Politique

Les syndiqués de Revenu Québec comptent sur la CAQ

En grève illimitée de soir et de fin de semaine, les employés de Revenu Québec sont confiants que le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) reconnaisse leur expertise dans la lutte à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux.

«On s’attend à ce que les bottines suivent les babines», soumet Richard Perron, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Les élus de la CAQ ont plusieurs fois réclamé ces dernières années un maintien de l’expertise au sein du gouvernement, notamment en informatique. M. Perron croit que le gouvernement a «une belle occasion» de démontrer qu’il tient à cette expertise en s’entendant avec les employés de Revenu Québec. 

Plusieurs manifestations auront lieu sur l’heure du lunch dans huit villes du Québec mercredi. Les 4600 professionnels de Revenu Québec feront du bruit afin d’obtenir de meilleures conditions de travail, eux qui sont sans convention collective depuis trois ans. 

«En période de rareté de la main-d’œuvre, il est crucial que le gouvernement du Québec se donne les moyens de contrer les paradis fiscaux. Parce qu’il faut récupérer les sommes qui servent à payer nos services publics», plaide M. Perron. 

Le leader syndical explique que les équipes de comptables et d’analystes en procédés informatiques qui enquêtent sur les revenus que les grandes entreprises cachent au gouvernement développent une expertise «très pointue» qu’il ne faut pas laisser filer.  

À l’heure actuelle toutefois, ces travailleurs sont tentés de faire le saut au privé ou à l’Agence du revenu du Canada, où ils peuvent gagner un salaire jusqu’à 40 % plus élevé, selon M. Perron. «L’Agence du revenu du Québec, c’est devenu le club-école de l’Agence du revenu du Canada. Il faut arrêter cette saignée-là.»

Le président du SPGQ explique que ses membres sont «extrêmement vexés, voire insultés» de ne pas avoir obtenu ce qu’on leur avait fait miroiter en 2011, soit de meilleurs salaires que dans le reste de la fonction publique québécoise. 

Politique

Dernier adieu au patriote Bernard Landry [PHOTOS]

L’ancien premier ministre du Québec Bernard Landry a été salué comme un grand patriote et un des bâtisseurs économiques du Québec par plus d’un, à l’occasion de ses funérailles d’État, mardi à la Basilique Notre-Dame de Montréal.

«Grâce à Bernard Landry, les Québécois sont encore plus fiers d’être Québécois», a lancé le premier ministre du Québec, François Legault, à son entrée à l’église.

À lire aussi: Bernard Landry exposé en chapelle ardente à Montréal

Son rôle de visionnaire du développement économique, de stimulateur de l’économie pour maintenir ou créer des emplois, ses convictions indépendantistes inébranlables, sa défense du fait français, son amour des régions du Québec, sa volonté de voir le Québec s’épanouir sur la scène internationale, tous ces thèmes qui lui tenaient tant à cœur ont été tour à tour soulevés par ses proches qui ont pris la parole pendant deux heures, avant la messe proprement dite.

«Une bonne partie de la politique économique du Québec a été conçue par lui», a souligné le premier ministre Legault dans son allocution lors de ces funérailles d’État.

M. Legault a aussi relevé sa volonté de voir le Québec s’épanouir dans le concert des nations. «Il disait : “Le parti avant les hommes et la patrie avant le parti”; sage conseil que je ne vais pas oublier», a conclu M. Legault, qui a été ministre dans le gouvernement Landry.

Politique

Un «cowboy» candidat du PLQ dans Roberval

Un conseiller municipal de Chambord, William Laroche, tente de succéder à l'ex-premier ministre Philippe Couillard dans la circonscription de Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour poursuivre son œuvre.

«Mon but est de poursuivre toutes les structures que le Parti libéral a déjà mises en place», a-t-il dit en entrevue lundi, quelques heures après l'annonce officielle de sa candidature à l'élection partielle du 10 décembre.

Âgé de 27 ans, le président du Festival du cowboy croit en ses chances de remporter l'élection complémentaire en raison de sa jeunesse et de son implication dans son milieu.

En plus de siéger à l'hôtel de ville et de présider un festival, M. Laroche est pompier volontaire pour le district de Chambord.

Il reconnaît que «le Québec voulait un changement» le 1er octobre dernier, mais assure incarner désormais ce changement. «Je suis une personne au quotidien qui travaille avec beaucoup de gens de la région, qui comprend les gens, qui a les mêmes valeurs», a-t-il plaidé en entrevue.

M. Laroche n'a pas précisé quel rôle il entendait jouer dans la reconstruction du Parti libéral du Québec (PLQ), sinon pour dire qu'il est résolument «régionaliste». Selon lui, le prochain chef libéral devra être à l'écoute de tous les Québécois, qu'ils habitent en ville ou en région.

