante au sujet d’allégations» qui ont été portées à l’attention du bureau du premier ministre.

Il affirme qu’il conteste la «véracité» des allégations et qu’il a offert sa pleine collaboration à l’enquêteur.

M. Gagné soutient qu’il ne fera pas d’autres commentaires.

La directrice des communications de Justin Trudeau, Kate Purchase, affirme que toute allégation dont est informé le bureau du premier ministre est prise très au sérieux.

«Dans ce cas, une enquête a été immédiatement déclenchée avec l’aide d’un enquêteur indépendant, et l’individu en question est parti en congé, en attendant le résultat.»

Mme Purchase a indiqué que le bureau du premier ministre ne commenterait pas davantage afin de ne pas nuire à la démarche.

Politique

Morneau clarifie sa réforme fiscale, des sénateurs lui demandent de l’abandonner

OTTAWA — Le ministère fédéral des Finances a dévoilé mercredi un document technique pour clarifier l’application, dès janvier, d’une portion de la réforme fiscale du ministre Bill Morneau, alors qu’un comité du Sénat recommande carrément de l’abandonner.

Le ministre Morneau veut éviter la création de sociétés privées dans le strict but d’économiser de l’impôt. Cette pratique de plus en plus répandue permet aux entrepreneurs et à certains professionnels de fractionner leur revenu entre les membres de leur famille même si ceux-ci ne travaillent pas pour eux.

Le ministère des Finances a clarifié à qui ces changements s’appliqueraient.

«Nous avons annoncé des règles très claires», a affirmé M. Morneau en point de presse en soulignant que l’objectif était de rendre le régime fiscal plus équitable.

Les conjoints des propriétaires d’entreprises qui sont âgés de 65 ans ou plus ne seront pas touchés, pas plus que les adultes qui travaillent en moyenne 20 heures par semaine pour l’entreprise familiale, et les adultes âgés de 25 ans ou plus qui possèdent au moins 10 % de l’entreprise.

Les gens qui ne répondront pas à ces critères devront prouver qu’ils ont contribué à l’entreprise de façon raisonnable pour être exempts des nouvelles mesures.

Les changements proposés réduiront le bassin d’entreprises touchées, le faisant passer de 50 000 à 45 000, selon les documents du ministère. Ils doivent s’appliquer pour l’année d’imposition 2018.

Les conservateurs et les néo-démocrates dénoncent le peu de temps accordé aux entreprises touchées pour s’adapter. Le ministre Bill Morneau a annoncé ces changements le dernier jour de travaux parlementaires avant la relâche pour la période des Fêtes.

«Le processus n’est pas respectueux des petites et des moyennes entreprises parce qu’elles reçoivent un avis de deux semaines - seulement deux semaines - où elles vont devoir changer leur modèle d’affaires», a dénoncé le député néo-démocrate, Alexandre Boulerice.

Il demande que l’application de ces mesures soit reportée.

«Charabia incompréhensible»

Le député conservateur Gérard Deltell estime qu’il s’agit d’un «charabia incompréhensible» qui crée deux classes d’entrepreneurs.

«Ils vont être confrontés à l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour démontrer la réalité dans laquelle ils vivent, a-t-il souligné. Dieu sait que l’ARC a démontré hors de tout doute raisonnable qu’ils sont d’une incompétence crasse particulièrement cette année.»

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante craint un alourdissement du fardeau administratif des entrepreneurs qui devront prouver qu’ils ont bel et bien droit aux exemptions et qui seront soumis aux «décisions subjectives» des vérificateurs de l’ARC.

Une réforme bonne pour la poubelle?

La réforme fiscale suscite la controverse depuis son dévoilement en juillet. Le ministre Morneau avait déjà annoncé des changements en octobre.

Le comité sénatorial permanent des finances nationales avait dévoilé, plus tôt dans la journée, le résultat d’une consultation menée d’est en ouest au cours des dernières semaines.

Si le ministre refuse de mettre sa réforme à la poubelle, le comité lui demande de reporter sa mise en œuvre d’un an, soit en janvier 2019, pour revoir de fond en comble le régime fiscal canadien, car cette réforme a suscité trop d’inquiétudes chez les particuliers.

