UNIS reconnaît avoir versé des honoraires à la mère et au frère de Trudeau

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UNIS reconnaît avoir versé des honoraires à la mère et au frère de Trudeau

OTTAWA — Des membres de la famille du premier ministre Justin Trudeau ont déjà été payés par UNIS, a reconnu l’organisme de charité, jeudi.

Celui-ci avait été choisi par le gouvernement fédéral pour gérer un programme de bourses de 900 millions $ visant à encourager les étudiants à faire du bénévolat. L’accord a été annulé la semaine dernière à cause de la controverse sur les liens entre M. Trudeau et l’organisme de bienfaisance de Toronto ainsi que son pendant à but lucratif, ME to WE.

UNIS a indiqué avoir versé environ 250 000 $ à la mère du premier ministre, Margaret, pour 28 apparitions à des événements liés à l’organisme de 2016 à 2020.

Le frère de M. Trudeau, Alexandre, lui, a reçu 32 000 $ pour huit événements. L’organisation qui les représente à titre de conférenciers a reçu des commissions supplémentaires.

Et Sophie Gregoire-Trudeau, la femme du premier ministre, a reçu pour sa part 1400 $ en 2012 pour une seule apparition, soit avant que Justin Trudeau soit élu.

La plupart des paiements sont venus de la composante à but lucratif de l’organisation, qui parraine la composante caritative, a déclaré UNIS.

«Justin Trudeau n’a jamais été payé par UNIS ou ME à WE pour des discours ou toute autre sujet», a souligné l’organisme.

M. Trudeau fait maintenant l’objet d’une enquête par le commissaire à l’éthique au sujet d’allégations de conflit d’intérêts potentiel lorsque le gouvernement a attribué le contrat à fournisseur unique à UNIS.

Le premier ministre a admis qu’il ne s’était pas récusé lorsque le conseil des ministres a approuvé l’entente.

Il a maintenu que c’est la fonction publique «non partisane» qui avait recommandé l’octroi du contrat à UNIS. Un porte-parole du ministre, Alex Wellstead, a déclaré jeudi que «les proches du premier ministre sont impliqués dans diverses organisations et soutenaient de nombreuses causes personnelles de leur propre chef.»

«Ce qui est important de se rappeler ici, c’est qu’il est question d’un organisme de bienfaisance qui soutient les étudiants. La Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant sert à donner des occasions aux jeunes pour qu’ils puissent contribuer à leur collectivité, et non pour les bénéfices de qui que ce soit d’autres», a ajouté M. Wellstead.

La nouvelle a fait bondir les partis d’opposition.

Si le député de Rosemont-La Petite-Patrie et chef adjoint du NPD, Aleandre Boulerice, a parlé d’un «manque de jugement», le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet, a demandé à M. Trudeau de se retirer provisoirement de ses fonctions.

«La nature des allégations, l’importance des sommes, l’apparence grossière de conflits d’intérêts et la possibilité d’enquêtes à caractère criminelle, font en sorte qu’il est impossible que le premier ministre continue à exercer sa fonction, a-t-il souligné. Le contexte ne permet pas une demande de démission, nous sommes en pleine pandémie. De façon temporaire, le premier ministre du Canada doit faire un pas de côté, se retirer et confié les commandes de l’État à la vice première ministre 1/8Chrystia Freeland3/8.»

Selon M. Blanchet, un premier ministre «a une obligation d’être au-dessus de tout soupçon 1/8et3/8 ce ne serait pas la première fois que le M. Trudeau échoue lamentablement au test de probité».

De son côté, le porte-parole conservateur en matière d’éthique, Michael Barrett, a réclamé la convocation immédiate du Parlement afin que la lumière puisse être faite dans ce dossier. «Tous les documents relatifs au contrat doivent être rendus publics. Chaque ministre du Cabinet doit dire s’il savait ou non que la famille du premier ministre a des liens financiers avec l’organisme UNIS quand ils ont approuvé cet important contrat. Les Canadiens méritent des réponses, et le premier ministre et son gouvernement doivent être tenus responsables», a-t-il déclaré par communiqué.

PEQ : la troisième fois serait la bonne

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PEQ : la troisième fois serait la bonne

La troisième version du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) produite par le gouvernement Legault en huit mois sera la bonne, assure la nouvelle ministre de l’Immigration, Nadine Girault. «Nous sommes à des années-lumière de ce qui avait été présenté à l’automne 2019.»

Chemin devenu très fréquenté pour immigrer au Québec depuis quelques années, le PEQ subit de nouveaux changements portant sur la durée de l’expérience de travail exigée, maintenant réduite, et sur une clause transitoire ajoutée au profit des étudiants qui obtiendront leur diplôme d’ici la fin de l’année 2020.

Pour sa première conférence de presse à titre de ministre québécoise de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, celle qui continue aussi d’occuper le poste de ministre des Relations internationales et de la Francophonie a présenté ce qu’elle considère être la mouture définitive du PEQ, jeudi matin, sur la colline parlementaire de Québec.

«Oui, celle-là, ça va être la version finale», a confirmé Mme Girault, en présentant les modifications apportées à la version annoncée le 28 mai par son prédécesseur, Simon Jolin-Barrette, depuis devenu ministre de la Justice. La série de modifications proposée par M. Jolin-Barrette faisait suite à une importante levée de boucliers survenue début novembre en réponse à sa première refonte.

«Depuis la première présentation de ce règlement, des pas de géant ont été faits. Nous sommes à des années-lumière de ce qui avait été présenté à l’automne 2019», assure aujourd’hui Mme Girault.

«La raison pour laquelle mon prédécesseur, Simon Jolin-Barrette, l’avait publié dans la Gazette officielle [fin mai], c’était justement pour avoir les commentaires. Commentaires qu’on a reçus, qu’on a considérés, et les commentaires nous ont amenés à faire les ajustements qu’on fait aujourd’hui. Et je vous dirais qu’on a eu à date des bons commentaires sur les ajustements.»

L’objectif de «simplifier tout ça»

«Moi la première, à titre de ministre d’un autre ministère, je ne comprenais pas bien tout ce qui touche l’immigration», reconnaît la ministre, disant avoir été surprise par «la complexité de tous ces programmes» où se croisent compétences provinciales et fédérales, à son arrivée en poste il y a un peu plus de deux semaines.

«On a beaucoup de pédagogie à faire, surtout pour arrimer ce qu’est vraiment le programme PEQ, ce que sont vraiment nos exigences au niveau immigration, avec ce que la population ou ce que les différents groupes ont compris de tout ça»,

«Je vais l’expliquer encore davantage, puis je vais le positionner encore davantage. Je vois mon rôle comme étant un peu un rôle d’essayer de simplifier tout ça. Mon objectif, d’ailleurs, à moyen, long terme, ça va être de simplifier tout ça. Je ne sais pas comment je vais m’y prendre, mais ça va être d’essayer de simplifier tous ces programmes d’immigration», avance Mme Girault.

Elle dit avoir reçu un accueil positif de la part des groupes et organismes impliqués auprès des immigrants comme nouvelle ministre de l’Immigration, étant elle-même fille d’un couple d’immigrants.

«Mais il reste quand même que leurs récriminations sont là et les manifestations sont là. Ils ont des causes qu’ils veulent défendre, et c’est tout à fait normal», concède-t-elle.

Rééquilibrer les portes d’entrée

Le nouveau PEQ entre en vigueur le 22 juillet. Tout ce qui se passe avant se fait sous l’ancien régime.

Sauf pour les étudiants qui seront diplômés d’ici le 31 décembre. Ceux-ci évolueront sous les règles actuelles pour tout 2020.

Autrement, la durée de l’expérience de travail exigée pour les travailleurs temporaires est réduite de 36 à 24 mois, c’est-à-dire de trois à deux ans.

Les exigences liées à l’expérience de travail seront aussi modifiées pour les étudiants. Ainsi, les stages obligatoires compteront dans le calcul jusqu’à un maximum de trois mois. Et pour les titulaires d’un diplôme d’études professionnelles, la durée est abaissée de 24 à 18 mois, c’est-à-dire de deux ans à un an et demi.

Le but du gouvernement demeure de rééquilibrer les flux d’entrée d’immigrants. Inauguré en 2010 comme voie rapide pour immigrer au Québec, le PEQ est passé de fournir 5 % des certificats de sélection de l’immigration économique, donc autour de 1600 personnes par année, à 86 % en 2019, soit plus de 15 000 personnes.

Pas d’incitatifs pour les régions

Porte-parole du Parti québécois en matière d’immigration, Méganne Perry-Mélançon applaudit l’instauration d’une clause transitoire pour les étudiants actuels qui les mènent jusqu’à la fin de l’année, mais dénonce toujours l’absence «d’incitatifs pour attirer les étudiants et les travailleurs dans nos régions», souligne la députée de Gaspé.

Du côté de Québec solidaire, le député montréalais Andrés Fontecilla se dit «choqué que le gouvernement trahisse sa promesse pour les étudiantes et les étudiants recrutés à l’étranger et qui n’auront pas, finalement, les droits acquis tel que promis par le premier ministre en novembre 2019.

«Je suis choqué pour les travailleuses et les travailleurs temporaires peu qualifiés, comme les préposés aux bénéficiaires, qui font pourtant un travail essentiel pour la société, mais qu’on maintient dans une situation de vulnérabilité et de précarité en les empêchant d’obtenir la résidence permanente via le PEQ», ajoute le solidaire Fontecilla.

Quant à Gaétan Barrette, du Parti libéral, il dénonce aussi que la clause de droit acquis ne soit instaurée que pour un temps limité. «L’annonce de la ministre est un pas dans la bonne direction, mais en voulant corriger des injustices flagrantes, elle en commet une nouvelle en proposant une mesure carrément discriminatoire. L’injustice touchait tous les étudiants et les travailleurs en lien avec le PEQ, la mesure proposée n’en touche qu’une partie. [...] La pire nouvelle est que la ministre exprime déjà son refus de toute modification ultérieure de ce programme», souligne M. Barrette.

Singh: l’intrusion à Rideau Hall illustre le racisme systémique

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Singh: l’intrusion à Rideau Hall illustre le racisme systémique

OTTAWA — Si l’intrus de Rideau Hall avait été une personne de couleur, l’issue de l’opération policière aurait été plus dramatique, a estimé mercredi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh.

M. Singh, s’adressant à des journalistes sur la colline du Parlement, a déclaré que cet événement contrastait avec d’autres au cours des dernières semaines ayant vu des policiers canadiens tuer des Autochtones et des personnes de couleur, et qu’il nous rappelait «tous à quel point le racisme systémique est réel».

Corey Hurren fait face à 22 chefs d’accusation liés aux armes à feu, mais aussi de menaces à l’endroit du premier ministre Justin Trudeau. Le réserviste et homme d’affaires du Manitoba est détenu dans une prison d’Ottawa en attendant la suite des procédures.

Selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Corey Hurren a été arrêté le matin du 2 juillet à environ 200 mètres de la porte d’entrée de la résidence temporaire du premier ministre à Ottawa. Il aurait auparavant enfoncé avec sa camionnette des grilles de la propriété de Rideau Hall, puis aurait couru avec une arme chargée en direction de la résidence des Trudeau, qui n’étaient pas présents à ce moment-là.

Les policiers ont indiqué avoir eu des pourparlers avec Corey Hurren, qui était toujours armé, pendant une heure et demie avant son arrestation sans incident.

M. Singh a dit qu’il était heureux que M. Trudeau et sa famille aient pu être en sécurité - ils n’étaient pas à la résidence à ce moment-là - et a déclaré qu’il considérait l’événement comme du «terrorisme intérieur».

Et lorsqu’il s’est fait demander s’il pensait que l’incident aurait pris une tournure tragique si le suspect avait été une personne de couleur, M. Singh a simplement répondu: «Oui.»

M. Singh a mentionné Ejaz Choudry, un homme âgé de 62 ans qui a été abattu par la police à Mississauga, en Ontario, le 22 juin, après que sa famille a appelé une ligne d’aide non urgente, préoccupée que M. Choudry ne prenne pas ses médicaments. L’homme a reçu un diagnostic de schizophrénie, a déclaré sa famille après sa mort.

«Ce contraste - quelqu’un s’est présenté pour potentiellement tuer le premier ministre du Canada ou avec des armes à son domicile, et cette personne a été arrêtée sans violence et vous avez l’autre cas d’une personne qui a été tuée chez elle, a déclaré M. Singh. Pour moi, c’est ce dont il s’agit lorsqu’on parle de racisme systémique dans la police, cette disparité.»

Parmi les autres interventions récentes impliquant des policiers qui se sont soldées par des décès figurent:

  • Chantel Moore, une Autochtone âgée de 26 ans qui a été abattue par un policier qui avait été envoyé à son domicile pour vérifier son état de santé à Edmundston, au Nouveau-Brunswick, le 4 juin;
  • Rodney Levi, un Autochtone âgé de 48 ans aux prises avec des problèmes de santé mentale qui a été tué par des policiers près de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, le 12 juin;
  • Regis Korchinski-Paquet, une femme noire de Toronto âgée de 29 ans, décédée après avoir chuté d’un balcon du 24e étage alors que la police se trouvait dans l’appartement pour un conflit familial à la suite duquel Mme Korchinski-Paquet se trouvait en détresse.

