C'est avec fierté que la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, a évoqué les points saillants de la plus récente mouture du plan d'urbanisme qui doit être adopté en avril.

Plan d'urbanisme: les Bromontois se prononceront en mars

Plus de sept ans après avoir intégré la MRC Brome-Missisquoi, Bromont entame la phase finale pour faire concorder son plan d'urbanisme avec le schéma d'aménagement et de développement (SAD) de celle-ci. Pour boucler la boucle, la Ville devra notamment tenir une séance de consultation publique. Cette rencontre citoyenne est prévue le 6 mars, alors que l'adoption du nouveau plan est envisagée à la séance ordinaire du conseil d'avril.
Bromont a commencé à plancher sur la refonte de son plan d'urbanisme en 2013, privilégiant son plan de développement durable adopté au cours de l'année précédente. C'est avec fierté que la mairesse Pauline Quinlan a évoqué, lors de la séance du conseil de lundi, les points saillants de ce nouveau modèle d'urbanisation, accessible intégralement sur le site de la Ville. 
« On innove à Bromont parce qu'on mise sur une approche de zonage basée sur les unités de paysages. Une première au Québec, a-t-elle fait valoir. (...) Et pour les citoyens, on va vulgariser l'information. À partir du rôle d'évaluation et de la matrice graphique, on va intégrer les données pertinentes au zonage pour chacune des propriétés. Ça va vraiment permettre aux citoyens d'aller beaucoup plus loin dans les connaissances de leur réalité en pouvant consulter ces outils. »
Ainsi, « plus spécifiquement, les aires de paysages sont découpées en fonction des composantes du milieu naturel, des caractéristiques architecturales des bâtiments et en fonction de la morphologie du territoire au lieu de la méthodologie conventionnelle basée sur la ségrégation des usages », peut-on lire dans le volumineux document.
Zone grise
Bromont a intégré la MRC Brome-Missisquoi en janvier 2010. Selon les données obtenues de la MRC, la moyenne des délais de concordance des municipalités au SAD est de 3,2 ans. Contrairement aux 20 autres municipalités de la MRC, Bromont n'avait pas à se plier aux exigences de son SAD concernant le développement de son territoire. En fait, parce que la concordance de ses règlements n'avait pas encore été faite avec la MRC Brome-Missisquoi, Bromont devait se plier au schéma d'aménagement de la MRC de la Haute-Yamaska. Mais pas à sa nouvelle version adoptée en décembre 2014. Bromont était plutôt liée au schéma adopté en 1988 qui laisse les municipalités construire partout en zone blanche. Ce flou a perduré jusqu'en janvier 2016. Un premier projet de concordance du plan d'urbanisme de Bromont avait par ailleurs été rejeté en février 2014 par le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT). Le Ministère jugeait que le périmètre d'urbanisation proposé était trop grand pour les besoins en matière de développement résidentiel.
Ainsi, une série d'avis de motion concernant la plus récente mouture du plan d'urbanisme de Bromont a été entérinée par les élus lundi. Idem pour une série de projets de règlements. Ces avis de motion font en sorte que les permis ainsi que les certificats désormais délivrés seront assujettis à la double conformité, soit aux règlements de zonage et de lotissement en vigueur depuis 2003 puis à ceux qui viennent d'être adoptés.
Croissance
Les projections de croissance de Bromont sont au coeur du nouveau plan d'urbanisme de la municipalité. Voici quelques-uns des faits saillants à ce chapitre. 
Bromont met notamment en relief l'ascension prévue dans le marché résidentiel. On y note entre autres les estimations de la MRC Brome-Missisquoi voulant que « les besoins au niveau résidentiel pour les 15 prochaines années soient de 3600 unités (logement). » De plus, « environ 300 nouveaux logements pourraient se retrouver à l'extérieur des limites du périmètre d'urbanisation au cours des prochaines années. »
Parmi les principaux axes de développement, on souligne notamment que « la consolidation des futurs développements résidentiels doit se faire à même le quartier durable du centre-ville, dans les secteurs Champlain, Lotbinière et Shefford. Une diversification et un renforcement de la présence des activités commerciales de proximité et du pôle institutionnel y sont aussi prévus. Le noyau villageois d'Adamsville, pour sa part, nécessite l'établissement de nouveaux commerces de proximité afin de renforcer sa centralité et encourager l'arrimage avec le tissu urbain existant. »
De plus, il est question d'une reconfiguration du boulevard Bromont afin de « le rendre plus sécuritaire et plus attractif ». En ce sens, Bromont veut préconiser des aires destinées aux piétons et aux cyclistes. De même, la sortie 74 « doit être revue dans le but de créer un véritable pôle de transport en commun et de transit. Des usages commerciaux connexes au domaine du transport doivent être autorisés de même qu'une optimisation de la configuration des aménagements routiers. » Idem pour la sortie 78, où la signalétique devrait être revue « pour inciter les piétons à s'y déplacer en toute sécurité ».