Sur les douze membres du comité, deux sénateurs ont exprimé leur dissidence. Il s’agit des sénateurs indépendants Éric Forest et André Pratte, qui jugent trop radicale la recommandation d’abandonner la réforme.

Le ministre Bill Morneau a signalé mercredi qu’il n’a pas l’intention de jeter l’éponge ni de reporter sa réforme. «Les petites et moyennes entreprises auront amplement de temps de s’ajuster durant la prochaine année», a-t-il fait valoir.

Il estime que le fisc pourra récupérer 190 millions $ dès 2018-2019 en modifiant les règles de répartition du revenu.

Affaires

Québec amorce son virage numérique

En annonçant sa stratégie numérique québécoise accompagnée d’un investissement de 1,5 milliard $, le gouvernement Couillard veut faire du Québec un acteur de premier plan à l’échelle mondiale. La stratégie s’articule autour de sept orientations touchant les ministères des sept ministres qui accompagnaient le premier ministre Philippe Couillard mercredi matin.

Dans le montant annoncé au Musée de la civilisation, 500 millions $ ont déjà été annoncés et engagés dans le programme Québec Branché, visant à doter toutes les régions d’accès à Internet à haut débit. Quelque 200 millions $ du milliard de l’annonce de mercredi matin serviront aussi pour Québec Branché afin de répondre aux besoins en région.

L’accès aux réseaux performants d’ici cinq ans fait partie des grandes orientations. Cela devrait permettre entre autres aux entreprises de faire face à leur besoin de développement de leur marché. 

Il y a des projets de déploiement de câbles optiques reliant la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine et de nouveaux réseaux de télécommunication pour le Grand Nord et les communautés éloignées de la Basse-Côte-Nord.

L’aide d’Hydro-Québec

Mais si les entreprises de télécommunications n’arrivent pas à tout brancher, le gouvernement pourrait faire appel à Hydro-Québec qui partagerait sa capacité excédentaire de son réseau de fibre optique. L’idée n’est pas nouvelle, car Hydro-Québec avait présenté au gouvernement Parizeau un plan pour donner accès à Internet à tous les Québécois au milieu des années 1990, mais le projet avait été rejeté pour ne pas que l’État entre en concurrence avec le secteur privé.

La deuxième cible touche le monde de l’éducation pour le développement des compétences numériques dans le secteur scolaire. Cela se traduira par l’équipement des classes, la modification des pratiques. Cela voudrait dire aussi que les élèves du primaire pourraient être initiés à la robotique et au monde du code. En même temps, on s’attardera au perfectionnement des connaissances numérique de la main-d’œuvre.

Le premier ministre insiste pour dire que le plan sera très ambitieux pour le secteur de l’éducation.

L’administration publique

L’administration publique sera aussi touchée par cette stratégie avec la modernisation et la transformation. Le ministre Robert Poëti soulignait l’embauche de nombreux professionnels pour améliorer l’expertise du personnel. Le gouvernement veut que les services publics tiennent compte de la réalité des citoyens et des entreprises dans cette transformation numérique centrée sur l’utilisateur. 

Le monde municipal devra aussi participer au virage numérique de sorte que 75% des citoyens profitent de la transformation numérique des municipalités d’ici cinq ans. On s’attend à une hausse à une augmentation de l’utilisation du numérique dans les pratiques.

Les entreprises

Du côté des entreprises, le gouvernement fixe comme cible pour les entreprises une augmentation de 50% de «leur intensité numérique» dans le passage vers l’industrie 4.0. La transformation des entreprises, soulignent les documents de la stratégie, passe par des modèles d’affaires reposant en tout ou en partie sur les technologies numériques pour s’ajuster «aux nouveaux besoins et se réinventer dans un contexte d’évolution technologique continue et de concurrence accrue».

On parle alors de robotisation, de numérisation des processus et de l’intégration du numérique dans l’ensemble des opérations.

Pour le monde de la santé, l’objectif est que 100% des citoyens puissent interagir par des moyens numériques avec le réseau de la santé et des services sociaux. Pour le ministre Gaétan Barrette, dans les institutions publiques, tout est en voie de réalisation, mais ce n’est pas nécessairement le cas dans les cabinets privés. Il a souligné l’exigence du Collège des médecins pour que les praticiens en pratique privée fassent aussi le passage à l’ère numérique. Parmi les utilisations de techniques obsolètes, on note le fax comme moyen de communication.

