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Politique

Sylvain Gaudreault aimerait voir des femmes dans la course à la chefferie du PQ

Candidat à la chefferie du Parti québécois, Sylvain Gaudreault aimerait voir des femmes tenter leur chance pour la direction. Pour l’instant, les cinq candidats déclarés ou pressentis sont tous des hommes.

L’avocat Paul St-Pierre-Plamondon va quant à lui lancer sa campagne pour devenir chef du PQ le 28 janvier, dans une semaine. Il s’était aussi prononcé sur la question, écrivant «encourager des candidatures féminines et l’implication du plus grand nombre de femmes dans le cadre de la course à la direction du PQ».

L’humoriste Guy Nantel, l’historien Frédéric Bastien et l’avocat en immigration Stéphane Handfield soupèsent encore les appuis avant de se lancer.

Il s’agit de cinq hommes blancs âgés entre le début de la quarantaine et le début de la cinquantaine.

«Je suis heureux de voir que le PQ attire des gens de qualité. Je souhaiterais aussi que des femmes se présentent à la direction. Plus on sera nombreux, mieux ce sera», a commenté M. Gaudreault, mardi matin, avant son entrée en commission parlementaire su l’étude du projet de loi 44.

«Nous sommes devant la salle Pauline-Marois, la première femme élue première ministre du Québec, avec le PQ. On a toujours été ouverts et on a toujours eu beaucoup de participation des femmes à l’intérieur du parti. Je souhaite qu’on ait le plus de candidats et candidates de qualité», a affirmé M. Gaudreault.

Député de Jonquière depuis 2007, M. Gaudreault s’avère le seul élu du groupe, lui qui a déjà été chef intérimaire du PQ durant cinq mois en 2016.

Après la sortie de trois importantes militantes péquistes dans La Presse à ce sujet, la semaine passée, soit l’ex-ministre Louise Harel, l’ex-présidente du parti Gabrielle Lemieux et l’actuelle présidente de l’aile jeunesse Frédérique St-Jean, M. St-Pierre-Plamondon s’était prononcé sur sa page Facebook, samedi.

«Malgré les efforts constants du parti pour attirer des candidatures et atteindre la parité, les obstacles pour les femmes qui voudraient faire de la politique demeurent nombreux : conciliation politique-famille, joute partisane, un environnement de travail avec des pratiques douteuses (rappelons-nous l’affaire Sklavounos), etc. Il faut tout de même persévérer», a-t-il écrit.

Politique

Le nouvel ALENA ratifié la semaine prochaine, annonce Trudeau

WINNIPEG - Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué mardi que le Canada ira de l’avant avec la ratification du nouvel accord de libre-échange nord-américain la semaine prochaine.

M. Trudeau a précisé que le gouvernement présenterait une motion de voies et moyens le 27 janvier, lorsque le Parlement reprendra ses activités, et qu’il présentera un projet de loi pour ratifier l’accord deux jours plus tard.

Selon le premier ministre, des millions de Canadiens dépendent d’un commerce stable et fiable avec le plus grand partenaire commercial du pays.

La ratification éliminerait le dernier obstacle à la préservation du commerce continental, après que le président américain Donald Trump a imposé au Canada et au Mexique, en 2017, une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui prévalait depuis 25 ans.

La semaine dernière, le Sénat américain, à majorité républicaine, a adopté le nouveau pacte, qui s’appelle l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Le gouvernement libéral attendait que les États-Unis ratifient officiellement l’accord avant de présenter son propre projet de loi. Le Mexique a ratifié l’entente en juin dernier.

Politique

Mode de scrutin: plus de jeunes, plus de femmes, moins de régions

Quota de jeunes candidats, parité femmes-hommes, meilleure représentation régionale. Les améliorations réclamées sont nombreuses pour le projet de loi sur le nouveau mode de scrutin québécois, qui sera soumis à des auditions publiques à compter de mercredi.

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est rabattu sur un référendum tenu en même temps que les élections générales provinciales de 2022 pour proposer sa réforme aux citoyens. Une stratégie que d’aucuns voient comme une façon de favoriser le statu quo.

La possibilité de passer de notre bon vieux scrutin majoritaire uninominal à un tour à un nouveau scrutin proportionnel mixte compensatoire survient au moment où, pour la première fois de l’histoire du Québec, quatre partis politiques sont officiellement reconnus à l’Assemblée nationale.

Selon la proposition de la ministre de la Justice, Sonia LeBel, les 125 sièges de circonscriptions actuels seraient maintenus en nombre, mais plutôt divisés en 80 sièges de circonscriptions et 45 sièges de compensation régionale.

Pour étudier le projet de loi 39, la Commission des institutions entendra 35 individus, groupes et organismes de toutes les sphères de la société désirant se prononcer sur la question. Les cinq jours d’audiences se tiennent les 22 et 23 janvier, puis du 4 au 6 février.

Le Soleil fait un tour de la question avec de ces quatre intervenants, tous favorables à un changement du mode de scrutin.

COMBINER DES RÉGIONS

Mercédez Roberge, chercheure et auteure du livre «Des élections à réinventer»

«La première qualité de ce projet de loi est d’exister, car en 2004, c’était un avant-projet de loi. Mais on utilise sans les adapter les régions administratives, qui sont déséquilibrées en population et en nombre de sièges. Faudrait réunir des régions limitrophes qui ont déjà des liens pour faire une région électorale, comme Lanaudière et Laurentides, par exemple. Dans le projet de loi, les populations de 11 des 17 régions administratives ont une proportionnalité déficiente, parce que pas assez grandes pour être efficaces.

«Des votes perdus [pour un candidat qui n’est pas élu] vont continuer de se perdre parce que les régions électorales sont trop petites», estime Mme Roberge, qui propose de réduire de 17 à entre 8 et 10 le nombre de régions électorales. En 2007, le Directeur général des élections avançait le nombre idéal de neuf régions.

Abaisser le seuil de 10 % de votes nécessaires au niveau national pour accéder aux sièges de compensation constitue une autre modification essentielle pour «favoriser les petits partis, alors que «la plupart des pays ne dépassent pas 5 % et qu’on n’a pas raison de dépasser 2, 3 %».

L’ajout de mesures obligatoires pour favoriser les candidatures de femmes et de personnes racisées s’avère crucial, tandis que la tenue d’un référendum et le financement insuffisant des camps référendaires montrent qu’«au total, le jupon dépasse» en faveur du statu quo chez la ministre LeBel et le gouvernement Legault.

QUOTA DE JEUNES

Daye Diallo, président de Force Jeunesse

«La réforme doit obliger les partis à avoir des quotas de jeunes sur leur liste électorale. On a des exemples concrets, comme en Suède, où ils exigent un minimum de 25 % de candidats de moins de 35 ans.

«Un référendum n’est pas une mauvaise idée, mais il devrait être organisé avant l’échéance électorale de 2022, pour ne pas diluer la question dans les élections.» Si jamais le temps manque pour implanter le nouveau mode de scrutin, les élections de 2022 pourraient s’organiser sous l’ancien système.

«Il est aussi souhaitable que les listes électorales soient en zone paritaire, c’est-à-dire au moins 45 % de femmes. Tout cela pour lutter contre le cynisme autant chez les jeunes qu’auprès de la population en général. Quand on se sent représenté, on va davantage voter. Et une diversité d’idées ne peut qu’améliorer la situation du Québec.»

Aux élections québécoises de 2018, 12 des 125 élus avaient moins de 35 ans, soit 9,6 %.

45 % DE CANDIDATES

Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie

«Première fois qu’un texte de loi au Québec comporte deux articles touchant la parité. Des mesures faibles, mais à nous de les bonifier!

«Pour nous, la parité a toujours été 50-50. Mais on propose d’imposer des candidatures de circonscriptions dans la zone 45 %-55 %, car un équilibre à 50 % s’avère difficile à maintenir. On considère que 45-55 pour les candidatures nous assure de se retrouver au moins dans une zone de 40-60 de femmes élues. C’est mathématique, elles ne peuvent pas toutes être élues! En 2018, on a eu 47 % de candidates et 42 % d’élues. Quant aux listes de compensation, elles doivent être paritaires, avec une liste sur deux commençant par une femme.

«Tenir le référendum en même temps que la campagne électorale n’est pas une bonne idée. Mais plus importants, les éléments de parité ne devraient pas être soumis à un référendum. Ces articles doivent entrer en vigueur dès l’adoption de la loi et s’appliquer», peu importe le résultat par la suite.

ASSURER LA STABILITÉ

Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

«François Legault avait promis une réforme, mais sans référendum. Des députés de la CAQ ont toutefois manifesté un peu de résistance et M. Legault a été sensible à ça. De tenir un référendum sur la question, on se demande si ce n’est pas un moyen de torpiller la réforme!

«Par ailleurs, ce mode de scrutin augmente les probabilités d’avoir des gouvernements minoritaires, mais le projet de loi ne contient pas de mesure pour assurer la stabilité politique, comme il en existe en Allemagne. Rien pour encadrer les votes de confiance et éviter que le gouvernement se fasse renverser à tout bout de champ.

«Au sujet de la parité hommes-femmes, il faut aller plus loin que de demander de simples énoncés d’intention aux partis. Il devrait y avoir des incitatifs financiers ou des pénalités pour les partis qui ne font pas l’effort de présenter des candidats sur une base paritaire.»

Politique

Parrainage de réfugiés: Jolin-Barrette reconnaît que des changements s’imposent

Au Québec, le noble désir de parrainer un réfugié s’est transformé en course à obstacles au cours des derniers jours. La première étape, en principe banale, qui consiste à déposer une demande au ministère de l’Immigration a tourné au cauchemar.

Depuis vendredi, des centaines de personnes ont dû squatter les bureaux du ministère dirigé par Simon Jolin-Barrette, à Montréal, dans l’espoir que leur demande de parrainage se fraye un chemin jusqu’à lui.

Au cœur de l’hiver, pour accommoder les gens qui cherchaient à augmenter leur chance en faisant le pied de grue devant l’édifice, une salle d’attente a dû être aménagée dès vendredi sur les lieux, même si le dépôt des demandes n’était possible que ce lundi.

Prenant acte de la colère et de la frustration des aspirants parrains, le ministre Jolin-Barrette a reconnu les ratés du système, lundi, promettant du même coup de revoir les façons de faire de son ministère.

«Évidemment, des améliorations doivent être apportées pour les prochaines périodes de dépôt. Le processus de dépôt de candidatures présentées par l’entremise de messagers soulève de nombreux questionnements quant à son efficacité. Il doit être revu», a commenté le ministre par voie de communiqué. Il n’a pas donné d’entrevue.