La députée du Parti vert Elizabeth May a prononcé certains de leurs noms dans le compte rendu officiel des débats de la Chambre des communes mercredi alors qu’elle demandait s’il était temps de reconsidérer la manière dont les soi-disant «contrôles de bien-être» sont effectués en déclenchant une enquête fédérale.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a soutenu que la plupart du temps, de tels incidents se terminent pacifiquement, mais il a déclaré qu’Ottawa travaillait avec tous les ordres de gouvernement pour créer des normes nationales sur le recours à la force par la police et pour fournir de la formation sur la désescalade.

M. Singh a également déclaré que M. Trudeau devait réellement faire quelque chose pour régler le problème du racisme systémique au sein de la GRC. Il a rappelé que l’automne dernier, lorsque des images de M. Trudeau en «blackface» sur plusieurs anciennes photos ont émergé, M. Trudeau a demandé à être jugé par ses actions contre le racisme.

Ces actions, a tranché M. Singh, ont été inexistantes.

«Le plus qu’il a fait, c’est une vague référence aux caméras corporelles (pour les policiers)», a lancé M. Singh.

«Le fait que le président Trump, qui a été un désastre sur cet enjeu, qui a dit des choses haineuses et j’ai dénoncé cela, a fait plus en termes de changements concrets de politiques que le premier ministre du Canada, qui dit qu’il est un allié, cela me dérange vraiment. Il n’a littéralement rien fait.»

À la mi-juin, alors que des manifestations ont éclaté partout aux États-Unis après que George Floyd est mort asphyxié par un policier agenouillé sur son cou, M. Trump a signé un décret interdisant la «prise d’étranglement» à moins que la vie d’un policier ne soit en danger.

M. Singh a soutenu que le premier ministre devait poser des gestes clairs, y compris une révision du budget de la GRC pour transférer certaines ressources aux services communautaires afin que ce ne soit plus la norme que les policiers interviennent pour des crises de santé mentale. Il souhaite également la collecte de données sur le recours à la force et l’engagement de mettre fin au profilage racial par les forces de l’ordre.

Peu de temps après les propos tenus par M. Singh, M. Trudeau a déclaré que son cabinet avait établi un plan de travail pour l’été afin de prendre des mesures concrètes pour lutter contre le racisme systémique.

Des ministres ont été chargés d’explorer les réformes du système de justice, les structures policières et le recours à la force; d’améliorer l’accès au capital financier; d’examiner de meilleures protections pour les travailleurs étrangers temporaires et d’élaborer une législation pour reconnaître les services de police des Premières Nations comme un service essentiel.

«Nous avons du pain sur la planche, a dit M. Trudeau. Nous sommes prêts. La lutte contre le racisme systémique, les préjugés inconscients et la discrimination est une priorité absolue pour notre gouvernement.»

Ottawa prévoit un déficit record de 343,2 milliards$ [VIDÉO]

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Ottawa prévoit un déficit record de 343,2 milliards$ [VIDÉO]

Ottawa prévoit que le déficit fédéral sera de 343,2 milliards $ pour l’exercice financier 2020-2021.

C'est ce qui ressort du «portrait» de l'économie et des finances publiques présenté par le ministre des Finances, Bill Morneau, mercredi après-midi.

Il s'agit du déficit le plus important de l'histoire du Canada. Ce chiffre est largement dû aux programmes gouvernementaux pour aider les particuliers et les entreprises à traverser la pandémie de COVID-19.

S'exprimant devant les médias, mercredi après-midi, le ministre Morneau s'est dit bien conscient de l'ampleur du déficit associé à son nom, mais n'a pas semblé être déstabilisé face à ce constat.

«C'était quoi l'autre choix?» a répliqué le grand argentier du pays en réponse à un journaliste qui le questionnait à ce sujet.

«Nous sommes vraiment dans une situation extraordinaire où c'est absolument nécessaire de protéger les gens, de protéger les emplois pour l'avenir de notre pays. Nous avons fait les investissements parce que c'était nécessaire et de cette façon, on va avoir une économie dans l'avenir pour nous et pour nos enfants», a-t-il insisté.

Le «portrait» économique prévoit 212 milliards $ en soutien direct aux travailleurs et aux entreprises, 19 milliards $ en soutien pour la santé et la sécurité des Canadiens et 85 milliards $ sous forme de reports de paiements d'impôts, de taxes et de droits de douane.

Le ministre Morneau a confirmé que le gouvernement compte accélérer la transition de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) vers la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC), pour ceux qui auront des emplois, et le retour vers l'assurance-emploi, pour ceux qui n'en auront pas.

«La PCU va diminuer, la subvention salariale va augmenter en importance et le système d'assurance-emploi va recommencer», a-t-il résumé.

Dans son document, le gouvernement fédéral prévoit qu'il n'en coûtera pas plus de 80 milliards $ pour la PCU, qui offre 500 $ par semaine aux personnes ayant perdu leur revenu dû à la COVID-19. Le programme a récemment été prolongé, passant de 16 à 24 semaines pour les prestataires.

En date du 28 juin, plus de 53 milliards $ avaient été versés en PCU à quelque 8,16 millions de particuliers.

La subvention salariale, en comparaison, a été beaucoup moins populaire. Les plus récents chiffres font état de 18 milliards $ versés dans le cadre de ce programme, alors que le gouvernement fédéral prévoit verser 82,3 milliards $ aux employeurs admissibles, selon son «portrait» dévoilé mercredi.

M. Morneau a dit qu'un employé sur quatre du secteur privé bénéficie de la subvention salariale et se dit convaincu que ce chiffre sera appelé à augmenter avec des «changements» qui seront annoncés dans les prochains jours.

Ce portrait dévoilé mercredi était le premier aperçu des finances publiques depuis la mise à jour économique et budgétaire de 2019. Le ministre des Finances ne s'est pas engagé à déposer un budget en bonne et due forme cette année, estimant la situation trop fluide.

Il a cependant écarté l'option de l'austérité pour contrôler l'ampleur du déficit.

«Notre approche va être des investissements dans l'avenir et pas les coupures et pas les changements dans notre système d'impôts. Vraiment, c'est le temps de considérer comment on peut assurer un niveau de croissance», a-t-il dit.

Réactions

«On ne s'attendait pas à grand-chose, mais le gouvernement a réussi à nous décevoir», a réagi Gabriel Ste-Marie, porte-parole du Bloc québécois en matière de finances, après le dépôt du document de 186 pages.

Comme les autres partis d'opposition, les bloquistes espéraient que le gouvernement fédéral présente un plan plus précis pour la relance de l'économie notamment et qu'il partage ses plans dans l'éventualité où il modifierait les programmes d'aide existants.

«Comme on dit, le diable est dans les détails. Nous, ce qu'on veut, c'est que les gens qui ne peuvent pas travailler à cause de la pandémie aient un soutien (...), mais en même temps, on veut un incitatif au retour à l'emploi», a lancé M. Ste-Marie.

«Le "portrait" présenté aujourd'hui indique clairement que Justin Trudeau n'a aucun plan pour aider les Canadiens à retourner travailler ou pour relancer notre économie», a réagi Andrew Scheer, chef du Parti conservateur, mercredi après-midi.

M. Scheer estime que les libéraux auraient dû offrir, comme le proposent les conservateurs, une «prime de retour au travail». Les bloquistes sont aussi en faveur de cette idée qui consisterait à retenir 50 sous de la PCU pour chaque dollar gagné au travail au-delà de 1000 $.

Il s'agit d'une demande maintes fois répétée par le monde des affaires, qui considère que la PCU dans sa forme actuelle représente un frein à la reprise économique.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) considère qu'il est primordial de revoir les critères entourant l'admissibilité à la PCU et la PCUE pour étudiants et se dit toujours en attente des nouveaux critères d'admissibilité entourant la subvention salariale pour entreprises.

«Nous comprenons qu'il s'agit d'une crise exceptionnelle qui nécessite des dépenses publiques colossales pour passer au travers de cette crise et être en mesure de rebondir. Maintenant, il faut s'assurer de prendre les mesures nécessaires à la relance économique», a déclaré Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.

Les néo-démocrates auraient plutôt aimé voir dans ce «portrait» de l'économie un engagement à lutter contre l'évasion fiscale et une taxe imposée aux plus riches pour générer plus de revenus à l'État.

Peter Julian, porte-parole néo-démocrate en matière de finances, a aussi déploré que l'aide promise aux personnes handicapées n'ait pas encore vu le jour, malgré des promesses en ce sens. La mesure figure d'ailleurs dans le document du gouvernement fédéral.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), de son côté, a salué les mesures prises jusqu'à maintenant, mais a rappelé qu'elles n'ont pas «une durée de vie illimitée».

«La crise sociale a montré que notre filet social n'est pas suffisant pour soutenir les plus démunis de la société. Il est grand temps de réfléchir à la question du soutien du revenu lorsque la Prestation canadienne d'urgence et la Subvention salariale d'urgence du Canada prendront fin», a fait valoir le secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc.

Le porte-parole de la Fédération canadienne des contribuables, Aaron Wudrick, a pour sa part dit sur les réseaux sociaux que son organisation devra se trouver un nouveau compteur pour calculer la dette fédérale, qui dépassera les 1000 milliards $ dans la prochaine année, puisque sa machine ne peut pas afficher autant de chiffres.

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Le directeur parlementaire du budget évalue les coûts de trois scénarios de revenu de base garanti

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Le directeur parlementaire du budget évalue les coûts de trois scénarios de revenu de base garanti

OTTAWA - Le directeur parlementaire du budget estime qu’il pourrait en coûter jusqu’à 98 milliards $ au gouvernement fédéral pour fournir à presque tous les Canadiens un revenu de base garanti pendant six mois, à compter de l’automne.

Ce chiffre se situe dans la plage supérieure des scénarios que le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, a été invité à évaluer. C’est le sénateur Yuen Pau Woo qui lui avait demandé d’estimer le coût d’un programme fédéral de revenu de base garanti (RBG), à l’aide des paramètres d’un projet pilote lancé en Ontario.

L’idée de fournir aux Canadiens un revenu de base garanti (RBG) est revenue dans l’actualité lorsque des millions de personnes ont vu leur emploi ou leurs revenus s’évaporer avec la pandémie de COVID-19. Le gouvernement fédéral a dépensé jusqu’ici environ 174 milliards $ pour aider les particuliers et les entreprises à surnager pendant la crise.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, et d’autres collègues du Cabinet ont été interrogés à plusieurs reprises par des sénateurs et des députés sur l’idée d’un revenu de base garanti. Les partisans du RBG soutiennent qu’il s’agirait d’une extension de la Prestation canadienne d’urgence, un programme de 80 milliards $, pour les travailleurs qui ont vu leurs revenus d’emploi s’effondrer. Cette PCU et un programme de subventions salariales de 45 milliards $ doivent prendre fin en octobre.

De 4500 $ à 4800 $ en moyenne

Le DPB a présenté mardi trois estimations, à partir de scénarios qui réduisent progressivement la prestation de 0,50 $, de 0,25 $ et de 0,15 $ pour chaque dollar de revenu d’emploi, pour les six derniers mois de l’exercice 2020-2021, à partir d’octobre. Selon le DPB, le coût d’un tel programme pourrait se situer entre 47,5 milliards $ et 98,1 milliards $, selon les trois scénarios de «taux de réduction progressive».

Yves Giroux indique que la prestation moyenne pour les Canadiens de 18 à 64 ans se situerait quelque part entre 4500 $ et 4800 $; par ailleurs, le nombre de bénéficiaires augmenterait si le «taux de réduction progressive» était plus bas.

Le sénateur Yuen Pau Woo soutient qu’un tel programme pourrait combler les lacunes qui existent dans la mosaïque de filets de sécurité sociale au pays, largement gérés par les provinces - des lacunes qui ont été exposées par la pandémie.

«Lancer un revenu de base pour l’ensemble du pays, sur une base permanente, constitue une énorme entreprise, a admis M. Woo en entrevue téléphonique. Les coûts sont énormes et la résistance politique pourrait bien être féroce, mais nous sommes aussi dans une période où l’on devrait dépenser énormément en soutien au revenu d’ici la fin de l’année et en 2021. La question est de savoir comment nous dépenserons ces sommes.»

Si tous ne s’entendent pas sur la définition exacte du «revenu de base garanti», il est généralement considéré comme une prestation sans condition que les gouvernements versent aux citoyens et qui remplace divers autres avantages sociaux ciblés. Également appelé «revenu minimum garanti», le RBG peut être offert sous la forme d’une prestation universelle ou d’une prestation sous conditions de ressources, qui diminue à mesure qu’augmentent les autres revenus du bénéficiaire - ce que le DPB appelle «taux de réduction progressive».

Le bureau de M. Giroux a aussi estimé par ailleurs les sources potentielles de recettes fédérales et provinciales qui financeraient le programme du revenu de base. Il évalue que 15 milliards $ en crédits d’impôt existants au pays pourraient être éliminés en créant un tel programme de revenu de base garanti.

L’après-pandémie

Le coût global du programme pourrait être supérieur aux prévisions, prévient le DPB: ses estimations reposent sur des données sur le revenu de Statistique Canada qui ne tiennent pas compte des territoires, des personnes qui vivent dans des réserves et des membres des Forces armées qui habitent dans des casernes.

Les chiffres ne peuvent pas non plus être simplement doublés pour déterminer le coût sur une année entière, car cela pourrait surestimer l’impact financier. L’économie semble en effet rebondir lentement après un creux en avril, et le coût du programme dépendra du nombre d’employés qui seront réembauchés ou qui se trouveront un nouvel emploi.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui représente les petites et moyennes entreprises, a déclaré mardi qu’environ un tiers de ses membres qui ont répondu à un sondage ont déclaré être de retour à plein régime, mais beaucoup de PME croient qu’il leur faudra six mois pour retrouver une rentabilité normale.

