Depuis le 5 septembre, Roxton Pond se tourne vers Granby pour assurer son approvisionnement en eau potable.

Pénurie d'eau à Roxton Pond

Le temps chaud qui s'est installé sur la région ces dernières semaines ne fait pas le bonheur de tous. Il cause une pénurie d'eau à Roxton Pond. Depuis le 5 septembre, la municipalité se tourne vers Granby pour assurer son approvisionnement en eau potable.
Le manque de précipitations cet été et surtout dans les dernières semaines empêche la nappe phréatique de se recharger, d'où la pénurie d'eau potable, explique Richard Breton, responsable de l'aqueduc de Roxton Pond.
« C'est la première fois qu'on fait ça. L'usine de filtration a été ouverte en 2006, mais on a toujours eu assez d'eau. C'est vraiment une situation exceptionnelle », assure Richard Breton responsable de l'aqueduc de la municipalité.
Le manque de pluie explique le bas niveau des trois puits de la municipalité, selon M. Breton. Ils sont d'une profondeur de 122 mètres (400 pieds), mais leur niveau d'eau est descendu à 8 mètres seulement. La nappe phréatique ne se recharge pas assez rapidement pour les besoins quotidiens des résidants et commerçants de la municipalité, dit-il.
« Les gens se sont plaints qu'on a eu un été pluvieux. Mais quand on regarde les statistiques, on s'aperçoit que ce n'est pas le cas. Il n'a pas vraiment fait beau, c'est vrai, mais on a eu 40 millimètres de moins de pluie qu'en temps normal », indique M. Breton.
Le réservoir sous l'usine de filtration a une capacité de 800 000 litres. C'est là que les camions-citernes déversent leur chargement. La consommation quotidienne d'eau potable des citoyens oscille entre 575 000 et 625 000 litres. En temps normal, dit M. Breton, les puits sont largement capables de faire face à une telle demande et même d'alimenter les pompiers en cas d'incendie. Mais l'absence de pluie complique le tout.
Collaboration timorée
Dès la fin du mois de juillet, l'administration municipale a avisé la population du problème. Elle a incité ses citoyens à réduire leur consommation d'eau. L'effet escompté ne s'est pas matérialisé ; la consommation d'eau s'est maintenue.
Un deuxième avis a été envoyé la semaine dernière. « On a besoin de la collaboration de la population », indique Pascal Lamontagne. « Il faut que les gens fassent attention, qu'ils changent leurs habitudes de consommation. Sinon, on va se retrouver avec de gros problèmes. Il ne faut pas en arriver là », dit le conseiller municipal.
Le conseil municipal est conscient des limites des puits municipaux. Aussi a-t-il poursuivi ces dernières années la prospection de nouvelles sources d'eau. Des travaux de forage ont permis d'identifier deux sources au fort potentiel dans le secteur sud-ouest de la municipalité, à environ un kilomètre de l'usine de filtration, a signalé M. Breton.
Des tests de qualité et de volume devront être menés pour déterminer si ces sources pourront être ajoutées au réseau. M. Breton espère pouvoir les entreprendre cet automne.
D'ici là, le va-et-vient des camions-citernes se poursuivra encore pour au moins deux semaines, estime M. Breton. Aucun front dépressionnaire n'est annoncé avant le 5 octobre, a-t-il dit.
Depuis le 5 septembre, quatre camions-citernes, contenant chacun 40 000 litres d'eau potable de la Ville de Granby, prennent le chemin de Roxton Pond pour remplir le réservoir souterrain de l'usine de filtration de Roxton Pond.
Facture d'eau salée
La municipalité de Roxton Pond reçoit chaque jour de la semaine quatre voyages de camion-citerne remplie de 40 000 litres d'eau de Granby. Coût : 310 $ par voyage.
« Ce n'est pas l'eau qui coûte cher. On l'a pour 50 $. C'est le transport qui coûte cher », signale le conseiller Pierre Fontaine, responsable du dossier au conseil.
L'administration municipale voudrait payer la facture (qui approche les 18 000 $) en puisant dans son fonds spécial sur la taxe d'accises. Un montant de 500 000 $ s'y trouve.
Le gouvernement québécois a toutefois refusé, rappelant que les montants d'argent provenant de ce fonds doivent être utilisés pour des projets liés à l'eau potable, notamment pour la recherche en eau.
« On l'a l'eau. On l'a trouvée à Granby », a ironisé le conseiller Pascal Lamontagne, excédé de l'intransigeance de Québec. « C'est l'argent de la municipalité, mais on ne peut pas l'utiliser. »