Sous prétexte de ne pas favoriser qui que ce soit, le gouvernement a imposé aux éventuels parrains, souvent des proches des futurs réfugiés, d’avoir recours à un intermédiaire, messager ou coursier, pour déposer la demande en leur nom. Cette formule a compliqué les choses.

Les aspirants parrains ont dû allonger plusieurs centaines de dollars à ces messagers, qui jouaient du coude pour se tailler une bonne place.

Le ministère avait privilégié la formule : «premier arrivé, premier servi».

Le nombre de dossiers acceptés étant limité à une centaine au total, ce système de messagers a donné lieu à une escalade d’accrochages. Des gens ont rapporté aux médias avoir vu des personnes tenter de monnayer une meilleure place dans la file d’attente.

Au total, cette année, 750 dossiers de réfugiés seront acceptés, dont 100 déposés par des particuliers, qui peuvent former un groupe comptant au maximum cinq personnes. Les autres réfugiés seront parrainés par des organismes.

L'opposition dénonce

Deux des trois partis d’opposition ont dénoncé la situation, attribuant le cafouillage dans le dossier du parrainage collectif au manque d’écoute et de rigueur du ministre Jolin-Barrette.

À la suite du cafouillage ayant mené au retrait temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), l’automne dernier, le ministre s’était engagé à écouter davantage les divers intervenants, a rappelé le porte-parole libéral en cette matière, Moncef Derraji. Or, ce n’est pas ce qui s’est produit, selon lui.

Ce dernier juge incroyable de voir en 2020 un gouvernement obliger les gens à «faire la file pour utiliser un programme gouvernemental».

Même son de cloche du côté de Québec solidaire, qui estime que quelques mois après le PEQ le scénario se répète avec «une gestion lamentable» en matière d’immigration.

«Comme d’habitude, le ministre Jolin-Barrette n’a écouté personne d’autre que lui!» a commenté lundi le député porte-parole du dossier, Andrés Fontecilla, contestant au passage la décision du gouvernement Legault d’abaisser les seuils d’immigration de réfugiés.

Par son attitude envers les revendicateurs du statut de réfugié, il estime que le ministre Jolin-Barrette fait preuve d’«arrogance».

L’analyse des dossiers étant longue, cela pourrait prendre au moins un an et demi, voire quelques années, avant de voir les réfugiés visés débarquer au Québec.

En 2020, le Québec devrait accueillir entre 4500 et 5500 réfugiés.

Politique

Loi 21: le Manitoba dit avoir reçu de «nombreux» CV de fonctionnaires québécois

WINNIPEG — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, dit qu’il y a eu de «nombreuses demandes» de la part de fonctionnaires québécois désirant s’établir dans sa province, après une offensive publicitaire contre la loi 21.

Le gouvernement manitobain avait acheté des publicités dans des journaux et des médias numériques au Québec l’automne dernier, qui mentionnaient 21 raisons d’envisager de déménager au Manitoba - en référence à la loi québécoise sur la laïcité.

M. Pallister soutient que son gouvernement a déjà commencé à recevoir des curriculum vitae. «Nous avons hâte de commencer les embauches parce que nous avons besoin de davantage de travailleurs bilingues dans notre fonction publique au Manitoba», a-t-il dit, à sa sortie d’une rencontre avec son homologue fédéral Justin Trudeau.

Le premier ministre manitobain a maintes fois dénoncé la loi québécoise sur la laïcité, estimant qu’elle est discriminatoire.

«Je crois que le Québec est trop bon pour cette loi, je crois que les Québécois sont trop solides pour cette loi et je crois que le Québec est une partie trop importante du Canada pour se séparer, dans le sens qu’il adopte des politiques qui sont inutilement discriminatoires», a-t-il réitéré, lundi.

Par le passé, le premier ministre du Québec, François Legault, a rétorqué que le Manitoba aurait intérêt à mieux financer les services en français dans sa province plutôt que de se mêler des affaires du Québec.

Cette loi interdit à certains fonctionnaires, y compris les enseignants du primaire et du secondaire du système public et les policiers, de porter des symboles religieux dans leurs fonctions tels que le hijab pour les femmes musulmanes et la kippa pour les hommes juifs.

M. Pallister a rencontré M. Trudeau au deuxième jour d’une réunion du conseil des ministres fédéraux qui se tient à Winnipeg, un lieu choisi pour tendre la main à une région qui a tourné le dos aux libéraux fédéraux lors de l’élection du 21 octobre.

Changement de ton

À la sortie de sa rencontre, le premier ministre manitobain a démontré de l’ouverture à soumettre sa province à une taxe sur le carbone.

M. Pallister a déclaré que son gouvernement se prépare à soumettre un autre plan sur le climat, après que le dernier eut été rejeté. Il a soutenu que le «dialogue» se poursuivait avec Ottawa, et que ce dialogue inclut une «sorte de tarification sur le carbone».

M. Pallister a dit lundi à la blague que s’il devait y en avoir une dans sa province, elle devrait être «basse et plate comme l’horizon des Prairies».

Mais pour que cela se passe, il s’attend à recevoir une sorte de reconnaissance des efforts passés du Manitoba sur le plan de l’environnement.

La vice-première ministre Chrystia Freeland, qui était présente à la rencontre lundi, est d’accord pour poursuivre les discussions avec M. Pallister afin de trouver une solution «gagnant-gagnant».

Elle a cependant insisté sur l’importance de mettre en place un plan ambitieux pour le climat. «Je pense que tous les Canadiens et Canadiennes comprennent que c’est peut-être l’enjeu le plus important pour notre génération», a-t-elle déclaré.

Plusieurs provinces, dont le Manitoba, ont entamé des procédures judiciaires contre la taxe fédérale sur le carbone, imposée aux provinces qui n’avaient pas de plan provincial.

Un pont pour l’aliénation

M. Pallister a indiqué sa volonté d’agir comme pont entre le gouvernement fédéral et les deux autres premiers ministres des Prairies, ouvertement hostiles envers les libéraux de M. Trudeau, soit Jason Kenney de l’Alberta et Scott Moe de la Saskatchewan.

«Notre province est une clé de voûte. Si vous ne pouvez pas vous entendre avec le gentil Manitoba, il y a de nombreux autres Canadiens avec qui vous ne pourrez pas vous entendre», a réitéré le premier ministre manitobain.

Mme Freeland, qui a passé les dernières semaines à parcourir le pays, en est venue pour sa part à un constat «peut-être surprenant» après une élection qui a révélé des divisions régionales.

«Les Canadiens aiment vraiment le Canada. (...) Je pense qu’il y a un engagement profond au Canada à travers le Canada, je crois qu’il y a une appréciation profonde surtout en ces temps de grande incertitude globale et de défis globaux, qu’ils soient géopolitiques ou économiques», a-t-elle dit.

«Nous devons nous engager pleinement afin de garder le Canada fort, garder le Canada uni, garder le Canada capable d’agir ensemble pour adresser les défis les plus pressants de notre époque», a-t-elle plaidé.

La retraite du conseil des ministres à Winnipeg prendra fin mardi.

Politique

Cible de réduction et Trans Mountain: le ying et le yang du gouvernement Trudeau

WINNIPEG — Le ministre fédéral de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a annoncé dimanche que le Canada présentera de nouvelles cibles de diminution de gaz à effet de serre pour 2030.

Quelques instants après, le président et chef de la direction de Trans Mountain Corporation, Ian Anderson, se présentait devant les journalistes pour vanter les bénéfices économiques de l’expansion de l’oléoduc.

C’était une scène «étrange», de l’aveu même du ministre des Ressources naturelles Seamus O’Regan, mais les deux ne sont «pas contradictoires». Les deux sont même compatibles, a-t-il plaidé.

Si le Canada veut réellement être carboneutre en 2050, a-t-il dit, tous les secteurs doivent être à bord et cela passe par un secteur privé, mais aussi une industrie du pétrole et du gaz «durable et en santé».

«Pour faire cela, ils doivent réussir à transporter leurs produits aux marchés. Alors c’est un grand cercle qui se boucle. L’histoire est plus compliquée à raconter, mais il est essentiel qu’on la raconte parce que l’avenir du pays en dépend», a lancé M. O’Regan.

Le patron de Trans Mountain, qui était l’un des invités lors de la retraite ministérielle du cabinet Trudeau à Winnipeg, a assuré que la construction de l’expansion de l’oléoduc était bel et bien en cours et que le projet pourrait être complété d’ici la fin de l’année 2022.

À l’heure actuelle, quelque 2700 personnes travaillent sur le projet, dont 10 % de travailleurs autochtones. M. Anderson espère que ce projet sera une «histoire à succès» tant pour les retombées économiques que la collaboration avec les peuples autochtones.

Lui non plus ne voit aucune contradiction entre l’expansion de Trans Mountain et les nouvelles cibles qui seront annoncées par M. Wilkinson.

«Je pense que ce que les Canadiens peuvent continuer d’apprécier, c’est que les réponses au changement climatiques et les réponses aux conditions environnementales qu’on a devant nous sont critiques à notre nation, mais le développement économique de nos ressources l’est aussi», a-t-il répondu.

Prix citron

Le ministre Wilkinson, de son côté, dit qu’il présentera ses nouvelles cibles environnementales pour 2030 dans les prochains mois. Il veut être fin prêt avant la COP26, qui se tiendra à Glasgow, au Royaume-Uni.

Pour l’instant, le plan de match n’est pas encore défini.

«J’ai dit que le Canada veut avoir de nouvelles cibles quand nous allons aller à COP26 à Glasgow et nous devons développer un plan et parler aux Canadiens. Nous avons seulement commencé maintenant les discussions», a-t-il dit.

Lors de la COP25 à Madrid, le Canada avait obtenu la troisième place du «fossile du jour» - une sorte de prix citron remis par des ONG afin de dénoncer les apparentes contradictions du pays.

Politique

Paul St-Pierre Plamondon se lance dans la course à la direction au PQ

MONTRÉAL — L’avocat Paul St-Pierre Plamondon a annoncé samedi qu’il se lançait dans la course à la succession à Jean-François Lisée au Parti québécois (PQ).

M. St-Pierre Plamondon en a fait l’annonce sur sa page Facebook.

«Je suis très content de vous annoncer que ma réflexion est terminée et que je serai candidat à la direction du Parti québécois», a-t-il écrit.

Politique

Charest demande la fin de l'enquête Mâchurer

OTTAWA — Jean Charest demande la fin de l'enquête Mâchurer de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) qui le vise, alors qu'il songe à revenir en politique active.

Son avocat, Michel Massicotte, a offert une entrevue à la télévision de Radio-Canada vendredi pour clamer l’innocence de son client et réclamer la fin de cette enquête qui colle à l’ancien premier ministre du Québec depuis des années.

«Écoutez, ça fait six ans. Six ans! Et on n’a toujours pas encore réussi à trouver quoi que ce soit», a-t-il déclaré.