Statistique Canada doit publier vendredi les données de l’emploi pour le mois de juin. Selon les projections publiées mardi par l’Organisation de coopération et de développement économiques, le taux de chômage au Canada pourrait atteindre 11 % au deuxième trimestre de l’année. L’OCDE prédit que le taux de chômage national tombera à 7,7 % d’ici la fin de l’année - ou à 8,4 % si une deuxième vague du coronavirus force une autre «mise sur pause» de l’économie.

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LES PARTIS D'OPPOSITION ATTENDENT DE PIED FERME LE «PORTRAIT DE L'ÉCONOMIE»

Les partis d’opposition à Ottawa espèrent obtenir plus qu’un simple «portrait de l’économie» mercredi.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, doit présenter une première estimation de la situation économique et des finances publiques du pays depuis que la pandémie a commencé en mars et que des milliards ont été distribués en aide d’urgence par le gouvernement fédéral.

Ce «portrait» devrait donner une idée des prévisions pour le reste de l’année financière et du déficit à venir.

Mais les conservateurs, bloquistes et néo-démocrates ont indiqué cette semaine qu’ils ne se contenteront pas de belles paroles. Ils souhaitent de l’action, incluant des changements dans les programmes de soutien en temps de COVID-19 et plus de transparence et de reddition de comptes.

S’exprimant mardi, le porte-parole du NPD en matière de finances, Peter Julian, a dit qu’il souhaite avoir une idée de la «carte routière» du gouvernement Trudeau pour les prochains mois alors que le Canada anticipe une deuxième, voire une troisième ou une quatrième vague de cas de COVID-19.

«Alors on veut voir comment le gouvernement va naviguer à partir de la fin de l’été au niveau de la subvention salariale, au niveau de la PCU (Prestation canadienne d’urgence), au niveau de toutes ces prestations qui font en sorte que les gens puissent mettre de la nourriture sur la table et garder un toit sur leur tête et la tête de leur famille», a-t-il dit en point de presse.

Le gouvernement fédéral a dépensé jusqu’ici plus de 174 milliards $ en soutien direct pour aider les particuliers et les entreprises à affronter la crise, et s’est dit prêt à modifier certains programmes afin de permettre une reprise économique.

Les propriétaires d’entreprises canadiennes ont besoin d’avoir des réponses sur l’avenir de ces programmes d’aide afin de prendre les décisions qui s’imposent, a martelé James Cumming, porte-parole du Parti conservateur pour les petites entreprises.

«Il devrait y avoir un aperçu de ce à quoi les choses vont ressembler dans six mois. Le gouvernement dit que c’est difficile de le prévoir, mais je peux vous assurer que toutes les entreprises à qui j’ai parlé le font, même en ces temps volatiles», a fait valoir le député albertain lors d’une conférence de presse dimanche.

Son collègue Pierre Poilievre, qui a répété que le gouvernement avait «perdu le contrôle» des finances du pays avant même le début de la pandémie, n’a pas voulu dire si les libéraux de Justin Trudeau devraient ralentir le flot de dépenses et réduire le déficit ou injecter encore plus d’argent pour repartir l’économie.

«Si nous voulons favoriser la croissance, nous devons libérer le potentiel de l’entreprise privée», a-t-il dit, pointant du doigt les nombreux projets de ressources naturelles dans l’Ouest qui attendent une approbation fédérale pour démarrer.

Selon M. Julian, le gouvernement fédéral doit plutôt se tourner vers les revenus pour s’assurer de continuer à offrir de l’aide pendant la crise. Le NPD croit qu’en mettant fin aux paradis fiscaux et en imposant les «ultra riches», le Canada pourrait aller chercher 35 à 40 milliards $ par année et contrôler l’ampleur du déficit.

«Au lieu de couper des services, ce qui est préconisé par certains, on prévoit d’aller chercher ces ressources-là pour qu’on puisse mettre en place un cadre financier stable et faire en sorte qu’on puisse avoir des services et améliorer les services dans les années à venir. C’est cette vision-là qu’on espère voir demain», a-t-il dit.

Le Bloc québécois, de son côté, dit que le gouvernement fédéral doit prendre tous les moyens pour préserver la vitalité des régions du Québec, déjà durement touchées par les conséquences économiques de la pandémie.

«Le gouvernement doit s’assurer de prendre tous les moyens pour préserver leur vitalité, notamment en modulant la PCU pour y greffer des incitatifs à l’emploi, en concrétisant les assouplissements aux critères de la subvention salariale aux entreprises saisonnières et en donnant les outils appropriés aux régions pour assurer la survie de l’économie», a énuméré Gabriel Ste-Marie, porte-parole du Bloc québécois en matière de finances.

M. Ste-Marie demande également à ce que le gouvernement fédéral transfère les 14 milliards $ promis aux provinces et territoires sans conditions - quelque chose que le premier ministre Justin Trudeau s’est refusé à faire jusqu’à maintenant.  Catherine Lévesque, La Presse canadienne

Les députés jonglent avec différents scénarios de vote virtuel aux Communes

Politique

Les députés jonglent avec différents scénarios de vote virtuel aux Communes

OTTAWA - Alors que des millions de Canadiens planifient un télétravail prolongé afin de contrôler la propagation de la COVID-19, les députés fédéraux jonglent avec un problème très particulier : comment voter virtuellement de façon sécuritaire?

Différentes options sont maintenant sur la table, alors que les députés et des centaines de fonctionnaires, en coulisses, commencent à planifier à quoi pourraient ressembler les séances du Parlement à l'automne - dans la mesure du possible.

Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Politique

Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Guy Nantel, l’un des candidats à la direction du Parti québécois (PQ), a été suspendu vendredi pour deux jours en raison du non-respect des règles.

Le parti reproche à l'équipe Nantel d'avoir envoyé directement un courriel à un grand nombre de membres pour solliciter du financement, a confirmé à La Presse canadienne une source interne proche du dossier.

Les candidats doivent obligatoirement passer par la formation politique s'ils souhaitent communiquer avec les membres afin d'éviter que ceux-ci soient inondés de courriels des candidats.

Il y a eu un rappel de la règle lors d'une téléconférence jeudi matin à laquelle ont pris part des représentants de toutes les équipes et la directrice générale du parti étant donné qu'il y avait déjà des contraventions, a appris La Presse canadienne.

Peu après, l'équipe de Guy Nantel a malgré tout contrevenu au règlement d'élection. Le parti a donc imposé une sanction symbolique, mais qui fait bien plus mal sur le plan des perceptions.

«Le candidat ne sera plus affiché sur le site web du Parti Québécois pour une durée de 48 heures», a indiqué la formation politique dans un message transmis aux autres candidats à la chefferie.

«Il est toujours candidat et participe toujours à la course», a insisté Lucas Medernach, un porte-parole du PQ, tout en refusant de confirmer les motifs de la décision.

«Farfelu», s'insurge l'équipe Nantel

L'équipe de Guy Nantel affirme ne pas remettre le règlement en cause, mais plutôt l'interprétation qui en est faite. Selon eux, rien ne les empêche de communiquer avec des partisans du candidat, y compris des membres.

«Si j'écris à mes anciens collègues d'université et que j'envoie 300 courriels et que là-dessus il y en a 25 qui sont des membres, ce n'est pas interdit et c'est ce qu'on fait présentement», a illustré Martin Beaudry, un porte-parole de l'équipe du candidat.

Ils ne comprennent pas pourquoi «cette fois-ci, ce n'est plus correct», alors qu'une situation identique s'est produite avant la pandémie et que la présidente d'élection de l'époque, Agnès Maltais, qui «n'est pas une débutante», leur avait donné raison.

L'équipe Nantel soutient que la liste des membres que fournit le PQ n'inclut pas les adresses courriel et que, par conséquent, ils sont incapables d'identifier les noms à retirer de leur propre liste.

Ils affirment avoir fait plusieurs démarches pour se conformer à l'interprétation des règles faite par le parti, notamment en proposant que le parti retire de leur liste de courriels les personnes qui sont membres et même d'embaucher aux frais de leur équipe une firme externe pour faire ce travail de façon neutre. «Ça aussi, ça ne les intéressait pas», a noté M. Beaudry.

La sanction «envoie un message sur l'intégrité de notre candidat alors qu'on n'a rien fait de répréhensible», a lancé M. Beaudry en entrevue avec La Presse canadienne. «C'est de dire au monde entier que Guy Nantel ne respecte pas les règles», a-t-il ajouté.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C'est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l'intérim.

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

Politique

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau admet trois jours plus tard qu’il est déçu de la décision d’Air Canada d’abandonner une trentaine de dessertes au pays. En même temps, il s’en remet à la compagnie aérienne pour continuer de desservir les régions une fois que l’économie le permettra.

Son homologue québécois, lui, est un peu plus pressé.

De passage en Outaouais, vendredi après-midi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit que son ministre des Transports, François Bonnardel, est déjà en discussions avec Air Canada. M. Legault soumet aussi l’idée de placer en concurrence différentes compagnies aériennes et de leur demander une fréquence et un tarif raisonnables pour pallier aux services manquants dans certaines régions.

«On est ouverts à donner une subvention à une des compagnies aériennes parce que pour moi, c’est un service essentiel d’avoir du transport dans toutes les régions du Québec. Donc, on n’exclut rien», a déclaré M. Legault, flanqué de deux élus de la région, son ministre Mathieu Lacombe et le député Robert Bussière, lors d’une conférence de presse.

Le premier ministre du Québec est cependant resté prudent sur cette idée évoquée par M. Bonnardel, dans plusieurs médias, de mettre sur pied une entreprise aérienne pour les régions du Québec délaissées par Air Canada.

Lors d’une autre conférence de presse dans la région, quelques heures plus tôt, M. Trudeau n’avait pas offert de pistes de solutions concrètes pour venir en aide aux régions mises à mal par la décision d’Air Canada de suspendre 30 dessertes régionales intérieures et de fermer huit escales à des aéroports régionaux canadiens, dont quatre au Québec.

Le transporteur avait notamment évoqué l’»impact dévastateur» de la crise sanitaire sur ses activités pour expliquer sa décision, mardi dernier.

«On sait qu’Air Canada profite des liens les plus profitables aux pays, mais on s’attend aussi à ce qu’ils desservent des personnes qui vivent dans des régions plus éloignées. C’est donc quelque chose qu’on espère qu’ils vont pouvoir (se) remettre à desservir ces secteurs-là, ces régions-là au fur et à mesure que l’économie commence à reprendre», a déclaré M. Trudeau en marge de sa visite à la banque alimentaire Moisson Outaouais, vendredi matin.

À LIRE AUSSI: Services aériens régionaux: l’occasion de briser le modèle

«Je pense que (...) nous allons devoir ajuster nos façons de faire à cause de la crise actuelle, mais aussi pour l’avenir. Il y a des choses qui vont changer et on va travailler avec les autres paliers de gouvernements, avec les industries, y compris l’industrie aérienne, pour voir comment on peut remplir les besoins immédiats, mais comment on va avoir un pays plus résilient, plus fort et plus juste dans les années à venir», a-t-il ajouté.

Cette décision d’Air Canada a été condamnée par des acteurs économiques et politiques, tous paliers confondus, et force les principaux concernés à se pencher sur l’avenir du transport aérien régional.

Une «cellule de crise» a notamment été mise sur pied jeudi par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Réseau québécois des aéroports (RQA) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Elle se réunira plusieurs fois au cours des prochaines semaines pour rencontrer les transporteurs aériens qui desservent déjà les régions et pour évaluer différents modèles d’affaires.

En entrevue avec La Presse canadienne, Isabelle Dostaler, doyenne de la faculté de gestion de l’Université Memorial à Terre-Neuve et spécialiste des questions de l’aéronautique et du transport aérien, a soumis l’idée, comme M. Legault l’a fait,que des petits transporteurs puissent prendre de l’expansion.

«Est-ce que c’est de s’en aller vers un modèle où Air Canada s’occupe du transport international? Pourquoi on ne créerait pas une entreprise d’État qui transporterait les passagers canadiens dans les régions où il y aurait un arrangement avec Air Canada pour que le prix total d’un voyage de Sept-Îles vers la Chine (avec escale via Montréal) soit le même qu’avant?» se questionne-t-elle.

Or, le maintien d’un service aérien convenable passera-t-il obligatoirement par la contribution financière des gouvernements?

«Est-ce qu’on veut uniquement des centres urbains ou on veut maintenir des régions, leur permettre de s’épanouir et d’exister? Est-ce qu’on veut occuper le territoire? Si on veut ça, c’est sûr qu’il y a une part de l’argent de l’État qui doit aller aider. Il ne faut pas oublier la notion de juste prix. C’est sûr que ça ne peut pas être gratuit. C’est sûr que l’éloignement a un coût et la question à se poser est: qui doit supporter ce coût? Ce ne peut pas seulement être les contribuables», fait valoir Mme Dostaler.

Le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi, est d’avis que l’argent public doit servir à maintenir l’infrastructure pour maintenir une activité économique, qui, elle, pourra rapporter aux régions. Il se demande qui, dans les faits, pourrait faire de l’argent là où la densité de population est faible.

«Il faut que l’argent public soit là de la même manière que l’argent public est là pour maintenir le métro de Montréal. Sinon il faut faire nos adieux et se dire que nous n’aurons pas de développement régional», explique M. Ebrahimi.

