« On déploie depuis quelques années, dans les périodes de grands froids comme celle-là, des mesures exceptionnelles pour que les personnes ne dorment pas dehors », indique Steve Bouthillier, directeur général de la maison d’hébergement Le Passant à Granby.

Plus de lits pour les itinérants à la maison Le Passant

Les journées glaciales se multiplient au Québec depuis le début de l’année. Pour s’assurer que personne ne dorme à l’extérieur à cette température, des lits de débordement destinés aux itinérants ont été ouverts à la maison d’hébergement Le Passant, à Granby.

« On déploie depuis quelques années, dans les périodes de grands froids comme celle-là, des mesures exceptionnelles pour que les personnes ne dorment pas dehors », explique Steve Bouthillier, directeur général du centre d’hébergement situé dans la rue Horner.

La maison dispose de 26 lits pour son service d’hébergement régulier, dont la moyenne de séjour est 14 jours. À l’heure actuelle, le taux d’occupation est à 100 %. Lorsque le mercure chute et que les grands froids s’installent, trois lits de débordement sont ajoutés. « On n’a pas de financement pour ces lits-là, mais on le fait parce qu’on veut pouvoir contribuer à éviter que quelqu’un gèle dehors et pour désengorger tout le monde », précise M. Bouthillier.

Ses employés acceptent, dans ces circonstances, de prendre une charge de travail supplémentaire. Ce n’est pas tout d’offrir un lit à ceux qui n’ont pas de toit. Les intervenants doivent « en prendre soin, les encadrer », souligne le DG de la ressource.

Lorsque les températures froides sont de courte durée, c’est-à-dire un jour ou deux, certains itinérants dorment tout de même à l’extérieur et réussissent à braver le froid, constate M. Bouthillier, qui travaille à la maison d’hébergement depuis 19 ans. « Quand les périodes de grands froids s’étirent, ils ne réussissent plus à se réchauffer et à ce moment-là, ils viennent cogner à notre porte pour pouvoir se chauffer de façon adéquate. »

Depuis le début de l’hiver, Le Passant a toujours été en mesure d’accueillir les personnes qui étaient à la recherche d’un toit pour la nuit. « On n’a pas refusé personne par période de grands froids. On a toujours eu de la place pour répondre aux besoins, mais on est arrivé à occuper tous les lits qu’on avait. On a été à la limite. Souhaitons que les redoux fassent en sorte de tempérer les choses », mentionne Steve Bouthillier.

Lorsque la demande est grande et que tous les lits sont occupés, même ceux déployés lors de mesures exceptionnelles, un lit pliant et des matelas supplémentaires peuvent être utilisés pour héberger ceux, qui autrement, dormiraient dehors.

L’organisme collabore également avec d’autres ressources qui peuvent aider les pensionnaires qui ne sont que de passage. « Notre but n’est pas d’être une maison de chambres, mais plutôt une île où ils peuvent s’arrêter pour voir quels sont leurs besoins, leur objectif et pouvoir se réorienter. Les gens vont dans les bonnes ressources en réponse à leur besoin et par la suite, ça permet de libérer des lits de façon graduelle et constante. »

Garder l’œil ouvert

En plus de ceux qui se présentent eux-mêmes au centre d’hébergement, certains sont dirigés par les policiers. Chaque année, la maison est contactée par des agents qui cherchent un toit à offrir à des itinérants. « Les policiers connaissent certaines personnes, où elles vont coucher, et ils vont les interpeller pour savoir si elles ont froid, si elles veulent dormir au chaud, raconte le directeur général. On a déjà eu une personne qui dormait dans une tente-roulotte dans un champ et les policiers de la SQ avaient été à sa rencontre pour l’amener dans un endroit convenable par grand froid. »

Les citoyens peuvent aussi jouer un rôle en gardant l’œil ouvert et en signalant toute situation qui pourrait être dangereuse pour la personne qui s’apprête à dormir dehors. « Le but principal est de penser à son prochain, mentionne M. Bouthillier. Si on voit quelqu’un qui peut être en danger, on peut aller vers lui. S’il y a un risque ou qu’on n’est pas à l’aise, on pourrait appeler les policiers pour leur dire qu’on a vu quelqu’un et qu’on s’inquiète pour lui afin que quelqu’un puisse s’assurer qu’il ne va pas mourir là gelé. »