Le conseiller de Roxton Pond André Côté assure n’exploiter sa gravière près du 11e Rang qu’à des fins personnelles sur ses terrains.

Polémique autour d’une gravière

Le bitume du 11e Rang à Roxton Pond a-t-il été usé par le passage de camions provenant de la gravière du conseiller municipal André Côté ? C’est ce qu’affirme son ancien collègue Robert Perras. Il s’insurge que la municipalité ait dépensé 401 000 $ pour poser une nouvelle couche d’asphalte sur un tronçon de 2,1 kilomètres sur ce chemin l’automne dernier.

« On a un règlement sur les carrières et les sablières au Québec qui prévoit que les compagnies doivent payer des redevances aux municipalités. Ces redevances servent à réparer les routes où passent les camions. Le 11e Rang, les citoyens de Roxton Pond n’ont pas à payer pour ça », dit-il.

Dans des lettres acheminées au ministère de l’Environnement, à la Commission de protection du territoire agricole, à la MRC de la Haute-Yamaska et à la municipalité, M. Perras soutient que M. Côté utilise la gravière sur ses terres à des fins commerciales, et ce, sans en avoir le droit. En 2011, il aurait livré 6000 tonnes de gravier à la ferme les Hectares Verts à Roxton Pond. Les camions auraient utilisé le 11e Rang, ce qui l’aurait endommagé, dit-il.

Le ministère de l’Environnement ne possède aucun dossier en lien avec cette gravière. L’organisme confirme avoir reçu une plainte. Une visite du site aura lieu à la fonte des neiges, nous a-t-on indiqué. « Le Ministère effectuera un suivi et en fonction des constats, assurera les actions appropriées », a écrit Clément Falardeau, relationniste à la direction des communications.

Propres besoins
Le principal intéressé rejette les allégations de M. Perras. Reconnaissant posséder une gravière, il assure ne l’exploiter que pour ses propres besoins. Il a utilisé du gravier ces dernières années pour niveler les terrains où de nouveaux bâtiments agricoles ont été construits sur sa ferme. Il en a parfaitement le droit, dit-il. « Ça fait des années qu’on prend du gravier pour nos besoins. L’automne dernier, on en a mis là », dit-il en pointant le talus situé derrière son érablière.

La CPTAQ reconnaît que M. Côté est dans son droit d’exploiter sa gravière pour des fins personnelles sur sa propriété. Dans une lettre datée du 15 octobre 2014, l’enquêteur Jocelyn Roy dit avoir inspecté le site, avoir complété son enquête et recommande que l’organisme ferme le dossier.

Joint mardi, Dominique Beachler, un des propriétaires de la Ferme les Hectares Verts, a indiqué n’avoir jamais acheté ou reçu de gravier de M. Côté. L’entreprise agricole a construit une étable en 2011, mais le gravier qui a servi à niveler le terrain a été acheté de la gravière DJL à Roxton Pond, a-t-il dit.

« Je ne sais pas où M. Perras prend ses informations, mais elles ne sont pas bonnes », a-t-il commenté.

Aucune animosité
M. Côté dit n’entretenir aucune animosité à l’égard de M. Perras. « On a siégé au conseil pendant quatre ans [2005-2009, NDLR]. On s’entendait assez bien. Je ne peux pas vous dire pourquoi il fait ça. Ce que je sais, c’est que j’ai le droit d’exploiter ma gravière. Mais je n’en ai pas vendu ; je l’utilise seulement pour mes besoins. »

Lors de l’assemblée du conseil de mars, M. Perras a publiquement interpellé les élus sur ses prétentions. Le conseiller Côté était absent. Il n’a pas l’intention de le sommer de retirer ses accusations. « Je n’ai pas de temps à perdre avec ça. J’ai trop de travail ici à faire à la ferme pour lui accorder de l’attention », a-t-il dit.

Le maire Pierre Fontaine ne nous a pas rappelés.