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Le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong

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Le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong

OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, dit que le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong. Il s’agit de l’une des mesures prises en réponse à la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin au territoire.

Dans une déclaration, M. Champagne dit que le Canada va aussi traiter les exportations de biens sensibles vers Hong Kong de la même façon que ceux destinés à la Chine.

Cela veut dire que le Canada n’autorisera pas l’exportation d’articles militaires sensibles là-bas.

La Chine a imposé de nouveaux contrôles stricts à Hong Kong cette semaine, dans ce que M. Champagne qualifie de violation du cadre d’»un pays, deux systèmes». Ce cadre devait être en place pendant 50 ans après que le Royaume-Uni eut redonné Hong Kong à la Chine en 1997.

Dans sa déclaration, M. Champagne dit que le rôle de Hong Kong en tant que «plaque tournante mondiale» s’est construit sur cette base et, qu’en son absence, le Canada est contraint de réévaluer les dispositions existantes.

Ces décisions du Canada surviennent après que les États-Unis eurent décidé de cesser les ventes d’équipement militaire à Hong Kong.

Programme de bourses: le commissaire à l’éthique mènera une enquête

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Programme de bourses: le commissaire à l’éthique mènera une enquête

OTTAWA — Le commissariat aux conflits d’intérêts a annoncé vendredi qu’il enquêtera afin de déterminer si le premier ministre Justin Trudeau a contrevenu à la loi lorsque le gouvernement fédéral a choisi l’organisme UNIS (WE) pour gérer un programme fédéral de 900 millions $ visant à payer les étudiants et les nouveaux diplômés pour le bénévolat qu’ils feront cet été.

Plus tôt vendredi, le gouvernement et UNIS (WE) avaient indiqué qu’ils avaient mis fin à cette entente. Cette annonce est survenue quelques jours seulement après que le premier ministre lui-même eut déclaré que cette organisation était la seule option pour assurer la réussite du programme.

Ce seront plutôt des fonctionnaires qui administreront les bourses liées à la pandémie, a déclaré M. Trudeau.

Depuis que l’organisme de bienfaisance fondé par les frères Craig et Marc Kielburger a été désigné pour gérer le programme, la semaine dernière, l’entente a été critiquée en raison de la relation étroite de M. Trudeau avec le groupe. Sa femme, sa mère et lui ont tous été impliqués dans des événements et activités d’UNIS.

Cette décision avait incité le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique à réclamer une enquête du commissaire Mario Dion.

Vendredi, M. Dion a avisé le député conservateur Michael Barrett et son collègue néo-démocrate Charlie Angus qu’il enquêtera sur ce dossier et qu’il a mis M. Trudeau au courant.

Dans la lettre transmise à M. Barrett, M. Dion indique qu’il tentera de déterminer si le premier ministre a contrevenu aux articles de la Loi sur les conflits d’intérêts interdisant notamment à «tout titulaire de charge publique de prendre une décision ou de participer à la prise d’une décision dans l’exercice de sa charge s’il sait ou devrait raisonnablement savoir que, en prenant cette décision, il pourrait se trouver en situation de conflit d’intérêts (article 6 de la Loi).

Dans un micromessage diffusé sur Twitter, le commissariat indique aussi qu’il enquêtera sur de «possibles contraventions» aux articles 7 («il est interdit à tout titulaire de charge publique d’accorder, dans l’exercice de ses fonctions officielles, un traitement de faveur à une personne ou un organisme en fonction d’une autre personne ou d’un autre organisme retenu pour représenter l’un ou l’autre) et 21 («le titulaire de charge publique doit se récuser concernant une discussion, une décision, un débat ou un vote, à l’égard de toute question qui pourrait le placer en situation de conflit d’intérêts»).

Des experts caritatifs se sont également demandé si UNIS était prêt pour la gestion fine d’un programme aussi important financé par le gouvernement.

M. Trudeau a répété vendredi matin que ses relations étroites avec UNIS ont fait en sorte qu’il avait appartenu à la fonction publique de décider comment gérer le programme et de mettre en ?uvre ce qu’il a appelé un processus «transparent et ouvert», pour finalement opter pour UNIS.

S’adressant aux journalistes, M. Trudeau a déploré ce qu’il a appelé le «malheureux» déroulement des événements au cours des derniers jours. Il a déclaré que le gouvernement appuyait la décision de l’organisation.

Il a ajouté qu’il pourrait y avoir des choses que les fonctionnaires fédéraux ne seraient pas aussi bien placés pour faire, comme le recrutement actif d’étudiants - il y a déjà eu 35 000 candidats au programme selon le nombre révélé par UNIS, surpassant les attentes initiales de 20 000 -, ainsi que le soutien de petits groupes avec l’intégration et la formation de bénévoles.

«L’une des choses qui finit par se produire, c’est que les jeunes n’auront peut-être pas le même accès aux programmes (...) qu’ils auraient eu», a noté M. Trudeau.

«Nous continuerons à travailler très dur et nous devons réfléchir attentivement à ce qui s’est exactement passé et sur la façon dont nous pouvons nous assurer que nous ferons un meilleur travail pour soutenir les jeunes dans les mois et les années à venir.»

Le programme fédéral doit verser jusqu’à 5000 $ en bourses d’études aux jeunes qui feront jusqu’à 500 heures de bénévolat. Il s’adresse aux étudiants qui ne trouvent pas de travail cet été en raison de la pandémie de COVID-19.

Dans sa déclaration, la ministre Chagger indique que les bénévoles qui se sont déjà inscrits ne devraient pas être pénalisés. Elle assure aussi qu’UNIS remboursera les sommes déjà reçues du gouvernement fédéral pour ce contrat à fournisseur unique.

Les libéraux avaient réservé environ 19 millions $ à l’organisation pour administrer le programme, mais le montant final dépend du nombre de jeunes qui y ont adhéré.

L’organisme de bienfaisance n’a pas dit combien il avait reçu ou remboursé, référant plutôt à une déclaration qui «reflète tout ce que nous avons à dire à ce sujet».

Dans la déclaration, UNIS a indiqué la controverse en cours liée à son implication dans le programme pour expliquer sa décision, même si «le gouvernement a fourni des explications» à toutes les questions.

La déclaration ajoute que l’organisation craignait qu’une affiliation continue signifie que «le programme lui-même commencera à souffrir, et, par conséquent, les occasions pour les étudiants pourraient être négativement touchées».

Racisme systémique: Boulerice ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh

Politique

Racisme systémique: Boulerice ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh

OTTAWA — Le seul député québécois du Nouveau Parti démocratique ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh, qui a déclaré que quiconque ne reconnaît pas le racisme systémique est «raciste».

En entrevue avec La Presse canadienne, le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, n’a pas voulu aller aussi loin que M. Singh dans cette accusation qui pourrait s’appliquer à de nombreux Québécois, le premier ministre François Legault en tête.

«Moi, je ne le dirais pas. Je dirais qu’il y a beaucoup d’éducation à faire avec le concept de racisme systémique et puis je crois qu’on doit avoir une discussion qui est franche et honnête là-dessus et ne pas mettre la tête dans le sable. Et surtout, éviter de dire que parce qu’on reconnaît le racisme systémique, ça veut dire qu’on accuse tous les Québécois d’être racistes», a dit M. Boulerice.

Or, c’est précisément l’équation qu’a faite M. Singh, le 17 juin dernier, quelques heures après avoir été expulsé de la Chambre des communes pour avoir traité le bloquiste Alain Therrien de «raciste». Lors d’un point de presse après coup, le chef néo-démocrate, visiblement émotif, a déclaré que quiconque ne reconnaît pas le racisme systémique méritait cette étiquette.

M. Boulerice n’endosse pas complètement l’interprétation de son chef, mais dit qu’il la comprend étant donné le l’histoire personnelle de M. Singh.

«Je suis un homme blanc qui est privilégié dans la société. Je n’ai pas eu à subir (du racisme). Donc je ne jette pas la pierre à Jagmeet s’il fait cette équation-là parce que je pense que pour lui, c’est quelque chose qui vient chercher des souvenirs, des blessures et c’est quelque chose pour lui qui n’est pas négociable. Donc, évidemment, je vais avoir une réaction qui n’est pas nécessairement identique à la sienne, puis c’est correct. Il le sait», affirme M. Boulerice.

M. Singh n’aura finalement pas à s’excuser à M. Therrien, comme le réclame le Bloc québécois. Heather Bradley, directrice des communications du bureau du président de la Chambre des communes, a indiqué que le chef du NPD pourra regagner son siège comme prévu lors de la prochaine séance régulière aux Communes, le 8 juillet, en vertu des procédures parlementaires.

Cette décision, dévoilée par Radio-Canada, a relancé les échanges déjà tendus entre bloquistes et néo-démocrates sur les réseaux sociaux. Mercredi, jour de la Fête du Canada, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé M. Singh d’avoir «agressé un député dans une mise en scène orchestrée» appuyée ni plus ni moins par Justin Trudeau.

À la sortie d’une rencontre avec le premier ministre Legault, jeudi, M. Blanchet a poursuivi dans la même veine.

«Est-ce que le chef du NPD n’en est pas rendu à se regarder dans le miroir sérieusement et savoir s’il n’a pas créé une crise sociale grave, une division grave entre des gens qui (...) devront rester des amis, et pour l’instant, transigent la haine et les accusations non fondées à cause de lui, et de lui seul, et de lui personnellement?» a accusé le chef bloquiste.

M. Blanchet a ensuite refusé de prendre plus d’une question sur le sujet, comme il l’a fait lors de ses conférences de presse précédentes.

Selon M. Boulerice, l’insulte lancée par M. Singh à M. Therrien ne fait pas partie d’un plan machiavélique.

«Je peux vous assurer que ce n’était pas du tout planifié, il n’y avait rien d’organisé là-dedans, ça a été une réaction spontanée, très émotive de la part du chef du NPD, que je comprends totalement pourquoi il l’a eue, d’ailleurs, parce que la décision du Bloc était incompréhensible», accuse le député néo-démocrate.

Le Bloc avait refusé d’appuyer une motion qui reconnaît le racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada envers les Autochtones, entre autres, sous prétexte qu’un comité parlementaire allait déjà se pencher sur le sujet. M. Blanchet a ensuite refusé de dire si son parti allait se ranger du côté des conclusions du comité en question.

Avec l’enflure verbale des derniers jours, M. Boulerice pense que «ça sent la panique du côté de M. Blanchet et de ses troupes».

«Il y a un malaise au sein du Bloc parce qu’ils jouent un peu sur les deux tableaux. Ils savent qu’il y a une partie de leur électorat qui est très sensible aux arguments un peu xénophobes, un peu sur le nationalisme identitaire, sur le populisme conservateur, donc M. Blanchet est coincé un peu. Certaines journées, il va être plus progressiste et politiquement correct et d’autres journées, il laisse la porte ouverte parce qu’il sent qu’il ne peut pas plaire à une partie ou l’autre de son électorat», dit-il.

Bourse pour le bénévolat étudiant: seul UNIS en avait la «capacité», dit Trudeau

Politique

Bourse pour le bénévolat étudiant: seul UNIS en avait la «capacité», dit Trudeau

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a encore une fois défendu la décision de son gouvernement de confier à l'organisme de bienfaisance UNIS la gestion d'une bourse de 912 millions de dollars pour le bénévolat étudiant.

La conception même de ce programme, qui accordera jusqu'à 5000 $ à des étudiants en mal d'emploi cet été, a également fait l'objet de critiques. On lui reproche notamment de remplacer du travail rémunéré par du bénévolat, en échange d'une somme inférieure à ce qui serait gagné sous le salaire minimum. Ses règles pourraient faire en sorte que les montants plus importants ne soient accessibles qu'aux jeunes déjà suffisamment aisés pour donner beaucoup de leur de temps, craint-on aussi.

Aide médicale à mourir: Ottawa obtient cinq mois de plus

Politique

Aide médicale à mourir: Ottawa obtient cinq mois de plus

Ottawa vient d’obtenir un délai supplémentaire de cinq mois pour rendre sa législation conforme au jugement québécois qui a élargi l’aide médicale à mourir en abolissant l’exigence de mort «raisonnablement prévisible».

Le gouvernement fédéral aura ainsi jusqu’au 18 décembre 2020 pour s’exécuter, a permis le juge Frédéric Bachand de la Cour supérieure du Québec dans sa décision rendue lundi après-midi. Un jugement rapide, considérant qu’Ottawa a plaidé sa demande vendredi dernier.

Il s’agit du second report obtenu par le gouvernement fédéral. Cette fois-ci, il a invoqué la COVID-19 pour expliquer pourquoi il n’a pas eu le temps de modifier sa législation.

Dans l’intervalle, ceux qui remplissent tous les critères, mais dont la mort n’est pas «raisonnablement prévisible», ne peuvent obtenir l’aide médicale à mourir - à moins de se présenter devant la Cour pour obtenir une autorisation judiciaire. Le juge Bachand a renouvelé cette possibilité.

En septembre dernier, la juge Christine Baudouin de la Cour supérieure avait invalidé le critère de «mort raisonnablement prévisible» écrit dans le Code criminel, le déclarant inconstitutionnel, tout comme celui de la loi québécoise qui prévoyait que l’aide médicale à mourir n’est accessible qu’à ceux «qui sont en fin de vie».

Ce faisant, la juge avait ouvert l’aide médicale à mourir à un plus grand nombre de personnes, comme Jean Truchon et Nicole Gladu, deux Québécois qui ont mené cette bataille juridique au cours des dernières années. Atteints de graves maladies dégénératives incurables, leur mort n’était toutefois pas raisonnablement prévisible.