La dernière orientation concerne le monde culturel qui devra être de plus en plus accessible et visible par l’entremise des réseaux numériques.

Politique

Marijuana: Ottawa offre 75% de la taxe d’accise aux provinces

OTTAWA — Les provinces auront la part du lion des revenus générés par la taxe d’accise sur la marijuana qui sera légalisée le 1er juillet 2018. Elles se sont finalement entendues avec le gouvernement fédéral, lors de la rencontre des ministres des Finances, lundi.

Les 13 ministres des Finances provinciaux et territoriaux sont restés pour la conférence de presse de fin de journée conviée par leur homologue fédéral, Bill Morneau. Le Manitoba est la seule province qui demandé du temps pour étudier l’offre d’Ottawa avant d’y adhérer.

Cette entente d’une durée de deux ans sera plus avantageuse que la première offre d’Ottawa, puisque les provinces obtiendront un minimum de 75 % de cet argent. Le fédéral gardera 25 % jusqu’à concurrence de 100 millions $ par année. Les revenus supplémentaires seront remis aux provinces.

«Nous savons que c’est très important d’avoir une situation où il n’y a pas de marché illégal, a indiqué M. Morneau. Donc, c’est pour ça que nous avons trouvé une façon d’introduire un niveau de taxe très bas.»

Selon le scénario envisagé, le prix de la marijuana serait fixé à 10 $ le gramme, en incluant la taxe d’accise et les taxes de vente fédérale et provinciale.

Cette taxe d’accise atteindrait 1 $ par gramme ou 10 % du prix de vente final - le montant le plus élevé des deux s’appliquerait. Le ministre Morneau estime qu’elle générera des revenus de 400 millions $ par année.

Le Québec satisfait

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, s’est dit «très satisfait» de l’entente même s’il croit que la part qu’il recevra - environ 60 millions $ annuellement - ne permettra pas de couvrir l’ensemble des coûts de mise en marché. Le Québec, comme les autres provinces, est encore en train de faire des calculs pour en arriver à une estimation.

«Ces coûts-là vont évoluer dans le temps, a-t-il expliqué. Nous nous sommes engagés avec notre Société québécoise du cannabis à avoir 15 succursales au 1er juillet, aussi de mettre en place un système de vente en ligne qui soit efficace. Il faut engager du monde, alors il y a tous ces coûts-là.»

Des frais qui s’ajoutent à ceux des campagnes de prévention et de sécurité publique.

Les provinces et territoires avaient fait valoir en début de journée que l’essentiel des revenus de la taxe d’accise devrait leur revenir puisqu’ils devront éponger la plus grande partie des coûts associés à la légalisation, notamment en ce qui concerne les forces de l’ordre, l’achalandage des tribunaux, la sécurité sur les routes et les campagnes de sensibilisation du public.

Le gouvernement fédéral s’était dit prêt en début d’après-midi à bonifier son offre initiale de 50 % afin de donner aux provinces une marge de manœuvre financière assez grande pour qu’elles remettent une portion de cet argent aux municipalités.

L’UMQ réclame le tiers pour les villes

L’Union des municipalités du Québec demande que le tiers des revenus de la taxe d’accise soit refilé directement aux villes, selon le modèle déjà utilisé pour la taxe sur l’essence. Elle réclame déjà une rencontre avec M. Leitão pour en discuter. Cet argent servirait à couvrir les frais qui seront engagés par les corps de police et les autres services municipaux touchés par la légalisation de la marijuana.

Le ministre Leitão n’a pas voulu s’avancer lundi sur une formule de partage avec les municipalités.

«Je ne vais pas vous donner un chiffre et d’ici trois semaines vous dire «ah, vous savez quoi...», non, non!» a-t-il dit.

Plusieurs inconnues demeurent, si bien que les ministres des Finances ont convenu de revoir leur entente dans un an pour s’assurer qu’elle ne rate pas la cible.

Éducation

Frais scolaires: les parents réclament une facture unique

Pour arriver à faire «le ménage» dans les frais scolaires au primaire et au secondaire, les parents du Québec réclament une facture unique, très détaillée et envoyée en un seul bloc.