«C'est important d'avoir des jeunes qui osent se lancer en politique, s'est félicité lundi le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand. La jeunesse apporte un éclairage différent sur bien des dossiers.»

Toujours pas de péquiste

William Laroche affrontera la caquiste Nancy Guillemette, une ancienne échevine de la Ville de Roberval, et Luc-Antoine Cauchon, un chef cuisinier qui portera les couleurs de Québec solidaire (QS). Le Parti québécois (PQ) n'a pas encore annoncé de candidat.

L'élection complémentaire du 10 décembre dans la circonscription de Roberval a été rendue nécessaire par la démission de M. Couillard, à la suite de la défaite de son gouvernement lors du scrutin général du 1er octobre.

En vertu de la loi, le premier ministre François Legault avait six mois devant lui, donc jusqu'en avril 2019, pour déclencher le scrutin et trouver un successeur à M. Couillard, mais il a préféré procéder rapidement.

Lors du scrutin du 1er octobre, M. Couillard avait récolté 42 % du vote, suivi de Denise Trudel de la Coalition avenir Québec (CAQ) avec 24 % du vote.

La tenue d'une élection complémentaire coûte environ 600 000 $.

Politique

Le Canada a fait pâle figure dans les événements du 100e de la Première Guerre mondiale, selon des historiens

OTTAWA — Plusieurs historiens déplorent ce qu'ils perçoivent comme une occasion manquée au cours des quatre dernières années de mettre en lumière le 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale, affirmant que les efforts du Canada ont été bien timides par rapport à ceux du Royaume-Uni, de l'Australie et d'autres pays.

Le jour du Souvenir marquait dimanche non seulement le centenaire de l'Armistice qui a mis fin aux hostilités de la Première Guerre mondiale, mais également la conclusion de quatre années de commémorations dans le monde entier visant à faire connaître et à rappeler la mémoire de «la guerre pour mettre fin à toutes les guerres».

Politique

Bernard Landry exposé en chapelle ardente à Montréal

Si ses idées politiques, comme toute autre, pouvaient donner lieu à d’âpres débats, l’homme qu’était Bernard Landry fait l’unanimité : tous reconnaissent et saluent à la fois son profond amour pour le Québec et son impressionnant héritage économique.

Le 28premier ministre du Québec a été exposé en chapelle ardente jusqu’à 18h, lundi, à la Basilique Notre-Dame de Montréal.

Amis, collègues et adversaires ainsi que de simples citoyens défilaient depuis le matin pour lui rendre hommage et offrir leurs condoléances à sa famille.

«La vague de sympathie m’a beaucoup surprise et étonnée, mais réconfortée et ce que j’aime voir c’est qu’il y a des gens de tous les horizons qui nous ont témoigné leur sympathie», a déclaré sa fille, Pascale, en point de presse en fin d’avant-midi, soulignant que la famille avait reçu des hommages provenant «des gens de partout au Québec, des gens de partout dans le monde, des gens de toutes origines sociales, des jeunes, des vieux».

«C’est vraiment dans la diversité du Québec que l’œuvre de papa se répercute et c’est tout cet amour qui nous revient», a-t-elle ajouté.

Le cercueil contenant la dépouille de M. Landry avait été transporté jusque devant l’autel par des policiers de la Sûreté du Québec qui étaient suivis par les proches du défunt.

Le curé de Notre-Dame, le père Miguel Castellanos, a ensuite prononcé quelques mots.

Le cercueil fermé, recouvert du fleurdelisé, reposait dans la nef aux côtés du portrait du défunt qui orne la couverture de son livre La Cause du Québec.

Plusieurs personnalités avaient déjà défilé à bonne heure lundi matin.

Héritage «substantiel» 

L’ex-premier ministre Jean Charest, l’un des premiers sur place, a parlé de l’héritage «substantiel» légué par un adversaire respecté qui «nous faisait beaucoup souffrir dans les échanges», lui qui l’avait affronté des deux côtés de la Chambre.

«Il a donné de la crédibilité économique au mouvement souverainiste, lui et M. [Jacques] Parizeau», a rappelé M. Charest, évoquant notamment son ouvrage de 1979, Bâtir le Québec, la politique de crédits d’impôt pour le multimédia et, surtout, la Paix des Braves.

«C’est très significatif parce que ça arrive à un moment dans la vie de M. Landry, en 2002, où il conjugue son expérience, ses convictions, pour faire une négociation très audacieuse de nation à nation sur un sujet qui [...] a permis de débloquer le développement du Nord québécois, de réactualiser la convention de la Baie James», a-t-il ajouté.

