Pas moins de 174 tonnes de Phoslock ont été déversées dans le lac Bromont à la fin du mois d’octobre et au début du mois de novembre 2017, et ce, afin de neutraliser 1738 kilogrammes de phosphore.

Phoslock dans le lac Bromont: des premiers résultats positifs

L’épandage de Phoslock réalisé à l’automne dernier dans le lac Bromont semble avoir porté ses fruits. C’est du moins ce qu’indiquent les premiers résultats dévoilés samedi par l’Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) et les universitaires qui ont collaboré au projet.

Les résultats sur l’état du lac Bromont à la suite de l’épandage de Phoslock à l’automne étaient très attendus par les citoyens de Bromont, qui se sont déplacés en masse samedi matin à l’hôtel de ville pour assister au dévoilement.

Nette amélioration

Les chercheurs de l’UQAM et leurs collaborateurs qui réalisent quotidiennement des tests sur lac Bromont dressent un portrait positif de la situation, car ils ont constaté une nette amélioration de la qualité d’eau du lac dans les derniers mois. 

En juin 2017, lors des périodes de grande prolifération des algues bleues vertes se nourrissant de phosphore, les experts avaient calculé une teneur de 122 microgrammes de phosphore par litre. Le dernier test effectué le 16 mai dernier démontre plutôt une concentration de 23 microgrammes de phosphore par litre d’eau, situant ainsi le lac Bromont dans la catégorie « mésotrophe ». En d’autres termes, cela signifie que « la qualité de l’eau est bonne, mais qu’il faut y apporter une attention particulière », indique Dolores Planas, chercheuse en biologie spécialisée en écologie aquatique.

Le taux de phosphore n’a toutefois pas encore atteint son sommet estival. Les prochains tests permettront de dresser un portrait plus juste de l’évolution de la situation.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, s’est réjoui du résultat de l’opération, qui a en grande partie pu être réalisée grâce aux efforts soutenus de l’ACBVLB au fil des ans, mais également grâce au soutien de la Ville dans le projet de restauration de la qualité d’eau du lac. 

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, a souligné les efforts mis par l’ACBVLB au fil des ans.

Première au Québec

L’utilisation du Phoslock à Bromont était une première au Québec, ce qui n’a pas été sans poser quelques contraintes supplémentaires. 

À l’automne dernier, Santé Canada et Environnement Canada avaient exigé que soient fournis, suite à l’opération, cinq échantillons d’eau du lac montrant une concentration de lanthane inférieure à 25 microgrammes par litre. L’ACBVLB avait suspendu ses échantillonnages durant l’hiver et ce n’est qu’à la mi-mai que le cinquième échantillon a pu être envoyé. 

Comme l’explique le spécialiste en écotoxicologie Philipphe Juneau, bien que le taux de lanthane ne soit pas revenu à zéro, sa faible concentration ne représente plus un risque sanitaire. « Votre chien ou votre chat peuvent boire l’eau du lac sans aucun problème », explique-t-il. 

Le Phoslock restant se situe presque exclusivement près du fond du lac, ce qui signifie une bonne nouvelle pour le chercheur puisque c’est justement à cet endroit que se trouve le phosphore restant. 

Les restrictions en vigueur quant à la baignade et la consommation de poisson ont donc été levées et la plage municipale du lac Bromont devrait ouvrir comme prévu, soit le 23 juin. 

PHOSLOCK et LANTHANE

Le Phoslock est un composé chimique inventé en Australie qui permet de s’attaquer au phosphore contenu dans les sédiments des plans d’eau. 

Grâce au lanthane, principal élément chimique actif, le produit permet de former un « composé insoluble et biologiquement inerte », selon le site web de Phoslock. 

Pas moins de 174 tonnes de ce produit ont été déversées dans le lac Bromont à la fin du mois d’octobre et au début du mois de novembre 2017 afin de neutraliser 1738 kilogrammes de phosphore, selon les calculs des chercheurs de l’UQAM Philippe Juneau et Dolores Planas, qui sont associés au projet piloté par l’Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) depuis de nombreuses années. 

Cette opération a coûté plus de 600 000 $ à la Ville de Bromont, précise Michelle Champagne, vice-présidente de l’ACBVLB.