Cette sortie de M. Massicotte survient au lendemain de la divulgation de mandats de l’UPAC qui visaient Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

Ces documents rendus publics jeudi ont levé le voile sur le financement occulte du PLQ pendant les années Charest. L’ancien premier ministre n’y est mentionné que comme l’ami de M. Bibeau.

M. Massicotte est catégorique : il n’y a «strictement rien qui relie M. Charest à quelque acte illégal» et il est temps que Mâchurer prenne fin, près de six ans plus tard.

«Cessez cette enquête. Nous avons coopéré. Arrêtez de dire qu’on se cache ou quoi que ce soit. Nous avons offert notre coopération, mais cette coopération ne semble pas être réciproque», a-t-il soutenu.

Lettre morte

M. Massicotte soutient que des policiers de l’UPAC ont demandé à deux reprises — en 2013 et en 2014 — à rencontrer M. Charest, qui a accepté. Mais chaque fois, l’offre est demeurée lettre morte, a-t-il déploré.

Il a aussi rappelé que M. Charest avait rencontré en 2014 la procureure de la commission Charbonneau — l’actuelle ministre québécoise de la Justice, Sonia LeBel — ainsi que deux policiers qui, plus tard, ont été rattachés à l’UPAC.

M. Charest avait également soumis une déclaration de 300 pages dans laquelle il s’expliquait sur la question du financement politique et sa relation avec M. Bibeau, précise son avocat.

M. Charest n’a finalement jamais été invité à témoigner à la commission Charbonneau et le rapport final ne lui adresse aucun blâme.

M. Massicotte va même jusqu’à dire que son client n’était pas au fait des pratiques de financement de M. Bibeau.

«Pour cautionner une pratique, encore faut-il être au courant de ladite pratique», a fait valoir l’avocat, ajoutant au passage qu’à l’arrivée de M. Charest à la tête du PLQ en 1998, il y avait déjà un système de financement organisé et des objectifs à atteindre.

Le fait qu’il soit toujours visé par l’enquête Mâchurer serait un boulet au pied de M. Charest s’il confirme qu’il se présente à la direction du Parti conservateur du Canada.

S’il décide d’y aller, il devra divulguer qu’il fait l’objet d’une enquête dans le questionnaire des candidats et ses adversaires ne manqueront pas de le lui rappeler. «Évidemment, dans un contexte où M. Charest a des velléités de se présenter pour un parti politique, bien écoutez, ça prend d’autant d’importance», a lancé Massicotte, ajoutant qu’il n’est «pas mêlé à ça».

M. Massicotte a refusé la demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Politique

Écrasement d’avion en Iran: des compensations pour les familles des victimes

Ottawa accordera des compensations pour aider les familles et les proches des victimes canadiennes décédées dans l’écrasement d’avion en Iran, la semaine dernière.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé vendredi que le gouvernement versera 25 000 $ par victime dans l’immédiat afin d’aider les proches à faire des arrangements funéraires ou à payer pour des frais de déplacement, par exemple.

«Mais ce n’est qu’une assistance immédiate. Nous nous attendons à ce que l’Iran compense ces familles de façon adéquate dans le moyen terme», a-t-il ajouté.

Environ 20 familles de citoyens canadiens décédés dans la tragédie ont demandé à ce que les dépouilles de leurs êtres chers soient retournées au Canada. D’autres souhaitent les enterrer en Iran, a précisé M. Trudeau.

Les premières dépouilles des victimes sont attendues dans les jours à venir, a-t-il dit.

La question de l’indemnisation, entre autres, a été abordée lors d’une rencontre plus tôt vendredi entre le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et son homologue iranien, Javad Zarif, à Oman.

Un compte rendu de cette rencontre précise que les deux hommes ont discuté de la nécessité d’un «accès complet à l’Iran» pour le Canada ainsi que les autres pays en deuil afin de fournir des services consulaires, identifier les victimes et participer à une enquête «approfondie et transparente».

«On a énormément de questions, encore, sur comment ça s’est passé», a soutenu M. Trudeau, en conférence de presse, vendredi.

Boîtes noires endommagées

L’Iran a consenti à une «analyse transparente» des données des boîtes noires, qui auraient été gravement endommagées, selon M. Trudeau. Il n’a pas précisé si ou quand les enquêteurs canadiens allaient pouvoir y accéder, mais a réitéré que l’analyse devait se faire le plus rapidement possible. La France, qui a les capacités techniques de mener cette analyse, s’est déjà offerte pour la faire.

Cette rencontre entre MM. Champagne et Zarif survient le jour après que le Canada et quatre autres pays qui avaient des ressortissants à bord de l’avion abattu eurent établi une liste de demandes qu’ils prévoyaient présenter à l’Iran.

Il y a un peu plus d’une semaine qu’un missile sol-air iranien — et peut-être un second — a abattu l’avion d’Ukraine International Airlines quelques minutes après le décollage de l’aéroport international de Téhéran.

Les 176 personnes à bord ont été tuées, incluant 57 Canadiens et 29 résidents permanents.

La Presse canadienne a confirmé indépendamment au moins 90 victimes ayant des liens avec le Canada, dont beaucoup d’étudiants et de professeurs revenant au pays après avoir passé la semaine de relâche en décembre à visiter des parents en Iran.

Dans les derniers jours, le gouvernement canadien a mis en place une ligne téléphonique et une boîte de courriels pour répondre aux questions des familles des victimes. Un site Web est également en ligne sur le soutien offert à ceux qui ont perdu un proche.

Les demandes de visas et d’autres documents nécessaires sont aussi traitées beaucoup plus rapidement — en quelques heures au lieu de semaines — pour les familles affectées par cette tragédie.

Le Canada pourrait se tourner vers les Nations Unies afin d’accentuer la pression internationale sur l’Iran pour la tenue d’une enquête approfondie et indépendante et éviter qu’une telle situation ne se reproduise, a déclaré M. Trudeau.

Dans un rare sermon lors des prières du vendredi, le chef suprême de l’Iran a qualifié la chute de l’avion d’accident amer qui a attristé l’Iran et rendu ses ennemis heureux.

Politique

Stephen Harper quitte ses fonctions au sein du fonds du Parti conservateur

OTTAWA — Tandis que la course à la direction du Parti conservateur se met en branle, l'ex-premier ministre Stephen Harper semble prendre un pas de recul en quittant ses fonctions au conseil d'administration du bras financier du parti.

Dans un message publié tard mercredi sur Twitter, M. Harper a remercié ses collègues pour leur travail acharné.

«Leur bilan en matière de levée de fonds et de gestion des dépenses est inégalé en politique fédérale, les problèmes étant gérés rapidement et de manière professionnelle», a-t-il souligné.

«Ce fut un plaisir de servir avec eux.»

Il a ajouté qu'il avait hâte de poursuivre sa collaboration avec les conservateurs grâce à son travail en tant que président de l'Union démocrate internationale, une alliance de partis politiques de centre droit à travers le monde.

Depuis sa propre démission à titre de chef conservateur en 2015, M. Harper a rarement abordé publiquement des questions relatives au parti. Son départ du fonds a avivé les spéculations sur ses intentions de s'impliquer dans l'actuelle course au leadership - sans devoir demeurer neutre.

Mais deux sources proches de l'ex-premier ministre ont déclaré à La Presse canadienne que sa décision remonte en fait à plusieurs mois, puisqu'il craignait jouer un rôle trop important dans les opérations du parti. Ces sources ont parlé sous le couvert de l'anonymat, car elles ne sont pas autorisées à s'exprimer au nom de Stephen Harper.

M. Harper avait lui-même créé le fonds conservateur lors de la fusion entre le Parti progressiste-conservateur du Canada et l'Alliance canadienne en 2003. Le fonds avait été mis sur pied pour amasser et administrer l'argent du nouveau parti fusionné, indépendamment de l'exécutif national.

Il est devenu un poids lourd de la collecte de fonds, ses efforts dépassant régulièrement ceux des autres formations fédérales. M. Harper a rejoint son conseil d'administration en 2016.

Selon les sources proches de l'ex-premier ministre, sa présence a mis son successeur Andrew Scheer dans une position délicate, lui qui siège également au conseil d'administration, à titre de chef du parti.

La situation s'est avérée problématique quand il est apparu qu'une indemnité versée à M. Scheer avait été utilisée pour payer la scolarité de ses enfants. M. Harper ignorait que l'argent était utilisé de cette fin et il était furieux de l'apprendre. Déjà assiégé après des résultats électoraux décevants, Andrew Scheer a annoncé sa démission. Le directeur général de longue date du parti, Dustin van Vugt, a également quitté ses fonctions après avoir confirmé qu'il avait lui-même offert à M. Scheer de rembourser certaines de ses dépenses personnelles.

Des tensions quant à la gestion du fonds conservateur persistent depuis sa mise en place. Les efforts répétés pour le soumettre à davantage de surveillance ont échoué. Le scandale entourant M. Scheer pourrait remettre cet enjeu à l'ordre du jour du prochain congrès.

Politique

Trudeau et Mulroney se rendent aux funérailles de John Crosbie à Terre-Neuve

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Des politiciens de tous les horizons et de toutes les époques ont rendu hommage à John Crosbie, jeudi, lors de ses funérailles d’État en la cathédrale anglicane Saint-Jean-Baptiste, à Saint-Jean, dans sa province adorée de Terre-Neuve-et-Labrador.

L’ancien ministre fédéral et ex-lieutenant-gouverneur, connu pour son franc-parler et sa défense inébranlable des intérêts de sa province, est mort vendredi dernier à l’âge de 88 ans.

C’est l’ex-premier ministre Brian Mulroney qui a livré, parfois avec humour, l’éloge funèbre de son ancien collègue du Parti progressiste-conservateur, qu’il qualifiait la semaine dernière de «l’un des géants de notre génération».

«Et nous disons donc au revoir aujourd’hui à l’honorable John Crosbie - patriote, ministre chevronné, partenaire dévoué de sa bien-aimée Jane», a déclaré M. Mulroney. L’ex-premier ministre s’est souvenu de M. Crosbie comme d’un «fier Canadien qui a servi son pays avec une grande distinction, une intégrité sans tache et des réussites sans précédent».

M. Mulroney faisait partie d’un large aréopage de politiciens passés et présents, de Terre-Neuve et d’ailleurs, qui sont venus rendre un dernier hommage à celui qui avait également été lieutenant-gouverneur de sa province. Le premier ministre Justin Trudeau, qui avait salué M. Crosbie comme «une véritable force de la nature» la semaine dernière, a assisté au service, tout comme l’ex-premier ministre conservateur Joe Clark et d’anciens premiers ministres de Terre-Neuve-et-Labrador. M. Trudeau n’a pas parlé aux journalistes jeudi.