«On veut que ce soit aussi clair qu’une facture de chez Walmart», illustre Corinne Payne, présidente de la Fédération des comités de parents (FCPQ). À l’heure actuelle, des parents peuvent recevoir de la part de l’école de leur enfant trois factures ou plus par année, pour les photocopies, les sorties scolaires, les frais de transport, de surveillance, etc.

En conférence de presse lundi, la FCPQ a présenté les balises qui permettraient d’établir un «plancher de gratuité» scolaire, à temps pour la rentrée 2018. Pour qu’un frais passe la rampe et soit facturé, il ne devrait pas viser la recherche de profits ou «compenser une coupure de subvention». Il devrait aussi être «un frais direct, supplémentaire et significatif», qui ne vise que l’élève. 

Politique

Une résidence pour aînés sur deux sans gicleurs, dénonce la CAQ

Environ la moitié des résidences pour personnes âgées du Québec ne possèdent toujours pas de gicleurs contre les incendies. Leurs propriétaires n’en ont pas les moyens malgré la disponibilité de subventions, déplore la Coalition avenir Québec, qui réclame des assouplissements au programme.

La CAQ a demandé un décompte en octobre et a découvert que 926 résidences pour aînés peuvent compter sur des gicleurs alors que 902 n’en ont pas. La Régie du bâtiment du Québec leur donne jusqu’en 2020 pour s’équiper et le ministère de la Santé et des Services sociaux a prévu de l’aide financière pour les aider, après le tragique incendie de l’Isle-Verte qui a fait 32 victimes.

Mais l’argent est versé au compte-gouttes. À peine 1 165 990 $ sont engagés depuis la mise sur pied du programme en 2015, sur un budget prévu de 116 millions $. 

«Les modalités d’application posent problème. On demande aux petits propriétaires d’assumer la totalité du déboursé et ensuite la subvention vient trop tard, lorsque les travaux sont complétés. Elle s’échelonne sur cinq ans à deux versements par année», résume François Paradis, porte-parole en matière de santé et d’aînés pour la CAQ. 

Le député de Lévis a été sensibilisé par des propriétaires de résidences pour personnes âgées qui n’ont pas suffisamment de revenus pour payer les travaux qui coûtent en moyenne 50 000 à 200 000 $ et qui, pour les mêmes raisons, n’ont pas accès à des prêts auprès des institutions financières. 

Programme «trop sévère»

Bertrand Chabot, propriétaire de la Résidence familiale des aînés de Portneuf qui compte une dizaine de résidents, ajoute que «beaucoup de choses ne sont pas incluses dans la subvention», comme les frais d’architectes et d’ingénieurs par exemple. Dans son cas, l’installation de gicleurs est estimée à 68 000 $ et il pense récupérer moins que le tiers de cette somme, même si théoriquement ses dépenses devraient être remboursées à 60 %. 

«Tous les propriétaires sont d’accord pour les gicleurs. On trouve que le programme est trop sévère, qu’on enlève le droit à la sécurité des personnes âgées. On parle de la vie des gens, pas de patates en poudre!» s’exclame-t-il. 

Pour aider les uns comme les autres, la CAQ demande au gouvernement libéral d’accorder les subventions plus rapidement, en fait dès que les propriétaires ont en main des plans et devis signés par un ingénieur et qu’ils ont accepté la soumission d’un entrepreneur certifié. Des contrôles pourraient ensuite être effectués pour s’assurer que l’argent public soit bien investi. 

En entrevue dimanche après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a accusé la CAQ de faire des «manoeuvres politiques», car le gouvernement mène des consultations depuis cet automne en vue d’une mise à jour du programme, qui sera annoncée en janvier.

M. Barrette n’a pas pu donner de détails sur cette mise à jour pour l’instant, mais il a assuré que tous les acteurs du milieu avaient été consultés. «Je vous dirais qu’on donne suite de façon très significative aux demandes qu’on nous a faites, on comprend la problématique», a-t-il indiqué.  Avec La Presse canadienne

Politique

Option nationale dit oui à Québec solidaire

Les militants d’Option nationale, du moins ceux ayant enregistré leur vote, ont approuvé à 90,7 % la fusion avec Québec solidaire, dimanche.