Politique

Trudeau espère un règlement sur l’alumimium et l’acier d’ici le G20, le 30 novembre

WASHINGTON - Justin Trudeau espère que le Canada pourra régler d’ici le sommet du G20, à la fin du mois, son différend tarifaire avec les États-Unis sur l’aluminium et l’acier.

Les leaders des pays du G20, dont le premier ministre canadien et le président américain, Donald Trump, se réuniront pour leur rencontre annuelle les 30 novembre et 1er décembre, à Buenos Aires. Selon certains médias, le Canada et les États-Unis envisagent aussi, à cette occasion, de se joindre au Mexique pour une cérémonie de signature célébrant la nouvelle entente qui remplacera l’Accord de libre-échange nord-américain.

En conférence de presse lundi à Paris, M. Trudeau a soutenu qu’il avait évoqué le différend tarifaire avec M. Trump lorsque les deux hommes ont brièvement discuté au cours du dîner officiel donné samedi soir à Paris par le président français, Emmanuel Macron, en marge du 100e anniversaire de l’Armistice.

Le premier ministre Trudeau a ajouté lundi que les tarifs douaniers américains décrétés par la Maison-Blanche sur les importations d’acier et d’aluminium demeuraient une source de préoccupation pour les Canadiens, mais aussi pour les Américains.

David MacNaughton, ambassadeur du Canada aux États-Unis, déclarait en entrevue la semaine dernière que des discussions de haut niveau avaient eu lieu, et qu’il avait invité le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, à reprendre officiellement ses efforts pour faire lever ces droits de douane.

Selon certaines personnes proches du dossier, les États-Unis exigeraient maintenant que des quotas soient imposés aux exportations canadiennes, une proposition de départ que rejetterait Ottawa.

«Comme je l’ai déjà dit, j’en ai discuté avec le président Trump, a déclaré M. Trudeau lundi. J’espère que nous pourrons résoudre le problème avant que nous nous rencontrions au G20 en Argentine.»

Politique

Un agriculteur de Portneuf veut devenir chef du Bloc québécois

L’agriculteur de Portneuf Christian Hébert se lance le premier dans la course à la chefferie du Bloc québécois.

Propriétaire du Domaine Hébert à Deschambault, le politicien était candidat du Parti québécois aux élections provinciales du 1er octobre. Il a mordu la poussière, terminant quatrième derrière la CAQ, le PLQ et Québec solidaire, en récoltant 9% des votes. 

Mais cette défaite ne lui a pas enlevé le goût de la politique, loin de là. «Je suis un bagarreur et j’ai toujours le même objectif, l’indépendance du Québec», lance M. Hébert en entrevue téléphonique. 

C’est maintenant la scène fédérale qui l’intéresse. M. Hébert est conscient que le Bloc québécois a une longue côte à remonter pour espérer faire des gains à l’élection générale de l’automne 2019. Mais le défi ne lui fait pas peur. «Le travail est colossal, mais pas impossible.»

Le chef intérimaire du Bloc québécois Mario Beaulieu a lancé la semaine dernière le grand chantier de refondation du Bloc québécois. Le parti entame une grande consultation de la population et souhaite se renouveler, peut-être en changeant de nom et d’image. 

M. Hébert croit être un choix judicieux pour relancer le parti. «Je suis de toutes les assemblées et je pense pouvoir représenter une voix citoyenne. Je suis pas quelqu’un qui a grenouillé là-dedans (la politique) depuis longtemps.» 

M. Hébert dit vouloir écouter les idées des souverainistes au cours des prochains mois et leur parler d’«innovation». Premier à se lancer officiellement dans la course au leadership après le départ tumultueux de la chef Martine Ouellet en juin, M. Hébert souhaite que d’autres personnes lèvent la main pour devenir chef, afin qu’une réelle course s’engage. Le congrès de refondation du Bloc québécois doit se tenir à la fin du mois de février.

Christian Hébert, 39 ans, a eu une carrière militaire avant de se lancer dans la culture de pommes, de framboises et la production de cidre. Très impliqué auprès de la relève agricole, il a été décoré Chevalier de l’Ordre national du mérite agricole en 2017. 

Politique

L'ancien ministre Jean Bienvenue est décédé

L’ancien ministre libéral Jean Bienvenue est décédé à l’âge de 90 ans. Son décès est survenu le 13 octobre dernier, mais la famille n’en a fait l’annonce qu’au cours des derniers jours.

En raison de circonstances familiales particulières et par respect pour l’ancien premier ministre Bernard Landry, la famille a décidé de ne pas faire l’annonce du décès de M. Bienvenue dans les jours suivant celui de M. Landry.