L’ancien premier ministre libéral du Québec Jean Charest, qui a été ministre aux côtés de M. Crosbie dans le cabinet progressiste-conservateur de Brian Mulroney, a eu des mots tendres pour son ami et ancien collègue. «Le pays ne sera plus jamais le même, n’est-ce pas?», a-t-il dit avant d’entrer dans la cathédrale. «Il va nous manquer.»

Les anciens premiers ministres conservateurs de Terre-Neuve-et-Labrador Paul Davis et Danny Williams se sont arrêtés quelques instants sur le parvis pour rendre hommage à un homme politique qui les a inspirés. M. Davis a souligné qu’il portait de la peau de phoque pour honorer l’appui inébranlable de M. Crosbie aux chasseurs de phoques de la province.

Combatif mais humain

L’ancien premier ministre - libéral - de Terre-Neuve-et-Labrador Brian Tobin portait lui aussi un manteau en peau de phoque aux funérailles, en mémoire du travail de M. Crosbie pour ériger un monument aux chasseurs de phoques morts sur les glaces de mer. M. Tobin a rappelé la «personnalité combative» de M. Crosbie, mais aussi son humanité et sa grande douceur, «ce qui détruisait l’image du Terre-Neuvien battant que tout le monde voyait».

Le comédien Rick Mercer s’est souvenu de segments filmés avec M. Crosbie, qui se démarquait selon lui des autres politiciens. «C’était comme avoir affaire à un autre comédien», a raconté l’animateur d’émissions satiriques, qui est né à Terre-Neuve-et-Labrador. «Il avait un sens du «timing» impeccable. Il arrivait préparé, il savait ce qu’il voulait faire et donc, c’était toujours très agréable.»

John Crosbie, qui aurait eu 89 ans le 30 janvier, avait d’abord fait de la politique municipale et provinciale à Terre-Neuve-et-Labrador pendant plusieurs années. Il a plus tard occupé d’importants portefeuilles au sein des gouvernements progressistes-conservateurs fédéraux dirigés par Joe Clark et Brian Mulroney. Il a été notamment ministre des Finances en 1979 et 1980, puis successivement ministre de la Justice, des Transports, du Commerce international et des Pêches.

Les drapeaux étaient en berne devant l’édifice de la Confédération à Saint-Jean depuis l’annonce de sa mort. L’urne contenant les cendres de M. Crosbie avait été exposée en chapelle ardente à l’Assemblée législative mardi et mercredi. Les centaines de visiteurs se sont souvenus avec émotion d’un politicien qui se souciait de ses électeurs, établissait des liens de voisinage et défendait leurs intérêts. Des amis et des collègues ont souligné le soutien de M. Crosbie aux initiatives de collecte de fonds et son rôle dans le développement de l’industrie pétrolière et gazière de la province.

M. Crosbie laisse dans le deuil sa femme Jane et ses enfants Michael, Beth et Ches. Ce dernier est le chef du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador. Il a indiqué jeudi que pour son père, «la politique était un appel à servir». Il a notamment cité la promotion du libre-échange et l’exploitation du gisement pétrolier extracôtier Hibernia comme pierres angulaires du développement économique de la province.

Politique

Facture salée pour les générations futures?

MONTRÉAL — En continuant d’accumuler les déficits sans plan de retour à l’équilibre budgétaire, Ottawa opte pour une stratégie risquée pouvant s’accompagner d’une facture salée pour les prochaines générations, avance une étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

Si le document, dévoilé mercredi, concède que le gouvernement fédéral a gagné son pari en déposant des budgets à l’encre rouge pour stimuler la croissance entre 2015 et 2018, ses auteurs estiment que la donne a changé.

«La croissance économique est relativement bonne et il n’y a pas récession en vue et observée, a expliqué le directeur du Centre et professeur à HEC Montréal Robert Gagné, au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Les données sur le marché du travail sont favorables. S’il ne s’agit pas de conditions pour atteindre l’équilibre budgétaire, qu’est-ce que ça prend?»

En tenant compte d’ajustements comptables, l’étude du Centre évalue que le gouvernement fédéral a cumulé 56,5 milliards $ de déficits entre 2015 et 2018.

Alors que le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, devrait déposer son budget en mars, M. Gagné estime qu’Ottawa devrait profiter de l’exercice pour s’engager à rééquilibrer les finances publiques. À son avis, cela se ferait «rapidement» en limitant la croissance des dépenses à l’inflation.

Dans sa mise à jour économique déposée le mois dernier, le grand argentier du pays prévoyait un déficit de 26,6 milliards $, soit près de 7 milliards $ de plus qu’annoncé au dernier budget. Le déficit devrait se creuser davantage à 28,1 milliards $ en 2020-2021, pour ensuite diminuer de façon progressive jusqu’à atteindre 11,6 milliards $ en 2024-2025.

Le gouvernement Trudeau a justifié son approche en soulignant notamment qu’en dépit des dépenses plus élevées que les recettes, le ratio de la dette par rapport au produit intérieur brut, ajusté à certains risques, devrait progressivement diminuer pour s’établir à 29,1 % d’ici 2024-2025, soit le niveau le plus faible depuis 2008-2009.

Néanmoins, d’après les prévisions de la mise à jour économique, la dette fédérale devrait s’établir à 713 milliards $ au terme de l’exercice en cours et atteindre environ 810 milliards $ en 2024-2025.

Être prévoyant

Sans vouloir se montrer alarmiste, M. Gagné estime que la stratégie actuelle d’Ottawa envoie un message que le gouvernement fédéral peut «s’endetter à l’infini».

Pour le moment, les répercussions sont assez limitées, puisqu’en 2018, le service de la dette n’accaparait que 7 % des recettes gouvernementales, «un poids négligeable lorsqu’on sait que ce poste accaparait à lui seul plus du tiers des revenus du gouvernement fédéral au milieu des années 1990», souligne l’étude.

À un certain moment, les taux d’intérêt ne seront plus à des niveaux aussi bas que l’on observe à l’heure actuelle, fait valoir le Centre sur la productivité et la prospérité, qui estime que ce sont les prochaines générations qui vont devoir payer la facture.

«Il suffit de quelques points de pourcentage [d’augmentation] et la situation pourrait déraper assez rapidement, a indiqué M. Gagné. Pour l’instant, les indicateurs sont assez favorables, mais cela ne durera pas. Le jour où surviendra un choc économique, on va s’être magasiné du trouble en ayant accumulé une dette carrément inutile.»

D’après le document, il suffit que de ramener les conditions d’emprunts moyennes du gouvernement fédéral au niveau de 2006 pour voir passer la charge du service de la dette à 1567 $ par habitant, ce qui représente une hausse de 940 $ par habitant comparativement à la moyenne actuelle.

Ainsi, une montée soudaine des taux d’intérêt pourrait «éventuellement mettre en péril l’équité intergénérationnelle», souligne le document.

Parmi ses recommandations, l’étude demande au gouvernement fédéral d’«impérativement réactiver la loi sur l’équilibre budgétaire instaurée en 2015 et abrogée un an plus tard par le nouveau gouvernement».

Politique

Manque d’enseignants: Roberge se défend de «négliger la pénurie»

Si le plus gros défi en éducation au Québec est le manque de profs, comme le ministre le dit lui-même, pourquoi passer tout son temps sur un autre sujet?

C’est la question à 100 $ posée par la députée de Québec solidaire Christine Labrie, mercredi après-midi, dans le cadre de la commission parlementaire sur l’étude détaillée du projet de loi 40, qui se penche sur l’organisation et la gouvernance scolaires. Le projet de loi abolit les commissions scolaires, entre autres.

Le gouvernement de François Legault venait de renoncer à rendre l’école obligatoire jusqu’à 18 ans, promesse de longue date de la Coalition avenir Québec (CAQ). La loi maintient l’âge à 16 ans.

Le matin même, le ministre Jean-François Roberge avait amendé la composition et le mode d’élection des conseils d’administration des futurs centres de services qui chapeauteront les écoles, établissant une représentation paritaire entre parents (5), membres de la communauté (5) et membres du personnel des écoles (5).

Le ratio initial proposait des C.A. formés à moitié de parents, avec huit représentants, quatre personnes issues de la communauté et quatre des écoles. Modification qui démontre son écoute à l’endroit des partenaires du réseau, souligne le ministre.

Mais dès mardi, lors d’une mêlée de presse à l’amorce des travaux sur le projet de loi 40, M. Roberge avait allumé la mèche en constatant lui-même que la pénurie d’enseignants constituait son plus grand défi pour l’année 2020 et au-delà.

Il n’en fallait pas plus pour que la solidaire Labrie, appuyée par les deux autres oppositions, Partis libéral et québécois, réclame la suspension sur-le-champ de l’étude du projet de loi 40.

Ne retenez pas votre souffle : avec la CAQ majoritaire aussi en commission, la motion d’ajournement des travaux a été rejetée.

Faire tout à la fois

«Ça n’a aucun sens dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre dans le milieu de l’éducation reconnue par tout le monde, reconnue par le milieu, par tous les partis politiques, par le ministre lui-même. Tout le monde partage cette préoccupation-là et reconnaît que c’est le principal défi», a affirmé Mme Labrie, dans une conférence de presse tenue avant le dépôt de sa motion.

«Là, en ce moment, lui, il consacre son énergie à réfléchir sur qui devrait être sur un conseil d’administration de commission scolaire ou de centre de services. En aucun temps, ces débats-là ne nous aident à contrer la pénurie dans le réseau et à offrir de meilleurs services aux élèves», a tranché la députée de Sherbrooke.

Le ministre ne s’est pas montré réceptif à suspendre l’étude de son projet de loi. «Un pas de recul, un pas de côté, un moratoire, une suspension, y’a rien de mieux mon vieux si tu veux rien faire!» a-t-il rétorqué aux médias, sur un air connu du groupe Mes Aïeux.

«Si je n’étudiais pas le projet de loi ici ce matin, je ne serais pas dans la rue [en ce moment] à passer des tracts pour recruter des enseignants. On peut faire les deux choses en même temps», poursuit M. Roberge.

«Il y a plein de problèmes dans le réseau scolaire. Si on répare les écoles, ils vont dire : “Ouin, mais avez-vous pensé aux professionnels?” On embauche des professionnels? “Mmmm, il y a une pénurie d’enseignants.” On s’occupe des enseignants? “Pensez-vous qu’il y an un problème de gouvernance?”

«On est en train de faire tout ça à la fois. On n’est pas en train de négliger la pénurie de main-d’œuvre parce qu’on s’occupe d’une bonne gouvernance, c’est ridicule! Si on ne faisait qu’une seule chose, on se ferait dire, probablement par Québec solidaire, qu’on néglige d’autres priorités», a-t-il conclu.

