Le projet de loi 29 permettra aux hygiénistes dentaires d’offrir une plus grande variété de services de manière autonome. Cette autonomie permettra aussi aux hygiénistes dentaires de travailler pour leur propre entreprise plutôt que pour un centre dentaire.
Le projet de loi 29 permettra aux hygiénistes dentaires d’offrir une plus grande variété de services de manière autonome. Cette autonomie permettra aussi aux hygiénistes dentaires de travailler pour leur propre entreprise plutôt que pour un centre dentaire.

Plus d’autonomie aux hygiénistes dentaires : «Une page d’histoire qui se tourne»

Florence Tanguay
Florence Tanguay
La Voix de l'Est
Adopté à l’unanimité à l’Assemblée nationale du Québec, vendredi, le projet de loi 29 permettra aux hygiénistes dentaires d’offrir une plus grande variété de services de manière autonome.

«C’est une page d’histoire qui se tourne au Québec, énonce Jean-François Lortie, président de l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ). C’est le fruit du travail que j’ai fait depuis 3 mois, mais aussi de tous mes prédécesseurs des trente dernières années.»

L’OHDQ revendique depuis de nombreuses années que des activités réservées aux hygiénistes dentaires soient reconnues dans un texte de loi. Parmi ses activités se trouve la prévention, qui est un champ d’exercices propre à la profession, selon M. Lortie, également administrateur pour les régions de l’Estrie et de la Montérégie au sein du Conseil d’administration de l’OHDQ.

Le projet de loi 29 permettra entre autres aux hygiénistes dentaires de détartrer les dents et de les polir, d’appliquer un traitement au fluor, et de concevoir, fabriquer et vendre un protecteur buccal pour les sportifs. De plus, l’évaluation de la condition buccodentaire pourra maintenant être faite de manière autonome. «Quand l’hygiéniste va voir une condition anormale, à ce moment, le dentiste va venir pour faire un diagnostic», explique M. Lortie.

Aucune formation supplémentaire ne sera suivie par les hygiénistes, car, dans les faits, ils sont outillés pour faire toutes ces tâches depuis longtemps déjà. «Tout ce qu’un hygiéniste peut maintenant faire de façon autonome, le programme [de Techniques d’hygiène dentaire] le montre. C’est enseigné et pratiqué depuis 1975», assure le président de l’OHDQ.

Jean-François Lortie, président de l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, se réjouit de l’adoption du projet de loi 29.

Se déplacer vers les clientèles vulnérables

Cette autonomie permettra aussi aux hygiénistes dentaires de travailler pour leur propre entreprise plutôt que pour un centre dentaire. Cette latitude nouvellement acquise rendra aussi possibles les services dentaires à domicile pour les personnes à mobilité réduite ou dans les régions où l’offre de services est moins grande.

Ces nouvelles possibilités sont notamment envisagées par Anye Fontaine, hygiéniste dentaire au Centre dentaire Foster, à Waterloo. «J’aimerais aller aider dans les CHSLD ou dans les garderies», déclare-t-elle.

Le projet de loi 29 pourrait donc permettre aux Québécois d’obtenir plus facilement des services dentaires, peu importe leur localisation dans la province, mais aussi à un meilleur prix. «À partir du moment où on paye pour les services d’un professionnel au lieu de deux, on constate généralement 30% d’économie pour la facture», fait remarquer Jean-François Lortie.

L’annonce de l’adoption du projet de loi semble bien accueillie par les hygiénistes, qui attendaient ces changements depuis longtemps.

«On attendait depuis des années», fait valoir Mme Fontaine, qui ne comprend toutefois pas pourquoi ces changements ont été si longs à apporter au Québec, alors que leurs homologues ontariens ont cette autonomie depuis 2007. «Nous obtenons enfin une reconnaissance de notre métier», souligne-t-elle.