Élu député de Matane en 1966 sous la bannière libérale, Jean Bienvenue a occupé plusieurs fonctions durant le premier passage de Robert Bourassa au pouvoir.

Il a été leader parlementaire adjoint de 1971 à 1976, ministre d’État de 1971 à 1972, ainsi que ministre de l’Immigration entre 1972 et 1976. Pour une courte période en 1976, il s’est également occupé de l’Éducation. 

Aucun lien avec la «taxe»

Longtemps associé à tort à la «taxe de Bienvenue», M. Bienvenue n’a jamais travaillé sur cette politique, adoptée en 1976 sous le gouvernement péquiste de René Lévesque.

Juriste de formation, Jean Bienvenue a été juge à la Cour supérieure du district de Québec entre 1977 et 1996.

Il a dû quitter son poste en septembre 1996 après avoir émis des propos controversés quelques mois auparavant à l’occasion du prononcé d’une sentence d’une condamnée pour meurtre.

Il laisse dans le deuil sa conjointe, cinq enfants, huit petits-enfants, cinq arrière-petits-enfants et sa sœur. 

Ses funérailles seront célébrées le 15 novembre à la chapelle du Complexe La Cité, à Québec.  Avec La Presse canadienne

Politique

Laïcité: QS pourrait revoir sa position

EXCLUSIF / Québec solidaire pourrait revoir sa position sur la laïcité et s’opposer finalement à toute interdiction concernant le port de signes religieux chez les figures de coercition identifiées par la Commission Bouchard-Taylor il y a 10 ans.

À la demande d’associations de circonscription, Québec solidaire s’engage dans une réflexion interne à ce sujet, a appris Le Soleil. Elle culminera lors d’un Conseil national du parti qui se déroulera en mars. Il portera sur cette question qui ne cesse de faire débat et susciter des polémiques, ici et ailleurs.

Ces associations de circonscription de QS estiment que proposer d’interdire le port de signes religieux chez les juges, les policiers, les procureurs de la Couronne et les gardiens des centres de détention du Québec, comme le préconisait la Commission Bouchard-Taylor, va trop loin et brime les droits et libertés de la personne.

C’est pourtant la position officielle du parti depuis de nombreuses années. En 2013, la députée Françoise David, qui a quitté la vie politique depuis, avait présenté à l’Assemblée nationale un projet de loi au nom de son parti visant à interdire «le port de signes religieux chez les personnes qui exercent un pouvoir de coercition au nom de l’État (juges, policiers, procureurs, gardiens de prison)».

Depuis, Québec solidaire a toujours présenté cette position comme un «compromis» susceptible de rallier les Québécois. Le désormais ex-gouvernement de Philippe Couillard a cependant toujours refusé d’aller jusque-là, tandis que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont toujours préconisé d’aller plus loin — le parti de François Legault a ajouté à cette liste les enseignants des écoles primaires et secondaires du réseau public.

Attention! dit le député solidaire Andrés Fontecilla, responsable des dossiers d’immigration, d’interculturalisme (et de logement) au sein de son parti. Rien ne permet d’affirmer à ce stade-ci que la position du parti changera au terme de la réflexion et du débat qui s’amorcent.

Mais c’est un fait qu’«on veut revisiter toute cette question», dit-il.

Compromis vacillant

M. Fontecilla note que le «compromis» que véhicule son parti date maintenant de plusieurs années et confesse qu’«on n’est plus certain qu’il soit encore valable».

«Certaines de nos associations considèrent que le rapport Bouchard-Taylor constitue une position discriminatoire qui empêche certaines minorités d’avoir accès à certaines fonctions liées à l’État. On va faire le débat pour voir ce que tous en pensent au sein du parti.»

Il n’y a pas que «des associations» qui vacillent. Les 10 députés de Québec solidaire ne sont pas unanimes sur la question du port de signes religieux.

Un autre interlocuteur de QS a tenu à faire remarquer au Soleil que l’un des deux auteurs du rapport Bouchard-Taylor, Charles Taylor, n’appuie lui-même plus les recommandations qu’il a faites en 2008.

Stigmatisation

Pour l’heure, Québec solidaire est toutefois unanime à pourfendre la volonté de la Coalition avenir Québec d’interdire le port de signes religieux chez les enseignants. «On craint une stigmatisation des femmes musulmanes portant le hijab, explique Andrés Fontecilla. Cela nous paraît inacceptable et mauvais pour le climat social d’aller dans cette direction.»

«On est très préoccupés par cette volonté du gouvernement Legault, qui reviendrait à interdire à ces femmes le droit au travail. Nous allons nous opposer à toute tentative de discriminer qui que ce soit.»