Pas de bâillon à l’horizon

Il faut dire que le temps presse. Le projet de loi parle d’adopter les 312 articles au plus tard le 29 février, dans six semaines. Le spectre d’un quatrième bâillon de la part du gouvernement Legault pour le faire adopter a été évoqué.

Le ministre Roberge s’est par contre dit doté d’une «légère flexibilité» sur la question et qu’«il est possible qu’on doive changer cette date du 29 février». «C’est possible que ce soit un des amendements apportés. Le bâillon, ce n’est pas notre intention», a-t-il révélé.

«Les travaux sur la maternelle quatre ans se sont étirés, ce qui a fait qu’on a commencé à travailler notre projet de loi 40 plus tard que prévu. Mais on ne peut pas repousser ça des mois et des mois. La transition vers les nouveaux conseils d’administration doit se faire pour le 1er juillet», a-t-il indiqué, sans préciser combien de temps cette passation des pouvoirs prendra.

Politique

Peter MacKay confirme sa candidature à la direction du Parti conservateur

OTTAWA — L’ex-ministre conservateur Peter MacKay a confirmé, selon toute vraisemblance, qu’il sera candidat à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC).

«J’y vais! Restez à l’écoute», a-t-il publié sur son compte Twitter mercredi après-midi, après que de nombreux médias eurent rapporté qu’il sera de la course.

Cette confirmation succincte survient après que «La Presse» eut révélé que l’ex-chef par intérim, Rona Ambrose, considérée comme la favorite chez les conservateurs, n’allait pas briguer la direction du parti.

M. MacKay a été le dernier chef du Parti progressiste-conservateur du Canada. Il a orchestré en 2003 une fusion du parti avec l’Alliance canadienne de Stephen Harper pour former l’actuel PCC.

Sous le gouvernement Harper, M. MacKay a notamment servi comme ministre de la Justice, ministre de la Défense nationale et ministre des Affaires étrangères.

Il a quitté la politique en 2015 pour des raisons familiales, mais son nom a circulé parmi de nombreux fidèles du parti pour remplacer d’abord M. Harper, puis Andrew Scheer.

À la suite du dernier scrutin, M. MacKay a critiqué les valeurs de conservatisme social de M. Scheer qui, à son avis, auront coûté l’élection aux conservateurs.

Son lancement de campagne serait prévu la semaine prochaine, en Nouvelle-Écosse, selon plusieurs médias.

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Politique

Ottawa appuie la position des pays européens sur le nucléaire iranien

OTTAWA — Le président iranien a haussé le ton, mercredi, face aux trois pays européens qui ont pris des mesures pour forcer Téhéran à respecter l’accord international sur son programme nucléaire - une démarche diplomatique soutenue par le Canada.

L’escalade de la rhétorique sur l’accord nucléaire jette une ombre sur une réunion internationale, jeudi, qui mènera, espère le Canada, à une compensation financière pour les familles des victimes de l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien, abattu en vol par les forces iraniennes mercredi dernier.

«Nous n’acceptons pas l’argument selon lequel l’Iran serait autorisé à cesser partiellement la mise en oeuvre de ses engagements» en vertu de l’accord de Vienne sur le nucléaire, ont indiqué mardi les ministres des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, dans une déclaration commune. «Contrairement à ses déclarations, l’Iran n’a jamais déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu par (l’accord) et n’a aucun fondement en droit pour cesser de mettre en oeuvre» ses dispositions.

Après avoir nié pendant des jours avoir abattu l’avion civil, les dirigeants iraniens se sont finalement excusés et ont admis leur «erreur», sur un ton conciliant. Ce ton a toutefois changé, mercredi, lorsque le président iranien, Hassan Rohani, a déclaré que les soldats européens au Moyen-Orient «pourraient être en danger» à la suite de la décision prise mardi en Europe d’appliquer une disposition de l’accord de Vienne qui pourrait ramener les sanctions contre Téhéran.

Garneau impatient

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, participera jeudi à la réunion du Groupe international de coordination et d’intervention pour les familles des victimes du vol PS752, au haut-commissariat du Canada à Londres. La tragédie a fait 176 victimes, dont 57 Canadiens et 82 Iraniens, mais aussi des ressortissants de quelques autres pays.

La réunion comprendra donc des représentants de l’Ukraine, de la Suède, de l’Afghanistan et du Royaume-Uni. Selon Ottawa, cette rencontre «a pour but de permettre aux familles et aux proches des victimes d’obtenir les réponses qu’ils méritent, d’assurer la responsabilité et la transparence, ainsi que d’obtenir justice, y compris une indemnisation».

Lors d’une conférence de presse à Ottawa, mercredi, le ministre des Transports, Marc Garneau, a déclaré que deux enquêteurs canadiens se trouvaient déjà en Iran, au sein d’une équipe internationale, et avaient obtenu une bonne collaboration des autorités iraniennes. Il a toutefois souhaité que leur participation à l’enquête soit officialisée.

M. Garneau a indiqué que les «boîtes noires» de l’avion étaient actuellement entre les mains des Iraniens et que deux autres enquêteurs canadiens étaient prêts à les examiner. Le ministre a aussi déclaré qu’il avait vu l’enregistrement vidéo - publié par le «New York Times» - montrant ce qui semble être deux missiles distincts visant le Boeing. M. Garneau a précisé que c’est précisément ce que l’enquête doit examiner.

Accord sur le nucléaire

Avant de se rendre à Londres, mercredi, le ministre Champagne a publié un communiqué dans lequel il rappelle le soutien du Canada à la démarche européenne «visant à faire pression sur l’Iran afin qu’il respecte ses engagements en vertu du plan, notamment en déclenchant le mécanisme de règlement des différends». Le ministre rappelle par ailleurs que le Canada «est l’un des principaux pays à contribuer à la surveillance et à la vérification rigoureuses qu’effectue l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en ce qui concerne le respect des engagements de l’Iran».

Le sort de l’accord sur le nucléaire iranien, conclu en 2015, est étroitement lié à l’escalade entre l’administration de Donald Trump et le régime de Téhéran, qui a culminé mercredi dernier par la destruction de l’avion d’Ukraine International Airlines par un ou deux missiles sol-air iraniens.

Le président Trump a retiré les États-Unis en 2018 de cet accord signé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne, alors que la Maison-Blanche était dirigée par Barack Obama. L’accord est destiné à empêcher l’Iran d’enrichir suffisamment d’uranium pour produire une bombe atomique.

Politique

Direction du Parti vert du Canada: Joli-Cœur réfléchit, Waridel dit non

Pendant que le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, se lançait dans la course à la direction du Parti vert du Canada, mercredi, le candidat vert dans la circonscription de Québec aux récentes élections fédérales, Luc Joli-Cœur, continue de se dire intéressé et poursuit sa réflexion. De son côté, l’écologiste Laure Waridel passe son tour.

«J’attends le dévoilement des règles de la course» à la chefferie, le 3 février, a confirmé M. Joli-Cœur au Soleil, mercredi matin. «Il est fondamental dans ma réflexion de savoir où la course se dirige.»

Économiste de formation, l’homme de 55 ans poursuit une carrière de cadre au ministère des Finances. Il a travaillé dans plusieurs cabinets ministériels péquistes au fil des ans.

«Je dois évaluer l’impact sur ma carrière, où j’ai des responsabilités importantes comme directeur. La course aussi est importante, alors c’est un pensez-y-bien.

«Il faut aussi voir si ce sera comme l’actuelle course au leadership des démocrates [aux États-Unis], avec des débats organisés un peu partout au Canada. Là, ça me tenterait! Ou si les candidats seront laissés à eux-mêmes», indique-t-il.

Waridel dit non

Luc Joli-Cœur estime toutefois qu’une candidature forte comme celle de l’écologiste Laure Waridel, cofondatrice d’Équiterre maintenant conseillère en environnement et justice sociale dans un cabinet d’avocats de Montréal, serait matière à se rallier.

La principale intéressée se dit flattée qu’on pense à elle pour ce poste. Mais «à court terme, mes responsabilités familiales, plus particulièrement les besoins de ma fille atteinte d’une maladie génétique rare, me retiennent hors de la politique partisane», a-t-elle répondu dans un échange par courriel.

Elizabeth May, cheffe du PVC durant 13 ans et quatre élections, a remis sa démission le 4 novembre.

Outre Tyrrell, dont le leadership est remis en question au sein du Parti vert du Québec, Julie Tremblay-Cloutier, candidate verte au fédéral dans Mirabel, et David Merner, de la Colombie-Britannique, ont aussi déclaré leurs intentions de participer à la course au PVC.

Le Québécois Pierre Nantel, ancien du NPD et candidat vert au fédéral dans Longueuil-Saint-Hubert, a pour sa part indiqué qu’il ne serait pas candidat.

Les verts fédéraux ne choisiront leur nouveau chef qu’en octobre, à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le 21 octobre dernier, le PVC a fait passer sa députation d’une à trois représentants, dont Mme May réélue, a obtenu plus de 1,1 million de votes et 6,5 % du suffrage, proportion presque doublée par rapport à 2015.

Politique

Mine d’uranium: poursuite de 192 M$ contre Québec jusqu’en Cour suprême

Le moratoire sur l’uranium au Québec a enterré son projet de mine. Guy Hébert veut maintenant porter jusqu’en Cour suprême la poursuite de 192 millions $ que sa compagnie intente contre le gouvernement provincial, action déboutée lundi en Cour d’appel. «Seule bonne nouvelle» pour l’homme d’affaires géologue, le moratoire serait dorénavant chose du passé.

Les juges Jocelyn F. Rancourt, Suzanne Gagné et Geneviève Cotnam, de la Cour d’appel du Québec, viennent de rejeter à l’unanimité la requête de Ressources Strateco visant à compenser l’«expropriation déguisée de ses claims» par le gouvernement du Québec. Strateco réclame à Québec 182 millions $ (182 684 575 $), plus 10 millions $ punitifs.

«Sept ans à patauger dans le dossier... La prochaine étape est connue, c’est la Cour suprême. Il faut demander la permission d’interjeter appel et il faut que la cause soit d’intérêt national. Mais on pense que oui», a affirmé M. Hébert au Soleil, mardi, par téléphone.

En 2005 et 2006, l’entreprise basée à Boucherville a acquis 559 titres d’exploration minière (claims) dans le Nord du Québec. Située dans la région des monts Otish, centre géographique du Québec, la zone d’exploitation projetée est à 210 km au nord-est de la communauté crie de Mistissini et 275 km au nord de Chibougamau.

Vedette du Plan Nord

Strateco a d’abord été présentée par les libéraux de Jean Charest parmi les entreprises vedettes du Plan Nord. Mais quand le Parti québécois et Pauline Marois ont ensuite pris le pouvoir, la minière s’est vu refuser les autorisations nécessaires pour son projet Matoush à cause d’un manque d’acceptabilité sociale chez les Cris.