La juge Baudouin avait cependant suspendu la déclaration d’invalidité de ces deux critères pendant une période de six mois, afin de donner le temps aux gouvernements fédéral et provincial de modifier leurs lois de façon à les rendre conformes à son jugement.

Le gouvernement du Québec s’est conformé au jugement. Il a choisi de ne pas toucher à sa «Loi concernant les soins de fin de vie», déclarant plutôt que le critère de «fin de vie» est désormais inopérant.

Ottawa a décidé de procéder différemment : il a déposé en février un projet de loi pour modifier le Code criminel.

Sauf qu’il n’a pas réussi à faire adopter son projet de loi en dedans de six mois.

Le contexte de pandémie

D’abord, il a invoqué les élections fédérales, qui ont suspendu le Parlement et donc le temps disponible pour les travaux parlementaires. Il avait alors obtenu un délai de quatre mois, jusqu’au 11 juillet.

Et vendredi dernier, il a plaidé que la pandémie de COVID-19 a aussi interrompu les travaux à Ottawa, ne laissant pas assez de temps aux députés pour étudier et faire adopter le projet de loi. Il a demandé cinq mois de plus, ce qu’il vient d’obtenir.

L’avocat de M. Truchon et de Mme Gladu, Me Jean-Pierre Ménard, n’avait pas contesté la demande de délai supplémentaire, vu le contexte de pandémie, «une situation imprévisible». Il trouvait toutefois le délai trop long pour les personnes souffrantes qui attendaient le 11 juillet avec impatience.

Bien qu’il reconnaisse la possibilité pour ces personnes d’obtenir une autorisation judiciaire, Me Ménard avait noté qu’en raison des coûts que cela entraîne, certains ne pourraient peut-être pas s’en prévaloir.

«La pandémie de la COVID-19, qui bouleverse nos vies depuis la mi-mars, constitue sans aucun doute un changement de circonstance qui milite en faveur de la prorogation recherchée par le Procureur général du Canada, est-il écrit dans le jugement. Les répercussions sur le Parlement fédéral ont été majeures, ses membres ayant choisi d’en limiter les activités afin qu’il puisse se consacrer presqu’exclusivement à l’adoption de mesures législatives liées à la pandémie.»

Le juge Bachand note toutefois qu’il n’y a aucune garantie que le projet de loi fédéral soit adopté d’ici le 18 décembre.

La juge Baudouin avait accordé à M. Truchon et à Mme Gladu une exemption constitutionnelle, qui faisait en sorte qu’ils pouvaient obtenir l’aide d’un médecin pour mettre fin à leurs jours, malgré la suspension d’invalidité des critères.

M. Truchon s’en est prévalu en avril. Le Juge Bachand a renouvelé l’exemption pour Mme Gladu.

Le Parlement canadien reprendra ses activités le 21 septembre.

Les conservateurs demandent une enquête sur le programme d'aide aux étudiants

Politique

Les conservateurs demandent une enquête sur le programme d'aide aux étudiants

OTTAWA - Les conservateurs fédéraux demandent une enquête sur la décision du gouvernement libéral de confier à un organisme de bienfaisance international la gestion d'un programme de 900 millions $ destiné à aider les étudiants pendant la pandémie de COVID-19.

Dans une lettre adressée dimanche à la vérificatrice générale, Karen Hogan, les conservateurs affirment que la décision de «sous-traiter» la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant à WE Charity mine la capacité du Parlement à surveiller le programme.

Quatre candidats dans la course à la direction du PQ

Politique

Quatre candidats dans la course à la direction du PQ

MONTRÉAL — Ce sont finalement quatre candidats qui se feront la course pour devenir chef du Parti québécois, en octobre.

Frédéric Bastien, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Paul St-Pierre Plamondon avaient déposé leur bulletin conforme au règlement du parti, vendredi, à la fin de la période de mise en candidature.

«Quatre candidats se distinguant par leurs idées et leurs propositions, mais unis par une même conviction : la nécessité de faire du Québec un pays libre», a indiqué Dieudonné Ella Oyono, président du PQ et président d’élection.

La course à la chefferie, interrompue par la pandémie jusqu’au 5 juin, s’ouvre donc officiellement. Des débats virtuels auront lieu entre le 15 août et le 2 octobre, et le scrutin par téléphone et par internet se tiendra du 5 au 9 octobre. Le prochain chef sera connu le 9 octobre, deux ans après la « défaite historique » du PQ aux dernières élections générales.

Ceux qui souhaitent avoir le droit de vote ont jusqu’au 9 septembre pour devenir membres ou sympathisants, ou jusqu’au 18 septembre pour renouveler leur carte de membre.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, continuera d’assurer l’intérim en tant que chef parlementaire du PQ jusqu’à l’élection du nouveau chef. Le chef précédent, Jean-François Lisée, avait démissionné le soir même de la défaite électorale cuisante du PQ le 1er octobre 2018.

Geneviève Guilbault: allier pouvoir et prudence

Politique

Geneviève Guilbault: allier pouvoir et prudence

«On s’en est quand même bien sortis, dans les circonstances. Mais tous ces décès-là qu’il y a eu... Si on pouvait éviter des décès dans une deuxième vague, ce serait un gros gain.»

Son débit ralentit. Geneviève Guilbault pèse ses mots. L’émotion fait surface. Durant l’heure d’entrevue, c’est à peu près le seul moment où son air s’assombrit, où elle se fait plus hésitante.

La vice-première ministre du Québec a rencontré Le Soleil au domaine Cataraqui, cette semaine, chic propriété gouvernementale de Sillery en rénovation jusqu’en octobre. Ils en sont à la toiture. Ça donne quand même de plus belles photos que le décor beige du ministère de la Sécurité publique, logé pas loin en face de Place Sainte-Foy.

L’animatrice Julie Snyder l’a proclamée «la femme la plus puissante du Québec», il y a quelques mois.

Mais en plus d’être vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, la députée et résidente de Louis-Hébert, circonscription de l’ouest de Québec, est ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. A sous sa gouverne la Commission de la capitale nationale, organisme qu’elle a redynamisé depuis l’accession de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir et qui gère entre autres le domaine Cataraqui.

Pas si à l’aise avec l’idée de poser, elle demande au photographe si elle peut s’asseoir «comme j’ai tendance à me placer pour vrai». Mais les questions la replongent vite dans son élément.

Longueur de retard

«Pour l’heure, je pense que le plan de déconfinement s’est bien opéré et les conséquences semblent être assez bien contrôlées. Mais il faut rester prudent. Est-ce qu’il y aura une deuxième vague? Et il y a tout l’effet combiné avec l’été, la saturation des gens qui entendent parler de la COVID et d’avoir peut-être l’impression que le risque a été surestimé», énumère-t-elle, parmi les raisons pour ne pas crier victoire trop vite sur ce coronavirus.

La région de Québec «a été relativement épargnée comparativement à d’autres régions», avec un peu plus de 3 % des décès et des cas dans la province pour près de 9 % de la population. «Mais on a tous appris, comme dans toutes les régions», dit Mme Guilbault.

L’ancienne porte-parole du Bureau du coroner constate que «l’angle mort des résidences pour personnes âgées» a ici aussi fait très mal.

À commencer par le Jeffery Hale, premier foyer d’éclosion à Québec, jusqu’aux Jardins du Haut-Saint-Laurent, qui comptent encore leurs morts, à côté de chez elle, à Saint-Augustin.

«On avait déjà des enjeux de main-d’œuvre dans la Capitale-Nationale avant la COVID. On partait avec une longueur de retard, si on veut. Ce n’était pas évident pour le CIUSSS de réussir à couvrir tous les besoins», fait-elle valoir.

Le président-directeur général du centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, a encore toute sa confiance.

Le mot dit maudit

Geneviève Guilbault a remplacé à quelques reprises le premier ministre Legault lors de ses fameux points de presse de 13h, durant la crise.

«C’était des grands souliers à chausser. En particulier la première fois. Tu arrives et tu espères que les citoyens vont te trouver aussi utile, aussi instructive et aussi pertinente que notre premier ministre», explique celle qui participait déjà aux réunions tenues chaque matin au bureau de M. Legault.

«Ça se décidait à court terme, les choses changeaient vite, fallait être prêt. Souvent, les décisions des annonces se prenaient le matin même. L’idée, c’était vraiment d’être utile pour le monde et d’arriver avec un message clair, parce que les gens suivaient ça religieusement.

«Les gens nous ont écoutés! poursuit-elle. C’est quand même impressionnant de repenser à ça! Du jour au lendemain, il a fallu fermer le Québec, que les gens arrêtent de vivre ou presque. Et ç’a très, très bien fonctionné! C’est impressionnant de regarder un tel mouvement social qui a pu se faire aussi rapidement et aussi, somme toute, aussi harmonieusement. Les gens ont été tellement… Je vais faire attention à mon mot...»

Elle s’interrompt. Le mot bloque dans sa gorge, refuse de sortir. Elle cherche un synonyme. Sourit.

Le mot qu’elle ne dit pas, c’est dociles. Elle l’a prononcé lors du point de presse du 29 avril. D’aucuns s’en sont sentis offusqués.

«Je ne savais pas que ce mot-là avait une connotation négative!» se défend-elle aujourd’hui, assurant y avoir vu «un pur synonyme de “respectueux des consignes”».

«Dans un point de presse que j’avais fait avant, je l’avais déjà employé, mais personne n’avait semblé remarquer. Alors je l’ai redit. Mais là, quand je suis sortie, on marchait la passerelle [vers le bureau du premier ministre] et les gens de l’équipe me disait : “Twitter... Dociles...” J’étais très surprise! Il n’y avait aucune malice derrière ça. 

«Je suis tout de suite allée googler le mot docile et effectivement, ça peut avoir une mauvaise connotation. Alors j’ai fait mon petit tweet pour dire que j’avais mal choisi mon terme. Mais en fin de compte, c’est cocasse», estime celle qui a ainsi ajouté à son capital d’autorité.

Maman multitâche

À 37 ans et mère de deux jeunes enfants — elle a accouché le 4 janvier et est revenue au travail une semaine avant le confinement —, Mme Guilbault a connu un printemps multitâche.

Mi-avril, elle a publié une photo sur ses réseaux sociaux où on la voit installée dans son fauteuil voisin de ce qu’on devine être une couchette, téléphone dans la main droite, dans la gauche un stylo planté sur des dossiers en équilibre sur ses cuisses, avec entre les bras le petit Christophe emmailloté dans le porte-bébé.

«Ç’a l’air mis en scène, mais non! C’était ma vraie vie, pas maquillée, pas rien, avec le bébé et je parlais au téléphone. Et s’il faisait trop de bruit, je le donnais à l’homme!» lance-t-elle en rigolant, rendant hommage à son conjoint.

Transports en commun: il faut obliger le port du masque, martèle Anglade

Politique

Transports en commun: il faut obliger le port du masque, martèle Anglade

Québec doit arrêter de «tergiverser» et rendre le port du masque obligatoire dans les transports en commun, tranche la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

En entrevue, elle dit ne pas comprendre pourquoi le Québec n’a pas encore emboîté le pas à Toronto qui, le 11 juin, décrétait l’obligation de porter le masque dans les transports collectifs dès le 2 juillet.

Cela est d’autant plus incompréhensible que le directeur de santé publique du Québec, Horacio Arruda, s’est récemment dit «préoccupé» par le relâchement des Québécois qui se déconfinent, dit-elle.

Même s’il s’inquiète du relâchement, le Dr Arruda n’a toujours pas imposé le masque dans les transports en commun. Il a toutefois affirmé, jeudi, étudier cette possibilité de «très très près».

«Je ne veux pas faire d’annonce aujourd’hui par rapport à ça. Mais disons que, dans nos intentions, c’est quelque chose qu’on regarde beaucoup», a-t-il déclaré en point de presse.

«Il nous le dit, il nous dit: «Je suis très préoccupé par le relâchement des mesures». Bien si vous êtes très préoccupé, posez le geste qui s’impose», a réagi Mme Anglade, incrédule.

Être mieux préparés

L’idée, selon Mme Anglade, est d’être mieux préparés dans l’éventualité d’une deuxième vague de COVID-19.

«Là-dessus, la science a démontré qu’on était mieux protégés dans des endroits où on n’est pas capable de maintenir une distance avec un port du masque», insiste-t-elle, accentuant la pression sur les autorités.

Québec doit «minimalement» obliger le port du masque dans les transports collectifs, tels que les trains de banlieue, le métro et les autobus, croit-elle.

Ensuite, la cheffe libérale ne s’oppose pas à ce que, suivant une analyse de la santé publique, l’obligation de porter un masque soit élargie à d’autres secteurs.

Dans tous les cas, la question du port du masque obligatoire dans les transports en commun aurait déjà dû être réglée au Québec, estime Dominique Anglade.

«Je ne comprends pas qu’on soit encore en train de tergiverser sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun. Je ne comprends pas!» a-t-elle lancé.

«On a déjà eu des résultats assez catastrophiques. L’idée maintenant, c’est qu’on soit capable d’être mieux préparés.

«S’il y a une raison pour laquelle on se retrouve dans cette situation-là aujourd’hui, c’est justement parce qu’on n’a pas été assez bien préparés», a-t-elle ajouté.

Proposition du PQ

Le Parti québécois (PQ) avait proposé, le 13 mai dernier, le port du masque obligatoire dans les transports collectifs et lieux publics de Montréal.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, avait alors demandé au gouvernement de faire preuve de «leadership» et de protéger les citoyens de Montréal et des banlieues, plus touchés par la pandémie.

