L'enquête policière a permis le dépôt de 30 nouvelles accusations contre Thierry Boudrias, un récidiviste de 37 ans.

Pluie de nouvelles accusations pour Thierry Boudrias

Déjà accusé d'incitation à des contacts sexuels sur une mineure, Thierry Boudrias a vu 30 nouvelles accusations du même ordre être déposées contre lui, hier, au palais de justice de Saint-Hyacinthe.
À la suite d'une enquête policière, 16 nouvelles plaignantes - toutes âgées de 12 à 16 ans - ont porté plainte contre le récidiviste de 37 ans. La plupart des accusations concernent des incitations à des contacts sexuels. Des accusations d'obtention de services sexuels contre rémunération, de leurre d'enfant et de trafic de marijuana avec des mineures font aussi partie du lot.
Cette dernière accusation est passible d'une peine d'emprisonnement minimale de deux ans de prison, a précisé Me Marie-Claude Morin, du ministère public.
Modus operandi
Selon les informations obtenues par La Voix de l'Est, le modus operandi du résidant d'Ange-Gardien consistait essentiellement à attirer les adolescentes chez lui ou dans un verger. Puis, en échange d'argent ou de marijuana, il leur demandait de lui donner des coups de pied dans les organes génitaux.
En certaines occasions, il prétendait s'entraîner pour une prestation de style Jackass mais en fait «ça l'excite», a dénoncé la mère d'une des victimes, via internet. Les présumées victimes habitent toutes la région d'Ange-Gardien et se connaissent.
Preuve
À la défense, Me Marie-Ève D'Anjou a reconnu que les nouvelles accusations sont «assez volumineuses». «On a reçu beaucoup de preuve. On s'y attendait, a-t-elle indiqué. On doit en prendre connaissance.» Selon elle, d'autres divulgations sont toujours possibles.
Du box des accusés, le cheveu rare et portant une petite barbe, M. Boudrias a écouté de façon impassible alors que la Couronne s'est opposée à sa remise en liberté. Le mécanicien reste donc détenu jusqu'à son «enquête caution», dont la date sera fixée le 28 septembre.
Entre-temps, le juge Marc-Nicolas Foucault, de la Cour du Québec, lui a interdit d'entrer en communication avec les plaignantes. Une ordonnance de non-publication a aussi été émise afin de protéger les noms des jeunes filles.
Enquête
L'opération dirigée par le Service des enquêtes régionales de la SQ, en collaboration avec les agents de la MRC Rouville et de la police de Granby, avait mené à l'arrestation de Thierry Boudrias le 4 septembre dernier. Les actes se seraient déroulés sur plusieurs mois, en 2015.
Réputé toxicomane, l'accusé a déjà fait les manchettes pour avoir été reconnu coupable, en 2009, d'avoir causé des lésions corporelles à un bébé alors qu'il se trouvait dans un état de «manque» de cocaïne. Il avait alors écopé d'une sentence de 17 mois de prison et de trois ans de probation.
Par le passé, il a aussi été accusé de possession de drogue, de vol, d'introduction par effraction, de menaces, de fraude et de bris de condition.