Quelques années plus tôt, en 2009, une vingtaine de médecins de Sept-Îles avaient menacé de démissionner si un projet de mine d’uranium allait de l’avant.

Durant les 19 mois de règne péquiste, de 2012 à 2014, le premier à détenir le poste de ministre de l’Environnement, Daniel Breton, a fermé la seule centrale nucléaire au Québec. Son successeur, Yves-François Blanchet, a déclaré un moratoire sur la filière uranifère. Sans prolonger le moratoire de façon formelle, les libéraux de Philippe Couillard n’ont pas ranimé le dossier, une fois de retour au gouvernement.

Strateco a déposé sa poursuite à la fin de 2014. Première rebuffade de la Cour supérieure du Québec en 2017, par le juge Denis Jacques, qui souligne que l’État et son ministre bénéficient d’une «immunité relative» pour prendre leurs décisions. Jugement réitéré dans un deuxième échec juridique ce lundi, en Cour d’appel.

«On a été très surpris et surtout déçus», atteste le président et chef de direction de Strateco. «Nos représentations en juin avaient très bien été, on avait identifié des juges sur notre côté. Mais ils semblent s’être ralliés.

«On a 3000 actionnaires, en Allemagne, Italie, Suisse, France, États-Unis et bien sûr au Canada. Ils ont investi beaucoup, beaucoup d’argent, certains des millions de dollars! C’est très frustrant. Le Québec ne se fait pas une bonne réputation», croit M. Hébert.

Au cœur des 182 millions $ réclamés en dommages-intérêts se trouvent 125 millions $ dépensés sur le terrain, au rythme de 20 millions $ par année. Un chiffre que la défense n’a jamais démenti, ajoute M. Hébert.

Strateco est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers depuis le 21 juin 2015, soit plus de quatre ans et demi. «Probablement un record», croit celui qui demandera une nouvelle extension en vue du pourvoi devant la Cour suprême.

Fin du moratoire

«La seule chose positive, c’est que l’avocate de la procureure générale du Québec [partie défenderesse] est venue dire qu’il n’y avait plus de moratoire sur l’uranium! Ce serait mort de sa belle mort», affirme M. Hébert.

«On est encore propriétaire des claims, on paie encore les taxes aux deux ans. Si on perd, Strateco fait faillite et les prêteurs vont reprendre la propriété. Ils pourront ensuite s’entendre avec les Cris, qui n’étaient pas tous contre. Ceux qui étaient contre se faisaient entendre, mais l’acceptabilité sociale, ça change.

«Le nucléaire a un regain de popularité, avec la volonté de réduire les gaz à effet de serre. Alors Strateco n’est pas fort, mais le projet n’est pas mort», conclut l’homme de 70 ans, qui préfère à présent s’occuper de ses petits-enfants au lieu de sonder les entrailles minérales du Nord québécois.

Politique

Christine Labrie devenue la porte-étendard des personnes intimidées en ligne

On lui parle de cyberintimidation et de violence en ligne presque tous les jours.

Christine Labrie, de Québec solidaire, a marqué les esprits le 28 novembre dernier en lisant à voix haute au Salon bleu des messages misogynes et sexistes qu’elle et ses collègues avaient reçus.

Depuis, elle ne cesse de constater les retombées «positives» de son geste. «Ça a eu un impact significatif», s’est-elle réjouie mardi en mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

«Moi, on m’aborde presque à tous les jours dans la rue pour me parler de ce sujet-là, a-t-elle ajouté. Il y a plus de personnes qui s’ouvrent sur le sujet pour dénoncer la violence ou l’intimidation qu’elles subissent.»

Le 16 décembre dernier, Mme Labrie, ainsi que la ministre de la Culture, Nathalie Roy, se sont même tournées vers la police pour des messages qu’elles avaient reçus.

«Beaucoup de gens se sont sentis concernés par ça. Toutes les personnes à qui on a déjà fait sentir que leur voix n’était pas importante se sont senties concernées», poursuit-elle. Devenue porte-étendard des personnes intimidées et violentées en ligne, elle réfléchit à d’autres actions qu’elle pourrait poser. 

«Je suis en train de me pencher sur quelles pourraient être les voies législatives pour contrer ce phénomène-là, parce que c’est mon rôle en tant qu’élue, c’est là où moi je peux intervenir.

«Je suis en train de me pencher là-dessus, sur ce qui s’est fait ailleurs dans le monde», a-t-elle dit.

En novembre dernier, Mme Labrie, qui est la députée de Sherbrooke, avait affirmé que les femmes subissent plus de violence en ligne que les hommes, jusqu’à 27 fois plus, selon certaines estimations.

La vice-présidente de l’Assemblée nationale, députée caquiste de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, avait renchéri pour affirmer que l’hostilité manifestée en ligne envers les femmes était une cause directe de leur hésitation à s’engager en politique.

Affaires

Ottawa compte honorer sa promesse de réduction du coût des services sans fil

OTTAWA — Le gouvernement fédéral a clairement indiqué que la réduction des coûts des services sans fil que doivent effectuer les fournisseurs de services mobiles doit s’ajouter à toutes les réductions de prix déjà observées depuis 2016.

Le ministre de l’Industrie, Navdeep Bains, a déclaré que la réduction de coût des services sans fil de 25 pour cent qu’il a pour mandat de réaliser au cours des deux prochaines années sera mesurée à peu près à partir du moment où il a reçu sa lettre de mandat en décembre.

Les libéraux de Justin Trudeau avaient promis, lors de la campagne électorale fédérale d’automne, de réduire les tarifs des appareils mobiles de 25 pour cent en moyenne, un engagement que les partis d’opposition avaient appuyé à l’époque.

Mais aucun détail n’a été fourni sur quand et comment le gouvernement avait l’intention de s’y prendre pour obliger une baisse des coûts.

Dans sa lettre de mandat publiée des semaines après la réélection des libéraux, Navdeep Bains a été invité à utiliser «tous les instruments disponibles» pour réduire de 25 pour cent le coût moyen des factures de téléphone cellulaire au Canada en deux ans.

Selon un rapport de 2019 du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, les coûts sur le marché canadien des services sans fil mobiles avaient déjà baissé de 28 pour cent en moyenne de 2016 à 2018.

« Nous nous sommes engagés pour diminuer les coûts et nous allons honorer cela», a déclaré Navdeep Bains.

Les tarifs canadiens pour les téléphones cellulaires et les services sans fil font depuis longtemps l’objet de plaintes de consommateurs qui voient des prix plus bas annoncés dans d’autres pays, en particulier aux États-Unis.

Les principaux fournisseurs canadiens, Bell, Rogers et Telus, ont averti que toute mesure prise pour forcer la baisse des prix de leurs forfaits sans fil pourrait entraîner une réduction des investissements dans l’infrastructure nécessaire pour assurer un service mobile plus rapide et plus fiable.

Le gouvernement a deux principaux outils qu’il peut utiliser pour encourager la concurrence sur le marché du sans-fil, et ainsi réduire les prix, a déclaré le ministre Bains: vendre des licences de spectre de services sans fil et exiger que les plus grandes entreprises de télécommunications louent de l’espace sur leurs réseaux à de petits opérateurs qui n’ont pas leur propre réseau (les exploitants de réseau mobile virtuel, également connu sous le sigle ERMV).

Spectre à vendre

Le gouvernement fédéral a vendu plus de 100 licences de spectre de services sans fil au printemps dernier, amassant près de 3,5 milliards de dollars dans le processus. La part du lion a été achetée par Rogers Communications.

Le spectre est le signal invisible transporté par les ondes électromagnétiques qui permet aux fournisseurs de services sans fil de transmettre des données aux téléphones portables et autres appareils connectés - le même spectre, à différentes fréquences, est utilisé pour transporter des signaux radio et télévision.

Le gouvernement prévoit de vendre aux enchères des licences de spectre sans fil dans la gamme de 3500 MHz pour les réseaux de cinquième génération, ou 5G, au début de cette année.

La technologie sans fil mobile 5G est jusqu’à 100 fois plus rapide que le système 4G actuellement largement utilisé au Canada.

Un comité d’experts nommé par le gouvernement a examiné les lois canadiennes sur la radiodiffusion et les télécommunications et les règles relatives aux ERMV. Navdeep Bains a déclaré qu’il espérait que le rapport du comité - attendu dans quelques semaines - fournirait à Ottawa des lignes directrices sur la façon dont les ERMV pourraient être utilisés pour favoriser une plus grande concurrence sur le marché des services sans fil.

Ce ne sont pas seulement les petits opérateurs qui espèrent s’appuyer sur les réseaux sans fil existants.

Dans une présentation au comité l’été dernier, Google a appelé à des changements de règles qui faciliteraient la mise en place des services de télécommunications au Canada, principalement pour les données.

Le CRTC tient également des audiences publiques sur les services sans fil mobiles.

Ces audiences devraient débuter le mois prochain à Gatineau, au Québec.

Le CRTC étudie la possibilité d’obliger les trois grands fournisseurs de services de télécommunications du pays à louer de l’espace sur leurs réseaux aux opérateurs de réseau mobile virtuel jusqu’à ce que ces petits opérateurs puissent acheter des licences de spectre de services sans fil et construire leur propre infrastructure.

Politique

Assassinat du général iranien Soleimani: Trudeau n’a pas été mis dans le secret

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé que Washington ne l’a pas averti avant de tuer le général iranien Qassem Soleimani.

Dans une entrevue accordée à Global News, il a admis qu’il aurait «évidemment» aimé être averti de ce raid américain qui a mené à une escalade des tensions au Moyen-Orient et mis les troupes canadiennes en danger.

«Les États-Unis prennent leurs propres décisions. Nous tentons de travailler en tant que communauté internationale sur des enjeux majeurs, mais parfois, des pays prennent des actions sans en informer leurs alliés», a-t-il affirmé dans l’entrevue en anglais.

Le premier ministre Trudeau s’est bien gardé jusqu’à maintenant de critiquer l’administration américaine pour l’escalade des tensions.

Quelques jours après la mort du général Soleimani, l’Iran a abattu un Boeing 737 par erreur et a fait 176 morts, dont 57 Canadiens. Cet accident et ses nombreuses victimes sont vus comme des dommages collatéraux du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Les tensions en cause

Lundi, M. Trudeau a admis que s’il n’y avait pas eu ces tensions dans la région, ces Canadiens seraient chez eux, auprès de leurs familles.

«C’est ce qui arrive quand on a des conflits et la guerre. Des innocents en subissent les conséquences. Et c’est un rappel pourquoi nous devons tous travailler si fort pour une désescalade en allant de l’avant pour réduire les tensions et trouver une avenue qui n’implique pas d’autres conflits et des morts», a-t-il dit.