«Moi, je vais vous en donner une position claire du Parti québécois: à partir de maintenant, que le port du masque soit obligatoire dans tous les services de transport en commun et dans les lieux publics à Montréal», avait déclaré M. Bérubé en point de presse à l’Assemblée nationale.

«C’est la position du Parti québécois. Alors, rien n’empêche le gouvernement du Québec de décréter ça dans les prochains jours ou les prochaines heures, et on va l’appuyer fortement», avait-il ajouté.

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne publié vendredi, le port du masque semble être la mesure préventive la moins suivie, en particulier par les jeunes.

Seulement 42 % des Québécois interrogés ont affirmé porter le masque de façon régulière dans les lieux publics depuis le début de la crise, dont à peine 27 % des personnes âgées de 18 à 34 ans.

D’autre part, 74 % des Québécois anticipent une seconde vague de COVID-19 au cours des prochains mois.

L’historien Frédéric Bastien se proclame candidat officiel à la direction du PQ

Politique

L’historien Frédéric Bastien se proclame candidat officiel à la direction du PQ

MONTRÉAL - L’historien Frédéric Bastien affirme qu’il est maintenant officiellement candidat à la course à la direction du Parti Québécois (PQ).

Sur le site web dédié à sa campagne au leadership, il est écrit qu’il a obtenu plus que les 2000 signatures exigées pour demeurer dans la course à la chefferie du PQ.

Plus tôt cette semaine, l’humoriste Guy Nantel a lui aussi annoncé qu’il avait recueilli le nombre requis de signatures.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, de même qu’un ancien candidat à la direction, Paul Saint-Pierre-Plamondon, avaient déjà fait savoir que leur candidature était officielle.

Le Règlement d’élection à la chefferie du Parti québécois prévoit que la date limite de la période de signature du bulletin est ce vendredi, le 26 juin, la date qui correspond avec le début officiel de la course.

Le Règlement stipule que les 2000 signatures doivent provenir d’au moins 9 régions administratives ainsi que d’au moins 50 associations locales différentes, le tout avec un minimum de 10 signatures dans chacune de ces 9 régions et chacune de 50 associations locales. Le bulletin doit également comporter la signature de 10 présidences locales.

La présidence d’élection peut confirmer à une personne candidate la validité de sa candidature dès la vérification terminée.

Au maximum cinq jours après le 26 juin, la présidence d’élection enverra aux électeurs la liste officielle des candidatures. L’identité de la personne qui dirigera le PQ devrait être connue le 9 octobre prochain.

La course à la direction du Parti québécois a été lancée à la fin de l’an dernier, mais elle a été suspendue pendant la crise du coronavirus puisque les rassemblements étaient proscrits.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C’est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l’intérim.

«Défaite et victoire du Québec», une déclaration de Legault qui ne passe pas

Politique

«Défaite et victoire du Québec», une déclaration de Legault qui ne passe pas

L’opposition veut que François Legault cesse de dire que le Québec a connu une défaite dans les CHSLD et une victoire dans la communauté.

Encore mercredi, le premier ministre déclarait dans une vidéo pour la Fête nationale: «On a connu une défaite dans nos centres de soins de longue durée (...) mais on ne doit pas oublier que dans le reste de la société, les Québécois ont gagné».

Cette métaphore sportive ne devrait plus jamais être utilisée, selon les trois partis d’opposition, qui accusent le gouvernement de relativiser les pertes de vie dans le but de faire passer un message positif et d’améliorer son image.

Le gouvernement Legault serait même à la limite de l’âgisme, soutient-on.

Par exemple, jamais M. Legault ne se serait permis de dire une chose pareille si la mort avait frappé des enfants, a illustré Québec solidaire (QS).

«Imaginez si M. Legault avait dit: «Mis à part dans les pouponnières, on a bien géré ça». Ça aurait été un scandale total, il ne se serait jamais permis de dire ça», a déclaré en entrevue le député Sol Zanetti.

Selon lui, il est «très problématique» que le premier ministre fasse le bilan de la première vague de la pandémie «en excluant les aînés».

«C’est comme si en ce moment il disait: «Écoutez, la situation des feux de forêt au Québec, si on exclut le Lac-Saint-Jean, ça va très bien, c’est sous contrôle». Dire ça, c’est dire: «Le Lac-Saint-Jean, ça ne compte pas tant que ça».

«Quand on dit: “À part les CHSLD au Québec, on gère bien la crise et on peut se féliciter”, bien on est en train de dire: “Les aînés, c’est moins grave”. C’est ça que ça sous-entend», a martelé M. Zanetti.

Réécrire l’histoire

Le Québec affiche l’un des pires bilans au monde avec ses 5448 décès liés à la COVID-19.

Dans ce contexte, la métaphore de M. Legault est «totalement inadmissible», malaisante et irrespectueuse envers les victimes et leurs familles, estime également le Parti québécois (PQ).

«On tente de faire disparaître le bilan négatif particulièrement chez les personnes aînées en institution, a déclaré son porte-parole en santé, Joël Arseneau. On dit: “Oubliez les CHSLD, ça n’existe pas, c’est une quantité négligeable, c’est un bilan positif”.»

Parler de victoire dans ces conditions, c’est faire fi de la réalité et tenter de «réécrire l’histoire», a renchéri la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade.

«C’est d’essayer de dépeindre une histoire qui n’est pas exacte, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. Je pense que quand on fait ça, on essaie de ne pas voir la réalité en face.»

Selon la cheffe libérale, les Québécois ensemble n’ont mené qu’une seule bataille, et ils doivent «prendre acte» du résultat: «On a perdu cette bataille-là.»

Mme Anglade soutient qu’il faut admettre les ratés si on veut pouvoir les corriger avant une deuxième vague.

Elle se demande si le gouvernement a vraiment tiré des leçons de la première vague, dans la mesure où l’on tergiverse encore sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun.

«Est-ce qu’on a tiré des leçons quand on rend les informations moins disponibles, qu’on est moins transparent et qu’on ne prend pas des décisions de précautions de base?»

Manque de transparence

Jeudi, l’opposition a déploré la décision de Québec de ne plus offrir de mise à jour du nombre de cas ou de décès qu’une fois par semaine.

Cette décision vise également à «masquer» une partie de la réalité, selon le PQ.

«On ne révélera pas les chiffres, donc on va continuer à pouvoir dire à peu près ce qu’on veut sur la situation, sans nécessairement que ce soit appuyé par des données réelles», prévient M. Arseneau.

En conférence de presse jeudi à Montréal, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s’est défendu de vouloir cacher de l’information. Il a expliqué que la décision n’était pas politique, et qu’elle avait été prise parce que la situation épidémiologique au Québec s’était stabilisée.

D’Ottawa, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est quand même montré critique: «Je pense qu’au Québec, on continue de voir de nouveaux cas à tous les jours. Et c’est important de voir comment cette situation est en train d’évoluer. J’espère que le premier ministre Legault va continuer d’être ouvert et transparent avec les citoyens comme il l’est depuis le début», a-t-il déclaré.

L’humoriste Guy Nantel candidat officiel à la direction du PQ

Politique

L’humoriste Guy Nantel candidat officiel à la direction du PQ

MONTRÉAL - Guy Nantel affirme qu’il est maintenant officiellement candidat à la course à la direction du Parti Québécois (PQ).

Dans une note transmise sur sa page Facebook cette semaine, l’humoriste âgé de 51 ans signale qu’il a recueilli 2500 signatures de bulletin de candidature; il remercie les signataires.

L’humour de Guy Nantel fait dans le sociopolitique depuis longtemps et il ne s’est jamais caché d’être souverainiste.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, un ancien candidat à la direction, et Paul Saint-Pierre-Plamondon ont déjà fait savoir que leur candidature était officielle.

La course à la direction du Parti québécois a été lancée à la fin de l’an dernier, mais elle a été suspendue pendant la crise du coronavirus puisque les rassemblements étaient proscrits.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C’est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l’intérim.

Le Canada souligne le 70e anniversaire de la Guerre de Corée malgré la pandémie

Politique

Le Canada souligne le 70e anniversaire de la Guerre de Corée malgré la pandémie

OTTAWA - Des couronnes de fleurs ont été déposées et le chant d'un seul clairon a résonné près du Parlement dimanche matin, lors d'une modeste cérémonie soulignant le 70e anniversaire du début de la Guerre de Corée.

Un petit groupe de dignitaires canadiens et coréens ont assisté à la cérémonie, en compagnie d'une poignée d'anciens combattants qui ont participé au conflit.

Harcèlement psychologique au parlement: un député visé par une plainte

Politique

Harcèlement psychologique au parlement: un député visé par une plainte

Malgré les beaux discours qui en émanent et son aura de respectabilité, l’Assemblée nationale du Québec n’est pas un lieu de travail à l’abri du harcèlement, tant psychologique que sexuel.

La dernière année a donné lieu à une nouvelle série de signalements et de plaintes sur ce qui se trame parfois derrière les portes closes des bureaux parlementaires. Au total : 11 plaintes formelles de harcèlement psychologique ont dû être examinées. Un cas de harcèlement sexuel a aussi été signalé.

Les représentants du peuple ne donnent pas toujours l’exemple : un élu de l’Assemblée nationale, député ou ministre, a fait l’objet d’une plainte formelle de harcèlement psychologique, dans le cadre de ses fonctions, au cours des derniers mois.

L’élu mis en cause est-il un homme? Une femme? Simple député d’arrière-ban ou ministre en vue? Membre de l’équipe gouvernementale ou de l’opposition? Impossible de le savoir. Et quels faits lui reproche-t-on? On n’en saura pas davantage. Et la victime alléguée, quel était son lien d’emploi avec le présumé harceleur? Pas de réponse.

Le rapport annuel 2020 du harcèlement au travail produit par l’Assemblée nationale et rendu public récemment se contente de fournir le strict minimum d’informations sur les faits rapportés, sous prétexte de garantir la confidentialité absolue aux personnes impliquées.

Ce rapport, qui s’appuie sur la politique de prévention du harcèlement à l’Assemblée nationale, est d’une opacité totale. Une firme a d’ailleurs reçu récemment le mandat de revoir les fondements de cette politique, adoptée en 2015, et de formuler des recommandations à l’Assemblée, d’ici décembre.

En attendant, qu’on se le tienne pour dit, «toute autre information au sujet de la nature des plaintes, des personnes plaignantes ou des personnes mises en cause sont des renseignements personnels de nature confidentielle et l’Assemblée ne peut donc y répondre», a commenté la porte-parole de l’Assemblée nationale, Julie Champagne, en réponse à une demande de précisions formulée par La Presse canadienne cette semaine.

Cette année, l’Assemble nationale a dû aussi traiter un signalement de harcèlement sexuel, dossier qui n’a cependant pas donné lieu au dépôt d’une plainte en bonne et due forme. Comme il se doit, le rapport ne dit rien de la nature des gestes reprochés et ne fournit aucune indication sur la personne visée par cette allégation.

Les signalements et les plaintes peuvent provenir d’un employé de cabinet (de ministre ou de député) ou d’un membre du personnel de l’Assemblée nationale.

S’il y a plainte, le processus d’examen est assumé par une firme externe, qui doit évaluer si elle est recevable. Au besoin, une enquête sera instituée.

Au total, durant l’année, 10 personnes reliées à l’Assemblée nationale ont affirmé avoir fait l’objet d’une forme ou d’une autre de harcèlement, possiblement de la part d’un élu. De ce nombre, la plupart du temps (7 cas sur 10) il s’agissait de dénoncer le fait d’avoir subi du harcèlement psychologique. On a relevé un seul cas de dénonciation de harcèlement sexuel. Les deux autres portaient sur d’autres types de comportements.

Au total, par la suite, 11 plaintes formelles ont été déposées, toutes ayant trait à du harcèlement psychologique. Deux de ces dossiers sont toujours sous enquête.

Formation: des députés fautifs

Pendant ce temps, plusieurs élus se font tirer l’oreille, remettant sans cesse à plus tard la formation offerte, pourtant obligatoire, visant à prévenir toute forme de harcèlement au parlement.

En tant qu’employeurs, les députés doivent suivre une formation sur la prévention du harcèlement en milieu de travail, tant psychologique que sexuel. Cette formation ne dure que deux heures.

Or, il s’est écoulé 20 mois depuis l’élection d’octobre 2018 et près de 14 % des députés (soit 17 sur 125) ne l’ont toujours pas suivie, la plupart appartenant au groupe parlementaire formé par la Coalition avenir Québec (CAQ). En novembre, le gouvernement s’était pourtant engagé à ce que tous les députés caquistes aient reçu la formation au plus tard en février dernier.

Une nouvelle session de formation, qui comporte un volet théorique et des mises en situation, est prévue à l’automne pour accommoder les retardataires.

Au cours de l’année, deux ministres ont défrayé la manchette en raison de relations difficiles avec leurs employés.

Du côté de la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, Québecor a rapporté que 14 employés de son cabinet avaient démissionné en un an, en dénonçant un climat de travail toxique.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dû présenter des excuses publiques après avoir annoncé qu’elle avait congédié certains de ses employés pour incompétence. Blessées, les personnes en cause avaient réagi en réclamant des excuses.