Environ 300 membres s’étaient annoncés pour ce congrès extraordinaire tenu à l’Université Laval. Finalement, 209 ont voté: 186 pour et 19 contre, plus 4 bulletins annulés ou rejetés.

Quarante-trois membres de longue date ont également quitté avec fracas lors de la plénière sur l’entente de principe au début de l’après-midi. Ils ont dénoncé un «noyautage» pro-fusion par de nouveaux et d’anciens militants ayant pris récemment leur carte de membre et annoncé leur intention de fonder un nouveau parti indépendantiste avec le même programme qu’Option nationale, voire le même nom. 

Au moment d’annoncer le résultat du vote, un peu après 17h, le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, a tout de même salué un «résultat clair». Devant les journalistes quelques minutes plus tard, il a ajouté les qualificatifs «affirmé, positif, enthousiaste». 

«Je pense que nous écrivons aujourd’hui une page d’histoire dans le mouvement indépendantiste, qui inspire les moments de grands débuts», a-t-il lancé, dressant un parallèle avec les années 60. 

Selon l’entente convenue, ON devient un collectif à l’intérieur de Québec solidaire, qui fera la part belle à l’indépendance dans son programme politique. 

M. Zanetti a prédit une remontée des appuis pour la cause indépendantiste puisque la gauche parlera d’une même voix et que «justement on va se remettre à faire la promotion de l’indépendance aux élections». Et ce dès 2018. 

Le chef, dont la démission a été demandée par une cinquantaine d’opposants à la fusion avec QS, a accusé ses détracteurs de vouloir attirer l’attention des médias. «Il pouvait être prévisible que ceux qui étaient en défaveur de la fusion, sentant qu’ils n’allaient pas remporter le vote, décident qu’ils allaient faire comme ça un espèce de baroud d’honneur. […] C’est une quarantaine de personnes sur un congrès de 300 personnes. Ça n’aurait pas influencé le vote, même s’ils étaient restés et avaient voté tous contre», a-t-il analysé. 

«Je trouve ça vraiment dommage de partir de cette façon-là, de partir en essayant de couler le navire pour se faire du capital politique et ensuite de fonder un autre parti», a poursuivi le chef. Bien qu’il ait lui-même comparé le changement à un «deuil». 

«La grande famille de la gauche indépendantiste»

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, qui est arrivé à l’Université Laval en fin de journée, a souhaité aux membres d’Option nationale la bienvenue dans «la grande famille de la gauche indépendantiste». «À partir de maintenant, les amis, on travaille ensemble tous les jours à créer ce pays du Québec dont on parle depuis si longtemps», a-t-il lancé. 

Dans leur célébration du regroupement des forces indépendantistes, les deux jeunes leaders politiques n’ont pas parlé du Parti québécois. Il a fallu que les journalistes amènent le sujet sur le tapis pour que Sol Zanetti dise un mot sur l’opposition à l’Assemblée nationale. «Ce que je souhaite, c’est qu’au moment où le Parti québécois va se reposer des questions, c’est-à-dire après la prochaine élection, qu’il décide de prendre la voie d’un engagement indépendantiste social-démocrate pour jeter les bases d’une possible discussion», a-t-il fait valoir. 

Politique

3 milliards $ pour lutter contre la pauvreté

Le gouvernement Couillard injectera près de 3 milliards $ pour sortir 100 000 Québécois de la pauvreté d’ici 2023, notamment en initiant la mise en place d’un revenu de base garanti pour les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi.

Le plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 «permettra au Québec de rejoindre les nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres», s’est réjoui le premier ministre, dimanche midi, en conférence de presse. 

D’ici six ans, le gouvernement se donne comme objectif de sortir de leur situation «de manière permanente» 100 000 des 800 000 Québécois vivant sous le seuil de la pauvreté. 

Les grands gagnants du nouveau plan sont sans contredit les prestataires du programme québécois de solidarité sociale, soit des personnes pauvres qui ne peuvent accéder à l’emploi en raison de contraintes physiques ou mentales. Une personne seule dans cette situation recevra 876$ de plus en prestation dès 2018, et les hausses constantes d’ici 2023 lui permettront de toucher à terme un revenu annuel dépassant légèrement le seuil de la pauvreté.