Le Canada a promis de faire la lumière sur les causes de l’écrasement d’avion de la semaine dernière. Des représentants d’Affaires mondiales Canada et des enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports sont à Téhéran, en Iran, pour fournir des services consulaires aux familles des victimes et participer à l’enquête.

Le Canada a également convié les pays membres du Groupe international de coordination et d’intervention pour les familles des victimes du vol PS752 ce jeudi à la Maison du Canada à Londres, au Royaume-Uni.

Les membres de ce groupe, dont l’Ukraine, la Suède, l’Afghanistan et le Royaume-Uni font partie, discuteront «de la nécessité de tenir une enquête approfondie et de la façon d’obtenir l’entière coopération des autorités iraniennes», selon un communiqué de presse diffusé par le bureau du ministre des Affaires étrangères.

M. Trudeau dit qu’il s’agit d’une façon de demander justice. «Je pense qu’une admission complète, une reconnaissance de responsabilité et une forme de compensation devront venir», estime-t-il.

Politique

Parti conservateur: les règles pourraient restreindre le nombre de candidats

OTTAWA — La course à la succession du chef conservateur Andrew Scheer est désormais officiellement lancée, avec la publication de règles et d'échéanciers susceptibles de restreindre le nombre de prétendants.

L'appel de nominations a formellement commencé lundi et la douzaine de personnes qui ont déjà manifesté leur intérêt - dont l'ancien premier ministre du Québec Jean Charest, l'ancienne ministre Rona Ambrose et au moins trois députés actuels - devraient commencer à mettre en œuvre une véritable campagne.

Politique

Le Québec veut s’allier avec Terre-Neuve pour approvisionner l'Atlantique en électricité

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador souhaitent s'allier pour approvisionner en hydroélectricité toutes les provinces de l'Atlantique - surtout le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, qui possèdent encore des centrales au charbon.

Lors de sa première visite dans la province en tant que premier ministre, François Legault s'est joint lundi matin à la rencontre de ses homologues des quatre provinces de l'Atlantique, à Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador. Cette rencontre était justement consacrée à la demande en électricité dans toute la région.

Politique

Plus de 5000 $ pour le coton ouaté de Catherine Dorion

Le coton ouaté orange de Catherine Dorion a finalement été vendu aux enchères pour 5530 $, les mises s’étant terminées dimanche.

C’est finalement un ou une certain(e) «MND» qui repartira avec l’item à la maison... Son identité sera connue lundi. 

Tous les sous amassés seront remis à la Maison des femmes de Québec, un organisme qui héberge et protège des femmes victimes de violence conjugale. La députée solidaire de Taschereau avait mis aux enchères son fameux morceau de vêtement lors de son passage à l’émission La semaine des 4 Julie, jeudi dernier. 

«La violence envers les femmes ne disparaîtra pas demain matin, mais si on met les bouchées doubles, qu’on se mobilise, qu’on multiplie les dénonciations sur toutes les tribunes, bref, qu’on refuse de se taire, peut-être qu’un jour, oui, on vaincra ce fléau», avait écrit la députée sur sa page Facebook, après la diffusion de l’émission. 

La députée s’était fait refuser l’accès au Salon bleu, au début du mois de novembre, parce qu’elle ne portait pas une «tenue de ville» comme le précise le règlement. Elle avait plutôt enfilé ce fameux coton ouaté... L’événement avait rapidement envahi les médias. Désormais, ce morceau de vêtement ne lui appartient plus! 

Politique

Sur le radar cette semaine

Que nous réserve l’actualité cette semaine? L’équipe de sur le radar se penche sur la question.

Normandeau

L’ancienne ministre libérale Nathalie Normandeau comparaîtra lundi en cour afin de défendre une requête en arrêt des procédures qu’elle a déposée en vertu de l’arrêt Jordan.

Legault à Terre-Neuve-et-Labrador

Le premier ministre du Québec François Legault rencontrera lundi ses homologues de l’Atlantique, afin de discuter de la collaboration en matière d’énergie propre dans l’est du Canada.

Pauvreté

L’organisme Campagne 2000 rendra public mardi son rapport annuel sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada. Le rapport portera notamment sur le changement des taux de pauvreté depuis l’annonce de la stratégie fédérale de réduction de la pauvreté.

Groupe Capitales Médias

L’audience visant à entendre la demande d’appel des retraités des quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM) aura lieu jeudi au palais de justice de Québec. Ceux-ci veulent des amendements au jugement rendu par la Cour supérieure qui donne le feu vert au plan de relance du groupe de presse sous la forme de coopératives d’employés. Les retraités devaient faire une croix sur 25 % à 30 % de leurs rentes à compter de février en plus de renoncer à d’éventuels recours à l’égard des différents syndicats et des comités de retraite.

Impact

L’Impact de Montréal tiendra mardi et mercredi ses deux premières séances de la période d’entraînement à Montréal. Ce sera les débuts du nouvel entraîneur-chef Thierry Henry à la barre de la formation.

Politique

La course à la direction du Parti conservateur débutera lundi

La course à la direction du Parti conservateur débutera officiellement lundi.

Le parti a maintenant établi et publié les règles de cette course, qui incluent des frais d’inscription non remboursables de 200 000 $.

Les candidats à la direction auront également besoin de 3000 signatures d’appuis de la part des membres du parti.

Les candidats ont jusqu’au 27 février pour s’inscrire et auront jusqu’au 25 mars pour répondre aux exigences afin d’être entièrement approuvés.

La course au leadership a commencé officieusement à la mi-décembre, lorsque l’actuel chef Andrew Scheer a annoncé qu’il démissionnerait dès que son remplaçant aurait été choisi.

Les membres du parti éliront leur nouveau chef le 27 juin lors d’un congrès à Toronto.

Voici, par ordre alphabétique, la liste de ceux qui sont pressentis pour rejoindre la course ou qui ont manifesté de l’intérêt.

  • Rona Ambrose: ancienne chef par intérim du Parti conservateur et députée d’une circonscription d’Edmonton.
  • Bryan Brulotte: homme d’affaires et ancien candidat progressiste-conservateur dans la circonscription de Chelsea au Québec
  • Jean Charest: ancien premier ministre libéral du Québec, ancien chef du Parti progressiste-conservateur et ex-ministre fédéral.
  • Michael Chong: ancien ministre conservateur, actuel député de la circonscription de Wellington-Halton Hills en Ontario. Il a participé à la course de 2017.
  • Gérard Deltell: actuel député conservateur de la circonscription de Louis-Saint-Laurent au Québec et ancien député provincial.
  • Richard Decarie: aide politique sous l’ancien chef conservateur Stephen Harper alors qu’il était dans l’opposition. Il a aidé à diriger les opérations de Stephen Harper au Québec.
  • Michelle Rempel Garner: actuelle députée conservatrice de la circonscription de Calgary Nose Hill.
  • Marilyn Gladu: actuelle députée conservatrice de la circonscription de Sarnia-Lambton en Ontario.
  • Vincent Guzzo: président des Cinémas Guzzo qui participe également à l’émission de télé-réalité Dragons ‘Den.
  • Rudy Husny: porte-parole du Parti conservateur.
  • Peter MacKay: ancien ministre conservateur et député de longue date de la Nouvelle-Écosse. Il vit actuellement à Toronto.
  • Erin O’Toole: ancien ministre conservateur et actuel député de la circonscription de Durham, dans la région de Toronto. Il a participé à la course de 2017.
  • Pierre Poilièvre: ancien ministre conservateur et actuel député de la circonscription de Carleton dans la région d’Ottawa.
  • Aron Seal: ex-conseiller de l’ancien premier ministre du Canada Stephen Harper.

Politique

Des simulations parlementaires qui mènent loin

Les journalistes boycottent le budget des Bleus, déposé... à minuit et demi!

«Je savais que j’allais devoir rédiger des articles tard, mais pas tant que ça! En plus, le ministre des Finances des Bleus, Pier-André Bouchard-St-Amant, proposait la gratuité scolaire.

«Mais deux ans plus tôt, lors de la grève étudiante de 2005, il était président de la FEUQ et n’avait pas défendu cette idée. Moi qui étais aussi très impliqué dans les associations étudiantes et plus revendicateur, j’avais écrit un article pour souligner cette contradiction», se rappelle Alexandre Leduc, avec plaisir.

M. Leduc est maintenant député de Québec solidaire, dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Il n’a jamais été journaliste parlementaire.

Sauf qu’en janvier 2007, l’étudiant en histoire à l’UQAM jouait le rôle de courriériste attitré par Le Baromètre, un journal fictif, à la couverture du Parlement étudiant.

L’une des quatre simulations parlementaires pour jeunes à se tenir à l’Assemblée nationale au tournant de l’année. Comme le 28e Forum étudiant, qui s’amorce lundi.

Anglade ministre de l’Éducation

Une décennie plus tôt, Dominique Anglade avait été ministre de l’Éducation au Parlement jeunesse. L’étudiante en génie industriel à la Polytechnique en était à sa troisième et dernière participation annuelle, après avoir simple députée en décembre 1994, puis critique de l’opposition en matière d’énergie, en 1995.

«J’ai vraiment pris goût à ça. Ç’a été une expérience très enrichissante. Et même si ce n’est pas ça que j’ai fait à court terme, ça m’a certainement donné la piqûre de la politique», explique l’actuelle députée de Saint-Henri–Sainte-Anne et candidate à la chefferie du Parti libéral du Québec, elle qui a réellement été ministre de l’Économie du Québec de 2016 à 2018.

Au Parlement jeunesse, Mme Anglade avait côtoyé l’actuel député et chef intérimaire du Parti québécois Pascal Bérubé, ainsi que le directeur de cabinet du premier ministre François Legault, Martin Koskinen.

Marc-André Franche, qui travaille au siège de l’ONU à New York et encore ami proche de Mme Anglade à ce jour, Caroline Soriol, directrice générale de l’organisme de bienfaisance Les Petits Frères, et l’éditorialiste au Nouvelliste de Trois-Rivières Martin Francœur étaient aussi de la même cohorte.

145 cégépiens

La saison des simulations parlementaires bat son plein ces semaines-ci dans l’enceinte de l’hôtel du parlement de Québec, avant la reprise des véritables travaux parlementaires, le 4 février.

Le Forum étudiant, réservé aux étudiants du collégial, sera la troisième simulation d’une semaine tenue depuis la fin décembre. Après le 70e Parlement jeunesse (26 au 30 décembre) et le 34e Parlement étudiant (2 au 6 janvier), deux simulations s’adressant plus largement aux étudiants de 18 à 25 ans, donc des cégeps et des universités.