Par ailleurs, Québecor a rapporté cette année que l’ancien député et ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon a été visé par des allégations d’attouchements sexuels, qui se seraient produits en 2011 au parlement. Comme il n’y a pas eu de plainte déposée par la députée belge à l’origine de l’histoire, l’Assemblée nationale n’a pas ouvert d’enquête. M. Chagnon a nié catégoriquement les allégations.

Travail-famille: un sceau pour les meilleurs employeurs

Politique

Travail-famille: un sceau pour les meilleurs employeurs

EXCLUSIF / Le ministère de la Famille veut reconnaître les entreprises qui mettent en place de bonnes mesures pour la conciliation famille-travail. Un sceau distinctif sera décerné aux employeurs pour souligner leurs pratiques organisationnelles, a appris Le Soleil.

Le ministre Mathieu Lacombe en fera l’annonce lundi, à Montréal. La pandémie aura accentué le besoin d’innover en terme de conciliation travail-famille-études. Beaucoup de Québécois ont été forcés de travailler à la maison, et avec les écoles fermées, les enfants agissaient comme de nouveaux collègues. 

Le gouvernement accordera 900 000 $ à deux organismes pour revoir l’organisation du travail en ce sens. Le Réseau pour un Québec Famille (RPQF) bénéficiera de cette aide, il chapeaute le Programme de reconnaissance conciliation famille-travail et collabore avec le gouvernement depuis un bon moment déjà.

D’ailleurs, l’annonce de ce sceau distinctif devait avoir lieu au mois de mars, au moment où la crise sanitaire a éclaté. Le nouveau programme destiné aux employeurs est devenu encore plus pertinent pendant la pandémie.

Le RPQF décernera donc le sceau aux entreprises qui se démarquent, plusieurs critères devront être respectés.

Pour les parents

En plus d’offrir de l’encadrement aux employeurs pour les aider à appliquer des mesures acceptables pour la conciliation travail-famille, le gouvernement espère offrir des outils aux parents. Selon un sondage Léger réalisé en 2018, 49 % des parents se disent réticents à utiliser les mesures en place par leurs employeurs.

Le deuxième organisme qui touchera une partie du montant investi, la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF), essaiera de faire diminuer ce pourcentage. Leur tout nouveau projet permettra de joindre, d’accompagner et d’outiller les parents afin qu’ils utilisent davantage les mesures de conciliation famille-travail-études offertes par leur employeur ou leur établissement d’enseignement.

L’objectif du gouvernement est de faciliter en partie la vie des parents et employeurs, surtout en période de reprise économique. L’annonce de lundi couvre plusieurs aspects de la conciliation famille-travail.

Erin O’Toole porte plainte à la police contre l’équipe de Peter Mackay

Politique

Erin O’Toole porte plainte à la police contre l’équipe de Peter Mackay

OTTAWA — L’équipe de campagne du candidat à la direction du Parti conservateur du Canada Erin O’Toole déclare avoir déposé une plainte officielle auprès de la police et demande que les autorités enquêtent sur l’organisation de son rival Peter MacKay.

La campagne d’Erin O’Toole indique que la plainte implique le vol de données confidentielles de campagne et de stratégies, ce que nie la campagne de Peter Mackay.

«Notamment le vol de vidéoconférences Zoom, comprenant les vidéoconférences de stratégies de campagne confidentielle ainsi que des vidéoconférences avec des membres du Parti conservateur à travers le Canada», peut-on lire dans le communiqué émis par l’équipe d’Erin O’Toole.

Selon une enquête interne de l’équipe d’Erin O’Toole, «l’organisateur principal de la campagne Mackay, Jamie Lall, a obtenu des informations de connexions confidentielles de la campagne O’Toole le 5 juin».

Toujours selon l’équipe d’Erin O’Toole, les téléchargements volés ont eu lieu les 5, 7, 8, 9 et 11 juin, en provenance de Calgary et Toronto.

La campagne d’Erin O’Toole a précisé que les informations détaillées ont été partagées avec la Gendarmerie royale du Canada et la Police provinciale de l’Ontario ainsi que le Service de police de Toronto.

En début de nuit, la directrice de campagne de Peter Mackay pour le Québec a réagit aux accusations dans message envoyé à La Presse canadienne.

«Il est assez amusant de recevoir cette accusation tard un vendredi après une mauvaise semaine pour la campagne O’Toole. Si quelqu’un de la campagne O’Toole a divulgué des informations, la campagne O’Toole devrait parler à ses bénévoles», a écrit Catherine Major.

La directrice de campagne de Peter Mackay a également laissé entendre que ces accusations pourraient être «une tactique de leur campagne pour faire oublier les mauvaises performances de Erin O’Toole dans les débats.»

François Legault: orchestrer le chaos

Politique

François Legault: orchestrer le chaos

«La nuit, je me levais pour prendre des notes et j’arrivais à la réunion du matin avec deux pages de questions. Je leur ai fait construire beaucoup de tableaux qui n’existaient pas. Je disais : “On va prendre les CHSLD un par un. Combien de cas? Combien de décès? Classez-moi ça, vert, jaune, rouge.”»

François Legault est visuel. Le comptable de formation a toujours aimé comprendre ou expliquer à l’aide de tableaux, de graphiques, de schémas. Illustrer les chiffres.

Le long pupitre où il travaille chaque jour était rempli de dossiers, quand le premier ministre a reçu Le Soleil dans son bureau de la colline parlementaire à Québec, cette semaine. L’hôte a pris la peine de tasser une pile pour être en mesure de bien voir ses interlocuteurs, en face de lui, le temps de l’entrevue.

Le meuble en bois blond derrière lequel il s’assoit est un cadeau de fête offert par l’Union nationale à Maurice Duplessis, en 1958. Dix-sept premiers ministres s’y sont installés avant M. Legault. Aucun autre n’a eu à gérer une pandémie qui a fauché la vie à plus de 5000 Québécois.

Samedi, cela fait 100 jours que le Québec vit sous l’état d’urgence sanitaire déclarée par le gouvernement Legault pour combattre le virus de la COVID-19.

M. Legault revient sur ses fameux points de presse menés chaque début d’après-midi depuis le 12 mars, flanqué du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. 

«Ç’a été improvisé», assure-t-il. «On ne s’est pas dit : “On va faire ça à 13h!” On a commencé à faire ça à 13h la première journée et on a continué les journées suivantes.»

Routine qui a maintenant pris fin de façon non officielle, «à moins qu’il arrive quelque chose de spécial», précise-t-il.

Faire peur au monde

Cette apparition quotidienne d’une heure à l’écran, souvent plus regardée que District 31 ou La Voix, nécessitait des heures de préparation pour aboutir à une courte adresse sentie à la nation avant de répondre aux questions des journalistes. Celui qui a été ministre de la Santé il y a 17 ans, pendant 15 mois, a surtout eu besoin d’approfondir ses connaissances en santé publique.

«Une part du succès [du confinement], c’est parce que les gens écoutaient à 13h et ont suivi les consignes. C’est au Québec que les directives ont été le plus suivies et il y a un lien à faire avec l’émission de 13h. Les gens me voyaient un peu comme le père de famille», analyse M. Legault.

Arme qu’il a plus tard réalisé être à double tranchant, au moment du déconfinement. 

«Les Québécois avaient déjà peur. On a peut-être trop bien réussi notre opération de 13h», réfléchit tout haut le premier ministre.

Mais il a encore sur le cœur les commentaires de certains qui ramaient à contresens, de son point de vue. Comme la députée de l’opposition péquiste Véronique Hivon au moment de rouvrir les écoles, début mai.

«Véronique Hivon est sortie pour dire : “Ça n’a pas de bon sens qu’on pense rouvrir les écoles et mettre à risque nos enfants!”» rappelle-t-il, appuyant sur le mot enfants pour en accentuer la gravité.

«Comme si on les retournait à la guerre, presque... Mais il faut expliquer l’envers de la médaille! Que si un enfant ne retourne pas à l’école avant septembre et qu’il a des difficultés d’apprentissage, ne pas aller à l’école pendant six mois, c’est très grave pour cet enfant-là! Et je savais par la Santé publique que les risques pour les jeunes étaient très limités. Mais faire peur au monde, c’est facile.»

En plus des critiques de l’opposition, les doutes fusaient dans ses propres rangs. «Des gens en communications me disaient aussi : “Si jamais la réouverture des écoles primaires en régions ne va pas bien, votre vie politique est finie, M. Legault! Pensez-y deux fois!” Mais il faut penser au bien des enfants aussi. Et ç’a bien été», se félicite-t-il aujourd’hui.

Il manquait d’information

Comme un écho de lui-même. «Ça va bien aller!» Le Québec a entendu son premier ministre répéter le slogan à compter du 24 mars. «Ç’a bien été, sauf dans les CHSLD», admet-il maintenant avec humilité.

«Je pense qu’on a été transparents», affirme-t-il, avec un peu de recul. «Des gens ont essayé à un moment donné de dire qu’on ne l’était pas, mais c’est tout simplement parce que je n’avais pas les informations, moi le premier! Parce qu’on a un système d’information qui est archaïque à la Santé, en fait dans beaucoup de ministères au gouvernement du Québec», déplore-t-il. On pense entre autres aux déclarations de décès par fax.

Les députés bloquistes claquent la porte de la Chambre parce que Singh y parle

Politique

Les députés bloquistes claquent la porte de la Chambre parce que Singh y parle

OTTAWA — Les bloquistes n’ont pas réussi à empêcher Jagmeet Singh de prendre la parole aux Communes, jeudi, au lendemain de l’insulte lancée par le chef néo-démocrate à un député bloquiste. Ils ont donc décidé de quitter les lieux et de ne pas y être chaque fois que M. Singh y parlera.

Dès que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) s’est levé pour poser une question, comme il est d’usage de le faire quatre jours par semaine, en comité plénier pour parler de la COVID-19, la whip bloquiste Claude DeBellefeuille a bondi pour faire un appel au règlement.

«Il a insulté le député de La Prairie, Alain Therrien (...). Il l’a traité à quatre reprises de «raciste»», a rappelé la députée.

«Il a aussi contesté votre autorité quand vous lui avez demandé de s’excuser, il a refusé. Vous l’avez expulsé de la Chambre. Je vous redemande à nouveau, M. le président, de ne pas le reconnaître aujourd’hui», a-t-elle plaidé à l’arbitre des Communes.

Le président Anthony Rota a alors invoqué les règles parlementaires précises pour expliquer pourquoi M. Singh pouvait être dans le même décor que la veille et prendre parole.

M. Singh a été expulsé pendant une séance normale de la Chambre, mercredi. Jeudi, on était en comité plénier.

«J’ai passé un règlement... à la Chambre», a répondu le président Anthony Rota à Mme DeBellefeuille, lui promettant une décision pour l’avenir de M. Singh en Chambre lorsque celle-ci sera convoquée à nouveau, soit le 8 juillet, pour une journée.

«Je vais prendre le temps d’y réfléchir et avoir une réponse (...) avant la prochaine session (de la Chambre). Pour aujourd’hui, dans le comité, nous allons continuer comme normal. Alors, je reconnais M. Singh», a-t-il tranché.

«Si on permet à un député, à un chef de parti, d’insulter un autre député, qu’est-ce qui va nous arriver tous ici? Vous avez le droit d’insulter un collègue et vous avez une journée d’expulsion seulement. Ça fait pas sérieux, M. le président», a protesté la whip bloquiste.

Le président ayant tranché, M. Singh a pu enchaîner en posant des questions au premier ministre sur ses intentions de s’attaquer concrètement au racisme systémique.

Les trois députés bloquistes sur place, Mme DeBellefeuille, M. Therrien et Marilène Gill, se sont levés et sont sortis.

«Tant et aussi longtemps que le chef du NPD ne s’excusera pas, les députées et députés du Bloc québécois ne siégeront pas en présence de Jagmeet Singh», a écrit à La Presse canadienne une porte-parole de la formation politique, en spécifiant que le boycott ne s’exercerait que pendant les temps de parole de M. Singh.

Le matin, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, avait indiqué qu’il ne passerait pas l’éponge tant que M. Singh ne présentait pas d’excuses.

Chez les néo-démocrates, on estime que la punition imposée par le président de la Chambre, l’expulsion de M. Singh, est terminée. Et toujours pas question d’excuses.

M. Singh a traité de «raciste» le député Alain Therrien, leader parlementaire bloquiste, parce que le Bloc a refusé l’unanimité de la Chambre pour l’adoption d’une motion qui affirme qu’il y a du racisme systémique à la GRC.

Le Bloc a expliqué que comme il venait d’appuyer une demande néo-démocrate d’une étude, en comité parlementaire, du racisme systémique dans les corps de police, y compris la GRC, la motion était prématurée.

Selon M. Blanchet, depuis mercredi après-midi, les médias sociaux de sa formation politique sont assaillis par des accusations de racisme.

«C’est déplorable pour tous les élus et pour tous les gens qui travaillent au Bloc québécois. On se fait tous traiter de racistes en même temps, en tas», a-t-il rapporté, lors d’un point de presse jeudi matin.

Le Bloc québécois a refusé de dire s’il contemplait la possibilité de recours légaux, M. Singh ayant répété l’insulte hors de la Chambre, mercredi en fin de journée, sans la protection du privilège parlementaire.

«J’ai un immense malaise avec cette histoire-là. J’ai un immense malaise avec l’idée que ça s’étire et que ça perdure. (...) J’aimerais ça que ça finisse», a simplement répondu M. Blanchet.

Au parti, on indique qu’Alain Therrien «réfléchit à ses diverses options» et que la décision d’aller plus loin ou pas sera la sienne.

