Québec veut en implanter le plus possible, mais de nombreux parents sont réticents à envoyer leurs enfants dans une maternelle quatre ans.

Peu populaires, les maternelles quatre ans

En plus du manque de locaux et d’enseignants, l’implantation de nouvelles maternelles quatre ans se heurte à une réalité méconnue : les commissions scolaires peinent à remplir celles qui existent déjà. Du moins, avec la clientèle visée.

Faute d’inscriptions suffisantes, la commission scolaire des Hautes-Rivières n’en a ouvert qu’une, l’an dernier, sur les deux prévues sur son territoire. Même constat du côté de Val-des-Cerfs : les places de ses deux classes existantes sont souvent comblées par des élèves ne provenant pas de milieux défavorisés.

« Les classes ne sont pas toujours remplies avec les élèves pour lesquelles elles sont destinées », indique le président de Val-des-Cerfs, Paul Sarrazin. Je pense que les maternelles quatre ans ne sont pas encore bien comprises de tous les parents. »

« C’est peu populaire en général, dit la présidente des Hautes-Rivières, Andrée Bouchard. Mais les parents qui y envoient leurs enfants sont très satisfaits. Ça pourrait avoir un effet d’entraînement. Comme toute nouveauté, on doit faire nos preuves. »

Précipitation

Les commissions scolaires sont perplexes quant à l’empressement de Québec d’en aménager dans toute la province. « En universalisant quelque chose, on va toujours trop loin », dit Mme Bouchard.

« Il n’est pas nécessaire d’en mettre partout. Il y a des endroits où les CPE [Centres de la petite enfance] font déjà le travail de socialiser les enfants. »

« Est-ce qu’on se précipite en enclenchant ça à la vitesse grand V ? demande M. Sarrazin. On manque déjà de ressources et de personnel. Et si les enfants ne vont pas dans les maternelles quatre ans, on n’est pas plus avancés. Mais laissons la chance au coureur. Peut-être que dans cinq ans, on va se dire : “wow, c’était une bonne idée ! ” »

Construction

Tous les présidents de commission scolaire ont participé à une rencontre téléphonique avec le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, mercredi. Le député de Chambly les a incités à inclure des maternelles quatre ans dans leurs futurs projets d’agrandissement ou de construction d’école.

Mais aucune nouvelle construction n’est prévue à court terme dans Brome-Missisquoi ou en Haute-Yamaska — mis à part le futur Lab-École de Shefford, à l’intérieur duquel deux de ces classes sont déjà prévues.

Des Hautes-Rivières prévoit pour sa part en ouvrir « deux ou trois », mais sa présidente ne peut spécifier encore où elles seront. « D’ici quelques semaines, on saura le nombre de classes qui nous est attribué », dit Andrée Bouchard.

Val-des-Cerfs pourrait aussi obtenir bientôt l’autorisation de procéder à un agrandissement ou à une construction d’école. Elle pourra alors évaluer la possibilité d’y ajouter une maternelle quatre ans.

Le gouvernement de François Legault souhaite que tous les enfants du Québec y aient accès d’ici 2023.