Le président du complexe funéraire Le Sieur de Granby, Éric Le Sieur, a présenté hier l'appareil servant à faire de l'aquamation. Le salon funéraire granbyen est le premier au Québec à offrir cette nouvelle alternative écologique.

Plonger dans «l'eau-delà»

Le complexe funéraire Le Sieur de Granby offre depuis deux semaines une nouvelle alternative écologique à la crémation et à l'inhumation. Ses clients peuvent maintenant opter pour l'aquamation afin de disposer du corps d'un défunt.
«C'est une méthode qui fait que le corps n'est pas consumé par le feu, mais par l'élément le plus naturel qui soit, l'eau. Il s'agit d'un nouveau service de bio-crémation qui se fait dans le respect de l'être cher et de l'environnement», a expliqué hier le président du complexe funéraire Le Sieur, Éric Le Sieur.
Le salon funéraire granbyen est le premier à offrir cette option au Québec, et le deuxième au Canada. Lors d'une aquamation, le corps est introduit dans un appareil qui emploie un procédé d'hydrolyse alcaline afin de dissoudre les chairs.
Le cadavre est en fait plongé dans de l'eau agitée et chauffée tout juste sous le point d'ébullition. Celle-ci contient des agents qui permettent de reproduire en accéléré le processus de décomposition du corps. 
«Il s'agit du même processus que lorsque le corps est mis en terre, mais celui-ci est accéléré par le mouvement de l'eau et l'alcalinité. Ce que le corps ferait lui-même sur une période de 25 ans se fait plutôt en 12 à 14 heures grâce à la machine», a indiqué M. Le Sieur.
À la fin, il ne reste que la totalité des os, contrairement à 80 % dans le cas d'une crémation traditionnelle. Ceux-ci sont alors réduits en poussière et remis aux familles à l'intérieur d'une urne tout comme lors d'une incinération.
Un procédé moins coûteux et plus écologique
Le principal avantage de ce nouveau procédé se situe au niveau environnemental. La crémation par le feu rejette en effet des gaz dans l'air et des déchets, ce qui n'est pas le cas pour l'aquamation.
Cette méthode est aussi peu énergivore alors qu'un four crématoire utilise en moyenne l'énergie nécessaire pour faire un aller-retour Montréal-Vancouver en voiture. Par ailleurs, la bio-crémation requiert seulement l'équivalent des besoins en eau d'une personne pour un à deux jours.
Et comme aucun acide n'est employé, la combinaison d'alcalis ne contenant que du sodium et du potassium, l'eau utilisée est ensuite retournée dans l'écosystème en passant tout simplement par l'usine de traitement des eaux usées.
Le coût est par ailleurs moins élevé pour les familles qui peuvent économiser près de 200 $ en utilisant ce service plutôt que l'incinération où elles doivent acheter une boîte de crémation ou un cercueil.
Exclusivité dansla région de Granby
Cela fait un peu plus d'un an que M. Le Sieur tentait de devenir le premier salon funéraire québécois à obtenir cet appareil acheté au prix de 150000 $ auprès de l'entreprise Bio-Response située à Danville en Indiana.
«Cela fait longtemps que j'ai lu là-dessus dans des revues spécialisées du domaine funéraire et j'ai tout de suite trouvé ça intéressant. Mais le coût était très dispendieux à l'époque, on parlait de 700000 $ pour la machine. Aussitôt que le prix est devenu plus abordable, on a décidé de se lancer.»
Des directeurs d'entreprises funéraires des quatre coins du Québec étaient d'ailleurs présents hier au complexe Le Sieur afin d'en apprendre davantage sur cette méthode employée depuis quinze ans par certaines institutions afin de disposer notamment des corps légués à la science.
S'il fera aussi de la sous-traitance pour d'autres salons funéraires, il s'attend surtout à rentabiliser cet investissement en attirant davantage de clients grâce à cette nouvelle alternative écologique.
«On espère que plus de gens vont nous choisir au lieu d'autres maisons funéraires parce que j'ai l'exclusivité de cette machine pour la région de Granby. On s'attend à augmenter notre clientèle grâce à ceux qui viendront chez nous pour la bio-crémation», a confié M. Le Sieur.