Pierre Breton a dressé son bilan de session parlementaire, vendredi.

Pierre Breton revient sur l’AEUMC

Pierre Breton a quitté pour la dernière fois, jeudi au terme de la session parlementaire, le bâtiment central du parlement d’Ottawa, qui fera l’objet d’importants travaux de rénovation au cours de la prochaine décennie. Le député de Shefford en a profité pour dresser son bilan de l’automne, vendredi.

Parmi tous les éléments relevés, il retient la signature du nouvel accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les États-Unis (AEUMC) dans les points forts de la session automnale. M. Breton assure que le nouvel accord est favorable aux industries exportatrices de la circonscription de Shefford qui représentent 50 % des 500 entreprises manufacturières.

« Sans entente de libre-échange, ça aurait voulu dire que ces produits-là n’auraient plus été achetés par les États-Unis parce que, tout d’un coup, les taxes auraient été trop importantes. On a un tissu industriel tellement dynamique et diversifié dans notre région que ça aurait eu des impacts catastrophiques. »

L’épine dans cette nouvelle entente est la question de la gestion de l’offre. Le défi demeure présent, avoue M. Breton, qui se montre toutefois optimiste que les producteurs laitiers auront leur juste part.

Le député libéral rappelle que, dès le départ, Donald Trump ne voulait plus de la gestion de l’offre au Canada et que, au final, ce système est resté en place, même s’il est ébréché.

« Ce qu’il est important de retenir, c’est qu’on travaille avec les producteurs laitiers au moment où on se parle. On était conscient qu’il y avait des impacts pour nos producteurs laitiers et c’est la raison pour laquelle notre premier ministre s’est levé et a dit qu’il y aura des compensations pleines et entières suite aux concessions faites dans le cadre de la renégociation. Et l’autre chose, c’est de parler de pérennité de l’industrie laitière. On veut parler de relève agricole, on veut parler de tous les sujets qui touchent nos producteurs laitiers. »

Quand, combien et comment sont des questions toujours en discussion.

Le goût du lait américain

Trois mois presque jour pour jour après une importante manifestation des producteurs laitiers et de leurs alliés dans les rues de Granby, Pierre Breton assume et défend toujours son geste d’avoir recraché une gorgée de lait américain sur scène, devant les 350 manifestants et les représentants des médias. L’image avait fait le tour du Québec. Questionné à ce sujet, le député répète que ce geste en était un de solidarité et qu’il a eu des répercussions inattendues, mais positives.

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Il explique avoir voulu montrer aux producteurs qu’il écoutait leurs préoccupations. « J’ai ramené à Ottawa les récriminations des producteurs laitiers. Un point qui était important pour moi était de leur dire qu’on a toujours le choix d’acheter un lait qui est canadien. Même chose quand on a des fraises américaines sur une tablette à côté de fraises locales. Si on est capable, on va acheter des fraises locales. »

Il était au courant de la planification de la manifestation plusieurs jours avant la tenue de celle-ci. Les organisateurs lui avaient demandé d’être sur scène avec eux et lui avaient assuré qu’il n’aurait rien à faire contre son gré. Par contre, M. Breton se doutait qu’une surprise l’attendait et il a compris laquelle lorsqu’il a vu le président des producteurs de lait du Québec, Yvon Boucher, recracher du lait américain.

« C’était un geste d’impact et je savais bien ce que ça pouvait faire. C’était réfléchi en dedans d’une minute et demie. De ne pas le faire, ça aurait pu fâcher les 300 personnes devant moi. J’ai eu plus de félicitations que je pensais et les reproches, je les compte sur les doigts d’une main. »

Pierre Breton est également revenu sur l’énoncé économique du ministre Morneau — le taux de chômage au Canada n’a jamais été aussi bas depuis 40 ans —, sur la première stratégie canadienne de réduction de la pauvreté, qui vise à réduire la pauvreté de 20 % d’ici 2020 et de 50 % d’ici 2030, et sur la lutte aux changements climatiques.

2019 est une année électorale et M. Breton est déjà prêt à s’y atteler. Les principaux dossiers sont réunis et l’équipe presque complète.