Les piscines municipales et les campings font face à une pénurie de sauveteurs cette année.

Pénurie de sauveteurs dans la région

Le défi est encore grand cette année pour les responsables de campings et de piscines municipales qui font face à une pénurie de sauveteurs. Ces derniers sont une denrée très rare dans la région. C’est notamment pour cette raison que la Fondation Roger Talbot est contrainte de fermer sa piscine les lundis et mardis pour le restant de l’été.

Cette fermeture fait suite au départ d’un sauveteur qui a quitté son emploi pour des raisons de santé. Le bassin sera également fermé les 7, 8, 9 et 10 août puisque le sauveteur « national » restant partira en vacances.

« C’est le quatrième été que nous offrons la piscine et nous n’avions jamais connu de problèmes de la sorte », mentionne Patrick Talbot, directeur de l’organisme.

Afin de faire les rotations et assurer l’ouverture du site, deux sauveteurs dits « nationaux » sont engagés par la Fondation. Deux autres accrédités par la Société de sauvetage du Québec complètent l’équipe.

Il n’y a donc aucune marge de manœuvre pour l’employeur lorsque des demandes de congés ou des cas de maladies émergent. « Remplacer quelqu’un à la dernière minute est extrêmement difficile », indique M. Talbot.

Ce dernier tente de trouver un nouveau sauveteur national pour les trois dernières semaines de la saison estivale. Toutefois, il n’est pas question de diminuer les exigences afin d’en trouver un nouveau.

« On veut assurer la sécurité des gens en se conformant aux normes et on ne prend aucun risque », explique-t-il.

Pas un cas isolé

La Fondation Roger Talbot n’est pas la seule à éprouver des problèmes avec le recrutement de nouveaux sauveteurs. Partout à travers la province les campings peinent à trouver des sauveteurs pour assurer la surveillance des piscines où se rafraîchissent quotidiennement des centaines de baigneurs.

Yves Gingras, propriétaire du camping Domaine du Rêve à Sainte-Angèle-de-Monnoir se considère chanceux de pouvoir compter sur les services de sauveteurs chaque année. Il est conscient qu’il y a une pénurie dans le domaine puisqu’il a des confrères de travail qui ont eu beaucoup de difficultés à en dénicher cette année.

C’est notamment le cas du camping Vallée Bleue à Lac-Brome. À son ouverture au printemps, aucun sauveteur n’était disponible. Selon Linda Blanchard, propriétaire de l’endroit, ces travailleurs sont tous embauchés par les glissades d’eau ou l’Amazoo.

« C’est l’enfer ! Ça nous prend toujours un sauveteur national à la plage et, ce n’est pas compliqué, il n’y en a pas », s’exclame-t-elle.

Afin de permettre l’ouverture du site pour les personnes désirant se rafraîchir, elle a réussi à dénicher un sauveteur qui habite à... LaSalle. Celui-ci fait le chemin matin et soir. Elle ajoute qu’il n’est pas évident de recruter des nouveaux avec les compétences requises.

Causes

La principale main-d’œuvre pour ce type de poste sont les étudiants. Lorsqu’ils sont au cégep ou à l’université, ces derniers veulent commencer à amasser de l’argent immédiatement en terminant leurs études. Cependant, certains endroits, notamment les campings, ouvrent seulement leur plan d’eau vers la fin du mois de juin. Les étudiants se tournent alors vers d’autres emplois pour ne pas passer du temps sans revenus.

« Pendant cette période où l’on est fermé, les étudiants trouvent un autre emploi », résume Philippe Lussier, propriétaire du Camping Granby. Ce dernier a aussi eu de la difficulté à dénicher des candidats au printemps, mais cela s’est réglé avant le début des vacances.

Selon Yves Gingras, les exigences sont trop élevées et la formation est trop longue. « Pour être sauveteur, tu dois commencer à l’âge de 14 ans et ça prend trois ans afin d’obtenir les cartes », explique-t-il.

Afin de pallier ce manque, une page Facebook tente de donner un coup de main aux propriétaires de campings. La page « Banque de Sauveteurs Estrie » propose une banque de ressources pour ainsi trouver des remplaçants au besoin. Le modérateur de la page se dit sollicité de partout. Il ne peut donc pas toujours répondre à la demande.