La compagnie Sani-Éco entend investir pour moderniser les équipements de son centre de tri de Granby.

Plan de modernisation pour Sani-Éco

La compagnie Sani-Éco veut moderniser son usine de Granby pour améliorer le tri des matières recyclables traitées. Elle pourrait ainsi offrir des ballots de papier exempts de contaminants, une exigence de clients québécois ou internationaux, dont l’important marché chinois.

« On a des améliorations à faire dans notre centre de tri. On travaille là-dessus », explique Julie Gagné, directrice des opérations pour Sani-Éco. L’investissement dépend toutefois de plusieurs facteurs, dit-elle : renouveler la convention collective de la soixantaine d’employés et conserver le contrat de collecte sélective pour les huit municipalités de la MRC de La Haute-Yamaska pour les trois prochaines années.

Les négociations ont cours depuis quelques mois avec le syndicat Unifor. Le contrat de travail des employés est échu depuis l’automne. Une rencontre est prévue dans les prochains jours, a dit Mme Gagné. Elle n’a pas voulu commenter la teneur des discussions.

La MRC annoncera dans les prochaines semaines, au terme de l’analyse des soumissions reçues, quelle entreprise se chargera de la collecte sélective sur son territoire. Sani-Éco, qui dessert les huit municipalités de la MRC depuis de nombreuses années, est sur les rangs pour ce contrat tout comme les compagnies Matrec et Ricova.

Sani-Éco tente de garder la tête hors de l’eau dans la foulée de la crise du papier. La hausse l’automne dernier des exigences des acheteurs chinois de papier à recycler a eu comme effet de faire perdre des contrats aux centres de tri du Québec. Les ballots de papier qui sortent de leurs installations contiennent trop de matières autres que du papier, rendant leur exportation vers la Chine impossible.

Les acheteurs chinois exigent des taux de contamination inférieurs à 0,5 % des ballots de papier. Les opérations de tri des matières recyclables chez Sani-Éco permettent d’obtenir des taux de contamination de 10 %. « C’est impossible d’atteindre moins d’un pour cent », indique Mme Gagné. « Pas avec les matières qu’on nous envoie. Il faudrait que les gens fassent un meilleur tri à la maison. »

Habitudes à revoir
Si les installations de tri nécessitent des équipements plus modernes, dit Mme Gagné, les habitudes de certains citoyens nuisent à l’efficacité des opérations, soutient-elle. Plusieurs sacs Publisac remplis de circulaires défilent sur les convoyeurs. Certains sacs finissent entassés dans des ballots de 750 kilos, signale-t-elle. C’est sans compter tous les autres sacs déposés dans les bacs bleus.

« Les citoyens peuvent nous aider. Ils doivent vider leurs Publisac et mettre tous leurs sacs de plastique dans un seul. Ça va améliorer de beaucoup le tri qu’on fait », dit Mme Gagné.

Pour améliorer son tri, Sani-Éco a réduit la vitesse de ses convoyeurs. Elle a également ajouté du personnel dédié au tri. Considérant l’impossibilité d’exporter ses ballots de papier vers la Chine, l’entreprise les envoie au centre de tri de Récupération Frontenac à Thetford Mines. Là, ils sont à nouveau passés au tri. Les ballots sont ensuite acheminés aux papetières de la région de l’Estrie. Ces entreprises utilisent les fibres du papier pour en fabriquer d’autres.

« On sort de l’argent de nos poches. Mais c’est la meilleure solution qu’on a trouvée. On n’a pas la place pour les entreposer et attendre que le marché s’ouvre à nouveau », a indiqué Mme Gagné.

Sani-Eco éprouve peu de difficulté à trouver des débouchés pour les autres matières triées à ses installations, assure Mme Gagné.

Le futur investissement de Sani-Éco ciblera des équipements à lecteur optique permettant d’améliorer considérablement le tri, selon Mme Gagné.

BROME-MISSISQUOI INTÉRESSÉE PAR RÉCUPÉRATION 2000

Récupération 2000 pourrait passer sous le giron de la MRC de Brome-Missisquoi. L’organisme étudie la possibilité d’acheter l’entreprise qui s’est placée sous la protection des tribunaux le temps de préparer une offre de remboursement à ses créanciers.

En assemblée mardi, les maires de la MRC ont convenu de mandater la firme Raymond Chabot Grant Thornton pour évaluer les états financiers de Récupération 2000 ainsi que ses actifs. L’entreprise, qui aurait une dette de huit millions de dollars, a informé ses créanciers et clients au début du mois de juin qu’elle pourrait cesser ses opérations à la fin du mois. Incapable de rentabiliser ses activités, elle encaisserait des pertes de 80 000 $ par mois, rapportait mercredi Radio-Canada.

« Le but, c’est de sauver l’entreprise pour qu’elle continue de donner des services à nos populations », explique le maire de Bedford, Yves Lévesque. « On ne veut pas se substituer au secteur privé. On souhaite qu’une autre entreprise achète Récupération 2000. Mais si ce n’est pas le cas, on doit être prêts. La collecte sélective doit se poursuivre. On ne peut pas revenir 20 ans en arrière et enfouir nos matières recyclables. »

M. Lévesque estime que le gouvernement du Québec doit injecter plus d’argent dans ses programmes de modernisation de centres de tri. « Il y a une crise. Québec doit agir », dit-il.

La Cour supérieure décidera mardi si elle accorde un délai de 45 jours à Récupération 2000 pour que celle-ci dépose une offre à ses créanciers.