Le producteur de spectacles John Tétreault s’est associé avec l’agence Boomerang pour monter d’un cran la qualité des spectacles présentés à l’église Saint-Georges.

Place St-Georges: par ici les artistes !

D’importants changements interviennent à l’église anglicane Saint-Georges située sur la rue Principale à Granby. Les responsables du bâtiment religieux qui accueille des événements culturels depuis plus de trois ans ont décidé de mettre les deux pieds dans le réseau des salles de spectacles en s’associant à l’agence Boomerang. Question de marquer le coup, le volet artistique plus professionnel des activités de l’église s’appellera désormais Place St-Georges.

John Tétreault veut jouer dans les ligues majeures. Producteur de spectacles à l’église Saint-Georges et directeur de la fabrique depuis peu, il s’est récemment associé avec Philippe Cournoyer, propriétaire de l’agence artistique Boomerang, pour faire évoluer le volet spectacles de l’église. « Pourquoi avoir changé le nom ? C’est simplement parce que le mot église peut faire peur à certains artistes. Ça va nous permettre d’amener de plus gros noms ici », explique M. Tétreault.

Intime

Ce dernier souhaite profiter de la demande actuelle pour une salle de spectacle professionnelle plus intime que le Palace. « Les gens ne savent pas qu’il y a déjà une salle comme ça à Granby, mais on va la faire connaître ! » lance-t-il.

Le producteur souhaite toutefois entretenir une relation de bon voisinage avec son voisin. Les deux salles de spectacles devraient collaborer à l’occasion. « Il y a des artistes qui se sentent perdus au Palace ; plutôt que de les refuser, ils vont nous les recommander. Même chose de notre côté, si nous avons des appels pour des shows qui sont trop grands pour nous », explique-t-il.

Des discussions sont en cours pour monter la programmation des prochains mois. La Place St-Georges accueillera un premier spectacle sous cette appellation le 16 février avec le spectacle du chanteur et leader de la formation Jonas & the Massive Attraction, Jonas Tomalty. D’autres gros noms circulent pour les prochains mois, laisse savoir le producteur.

L’équipement de la salle sera également renouvelé. La Place St-Georges acquerra un nouveau système d’éclairage, un système de son plus performant devrait être installé à temps pour le spectacle de Jonas Tomalty et les producteurs feront appel à un technicien sonore plus expérimenté pour l’opérer.

Communautaire

L’église Saint-Georges s’était peu à peu forgée la réputation d’offrir aux artistes une salle à prix modique à Granby et dans les environs. Un montant était simplement prélevé sur le prix du billet, sans coût de location. Bien que la formule utilisée par la Place St-Georges ressemblera davantage à une salle de spectacles classique avec un coût pour la location et un pourcentage prélevé sur chaque billet, John Tétreault tenait à maintenir l’accessibilité de la salle. « Je laisse toujours la place aux artistes locaux. Par contre, ce sera des spectacles à l’église et non à la Place St-Georges », précise-t-il.

Le producteur rappelle que le projet est avant tout motivé par la volonté de maintenir à flot les finances de l’église. « L’Église anglicane, comme l’Église catholique, est en mode fermeture. [...] Ce qu’on vise, c’est d’être autonome financièrement », rappelle John Tétreault, qui est également un fidèle de l’église Saint-Georges depuis de nombreuses années.

Pour atteindre cet objectif, M. Tétreault estime que la place St-Georges devra accueillir une quarantaine de spectacles par année. Il vise toutefois atteindre la moitié de ce chiffre en 2019.

Cette entrée d’argent pourrait également devenir un moteur pour d’autres projets que les paroissiens chérissent depuis plusieurs années. Notamment l’idée de cultiver des jardins communautaires à l’arrière de l’église et de rendre l’entrée du site plus conviviale. « C’est le moteur pour ramener toute une vie communautaire autour de l’église ! », avance-t-il.

Maison de Dieu

John Tétreault le reconnaît : convaincre les paroissiens des bienfaits du projet n’a pas été une mince tâche. Au fil des ans, des spectacles ont offusqué certains fidèles et des modifications apportées au lieu sacré ont causé de la grogne au sein de la communauté anglicane. Les bancs d’église ont notamment été remplacés par des chaises, plus faciles à déplacer et à entreposer. « Ça m’a pris un an pour convaincre tout le monde. [...] Maintenant on commence l’année plus en paix », reconnait-il.

M. Tétreaut a toutefois pu compter sur le soutien du prêtre Richard Gauthier dans le cheminement du projet. « Les changements amènent toujours un peu d’inquiétude, les gens étaient inquiets de briser la coquille, mais les résultats sont très positifs, explique l’homme d’Église. Pour moi, c’est une façon d’ouvrir l’église à la communauté et de lui assurer un avenir. Le plus important c’est la spiritualité : parfois un très beau spectacle permet d’ouvrir son cœur, c’est également une façon de vivre sa spiritualité », ajoute Richard Gauthier.