Le ministre de l’Environnement refuse de déposer son plan de réduction des GES

Politique

Le ministre de l’Environnement refuse de déposer son plan de réduction des GES

QUÉBEC - L’opposition a demandé jeudi matin au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, de déposer son plan de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Le bras de fer a tourné à l’affrontement et la présidente de la commission parlementaire, la députée Agnès Grondin, en colère, a dû suspendre les travaux.

Des éléments du plan ont été révélés dans La Presse de jeudi matin, et le Parti québécois (PQ) a demandé à ce que les parlementaires en prennent connaissance, à la commission parlementaire portant sur l’étude du projet de loi 44 sur la réforme du Plan vert.

Le porte-parole du PQ en matière d’Environnement, Sylvain Gaudreault, a insisté en invoquant le privilège des parlementaires de prendre connaissance en premier des documents.

Benoit Charette a refusé en affirmant qu’il s’agissait d’une version préliminaire du plan qui doit être mise à jour.

«C’est un document de travail», a-t-il répété , en ajoutant que le plan allait être amélioré.

Il a rappelé que les règles parlementaires n’imposent pas le dépôt des documents de travail préliminaires.

Pas de siège au Conseil de sécurité pour le Canada

Monde

Pas de siège au Conseil de sécurité pour le Canada

OTTAWA — Le Canada a perdu son pari visant à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Ses concurrents, la Norvège et l'Irlande, ont obtenu les deux sièges disponibles, mercredi. 

Le Canada a même perdu au tout premier tour d'un scrutin secret des 193 États membres de l'Assemblée générale des Nations unies.

Déjà, en 2010, le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait perdu cette course, aux mains de l'Allemagne et du Portugal. Dès son élection, en octobre 2015, le premier ministre Justin Trudeau avait déclaré que «le Canada était de retour» sur l'échiquier international, et il avait promis de faire campagne pour regagner un siège au Conseil de sécurité.

Le Canada a perdu cette fois contre la Norvège et l'Irlande, pour l'obtention de ces deux sièges non permanents disponibles pour un mandat de deux ans, à compter de l'an prochain.

Le Canada avait besoin de 128 voix - les deux tiers des membres votants. La Norvège a remporté son siège au premier tour avec 130 voix et l'Irlande avec 128. Le Canada a obtenu 108 voix - il en avait obtenu 114 au premier tour en 2010.

Le vote a commencé à 9 h mercredi; les ambassadeurs auprès de l'ONU avaient un accès restreint, en petits groupes, à la grande salle de l'Assemblée générale, à New York, pour respecter les mesures de distanciation.

À la suite du dévoilement du résultat, le premier ministre Justin Trudeau félicité la Norvège, l'Irlande, l'Inde et le Mexique pour leur élection au Conseil de sécurité et a remercié tous les États qui ont offert leur collaboration au cours de la campagne canadienne.

Dans une déclaration transmise par voie de communiqué, M. Trudeau souligne que le Canada voulait obtenir un siège pour contribuer à bâtir «un monde qui favorise une paix durable, lutte contre les effets des changements climatiques, renforce le multilatéralisme et fait la promotion de la sécurité économique et de l'avancement de l'égalité des sexes».

«Le Canada a la capacité de changer les choses, mais nous savons que nous ne pouvons pas y arriver seuls. Au fur et à mesure que nous progressons, nous restons engagés envers les objectifs et les principes que nous avons mis de l'avant pendant cette campagne», a-t-il ajouté en promettant de continuer de promouvoir la coopération mondiale.

La Norvège et l'Irlande ont connu un début de campagne anticipé, car M. Trudeau n'a annoncé l'intention du Canada de demander un siège qu'en 2015, après l'élection des libéraux.

Le premier ministre a rejeté mercredi matin les suggestions selon lesquelles une défaite pour le Canada constituerait un échec politique personnelle, compte tenu de tout le capital qu'il a investi dans cette candidature - à commencer par son fameux «Le Canada est de retour» d'il y a cinq ans.

Le mauvais groupe?

M. Trudeau a déclaré mercredi que son gouvernement s'était engagé dans un large éventail d'activités et d'organismes multilatéraux parce que c'était dans l'intérêt de tous les Canadiens, qui ont besoin du commerce mondial et de la réussite économique partout dans le monde pour pouvoir réussir chez eux.

«Ce sont des choses que nous continuerons de faire à l'avenir, peu importe ce qui se passera cette semaine (à l'ONU), a déclaré M. Trudeau. Mais il serait certainement agréable d'avoir ce levier supplémentaire d'un siège au Conseil de sécurité.»

La campagne du Canada pour ce siège non permanent au Conseil s'est concentrée en grande partie sur ce que le pays a fait en réponse à la pandémie de COVID-19. M. Trudeau a notamment convoqué d'autres pays aux vues similaires pour garantir la sécurité alimentaire dans les pays en développement, le maintien de chaînes d'approvisionnement vitales à travers le monde et l'élaboration de nouveaux modèles de financement pour aider les pays en difficulté dont les économies ont été décimées par la pandémie.

Cabinet fantôme libéral: André Fortin monte en grade, Gaétan Barrette en retrait

Politique

Cabinet fantôme libéral: André Fortin monte en grade, Gaétan Barrette en retrait

La nouvelle cheffe de l’opposition officielle Dominique Anglade n’a pas perdu de temps pour imprimer sa marque sur son parti, son équipe d’officiers parlementaires et ses porte-parole dans les différents dossiers.

À première vue, l’allégeance des uns et des autres durant la récente course au leadership ne semble pas avoir eu d’influence notable sur les choix de la cheffe libérale, au moment de constituer son cabinet fantôme, dont la composition a été annoncée mardi.

C’est donc cette équipe de députés de l’opposition officielle qui devra affronter le gouvernement lors de la rentrée parlementaire de l’automne.

Le député de Pontiac, André Fortin, qui était resté neutre durant la course au leadership, devient l’homme fort du caucus libéral. Il monte en grade pour occuper désormais la fonction de leader parlementaire de l’opposition officielle, le poste le plus prestigieux en Chambre, après celui de chef. En prime, il devient aussi le porte-parole en finances, détrônant l’ex-ministre des Finances, Carlos Leitao.

M. Fortin, qui avait le dossier de la santé, avait été pressenti pour se lancer dans la course, mais s’était rapidement désisté pour des raisons familiales.

M. Leitao, qui avait coprésidé la campagne de Mme Anglade, s’occupera désormais d’économie et de lutte aux changements climatiques. Les libéraux considèrent que les deux dossiers doivent être désormais «interdépendants». Le développement économique «doit passer par l’adaptation aux changements climatiques», a indiqué M. Leitao en entrevue téléphonique.

Le très expressif député de Lafontaine, Marc Tanguay, perd donc son rôle de leader parlementaire pour occuper un rôle plus discret à l’avenir, comme responsable de la justice, la famille, l’accès à l’information et la réforme du mode de scrutin.

Un autre député qui avait affiché sa neutralité durant la course et qui avait lui-même pensé à se porter candidat, l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, très combatif jusqu’à maintenant dans son rôle de porte-parole dans les dossiers du Conseil du trésor, a été surpris d’apprendre qu’il devrait désormais se faire valoir dans ceux de l’immigration, un domaine qui lui est moins familier. Il s’occupera aussi d’infrastructures, d’éthique et des marchés publics, et pourra donc garder l’oeil ouvert lors de la reprise du débat autour du controversé projet de loi 61, sur la relance économique, cet automne.

Marie Montpetit à la santé

En pleine pandémie, le dossier stratégique de la santé assure au porte-parole de l’opposition officielle une visibilité quotidienne au parlement. Ce sera sans nul doute un des dossiers chauds de l’automne, où l’opposition peut marquer des points. Il sera confié à la députée de Maurice-Richard, Marie Montpetit, qui avait donné son appui à Mme Anglade, après avoir sérieusement songé à se porter elle-même candidate au leadership.

Une autre députée qui avait supporté Mme Anglade, la députée de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David, présidera le caucus libéral, un rôle-clé parlementaire. Elle défendra aussi le dossier délicat de la langue française, au moment où le gouvernement s’engage à présenter un plan d’action et des mesures cet automne.

La députée de Jeanne-Mance-Viger, Filoména Rotiroti, succède à Nicole Ménard dans le rôle de whip en chef. Députée de Laporte, Mme Ménard aura le portefeuille de critique en relations internationales.

Le député de Nelligan, Monsef Derraji, monte en grade lui aussi, se voyant confier le rôle de leader parlementaire adjoint, tout en surveillant le sort réservé aux petites et moyennes entreprises (PME). Il a aussi les dossiers du travail et de l’emploi.

La députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, une des deux seules du caucus avec Lise Thériault à avoir appuyé Alexandre Cusson plutôt que Mme Anglade, ne sort pas égratignée par ses choix politiques.

Elle conserve l’éducation, autre dossier chaud de l’automne avec la rentrée scolaire dans le contexte de la pandémie, sans compter les controversées maternelles 4 ans, mais surtout elle acquiert en plus le dossier clé du Conseil du trésor.

Elle perd cependant l’enseignement supérieur, qui sera dorénavant sous la responsabilité de la députée d’Acadie, Christine St-Pierre.

La députée de Verdun, Isabelle Melançon, conserve la culture, et gagne le tourisme et la condition féminine.

Véronyque Tremblay quitte

À l’automne, le gouvernement sera rendu à mi-mandat et les partis vont commencer à placer leurs pions en prévision de la prochaine campagne électorale.

Sour la gouverne de Mme Anglade, le PLQ aura besoin à court terme d’une personne de confiance pour diriger le parti et enclencher déjà le processus d’organisation de la prochaine campagne électorale.

La directrice générale actuelle, l’ex-ministre Véronyque Tremblay, a annoncé mardi qu’elle quittait ses fonctions, le jour même de l’annonce du cabinet fantôme.

On ne sait pas encore qui va lui succéder.

En vrac

En vrac, les autres responsabilités confiées aux députés libéraux sont les suivantes : Pierre Arcand (transports et métropole), Frantz Benjamin (environnement), David Birnbaum (relations intergouvernementales canadiennes, francophonie canadienne et santé mentale), Francine Charbonneau (formation professionnelle et aux adultes et forêt, faune et parcs), Enrico Ciccone (sports, loisirs, saines habitudes de vie, lutte à l’intimidation), Gregory Kelley (affaires autochtones et relations avec les Québécois d’expression anglaise), Jennifer Maccarone (diversité et Inclusion, LGBTQ2 et clientèles vivant avec un handicap ou avec le spectre de l’autisme), Marie-Claude Nichols (affaires municipales et habitation), Saul Polo (énergie et ressources naturelles), Paule Robitaille (solidarité sociale et lutte à la pauvreté), Jean Rousselle (sécurité publique et agriculture), Monique Sauvé (aînés), Lise Thériault (protection des consommateurs), Kathleen Weil (protection de la jeunesse).

Vote de confiance: le gouvernement Trudeau aura l’appui du NPD grâce à la PCU

Politique

Vote de confiance: le gouvernement Trudeau aura l’appui du NPD grâce à la PCU

OTTAWA - Il n’y aura pas d’élections anticipées au Canada, cet été du moins.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a confirmé à La Presse canadienne qu’il votera en faveur des crédits budgétaires mercredi, permettant ainsi au gouvernement Trudeau de poursuivre son mandat, grâce à sa promesse de prolonger la Prestation canadienne d’urgence.

Justin Trudeau a confirmé mardi matin que la PCU, qui offre 500 $ par semaine aux Canadiens qui ont perdu leur emploi en raison de la COVID-19, sera prolongée de huit semaines.

«C’est ce que nous demandions, nous sommes encouragés par ce que le premier ministre a annoncé ce matin, mais nous continuerons à le pousser à faire en sorte que les familles qui ont besoin d’aide puissent en bénéficier», a déclaré le chef Jagmeet Singh dans une déclaration écrite.

Plus tôt en journée, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, estimait que le scénario d’élections anticipées était tout à fait loufoque.

Si le gouvernement devait tomber mercredi, en vertu des règles électorales, l’élection aurait eu lieu en juillet, au beau milieu des vacances de la construction, a-t-il dit.

«Y as-tu vraiment quelqu’un qui pense qu’on va faire ça?» s’est-il demandé. «Personne ne veut envoyer 20 millions de Canadiens et Canadiennes se mettre en ligne pour voter pendant qu’on est encore dans un contexte de pandémie», a-t-il ajouté.

Mercredi, les députés à la Chambre des communes devront voter sur des crédits budgétaires du gouvernement, dont quelque 6 milliards $ en nouvelles dépenses octroyées notamment pour de la recherche médicale, du soutien à la Croix-Rouge canadienne et de l’aide pour les petites et moyennes entreprises.

Puisque ce vote constitue un vote de confiance, le gouvernement Trudeau, minoritaire, devait se trouver au moins un parti d’opposition pour l’appuyer. Les bloquistes et les conservateurs avaient laissé entendre qu’il y aurait des conditions à leur appui.

S’exprimant en conférence de presse, mardi matin, le chef bloquiste a détaillé trois «propositions» qu’il espère trouveront écho auprès du gouvernement: d’octroyer une autre somme d’urgence de 500 millions $ aux provinces, un deuxième chèque pour les aînés et des compensations pour les producteurs laitiers.

Le chef conservateur Andrew Scheer a fait savoir, lundi, qu’il espérait que «les libéraux accepteront de financer la vérificatrice générale et qu’ils combleront les lacunes de leurs programmes afin que tous les Canadiens soient bien traités et ne tombent pas dans une craque».