Des portes ouvertes auront lieu au CRIF mercredi.

Pénurie de préposés aux bénéficiaires: nouveau programme au CRIF

Comme l’a dévoilé La Voix de l’Est la semaine dernière, le Centre régional intégré de formation (CRIF) de Granby met la touche finale, en partenariat avec le CIUSSS de l’Estrie, à un nouveau programme afin d’attirer de futurs préposés aux bénéficiaires. Le cours sera lancé le 1er avril et permettra aux candidats de concilier travail et études dans leur domaine.

Le métier de préposé aux bénéficiaires (PAB) a connu une véritable hécatombe au cours des dernières années à travers tout le réseau de la santé, engendrant une pénurie sans pareil. De fait, le nombre d’inscriptions a chuté drastiquement au CRIF, passant de 72 personnes en 2014, à seulement quatre candidats cinq ans plus tard.

Un sérieux coup de barre s’impose donc pour renverser la tendance. « Il faut faire preuve de créativité. C’est impératif. On essaie de nouvelles structures d’organisation pour attirer la clientèle », a indiqué Rose Desjardins, directrice adjointe en formation professionnelle au CRIF.

Ainsi, le nouveau programme jumelle les deux cours offerts précédemment dans ce domaine, soit PAB à domicile et en établissement. Le nombre d’heures de formation sera par conséquent bonifié, passant de 750 heures à 870 heures. « Il a fallu ajouter certaines compétences que les gens n’avaient pas [pour le volet] en établissement de santé », a précisé Mme Desjardins.

Flexibilité

Le CRIF pourra accueillir 22 élèves par cohorte et aura la possibilité d’en lancer deux simultanément. Afin d’offrir plus de flexibilité, des cours de soir seront au calendrier.

Un des aspects centraux de l’initiative consiste à permettre aux candidats une conciliation « travail-­études ». « Les élèves seront embauchés dès le départ par le CIUSSS et pourront travailler comme apprentis dans le métier après avoir complété 12 semaines de cours. Au retour en septembre, ils seront en formation trois jours par semaine et pourront travailler le reste du temps », a mentionné Mme Desjardins. La rémunération de base des futurs PAB sera de 17,95 $/h.

Selon Stéphane Tétreault, directeur adjoint des ressources humaines pour le CIUSSS de l’Estrie, cette approche devrait rendre le métier de PAB plus attrayant, en plus d’assurer une certaine rétention de main-d’œuvre aux endroits les plus problématiques. « On le sait, la pénurie est assez généralisée. On va diriger les gens vers les endroits plus névralgiques pour la période estivale. On va essayer de concilier leurs préférences dans un deuxième temps. »

L’embauche comme PAB d’étudiants de première année à la technique en soins infirmiers, dès l’été prochain, est une autre piste de solution que préconise le CIUSSS de l’Estrie pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. Le CIUSSS fait aussi appel à des équipes volantes, notamment pour limiter les effets de l’absentéisme. Idem en ce qui concerne le recours à du personnel provenant d’agences externes, a indiqué Stéphane Tétreault à La Voix de l’Est.

Conjoncture et perception

Selon la directrice adjointe du CRIF, la rémunération des PAB n’est pas le principal ingrédient derrière la pénurie d’effectifs qui dure depuis des mois, voire des années. « Le salaire de base et les avantages dans le réseau public sont intéressants », a fait valoir Mme Desjardins, indiquant que les horaires variables figurent parmi les freins pour d’éventuels candidats.

La conjoncture fait aussi en sorte que les gens délaissent les bancs d’école. « Quand le marché du travail va très bien, les gens ne retournent pas aux études. C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne les préposés aux bénéficiaires. Dans ce domaine, notre clientèle n’est pas principalement composée de jeunes qui sortent du secondaire. Ce sont des gens qui sont souvent en réorientation de carrière. »

De plus, l’intérêt pour le travail de PAB est plombé par une mauvaise perception au sein de la société, a renchéri la représentante du centre de formation. « Il faut rendre ce domaine attirant. Quand il est question des préposés, on fait souvent référence aux personnes âgées en CHSLD. Mais ce n’est pas la seule clientèle. On peut aussi travailler en centre hospitalier. C’est un métier très important, car on entre dans l’intimité des gens. Le côté relation d’aide est très présent. »

Les gens qui souhaitent en apprendre davantage à propos des formations offertes au CRIF pourront se présenter aux portes ouvertes, qui auront lieu de 17 h 30 à 20 h 30 mercredi.