Le dossier de l'aménagement d'une piste multifonctionelle rue Léger a, une fois de plus, occupé une part importante de la séance du conseil municipal à Granby.

Piste multifonctionnelle rue Léger: les élus gardent le cap

Le conseil municipal de Granby a gardé le cap et a adopté à l'unanimité lundi soir le règlement d'emprunt de 2,7 millions$ qui permettra d'effectuer des travaux dans la rue Léger, incluant l'aménagement de la controversée piste multifonctionnelle au coût de 170 000$.
La décision a été accueillie par quelques applaudissements. Mais comme lors des séances précédentes du conseil, les résidants de la rue Léger ont profité de la période de questions pour exprimer leurs craintes, voire leur opposition au projet.
Se décrivant comme un sportif, Jean Dufresne a dit avoir «peur d'être mis dans le carcan d'une piste multifonctionnelle». «Avoir une belle rue large, ça me va. Des lignes? Je pense que personne ne rouspéterait. Mais pourquoi vous nous mettez dans un carcan? (...) Vous mettez ma sécurité en danger en me mettant dans une piste où je ne peux pas sortir n'importe quand», a-t-il laissé tomber en faisant allusion à la bande de béton qui séparera la chaussée de la piste multifonctionnelle.
Le maire Pascal Bonin a assuré suivre les «recommandations des spécialistes» qui préconisent ces bandes de béton pour éviter les contacts directs entre les automobilistes et les usagers de la piste.
Un autre résidant, David Beaudin, a pour sa part affirmé que les cyclistes aguerris n'utiliseront tout simplement pas la piste multifonctionnelle, car elle sera trop «dangereuse».
Reproches
Au cours de la soirée, les membres du conseil ont par ailleurs dû essuyer plusieurs reproches de citoyens qui jugent que le plan de mobilité active - qui prévoit l'aménagement au fil des ans d'autres pistes semblables dans les rues Bourget, Lemieux, Mountain, Robitaille, Saint-Hubert et Simonds - aurait dû faire l'objet d'une vaste présentation publique, soit à l'ensemble de la ville. «Le temps nous est compté. On doit aller en appel d'offres. Il faut réaliser les travaux avant la fin de l'année. Je n'ai plus de jeu. Ce n'est plus le temps de faire des consultations», a fait valoir le maire Bonin.
Détail: le plan a néanmoins été déposé par les élus hier soir, de sorte qu'il pourra maintenant être consulté sur le site Internet de la Ville.
Registre
Les citoyens de tous les secteurs de la ville qui souhaitent s'opposer au projet pourront se manifester les 11 et 12 juillet prochains, alors qu'un registre sera tenu dans la salle du conseil municipal, entre 9 h et 19 h.
Un mouvement de protestation semble d'ailleurs vouloir s'organiser. Des feuillets ont été produits pour inviter les Granbyens à mettre un frein au projet. Plus de 1200 signatures au registre seront nécessaires pour inciter le conseil municipal à décréter un référendum ou à refaire ses devoirs.
«Oui à une piste au bon endroit», «Non à une piste multifonctionnelle sans début et sans fin», «Non au remplacement de surfaces gazonnées par du bitume», peut-on entre autres lire sur le feuillet dont une copie a été acheminée à La Voix de l'Est.
Outre l'aménagement d'une piste multifonctionnelle, le projet de la rue Léger prévoit le prolongement des infrastructures d'aqueduc et d'égout sur un segment de la rue et des travaux de voirie sur un autre.
Le règlement d'emprunt a été adopté lundi soir en l'absence de la conseillère municipale Denyse Tremblay, pour qui le dossier a des airs de déjà-vu. Les résidants du boulevard de l'Estrie, où elle habite, ont multiplié les actions à une époque, allant jusqu'à déposer une demande d'injonction en 2010 pour empêcher la Ville d'aménager un lien cyclable entre le parc Daniel-Johnson et le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin pour relier la Granbyenne. Le lien a finalement été réalisé rue Drummond. Les deux dossiers sont toutefois différents, a brièvement commenté Mme Tremblay le mois dernier.