Le réseau local de services de La Pommeraie a présenté lundi son rapport annuel.

Plus d’attente dans les urgences de La Pommeraie

Faute de ressources humaines suffisantes pour soigner une population vieillissante, les urgences du Réseau local de services (RLS) de La Pommeraie ont vu le temps d’attente sur civière augmenter sans cesse. Pour l’année fiscale 2017-2018, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS observe un temps d’attente moyen de 18,2 heures par patient sur civière.

Depuis 2016, l’attente moyenne a augmenté de 1,2 heure, ont présenté les responsables du RLS de La Pommeraie, lundi soir, lors de la séance d’information publique annuelle.

« L’enjeu est directement lié au fait qu’on a une population vieillissante, qu’on a une clientèle qui a besoin de lits de longue durée et qui a besoin de services alternatifs », explique Robin-Marie Coleman, directrice générale adjointe de l’équipe du RLS de La Pommeraie.

La Pommeraie reverra ses critères pour déterminer si un patient doit attendre à l’urgence sur une civière ou dans la salle d’urgence.

« Il faut s’assurer qu’on a les meilleures pratiques. C’est important de ne pas créer de syndrome d’immobilisation. Nous allons resserrer les critères pour qu’on s’assure que ce soient les bons patients qui attendent couchés », précise Mme Coleman.

Le temps d’attente pour les échographies pose également problème. Un plan d’action spécifique devrait d’ailleurs être mis en place dans les prochains mois.

Pénurie de main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre continue de faire mal à la structure du CIUSSS. En plus de plusieurs postes vacants, notamment dans des points de services, on observe un taux d’absentéisme de 8 %.

« Il ne faut pas penser que la solution repose exclusivement sur l’embauche, on a presque tout essayé de ce côté. On doit comprendre pourquoi nos gens ne sont pas présents au travail et ce qu’on doit faire pour qu’ils soient heureux dans leur emploi », soutient Johanne Fleurant, directrice adjointe de l’équipe jeunesse au CIUSSS de l’Estrie.

Le commissaire aux plaintes et à la qualité des services observe par ailleurs une augmentation de 8 % des plaintes pour les soins et services dispensés et une augmentation du même ordre pour les plaintes concernant les relations entre le personnel et les usagers. Ces deux catégories représentent 843 dossiers. Les plaintes pour des raisons médicales ont chuté de 18 % durant cette même période.

Sur une note positive, la séance d’information a permis d’apprendre que le déficit annuel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’amincissait. Alors que le déficit s’élevait à 14 millions de dollars pour l’année fiscale 2017-2018, « on projette un budget équilibré pour l’année en cours [2018-2019]», soutient par visioconférence Patricia Gauthier, présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le budget du CIUSSS de l’Estrie — CHUS est de 1,4 milliard de dollars pour 2018-2019, soit une hausse de 5 % par rapport au précédent exercice.

Les restructurations effectuées dans les derniers mois ont permis de consacrer une part plus importante du budget annuel (1,6 %) aux soins aux usagers. Ce sont essentiellement les services sociaux qui ont profité de ce réinvestissement.

«Les gens sont mêlés»

Si certains jugent que certains services sont insuffisants, faute de personnel, des citoyens font remarquer que c’est l’accès à l’information qui est déficient.

« Les gens sont mêlés, lorsqu’ils ont un besoin, ils ne savent pas vers quelle ressource se tourner. C’est difficile de connaître les services lorsqu’on n’est pas dans le système » soutient Diane Ferland, une infirmière retraitée de Sutton.

À Lac-Brome, par exemple, l’unité de médecine familiale ne peut être reconnue comme un CLSC puisque tous les services n’y sont pas offerts.

« Les gens sont habitués au terme CLSC, alors quand ils cherchent dans le bottin et qu’ils voient “point de service”, ils ne savent pas ce que c’est », fait remarquer une autre citoyenne.

Mme Ferland estime que le Réseau local de service devrait repenser sa façon d’informer les citoyens.

En attendant, le RLS de La Pommeraie ne manque pas de pain sur la planche pour les prochains mois. L’incorporation de Bromont dans le territoire du RLS comprend des défis qui sont présentement évalués. Un rapport à ce sujet devrait être déposé dans les premières semaines de 2019.