Cinquante personnes ont participé au Défi têtes rasées Leucan à Granby, dimanche, amassant une somme de 76 048$ pour aider les enfants atteints de cancer et leurs familles.

Plus de 76 000 $ amassés au Défi têtes rasées Leucan de Granby

Il y a longtemps que le Défi têtes rasées Leucan de Granby n’avait pas permis d’amasser une somme aussi imposante. Avec la cinquantaine de personnes qui est passée sous le rasoir des trois coiffeuses et les collectes de fonds d’entreprises, un chèque de 76 048 $ a été remis dimanche à Leucan Estrie pour la poursuite de sa mission auprès des enfants atteints de cancer et de leurs familles.

Ce montant représente une hausse de plus de 20 000 $ par rapport à l’an dernier, se réjouissent les organisateurs. 

Le fondateur du Défi têtes rasées, Serge Tremblay, était une fois de plus sur scène dimanche pour donner le premier coup de rasoir aux participants. 

M. Tremblay a créé cette collecte de fonds il y a 19 ans, à Granby, avant de l’exporter ailleurs au Québec. En plus des événements phares comme celui de Granby, plusieurs petits défis dans des entreprises et des écoles ont vu le jour au fil des ans. Les Défis têtes rasées représentent 80 % des revenus provinciaux pour Leucan, indique-t-il.

Il était ravi de voir la participation et la foule se masser aux Galeries de Granby, face à l’ancien magasin Sears, pour l’occasion.

« Il y a plusieurs personnes qui se sont inscrites à la dernière minute, sur place, et qui ont amassé de l’argent avec la participation des gens dans la foule, remarque-t-il. Il y a des familles complètes qui viennent se faire raser, il y a des collègues de travail qui ont décidé de le faire ensemble, il y en a qui ont des enfants qui se sont fait raser, puis qui ont eu le cancer et qu’aujourd’hui, la mère est venue se faire raser. On a eu de très belles histoires. »

Redonner après avoir reçu

Pour quelques personnes, le geste de se faire raser le coco permettait de redonner après avoir reçu des services de Leucan. C’est le cas de Thomas-Xavier Beaupré, 13 ans, qui a dit au revoir à ses fins cheveux bruns. 

« Quand j’étais petit, j’ai été malade et j’ai bénéficié des soins de Leucan. Mon sphénoïde (NDLR : un os à la base du crâne) avait un trou. Je n’ai pas eu de chimio, mais j’ai passé beaucoup de temps à l’hôpital et Leucan était autour de moi pour m’aider. Finalement, le trou s’est refermé tout seul. Ce n’est pas courant que ça se guérisse comme ça. C’est important pour moi de leur dire merci. »

L’école secondaire l’Envolée, que l’adolescent fréquente, a fait sa part pour l’encourager. Une journée sans uniforme a été organisée pour lui. En échange de 1 $, chaque élève pouvait porter le chandail de son choix. Il a ainsi remis une somme de 820 $ à Leucan Estrie.

Ève Fortier, porte-parole pour Leucan Estrie, a quant à elle choisi de participer au défi coupe-couette à Sherbrooke sur un coup de tête. Aujourd’hui âgée de 19 ans, elle peut enfin dire que le cancer est derrière elle. 

« J’ai développé un cancer des os à l’âge de 14 ans. Ça a fait cinq ans en avril dernier et je suis maintenant considérée comme guérie, se réjouit-elle. Leucan a fait vraiment beaucoup de choses. Dès le début, ils nous ont soutenus. Ils ont autant aidé mes parents que moi. J’ai eu de l’art-thérapie et de la massothérapie, entre autres. L’offre est vraiment variée. »

La jeune femme, qui souhaite devenir travailleuse sociale, avait un entrain contagieux face à ce mouvement de générosité, dimanche. « Je trouve ça incroyable ! J’en reviens pas de voir comment les gens peuvent être si généreux ! »

Dons de cheveux

Cheveux longs, courts, frisés, gris, teints, il n’y avait pas de discrimination envers les têtes à raser. Par contre, une partie des tignasses rasées permettra de transformer ces chevelures perdues en prothèses capillaires pour les personnes atteintes de cancer. Certains critères devaient être satisfaits, notamment sur leur longueur et leur état. 

Isabelle Dion avait une longue et épaisse chevelure. Elles étaient deux coiffeuses de chez Révélation beauté à raser ses couettes à donner. Les cheveux de la participante pourront ainsi servir à la fabrication de perruques. Une belle façon de faire d’une pierre deux coups.

C’est la première fois d’aussi loin qu’elle se souvienne que Mme Dion n’aura plus à se coiffer. 

« J’ai toujours eu les cheveux longs ! Je me prépare depuis janvier, raconte-t-elle, de plus en plus nerveuse, voyant son tour approcher. Je suis un peu anxieuse de voir le résultat. »

Elle a tenu avec fierté un chèque de 1430 $ sur ses genoux le temps de la coupe et elle est repartie tout sourire après avoir vu le résultat dans le miroir.

Victor Rousseau est lui aussi reparti avec un sac rempli de cheveux. M. Rousseau vient de terminer le cégep et s’engage dans des études en droit. La dernière fois qu’il a coupé ses cheveux, c’était pour son bal de finissant du secondaire, il y a deux ans.

« J’étais vraiment tanné ! Je ne sais pas comment vous faites pour avoir les cheveux longs toute votre vie, lance-t-il après la coupe. C’est de l’entretien ! Je trouvais ça plate d’attendre deux ans pour finalement me les faire couper juste comme ça… Donc là, c’est pour une bonne cause. »

Il a remis 2075 $ à l’organisme.

Dernière minute

Bénévole depuis quelques années pour Leucan, Nathalie Forand a décidé de se lancer pendant l’événement. « J’avais le goût de passer moi-même à l’action ! Ça s’est décidé tantôt, lance-t-elle à quelques minutes de monter sur scène. On a perdu beaucoup de gens en raison du cancer dans notre famille. Et j’ai passé beaucoup de temps à l’hôpital quand j’étais jeune et j’ai vu bien des bénévoles. »

Mme Forand fait partie des quelques braves qui ont sauté dans l’aventure à la toute dernière seconde. Et elle se promet de refaire le défi dans le futur.