Des travailleurs d’Hydro-Québec se sont affairés à réparer la panne qui privait des citoyens du secteur des rangs de la Petite-Barbue et de la Grande-Barbue, à Saint-Césaire, lundi avant-midi.

Plus de 72 heures sans électricité: un défi pour les agriculteurs

Après plus de 72 heures sans électricité, des résidents des rangs de la Grande-Barbue et de la Petite-Barbue, à Saint-Césaire, ont pu laisser tomber un soupir de soulagement en voyant enfin les travailleurs d’Hydro-Québec arriver pour les rebrancher, en fin d’avant-midi lundi.

« Depuis vendredi, Hydro-Québec, on en rêve !, lance Christian Voghell. On ne voyait jamais un camion arrêter. »

La prolongation de la panne aurait pu être problématique pour l’agriculteur, qui exploite une porcherie et une meunerie à côté de sa résidence. Il a dû faire des pieds et des mains pour alimenter ses quelque 20 000 porcs en moulée, lui qui ne pouvait pas en faire lui-même, faute de courant.

« J’ai plus de 300 tonnes de maïs humide dans un silo ; il a fallu que j’installe une génératrice pour pouvoir le sécher et éviter de le perdre, raconte-t-il. On se débrouille comme on peut. »

La situation a tout de même connu un effet domino chez sa sœur Stéphanie, qui demeure pas très loin de chez lui. « Mon frère prend tout mon maïs, mais aussi celui de mon autre frère et de mon père. S’il ne peut pas utiliser mon maïs, mes récoltes sont retardées, explique-t-elle. Avec les forts vents, j’ai beaucoup de maïs qui est tombé au sol. C’est encore possible de le ramasser avec la batteuse, mais s’il tombe de la neige avant qu’on ait fini, on aura une perte au niveau du rendement. »

Une autre porcherie du rang était elle aussi plongée dans le noir depuis vendredi matin. Comme celle-ci est affiliée au géant du porc F. Ménard, des génératrices ont permis de sauver la mise durant la fin de semaine.

« Tous nos sites ont manqué de courant, confirme Denis Chartrand, gestionnaire au département de l’agriculture pour le géant du porc gardangeois. On a passé notre fin de semaine à apporter du carburant partout pour alimenter les génératrices. »

« Chez F. Ménard, on porte une attention très particulière à nos génératrices et à leur entretien, comme ça, si une catastrophe comme celle de cette fin de semaine arrive, on est prêts et on évite d’être pris au dépourvu », poursuit M. Chartrand.

Sur le site Info-pannes d’Hydro-Québec, on indique que les abonnés du secteur isolé des deux rangs, enclavés entre les routes 112 et 235, étaient privés d’électricité depuis vendredi dernier, à 11h08.

La panne ne figurait plus dans la liste des interruptions en fin d’avant-midi, lundi.

La végétation en cause

Selon les résidents du rang, la panne était due à un pin qui était tombé sur des fils électriques par la force des bourrasques de vendredi.

« Ça semble assez simple à régler : ils enlèvent l’arbre et nos affaires redécollent, explique M. Voghell. En même temps, on sait qu’on n’est pas tous seuls. »

En effet, lundi matin, plus de 7000 clients d’Hydro-Québec étaient toujours sans électricité en Montérégie, où 400 pannes étaient toujours actives.

Sandrine Brindejonc, du service des communications de la société d’État, n’a pas été en mesure de confirmer la cause exacte de la panne dans le secteur Grande/Petite Barbue. « Mais la grande majorité de nos pannes sont causées par de la végétation. Beaucoup sont simples à régler, mais c’est plus difficile compte tenu qu’on a un très grand nombre d’interruptions à gérer », a-t-elle fait savoir.