Le conseiller syndical du SCFP, Éric Bergeron, dénonce l’inaction du CIUSSS de l’Estrie pour trouver des solutions locales à la pénurie de préposés aux bénéficiaires.

Pénurie de préposés au CHSLD de Sutton: «Il n’y a plus de soins aux patients»

Alors que près de la moitié des 62 postes de préposés aux bénéficiaires (PAB) du CHSLD de Sutton sont vacants, les effectifs tirent la sonnette d’alarme, craignant pour la sécurité et le bien-être des résidents. Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) exhorte la ministre québécoise de la Santé, Danielle McCann, à s’impliquer dans le dossier.

« On est préoccupés parce que nos travailleurs tombent au combat. Ils font des heures supplémentaires de façon inimaginable. À Sutton, il n’y a plus de soins aux patients. Ce qu’on fait depuis plusieurs mois, c’est de pallier les urgences », a indiqué en entrevue Éric Bergeron, conseiller syndical au SCFP.

Jusqu’ici en janvier, les préposés aux bénéficiaires du centre d’hébergement de Sutton, qui abrite 72 résidents, cumulent 584 heures supplémentaires. Durant cette même période, 139 quarts de travail n’ont pas été comblés avec les effectifs prévus, a souligné le représentant du SCFP. De plus, sur 62 postes de PAB, 30 sont vacants. 

« Notre crainte, a-t-il clamé, c’est qu’il arrive un gros accident. On ne peut plus assurer la sécurité des résidents avec des effectifs réduits comme ça. »

Sans compter les importantes lacunes dans les soins directs, notamment l’hygiène. « Par étage, on donne normalement trois à quatre bains par jour. Jusqu’ici cette semaine (cinq jours), pour toutes les unités, on a pu donner deux à trois bains », a cité en exemple Éric Bergeron.

Solutions

Selon le conseiller syndical, la pénurie de PAB au CHSLD ne découle pas de problèmes internes. « Le Foyer Sutton a toujours eu une bonne réputation pour le climat de travail et une belle collaboration entre les différentes équipes », a-t-il mentionné. 

Il remet plutôt en cause la gestion du CIUSSS, qui fait la sourde oreille aux idées proposées par le SCFP. 

« Ça fait des années que l’on dénonce le fait qu’il faut trouver des mécanismes pour former localement des PAB dans les centres d’hébergement. Sinon, on ne réussira jamais à fournir à la tâche. À l’heure actuelle, on a une pénurie criante. En Estrie, il manque 600 PAB. Il faut trouver des solutions. À moins que l’objectif du CIUSSS soit de faire fermer des établissements. S’il y a un agenda caché, il faut nous le dire. »

La rétention des effectifs à Sutton est également un défi de taille auquel il faut s’attaquer sans tarder, estime Éric Bergeron.

« Quand on embauche des gens qui viennent de Granby, Bedford, Farnham et Cowansville, dès qu’ils ont une chance, ils se rapprochent de chez eux. Entre autres parce que le coût des maisons à Sutton est assez élevé et à cause de la distance pour le voyagement. Je pense qu’il faut être imaginatifs pour trouver des alternatives locales pour garder des CHSLD en région », a-t-il dit. 

Une des pistes serait de rémunérer des employés pour leur kilométrage pour se rendre au travail.

Parmi les autres solutions, le SCFP demande temporairement au CIUSSS de ne plus combler les lits au CHSLD de Sutton « pour faire baisser la pression sur le personnel et permettre à la clientèle de recevoir un minimum de services. »

Éric Bergeron espère une intervention rapide de la ministre McCann dans le dossier.

Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires du CIUSSS de l’Estrie, jeudi.