Le 18e Parlement des jeunes, lui, réunira des élèves de troisième et quatrième secondaires, du 22 au 24 janvier. Sans oublier le 24e Parlement écolier, pour les petits de sixième année, le 1er mai.

«Cette expérience unique offre l’occasion aux participants et participantes de débattre [...] d’enjeux qui leur tiennent à cœur. Ils devront également s’exprimer en commission parlementaire et défendre leurs opinions auprès de leurs collègues. Ils prendront ainsi toute la mesure de notre démocratie», commente par communiqué le vice-président de l’Assemblée nationale et député des Chutes-de-la-Chaudière, Marc Picard, qui présidera le Forum étudiant.

Pour l’occasion, 145 étudiants provenant de 25 cégeps et collèges se glisseront dans la peau de députés et de journalistes parlementaires.

Les collégiens se pencheront cette année sur trois projets de loi touchant la reconnaissance des diplômes, l’autosuffisance alimentaire et la volonté d’enrichir la culture politique des Québécois.

«Ce qui va se dire là, c’est ce qui va se dire en chambre dans quelques années», prédit Alexandre Leduc, comme quoi l’espoir de la jeunesse est souvent précurseur.

Politique

Parascolaire au secondaire: voyons la première heure avant d’en offrir une deuxième

Avant de penser offrir une deuxième heure supplémentaire gratuite d’activités parascolaires dans les écoles secondaires publiques du Québec, les profs aimeraient bien connaître le résultat de l’implantation de la première heure, amorcée depuis septembre.

Le ministre des Finances du Québec a laissé tomber l’idée tout bonnement, jeudi soir, lors d’une allocution sur les consultations prébudgétaires faite devant des fiscalistes et des économistes.

Si une heure de plus passée à l’école renforce la persévérance scolaire et, en fin de compte, la diplomation, facteur de réussite collective crucial à ses yeux, Eric Girard croit que le gouvernement serait fou de ne pas doubler la mise et offrir deux heures de plus.

«C’est une idée qui doit se construire sur le bilan de ce qui a été fait jusqu’ici. Mais on n’a vu aucun bilan! La première heure, c’est quoi le résultat de ça? Et on devait commencer l’implantation avec juste le quart des élèves, pourquoi?» se questionne la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement.

«Je pense aux trois autres quarts, est-ce parce qu’ils manquaient de gens pour s’en occuper, manquaient de locaux? Est-ce qu’ils n’étaient pas encore prêts? On ne peut pas parler d’une deuxième heure sans avoir un bilan clair de la première», tranche Josée Scalabrini.

Vendredi, la chef syndicale faisait la tournée des médias pour commenter la refonte du cours Éthique et culture religieuse annoncée par le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et son ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Des interventions «à la pièce»

Mme Scalabrini a tracé un parallèle entre les deux mesures en y voyant d’énièmes interventions «à la pièce». «Si le gouvernement a tant d’argent que ça à dépenser, il devrait s’assurer de le dépenser au bon endroit en concertation avec le milieu. Le parascolaire, ç’a l’air d’être la recette miracle depuis deux ans! Mais les enseignants dénoncent des besoins criants depuis plus de 10 ans. Est-ce qu’ils vont y répondre?»

Celle dont le syndicat représente la majorité des profs de primaire et de secondaire du Québec, soit 65 000 sur quelque 108 000, trouve enfin «curieux qu’on apprenne cette annonce [de deux heures d’activités parascolaires] par le ministre des Finances et non le ministre de l’Éducation», laisse-t-elle tomber.

Dans le camp gouvernemental, on est pourtant loin de parler «d’annonce». Au cabinet du ministre Girard, «c’est simplement une idée qu’il lance comme ça, rien de concret», assure son attachée de presse, Fanny Beaudry-Campeau.

L’attachée de presse de la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, dont c’est le dossier parce que lié aux sports et loisirs, souligne que l’implantation d’une première heure cet automne s’avère un succès «au-delà de nos espérances».

Dès la première année, «la moitié des élèves inscrits à l’école secondaire publique ont accès aux activités, alors que l’objectif était de 25 % [un quart]. À l’heure actuelle, il y a donc 169 000 élèves du secondaire qui ont accès à une heure de parascolaire gratuit par jour», indique Alice Bergeron.

«Les échos que l’on a de la mesure sont très positifs, tant de la part des écoles que des élèves. C’est vraiment un beau succès. Par contre, puisque le projet est encore en implantation, il est trop tôt pour dire que l’on va déjà ajouter une deuxième heure. Notre priorité pour l’instant est de s’assurer que l’ensemble des élèves du Québec ont accès à une heure de parascolaire gratuit chaque jour, comme promis en campagne électorale», résume la porte-parole de la ministre Charest.

Pour cette première heure de parascolaire, le gouvernement caquiste décaissera 455 millions $ sur cinq ans, dont 32 millions $ pour l’année scolaire 2019-2020.

Politique

Fortier pas de la course à la direction du Parti conservateur

OTTAWA — L’ancien ministre conservateur Michael Fortier ne sera finalement pas de la course à la direction du Parti conservateur du Canada

Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, le financier montréalais a déclaré qu’il en est venu à la conclusion qu’il n’arriverait pas à se faire élire comme chef dans le contexte actuel. 

M. Fortier admet qu’il a «franchement peu en commun» avec les membres qui ont appuyé Andrew Scheer ou Maxime Bernier lors de la dernière course à la direction du parti en 2017. Il estime qu’il aurait dû attirer de nombreux membres — une tâche qu’il qualifie de «possible, mais colossale». Il espère que d’autres candidats «plus doués» arriveront à «débarrasser le parti de ses éléments radicaux». 

À son avis, le prochain chef doit être en faveur de l’avortement et des droits de «toutes les minorités sexuelles», en plus de s’engager à ne pas fragiliser ces acquis. 

Il croit aussi que les conservateurs devront proposer des mesures «costaudes» pour réduire l’empreinte carbone collective du Canada, comme une taxe sur le carbone, tout en tendant vers une transition écologique. 

Cette position ne serait pas incompatible avec l’appui au secteur pétrolier canadien, selon lui. 

Politique

Parascolaire au secondaire: deux heures de plus, réclame le ministre des Finances

Les jeunes qui passent plus de temps à l’école dans une journée réussissent mieux. Après l’ajout par le gouvernement d’une heure d’activités parascolaires par jour dans les écoles secondaires, le ministre des Finances propose de doubler la mise avec deux heures supplémentaires.

«Si ça marche [une heure], qu’est-ce qu’on va faire? Deux heures de plus! [...] Il y a le talent et il y a le travail, aussi. Il n’y a rien de mieux qu’ajouter des heures à l’école pour stimuler le taux de diplomation», a déclaré Eric Girard, jeudi soir, lors d’une allocution en marge de la présentation du Bilan de la fiscalité du Québec, à Longueuil, où il était conférencier d’honneur.

Dans le premier budget de la Coalition avenir Québec (CAQ), en mars 2019, le ministre Girard annonçait que d’ici 2023, toutes les écoles secondaires publiques du Québec offriront une heure parascolaire gratuite de plus par jour aux élèves, en activités sportives, artistiques ou en aide aux devoirs.

Dès septembre, le quart des élèves ont pu profiter de cette mesure visant à stimuler la persévérance scolaire, soit 140 écoles sur quelque 600. Il semble maintenant que près de la moitié des 317 845 jeunes du secondaire public à travers le Québec ont accès à cette heure supplémentaire gratuite.

Devant un groupe de fiscalistes et d’économistes, profession qu’il occupait avant de devenir politicien, le ministre Girard parlait de son «équation» pour «créer de la richesse à long terme» et ainsi combler en 25 ans le retard de niveau de vie du Québec par rapport au reste du Canada et surtout l’Ontario.

Ses quatre «piliers» pour y arriver sont plus d’éducation, plus de travailleurs, plus d’investissements privés et moins de dette.

Avec un Québécois «15 à 20 % moins riche que la moyenne canadienne» et «15 à 20 % moins productif que la moyenne canadienne», M. Girard voit dans le taux de diplomation un facteur de réussite collective crucial. Taux qui a surtout besoin de s’accroître chez les garçons francophones, précise-t-il.

Et comme «vecteurs» d’une meilleure éducation, il compte le programme Agir tôt auprès des tout-petits, l’implantation des maternelles quatre ans, la rénovation et l’entretien des écoles, ainsi que cette heure de plus en parascolaire au secondaire.

«Moi, ma mesure favorite, mon heure favorite, c’est une heure de plus par jour au secondaire. Au secondaire public! Parce que cette heure de plus par jour aide l’école publique à concurrencer l’école privée», calcule le ministre des Finances.

Le gouvernement caquiste décaisse 455 millions $ pour la réalisation de ce projet en cinq ans, dont 32 millions $ pour l’année scolaire 2019-2020.

«On est des économistes. Si ça marche, qu’est-ce qu’on va faire? Deux heures de plus! Je reçois des ovations debout dans les écoles quand je leur dis ça… [...] C’est ma mesure favorite et celle dont on parle le moins. À l’Assemblée nationale, on parle tout le temps de la maternelle quatre ans, tout le temps, tout le temps. La maternelle quatre ans, c’est un vecteur» parmi d’autres, a résumé le ministre.

Politique

Catherine Dorion met son coton ouaté aux enchères

Le fameux coton ouaté de la députée Catherine Dorion qui a fait tant réagir est désormais aux enchères.

Catherine Dorion en a fait l’annonce lors de son passage à l’émission La Semaine des 4 Julie. Les profits de la mise aux enchères seront versés à la Maison des femmes de Québec, un organisme qui héberge et protège des femmes victimes de violences conjugales.


«La violence envers les femmes ne disparaitra pas demain matin, mais si on met les bouchées doubles, qu’on se mobilise, qu’on refuse  de se taire, peut-être un jour, oui, on vaincra ce fléau », a-t-elle affirmé lors de l’émission animée par Julie Snyder.

La députée est d’ailleurs arrivée sur le plateau de l’émission de la chaîne V pendant que le groupe Bleu Jeans Bleu interprétait son énorme succès Coton ouaté.


Le 7 novembre, le parti de Mme Dorion, Québec solidaire avait soutenu que «des députés ont interpellé le président [avant la période de questions] pour demander de sévir contre la députée de Taschereau qui, selon ces députés, portait des vêtements qui sont contraires au décorum».

L’incident était survenu une semaine après la photo d’Halloween prise au Salon rouge, où la députée de Taschereau était «déguisée en députée» à jupe courte et qui avait mené à une plainte du Parti libéral à son endroit auprès de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale.

L’enchère se déroule sur la section du site de l’émission consacrée aux enchères. La personne gagnante sera annoncée lundi.

En avant-midi vendredi, la mise s’élevait à près de 3000$.