Le fondateur de Julius Café, Pascal Giroux, s’approvisionne directement chez les producteurs de grains au Costa Rica.

Petit grain va loin pour Julius Café

On dit que franchir le cap de la quarantaine est une étape charnière. Pour Pascal Giroux, ce passage marqua le début d’une nouvelle aventure : Julius Café. Le maître torréfacteur établi à Bromont, qui vendait jusqu’ici ses produits en ligne, s’apprête à faire le saut en ouvrant sa première succursale dans les locaux de Pittstop Vélo-Café. Sans compter son partenariat avec le grand chef Jérôme Ferrer.

D’un voyage en moto entre amis au Costa Rica est née l’idée d’exporter au Québec des grains aux arômes uniques. « J’ai toujours aimé le café et je savais qu’il y a un grand potentiel là-bas. J’ai décidé de joindre cette passion à celle de la moto. Je peux dire que ce trip a vraiment changé ma vie, a confié Pascal Giroux. À travers notre périple en pleine jungle, dans des endroits quasi inaccessibles, j’ai découvert des producteurs de café exceptionnels. Il n’y avait aucun doute qu’à mon retour ici, je voudrais travailler avec eux pour offrir des produits de spécialité. »

Lancer Julius Café n’était pas sans risque. En près de trois ans, comme bien des entrepreneurs, le quarantenaire et son associé ont bravé quelques tempêtes, sans jamais baisser les bras. « Quand ton rêve est en train de se concrétiser, tu ne peux pas abandonner au moindre obstacle. Alors tu fonces. »

À la source

Après des mois à choisir avec soins ses partenaires au Costa Rica, la jeune compagnie a donc importé son premier conteneur de café de l’Amérique centrale en 2017. Le but premier de Julius Café consiste à éliminer les intermédiaires en s’approvisionnant directement du producteur. « Quand tu passes par un distributeur, tu obtiens du café de région. Tu peux avoir des milliers de petits producteurs qui amènent leurs cerises de café à la coopérative. Tu te retrouves donc avec des grains mélangés de variétés différentes, qui proviennent aussi de diverses altitudes. Pour avoir un bon contrôle sur le goût, nous allons à la source pour obtenir un produit unique, d’une qualité exceptionnelle, tout en gardant un prix concurrentiel », a expliqué le maître torréfacteur.

D’ailleurs, a-t-il renchéri, ce pays, baigné de part et d’autre par la mer des Antilles et par l’océan Pacifique, demeure un secret bien gardé dans l’univers du café. « Seulement 1,2 % du café mondial vient du Costa Rica. Mais, comme le pays est entouré de volcans et offre des conditions météo et de sols particulières, on y produit parmi les meilleurs grains au monde. »

Partenariats

Julius Café achète donc des « microlots », sélectionnés selon leurs particularités, afin de se démarquer dans la sphère des cafés de spécialité. Et il semble que la recette porte ses fruits, car la demande est sans cesse grandissante.

Même les papilles du grand chef Relais et Château Jérôme Ferrer sont tombées sous le charme des produits de la compagnie lors d’un événement caritatif. « Quand tu vois Jérôme Ferrer avoir les étincelles dans les yeux en goûtant à ton café, c’est une grande marque de reconnaissance, a indiqué Pascal Giroux. On a discuté de notre vision d’affaires, il a saisi notre passion. Ça a cliqué tout de suite. Et ça a débouché avec un beau partenariat. » Ainsi, deux cafés d’exception de l’entreprise sont offerts en exclusivité chez Européa, le restaurant du grand chef maintes fois couronné.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Julius Café aura bientôt pignon sur rue à Bromont, en bordure du boulevard du même nom. « On touche vraiment le monde sportif. On s’est donc associé avec les gars de Pittstop Vélo-Café. On aura notre local de torréfaction et d’entreposage. On servira nos cafés sur place. C’est très stimulant de franchir une nouvelle étape. » On retrouvera une boutique de vélo et d’articles connexes ainsi qu’un atelier, de même qu’une aire de détente où l’on servira des mets « simples et santé ». Un des copropriétaires de la compagnie, Jean-Michel Lalande, a confirmé que l’ouverture est envisagée à la fin juin.

Malgré toute cette effervescence autour de Julius Café, son fondateur entrevoit des partenariats pour créer de nouveaux produits, notamment avec des joueurs dans le monde des microbrasseries et des spiritueux. Si tout se déroule comme prévu, l’ouverture d’autres succursales est également dans les cartons. « Je vis une belle aventure. Je sens que l’on crée une marque de commerce solide, a fait valoir Pascal Giroux. Les portes s’ouvrent et j’ai hâte de voir où ça va nous mener. »