Malgré une investigation du coroner, on ignore toujours la raison pour laquelle Normand Boire a marché sur la route 235 à Saint-Pie plusieurs heures le 20 novembre 2016 avant d’être heurté par quatre véhicules différents.

Piéton happé par quatre voitures à Saint-Pie: le mystère persiste toujours

Le mystère persiste à la suite du décès d’un sexagénaire retrouvé inerte sur la route 235 à Saint-Pie en novembre 2016. Quatre véhicules l’ont happé ou ont roulé sur lui. L’investigation du coroner n’a pas permis de comprendre pourquoi l’homme s’est retrouvé dans ce secteur où il a marché sur la voie publique ou à proximité de celle-ci durant une longue période ce jour-là.

Normand Boire, 60 ans, avait obtenu son congé de l’hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe le jour même de son décès. L’homme, qui était connu pour des antécédents de maladies cardiaque et pulmonaire, avait été admis aux urgences le 19 novembre en soirée pour des essoufflements. Après un traitement, il avait reçu son congé dans la nuit du 19 au 20 novembre. 

Comme il en avait l’habitude, il avait quitté l’hôpital à pied. À plusieurs occasions par le passé, il avait marché les 24 kilomètres qui séparaient le centre hospitalier de son domicile à Mont-Saint-Hilaire, écrit le coroner Ethan Lichtblau, dans son rapport d’investigation récemment rendu public. 

Les policiers de la Sûreté du Québec avaient reçu l’appel d’un conducteur le 20 novembre vers 21 h 24. Il avait vu ce qu’il croyait être un animal habillé en humain par des plaisantins sur la chaussée de la route 235 à Saint-Pie, près du Grand rang Saint-François.

Il avait réussi à l’éviter et s’était arrêté plus loin pour signaler la situation aux policiers. Au moment où cet automobiliste s’était approché de la scène, deux véhicules sont passés et l’ont percuté tour à tour. 

Le premier véhicule a poursuivi sa route sans s’arrêter, tandis que le second s’est immobilisé. Lors du deuxième impact, le corps a été projeté dans la voie inverse où une camionnette et une voiture ont aussi roulé sur lui. Le conducteur de la camionnette ne s’était pas arrêté, mais celui de la voiture s’était rangé sur l’accotement.

C’est en s’approchant davantage que les conducteurs ont réalisé qu’il s’agissait d’un corps humain. Grâce à son bracelet de l’hôpital, les policiers ont obtenu certaines informations sur son identité. Le pathologiste qui a réalisé l’autopsie a établi que M. Boire était vivant lorsqu’un premier véhicule l’a happé, mais l’étendue des blessures l’empêche de déterminer s’il était étendu au sol ou s’il était debout. Il conclut à un décès attribué à un polytraumatisme contondant extensif. 

Sur la route 235 depuis des heures

« Suite à la diffusion de l’accident dans les médias, de nombreuses personnes contactent les policiers et affirment avoir aperçu un homme correspondant à la description de M. Boire, marchant en bordure de la route 235, à compter du matin du 20 novembre jusqu’aux environs de 21 h 15. Plusieurs affirment l’avoir vu marcher sur la ligne blanche de l’accotement et d’autres dans les voies de circulation. Certains l’évitent à la dernière minute puisqu’il n’est pas bien visible, habillé en foncé dans l’obscurité avec le mélange de pluie et de neige qui tombent. »

Un des conducteurs qui ne s’était pas arrêté a été retrouvé. Il a raconté que le soir de l’accident, juste avant d’arriver près d’une voiture dont les feux clignotaient en bordure de la route 235, il a senti un impact « comme s’il frappait une chaîne de trottoir. Il pense qu’il a frappé un animal, peut-être une marmotte ou un raton laveur », rapporte le coroner Lichtblau.

Sa voiture a été endommagée et c’est chez son garagiste où il l’a fait réparer que le mécanicien a trouvé une poche de vêtement prise sous le véhicule. À l’intérieur, il a retrouvé le porte-feuille avec des cartes d’identité appartenant à Normand Boire. 

Il n’a pas été possible de savoir auprès de la Sûreté du Québec jeudi si des accusations pourraient être retenues contre le conducteur. 

Le coroner explique dans son rapport qu’on « ignore la raison pour laquelle M. Boire marche sur la route 235 depuis au moins le matin du 20 novembre », peut-on lire dans le document. « Les dernières 24 heures de la vie de M. Boire sont quelque peu imprécises », affirme le docteur Lichtblau.