SOS Dépannage Moisson Granby doit encore composer avec un grand volume d’objets qui se retrouve à la poubelle faute d’être en bon état pour la revente. Dans l’ordre habituel: Julie Cadorette, Éric Vachon et Nancy Marcoux.
SOS Dépannage Moisson Granby doit encore composer avec un grand volume d’objets qui se retrouve à la poubelle faute d’être en bon état pour la revente. Dans l’ordre habituel: Julie Cadorette, Éric Vachon et Nancy Marcoux.

Plus de 20 vols en deux semaines chez SOS Dépannage

Karine Blanchard
Karine Blanchard
La Voix de l'Est
Le temps des Fêtes n’a pas été si réjouissant pour SOS Dépannage Moisson Granby. Pas moins d’une vingtaine de vols ont été commis en deux semaines dans les boîtes où sont recueillis les dons offerts par la population. Des voyous ont même cambriolé l’organisme plus d’une fois pendant la même journée. Les policiers ont résolu certains crimes en arrêtant quatre personnes.

« On s’est fait beaucoup voler, déplore Éric Vachon, porte-parole de l’organisme. Certaines personnes sont venues deux, trois fois pendant la même journée. Ils remplissaient l’auto, partaient et revenaient plus tard. »

Les objets qui ont été volés sont ceux déposés par les généreux citoyens dans des bacs situés à l’extérieur de la bâtisse qui a pignon sur la rue Matton. La vente de ces biens au magasin général permet à l’organisme de poursuivre sa mission d’aide alimentaire en procédant à l’achat d’aliments périssables.

« Il y a des gens à pied, à vélo et en auto qui sont venus voler. Ils s’arrêtent, regardent dans les bacs et repartent avec certaines choses », explique Nancy Marcoux, directrice adjointe chez SOS Dépannage Moisson Granby.

Quatre arrestations

Grâce à des témoins de la scène, deux des crimes ont pu être résolus. Deux hommes ont d’abord été appréhendés le 26 décembre. Un Granbyen de 45 ans, connu des policiers et un Sherbrookois âgé de 29 ans ont été épinglés alors qu’ils volaient les biens qui avaient été offerts et déposés par des citoyens dans les bacs prévus à cet effet.

Deux jours plus tard, deux Granbyens ont à leur tour été arrêtés pour avoir volé eux aussi des objets divers dans les bacs. La femme âgée de 50 ans, qui est connue des forces de l’ordre, ainsi que son acolyte de 49 ans, ont également été pris la main dans le sac.

« Les suspects ont été arrêtés, conduits au poste de police et interrogés. Ils ont été remis en liberté avec une promesse à comparaître », explique Marc Farand, porte-parole du Service de police de Granby. Le dossier a été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales. Les individus s’exposent à des accusations de vol de moins de 5000 $.


« Il y a des gens à pied, à vélo et en auto qui sont venus voler. Ils s’arrêtent, regardent dans les bacs et repartent avec certaines choses. »
Nancy Marcoux, directrice adjointe chez SOS Dépannage Moisson Granby

À la suite de ces crimes, la présence policière a d’ailleurs été accentuée dans le secteur. « Quand il y a des vols dans un secteur, les policiers tentent d’augmenter leur patrouille », fait savoir l’agent Farand.

En visionnant les images captées par les caméras de surveillance, notamment installées dans le secteur du dépôt des dons, l’organisme a découvert qu’elle avait été victime d’au moins une vingtaine de vols pendant les deux semaines du temps des Fêtes.

Les responsables de l’organisme suggèrent d’ailleurs aux citoyens de venir déposer leurs dons pendant les heures d’ouverture du magasin général, c’est-à-dire en journée, sept jours sur sept, afin de réduire le nombre d’objets qui seront laissés dans les bacs à l’extérieur des heures d’ouverture.

Meilleur tri

La générosité des citoyens auprès de SOS Dépannage n’est plus à prouver. La période des vacances du temps des Fêtes a été fort achalandée et les dons se sont multipliés. Ils ont été si nombreux que même si l’organisme était fermé, des membres du personnel sont entrés en renfort pour vider tous les bacs extérieurs. « C’était fou ! On en avait plus qu’on pouvait en prendre. On n’avait plus aucun bac. C’est un beau problème », souligne Mme Marcoux.

Les employés ont toutefois réalisé, une fois de plus, que la population doit être encore mieux informée sur les objets qu’elle peut offrir à l’organisme. « Si l’article n’est plus fonctionnel, ce n’est pas ici qu’il doit être déposé, mais à l’écocentre », rappelle M. Vachon.

« Un monsieur a fait le ménage de son garage et avec une bonne volonté, il nous a donné une chaudière de vis en pensant que ça pourrait être un revenu pour nous, mais on n’a pas la capacité de faire le tri », explique Julie Cadorette, coordonnatrice à la réception et au tri de la marchandise.

Les objets doivent être fonctionnels et en bonne condition puisqu’ils sont mis en vente au magasin. Pas moins de 70 % de ce qui est offert à SOS Dépannage prend le chemin des conteneurs à déchets ou de l’écocentre. « On doit payer pour les ordures et pour la main-d’oeuvre qui fait le tri », rappelle Mme Marcoux.

« Il faut avoir une réflexion supplémentaire : est-ce que c’est un don réel ou un don empoissonné ? Si vous donnez pour 10 $ de marchandise qui génère 20 $ de frais, il nous manque 10 $ », illustre M. Vachon.

L’organisme rencontrera prochainement des représentants de Recyc-Québec dans le but de mieux informer la population sur les adresses où elle peut déposer ses objets afin de leur donner une nouvelle vie.