La phase III de l’autoroute 35 doit commencer en 2020.
La phase III de l’autoroute 35 doit commencer en 2020.

Phase III de l’autoroute 35: des ajustements à faire, selon Pike River

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
La troisième phase de construction de l’autoroute de la Vallée-des-Forts (A35), qui passera à Pike River et Saint-Armand, sera entamée en 2020. Lors d’une récente rencontre avec des représentants du ministère des Transports du Québec (MTQ), le maire de Pike River Martin Bellefroid a fait connaître quelques inquiétudes, qu’il a répétées à la séance du conseil des maires de la MRC Brome-Missisquoi le 21 janvier dernier.

La troisième phase de ce projet de longue haleine prévoit partir de la route 133, à Saint-Sébastien, et rejoindre l’intersection de la route 133 avec les chemins Champlain et du Moulin, à Saint-Armand, un tronçon de 8,9 km.

Le chantier inclura la construction d’un pont d’étagement au-dessus de la route 202 à Pike River — sans accès à l’autoroute — et d’un pont qui passera au-dessus de la rivière aux Brochets, ainsi que l’aménagement d’un échangeur à la jonction de l’A35, du chemin Champlain et de la route 133 à Saubt-Armand, et d’un carrefour giratoire à l’intersection 133/Champlain/du Moulin.

La construction du pont au-dessus de la rivière inquiète le maire Bellefroid puisque ses piliers, tels que dessinés pour le moment, mettent en danger d’inondation les maisons riveraines lors des périodes de crues.

« L’endroit où doivent se trouver les assises du pont, c’est un endroit où l’eau circule lorsqu’il y a des embâcles. S’ils font les assises normales, ils vont venir bloquer la zone où l’eau peut s’écouler. On veut s’assurer qu’ils ne les construisent pas de cette manière-là parce que l’eau pourrait refouler dans nos constructions sur le bord de la rivière. On a beaucoup de résidences qui sont déjà à la limite d’une zone inondable. »

Martin Bellefroid souhaite que le MTQ accepte de dépenser plus d’argent pour que le pont n’ait pas d’impact à long terme pour ses citoyens.

« Le ministère effectuera sa conception de manière à limiter les risques, et ce, en respect des normes et en tenant compte des dernières informations quant aux zones inondables », assure Karine Abdel, conseillère en communication au Service des communications métropolitaines et des projets stratégiques du MTQ.

Les plans du pont ne seraient pas encore complétés, indique le maire de Pike River, qui a rencontré les gens du MTQ conjointement avec des représentants de Saint-Sébastien.

Circulation lourde

M. Bellefroid est également préoccupé par le transport de matériaux pour le chantier.

« La dernière fois, ils ont transporté de la roche des carrières de Bedford pour faire les travaux de la route qui s’en va à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il y avait de gros inconvénients de vitesse et de nombres de passages dans le village. Pike River est un mini-village où il y a déjà beaucoup de camions, mais quand on en rajoute un à la minute, ça devient chaotique. Quand il y avait des gros pics de construction, c’était ça. On veut bien encadrer la façon dont ils vont transporter le matériel. »

Sa demande a été écoutée, même si le MTQ ne veut pas comparer les tronçons.

« Lors de la préparation des projets, le ministère s’assure que les accès et la circulation des camions sur le chantier et ses abords se feront de manière sécuritaire et optimale », répond Mme Abdel.

Le MTQ mentionne également qu’il s’assurera que les véhicules agricoles, activité économique principale à Pike River, puissent circuler lorsqu’il y aura des entraves. Les travaux du pont d’étagement qui passera au-dessus de la route 202 nécessiteront des détours. Par le passé, ces détours étaient à peine assez larges pour le passage de la machinerie agricole, se souvient le maire, lui-même agriculteur, en raison de présence de murets de béton.

Le nouveau tronçon de l’A35 devrait ouvrir en 2023, si tout se déroule bien. Quant à la quatrième et dernière phase, l’échéancier n’est toujours pas connu. Ce tronçon sera d’une longueur d’environ 4,5 km et permettra de rejoindre la frontière américaine ainsi que de compléter le corridor Montréal-Boston.

Les deux premières phases, complétées en 2014, ont coûté près de 245 M$, dont 44 M$ provenait du gouvernement du Canada. Le coût global de la troisième phase est estimé à 202 M$, incluant une contribution fédérale de 81 M$.

L’appel d’offres pour la réalisation des travaux sera lancé cet hiver. En attendant, les plans et devis sont en cours de réalisation, tout comme les travaux de déboisement, les fouilles archéologiques à Pike River et les études géotechniques.