Yan Sheehy et Yan Désautels se désolent de la mort quasi annoncée du projet qui visait la bonification et l’agrandissement­ du skatepark de Granby.

Plaidoyer pour le skatepark

La mort quasi annoncée du projet qui aurait permis de bonifier et agrandir le skatepark de Granby désole deux adeptes de longue date, Yan Désautels et Yan Sheehy. Si l’endroit n’est pas agrandi, les installations actuelles pourraient à tout le moins être améliorées, croient-ils.

« Il ne faut pas lâcher. À la limite, on peut juste améliorer l’existant. Y aller de façon graduelle et mettre à jour un coin à la fois », a déclaré à La Voix de l’Est, Yan Sheehy, qui se décrit comme un passionné de skateboard. Il est aussi propriétaire de la boutique Spin Limit.

Le maire de Granby, Pascal Bonin, a affirmé la semaine dernière que le projet, dans l’air depuis deux ans, ne pourra pas être réalisé, car les coûts sont trop élevés. Une opinion que ne partage toutefois pas le conseiller municipal qui pilote le comité des travaux publics, Éric Duchesneau. Celui-ci continue à croire qu’il est possible d’améliorer le site actuel, tout en respectant le budget.

À l’origine, la Ville souhaitait aménager pour les adeptes de planches à roulettes une structure de béton de type « piscine » à la californienne. Une enveloppe de 150 000 $ y avait été consacrée. La présence de conduites souterraines sur le site projeté pour cette installation, non loin du skatepark actuel, rue Saint-Urbain, a toutefois fait bondir les coûts. Ce qui a incité les élus à réserver 300 000 $ pour le projet.

Yan Désautels affirme toutefois avoir eu des discussions avec des représentants de la Ville à l’époque. « Ça ne faisait pas de sens d’avoir deux skateparks séparés par un stationnement. Ce n’était pas sécuritaire et pas pratique », dit-il.

Scénarios
Par la suite, différentes options ont été analysées, allant du skatepark intérieur à l’agrandissement du site actuel. Aux yeux de Pascal Bonin, il est toutefois impossible de réaliser le projet en deçà du budget prévu.

Si un des scénarios étudiés par la Ville présente des coûts supérieurs à 300 000 $, d’autres sont toutefois inférieurs à 150 000 $, incluant l’ajout d’une « piscine », selon des estimés produits pour la Ville, dont La Voix de l’Est a obtenu copie. À cela, il semble qu’il faudrait toutefois ajouter les coûts associés au déplacement d’une partie du parc à chiens, voisin du skatepark, pour permettre son agrandissement.

Une option que privilégie Éric Duchesneau. « Il ne m’a pas été démontré que ce n’était pas possible de le faire avec le budget actuel de 300 000 $. La majorité de la clôture et de la végétation peut probablement être réutilisée », a-t-il récemment déclaré.

Quoi qu’il en soit, Yan Désautels, qui forme des moniteurs de skateboard au Québec, ainsi que Yan Sheehy affirment que les adeptes de planches à roulettes avaient au départ demandé un éclairage plus adéquat le soir. Et ils craignent que, dans les circonstances actuelles, le budget profite à un tout autre projet de la Ville.

Selon eux, les installations actuelles pourraient être revampées. Mais l’ajout d’un deuxième skatepark, plus petit, dans le haut de la ville, pourrait aussi être considéré pour les jeunes qui ont de la difficulté à se déplacer rue Saint-Urbain.

« Ça [le skateboard] va être aux Olympiques. Ce n’est pas juste une tendance. Le skatepark est occupé tous les jours. Il y a du monde le matin, le midi, le soir. Le skate est fort à Granby », lance Yan Désautels qui, en 1998, avait milité pour l’implantation du skatepark.