La députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy

Pénurie de médecins à Saint-Pie: des pistes de solutions

Recruter un médecin déjà en pratique, conclure un partenariat avec une municipalité voisine ou créer une coopérative de santé. Voilà trois options qui contribueraient à dénouer l’impasse concernant la pénurie de médecins à Saint-Pie, estime la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy.

La représentante de la Coalition avenir Québec (CAQ) avait bon espoir que de nouveaux omnipraticiens viennent travailler à Saint-Pie à court terme. C’était toutefois avant que des dirigeants au ministère de la Santé puis au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est remettent récemment les pendules à l’heure, a-t-elle indiqué en entrevue. « Les jeunes médecins ont une préférence à aller vers les cliniques où on retrouve plusieurs médecins, a-t-elle dit. [...] Saint-Pie ne peut pas, en ce moment, offrir ça. »

Rappelons que la succession des départs de médecins à Saint-Pie a laissé un trou béant dans la prise en charge de patients. De fait, le Dr Pierre Milette est récemment retraité et le Dr Stéphane Poulin a quitté pour pratiquer au privé à Saint-Hyacinthe. Ainsi, seul le Dr Jacques Desroches demeure en poste à la clinique Santé plus, affiliée au GMF Maska.

Selon les plus récentes données des plans régionaux d’effectifs médicaux (PREM), qui servent de balises pour attribuer les médecins à travers le Québec, sept docteurs qui commencent dans la profession, que l’on nomme « nouveaux facturants », pourront être recrutés en 2019 au sein du regroupement des territoires de CLSC Saint-Bruno, Beloeil, Saint-Hilaire et Les Maskoutains.

Chantal Soucy évoque que, selon ses informations, aucun de ces « nouveaux » omnipraticiens n’ira à Saint-Pie. Le CISSS de la Montérégie-Est a corroboré qu’« à ce moment-ci, il n’y a pas de nouveaux médecins prévus pour la municipalité de Saint-Pie ». Et « le CISSS de la Montérégie-Est n’a pas la possibilité de diriger les candidats vers des municipalités ou des cliniques particulières », a précisé l’organisation.

La municipalité pourrait toutefois miser sur un médecin qui pratique déjà, car un de ceux-ci est consenti au vaste groupe via le PREM, qui sera en vigueur du 1er décembre 2018 au 30 novembre 2019. Une solution que préconise la députée caquiste. De son côté, le maire de Saint-Pie, Mario St-Pierre, n’a pas voulu commenter à propos des options sur la table, réitérant être « sur une piste ». « On continue de travailler. Il ne faut pas lâcher. [...] C’est un dossier qui pourrait débloquer bientôt. »

Le maire de Saint-Pie, Mario St-Pierre

Divergence

À l’instar de Roxton Pond et Acton Vale, Saint-Pie devrait créer une coopérative de santé afin d’attirer de nouveaux médecins, croit Chantal Soucy. Une vision que ne partage pas Mario St-Pierre. « Il y a des coops de santé dans la MRC qui ne fonctionnent pas parce qu’il n’y a pas de médecins. Je ne me lancerai pas dans une recherche semblable », a-t-il mentionné, précisant qu’un tel projet, jugé non viable, avait déjà été rejeté par les élus municipaux de Saint-Pie.

De son côté, la députée de la CAQ évoque d’autres avenues. « Une ville à proximité de Saint-Pie a fait une offre pour faire un partenariat [pour un partage de médecins] », a-t-elle dit, indiquant qu’elle ne peut s’avancer davantage à ce sujet. « Ça pourrait aussi être une option pour des médecins de Saint-Hyacinthe de faire un partage d’heures à Saint-Pie. Encore faut-il qu’ils veuillent et avoir les infrastructures pour les accueillir. [...] Mais, on n’en est pas là », a renchéri Chantal Soucy.

Comme elle l’avait mentionné précédemment à La Voix de l’Est, la députée de Saint-Hyacinthe veut accentuer les démarches pour faire débloquer le dossier. « Je veux demander une rencontre avec la PDG du CISSS de la Montérégie Est [Louise Potvin] et avec le DRMG [département régional de médecine générale] pour parler de certaines possibilités. Je veux aussi voir avec la ministre de la Santé [Danielle McCann] si elle a des solutions miracles. »