Mairesse de Bromont depuis 1998, Pauline Quinlan espère un jour assister à la parité hommes-femmes en politique.

Plaidoyer pour les femmes en politique

Témoignant de leurs expériences respectives comme mairesses, Francine Ruest-Jutras et Pauline Quinlan ont livré de puissants plaidoyers sur l'importance des femmes en politique municipale, lors d'une soirée-conférence tenue mardi soir au Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin.
Pilotée par le comité Femmes et gouvernance locale de l'Union des municipalités du Québec, la tournée « Élections 2017 - Ça prend des femmes comme vous ! » était alors de passage à Granby. 
« Quand on regarde les statistiques au niveau de la mairie, les femmes représentent à peu près 17 % des personnes qui occupent ces postes-là. Et elles forment à peu près le tiers - 32 % - des conseillers. On voit qu'il y a encore pas mal de chemin à parcourir », estime Mme Ruest-Jutras, qui a dirigé la Ville de Drummondville entre 1987 et 2013. 
« C'est pour ça qu'on se dit que si les gens connaissent davantage la politique municipale, comment les champs d'intervention se sont élargis, ça risque davantage de les intéresser. Et évidemment, ce qu'on vise, c'est des candidatures féminines. »
Mairesse de Bromont depuis 1998, Pauline Quinlan espère un jour assister à la parité hommes-femmes en politique. « Ça prend des femmes inspirantes pour en inspirer d'autres. Comme Mme Ruest-Jutras, qui m'avait inspirée en 1998 (...) Et je pense que les messages passent de la part de femmes qui ont vécu de belles expériences », souligne celle qui tirera sa révérence en novembre. 
« Ce qui est intéressant quand on regarde le portrait, c'est qu'il y a de plus en plus de femmes qui se présentent. Ça nous fait dire qu'il y a de l'espoir », ajoute Francine Ruest-Jutras, qui aura été la première femme à siéger au conseil de Drummondville. 
Les femmes doivent évidemment composer avec une réalité différente de celle des hommes. La conciliation travail-famille est notamment un défi de taille. 
« Pour moi, les femmes ont fait beaucoup de progrès, affirme toutefois Mme Quinlan. Je sens moins la barrière des préjugés masculins. C'est beaucoup moins présent. Mais il faut que la femme ait l'appui du conjoint lorsqu'elle décide de se lancer. »
Pionnières dans leurs milieux 
Une cinquantaine de personnes, majoritairement des femmes, ont assisté au témoignage livré par Francine Ruest-Jutras. De nombreux élus municipaux de la région, de même que des aspirants maires et conseillers, étaient parmi la foule. 
La conférencière est revenue sur ses débuts politiques comme conseillère en 1983. « J'avais réalisé que les villes, nos municipalités, sont le premier point d'ancrage de la participation citoyenne. Et qu'elles sont aussi un creuset de solidarité et d'innovation », a-t-elle fait valoir. 
Candidate « au profil de péquiste » en lice dans un quartier « qui vote toujours libéral », elle a néanmoins obtenu une majorité absolue dans son district. 
Loin de se laisser décourager dans les moments plus difficiles, Mme Ruest-Jutras est devenue, quatre ans plus tard, l'unique mairesse de Drummondville à ce jour. En 2002, elle a de nouveau abattu des barrières en devenant présidente de l'Union des municipalités­ du Québec (UMQ).
Pauline Quinlan a aussi pris la parole en cours de soirée. Au fil d'une carrière qui s'achèvera bientôt, elle aura su se frayer un chemin dans les hautes sphères politiques, participant même à la Conférence de Paris sur les changements climatiques en tant que représentante de la Fédération­ canadienne­ des municipalités.
Ce fut d'ailleurs un grand honneur pour la mairesse de Bromont de recevoir, plus tôt cette année, le prix Francine-Ruest-Jutras, remis par l'UMQ.
Le cas de Granby
Une vingtaine de conférences sont à l'horaire dans le cadre de la tournée « Élections 2017 - Ça prend des femmes comme vous ! », allant de Rouyn-Noranda à Chicoutimi, en passant notamment par Victoriaville. « Comme c'est une année électorale, on voulait s'impliquer sur un maximum de fronts », explique la chargée- de projet Isabelle Langlois. 
Présidente de l'Association féminine d'éducation et d'action sociale (AFEAS) de Granby, Cécile Duval a lancé les démarches afin que la tournée s'arrête dans sa municipalité. « À la dernière élection ici à Granby, en 2013, il n'y a eu aucune femme élue. Pourtant, il y avait 12 candidatures féminines. Ça complique la vie, parce que c'est bien qu'il y ait un point de vue féminin au conseil », souligne-t-elle. 
Julie Bourdon et Denyse Tremblay ont plus tard été choisies lors d'élections partielles. 
Étroitement impliquée dans l'instauration d'une politique Égalité au conseil municipal de Granby, Mme Duval souligne que les électeurs auront à nouveau des choix à faire au début novembre. « Avoir des candidates, c'est bien. Mais si elles ne sont pas élues, ça n'avance à rien », estime-t-elle. Jonathan Gagnon