Pertes d'emploi, hausse de tarifs, bilan économique catastrophique: le libéral Pierre Paradis a été sans pitié à l'égard du gouvernement péquiste, en rappelant que celui-ci était minoritaire.

Pierre Paradis sollicite un 11e mandat

Depuis quelques semaines, tout indiquait que Pierre Paradis solliciterait un onzième mandat dans Brome-Missisquoi. Mais le principal intéressé et son équipe ont maintenu le suspense jusqu'à la toute dernière minute avant de donner le coup d'envoi à sa campagne électorale hier, à l'Auberge des Carrefours à Cowansville.
Près de 200 personnes, dont plusieurs maires, étaient présentes pour entendre l'allocution de l'élu sortant, qui dit avoir toujours la passion de représenter ses concitoyens. «Être candidat, c'est prendre un bail pour quatre années, a-t-il rappelé en remerciant ses collaborateurs. Ça implique donc la famille. Je me souviens, quand j'ai commencé en politique, il y a 34 ans, j'ai demandé à ma femme de me donner dix ans en politique. Elle m'a donné dix mandats!»
Pertes d'emploi, hausse de tarifs, bilan économique catastrophique: le libéral a été sans pitié en concentrant ses attaques sur le gouvernement péquiste. «Le peuple a fait preuve de prudence et de sagesse en le mettant sous surveillance, a-t-il affirmé. Et qu'ont-ils [les élus du PQ] fait durant leur mandat? Ils ont saboté l'économie et les systèmes de santé et d'éducation, ils ont attaqué la cohésion sociale et diminué l'ouverture du Québec sur le monde.»
M. Paradis a brièvement abordé le sujet chaud de la Charte des valeurs, des valeurs «péquistes et non québécoises». Rappelant que même au sein du gouvernement, celle-ci ne fait pas l'unanimité, il a ensuite indiqué qu'il «me faudrait pratiquement l'immunité parlementaire pour dire ce que j'en pense».
Pour lui, les élections générales constituent «la fuite en avant» du gouvernement, qui ne veut pas faire «face à ses responsabilités».
«Pendant que le Parti québécois détruisait l'économie et créait une crise identitaire, on a travaillé sur une équipe et bâti un programme qui nous ressemble et qui nous rassemble, a-t-il poursuivi. On a mis ensemble la meilleure équipe pour défendre les intérêts de chacune des régions du Québec à l'intérieur du Canada.»
Le candidat libéral s'est fait beaucoup plus succinct dans ses attaques à l'endroit de la Coalition avenir Québec. «Si vous avez envie de voter péquiste, faites-le directement!» a-t-il lancé.
Promesses
L'homme politique compte faire campagne dans Brome-Missisquoi (Shefford), tel qu'il a proposé de renommer la circonscription dans un projet de loi déposé il y a quelques semaines. Ce processus sera à recommencer, mais M. Paradis est confiant qu'il recevra l'aval de ses collègues à ce sujet.
Entre autres engagements, il souhaite terminer le développement de l'autoroute 35 et prolonger la route 139 jusqu'à l'autoroute 20. Il souhaite aussi que des travaux de réfection majeurs soient effectués sur l'ensemble du réseau ferroviaire de la région et militera en faveur de l'aéroport de Bromont, de même qu'il appuiera la candidature de Bromont aux Jeux équestres de 2018.
Assurer les soins de santé à la population, particulièrement à la clientèle vieillissante de Brome-Missisquoi, figure aussi parmi ses priorités alors qu'il a réitéré une promesse d'obtenir 40 lits en soins longue durée à Cowansville et 20 à Bedford, même si le Parti québécois a sabré dans ce projet. «Il faut être tenaces, mais les besoins sont là, alors nous les aurons!» a-t-il lancé.
M. Paradis a fini son allocution en rappelant que les citoyens de Brome-Missisquoi sont accueillants et chaleureux, mais les a invités à voter pour le seul candidat local. Ses adversaires caquiste et péquiste, François Lemay et René Beauregard, maire de Saint-Joachim-de-Shefford, demeurent tous les deux à l'extérieur de la circonscription.
Comment Pierre Paradis conçoit-il la candidature de ce dernier?
 «Je ne sais pas, je ne vais pas en campagne contre quelqu'un, j'y vais pour défendre mes valeurs, les valeurs libérales.»
Élu sans interruption depuis 34 ans
Élu député de Brome-Missisquoi sous la bannière libérale lors d'une élection partielle en 1980, M. Paradis a régné sans interruption depuis sur la circonscription. L'avocat de formation a dirigé au cours des années 1980 les ministères de la Main-d'oeuvre et de la Sécurité du revenu, du Travail, des Affaires municipales, de l'Environnement et de la Faune, de même qu'il a été ministre responsable de l'Habitation et leader parlementaire. Puis, sous le règne de Jean Charest, il a été membre de la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation. M. Paradis a toutefois repris du galon avec l'arrivée de Philippe Couillard, alors qu'au cours de son dernier mandat, il a été nommé porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances et d'énergie.
Aux élections de 2012, la partie a cependant été très serrée, alors que M. Paradis n'a conservé son siège que par 303 votes.