Les sacs à vidanges, les meubles et des lots de souvenirs s’empilaient tranquillement dans un conteneur prêté par la Ville de Cowansville, samedi.

Plusieurs résidences inondées à Cowansville

Le lendemain de la tempête a été difficile pour plusieurs personnes qui ont perdu une partie de leurs biens.

Le boulevard des Vétérans, à Cowansville, n’était plus inondé samedi. Les pompiers de Cowansville et de Dunham étaient cependant toujours sur place, en après-midi, passant d’une maison à l’autre pour venir en aide aux citoyens.

Les sacs de vidanges, les meubles et des lots de souvenirs s’empilaient tranquillement dans un conteneur prêté par la Ville, au moment du passage de La Voix de l’Est. Les sinistrés y déposaient non sans découragement tout ce qui avait été contaminé par la crue rapide des eaux.

Patrice Marcotte a acheté sa demeure il y a moins de trois ans. Il savait qu’il habitait dans une zone inondable ; il s’était donc équipé d’une pompe et d’une génératrice. Il lui a tout de même fallu louer une autre pompe, en plus d’une troisième prêtée par les pompiers de Cowansville. 

« L’eau est montée proche du plancher. Elle est montée au niveau de ma galerie. Il a fallu que je mette des oreillers dehors pour empêcher l’eau d’entrer au rez-de-chaussée. »

Il a monté sa petite voiture, au fond de l’entrée, sur les planches pour éviter que le moteur ne soit inondé. Son camion roule toujours et lui sert à vider son sous-sol.

« Je suis fatigué, confie le père de famille. Je n’ai pas dormi depuis 7 h vendredi matin. Tout est à jeter. Ce sont beaucoup de souvenirs. C’est ça qui est dur. »

M. Marcotte tenait à remercier chaleureusement les pompiers et les employés de la ville qui n’ont pas chômé. « Ils ont veillé avec moi ! »

Assurés

Jean et Nellie Lambert ont emménagé dans leur résidence du boulevard des Vétérans en janvier.

« Mes dégâts sont très peu apparents, constate M. Lambert. L’eau est montée sur le plancher de bois franc, mais ça n’a pas touché mes armoires de cuisine qui tiennent sur des pieds de fer ni mes fauteuils. J’ai été chanceux dans ma malchance. Le sous-sol est non fini, mais il est ben plein d’eau. J’avais un peu de stock là. »

Il a eu la chance de trouver une assurance pour ce type de dommages — ce que la majorité des résidents de la rue n’ont pas en raison des historiques d’inondation — auprès d’une compagnie spécialisée en la matière.

Marie-Pier Bienvenue fait partie de ces propriétaires qui n’ont pas réussi à trouver d’assurance pour les inondations. Cependant, les dommages ont été très limités chez elle, même si la rivière longe l’arrière de son terrain. Les enfants en sécurité chez leurs grands-parents, les parents ont travaillé fort pour que le niveau de l’eau ne monte jamais à plus de deux pouces dans le sous-sol. « On a sorti l’eau à la chaudière parce qu’on n’avait plus de génératrice. On l’avait prêté à mes beaux-parents qui n’avaient plus d’électricité. Les gens sont super fins. Tout le monde s’entraide. Mon voisin d’à côté nous a prêté une rallonge pour qu’on se branche à sa génératrice et qu’on puisse au moins partir la pompe. On a pu dormir grâce à ça. »

Leur sous-sol n’a qu’une fenêtre, barricadée par le passé. L’eau entrait seulement par quelques fissures. La famille, qui habite à cette adresse depuis une dizaine d’années, a connu les inondations de 2011.

Crue très rapide

Le commentaire qui ressort chez les sinistrés rencontrés par les représentantes de La Voix de l’Est est que la crue des eaux a été extrêmement rapide. Le retour de la rivière Yamaska Sud-Ouest dans son lit l’a été tout autant. « Très impressionnant ! », avoue Patrice Marcotte.

La dernière inondation de cette ampleur remontait à 2011 lors du passage des restes de l’ouragan Irene.

« Je savais que c’était une zone inondable, mais que ça monte aussi vite et que ça redescende si vite..., s’étonne encore Jean Lambert. C’est une drôle d’inondation. »

Les pompiers s’assuraient de sécuriser les bâtiments des secteurs évacués vendredi avant d’avertir Hydro-Québec que l’électricité pouvait être rétablie sans danger d’incendie. 

Une inspectrice de la Ville est également passée vérifier l’état des structures, indique Gilles Deschamps, directeur du Service de sécurité incendie de Cowansville.

La première équipe de pompiers a été déployée sur le terrain vers 2 h, dans la nuit de jeudi à vendredi. Ils font depuis des rotations. 

Les services incendie de Dunham, Farnham et Waterloo ont prêté main-forte à leurs confrères. 

Pour ajouter à la tâche, un incendie s’est déclaré dans un garage, sur la rue Hanson, durant la nuit de vendredi à samedi.

Le lendemain de la tempête automnale est difficile, sur le boulevard des Vétérans, à Cowansville.