L’accusée traversait une période financière difficile lorsqu’elle a volé son employeur, a convenu le tribunal.

Peine morcelée pour une fraudeuse

Le tribunal a fait preuve d’une relative clémence, lundi, en rendant sa sentence contre une femme de Cowansville trouvée coupable d’avoir volé 11 557 $ à son ancien employeur.

Bien que les crimes commis par Marie-Josée Poirier aux dépens de la lunetterie Vision Expert, à Bromont, ont été dûment planifiés et exécutés pendant 17 mois, la cour a reconnu que la femme de 49 ans n’avait pas agi par simple appât du gain.

Avec son conjoint et leurs quatre enfants, elle traversait une période financière difficile et a fraudé pour garder la tête hors de l’eau.

« Rien ne permet de conclure que les sommes volées ont servi à adopter un train de vie luxueux, a indiqué la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec. C’était pour payer les dépenses du couple. »

Entre 2014 et 2016, Mme Poirier a subtilisé 53 montants en gardant une partie de l’argent que lui versaient des clients et en falsifiant des documents. Confrontée par les policiers, elle a collaboré et a rapidement plaidé coupable en cour.

Elle s’est également engagée à rembourser tout ce qu’elle a volé d’ici six ans « compte tenu de ses revenus ». En cas de défaut de paiement, elle devra purger six mois de prison fermes, a averti la juge.

« Sincères remords »

C’est la peine que suggérait la Couronne, représentée par Me Élise Côté-Lebrun, en rappelant que l’accusée avait des antécédents judiciaires similaires.

Or, la juge a pris en considération les « sincères remords » de Mme Poirier, sa situation familiale et médicale — elle souffre notamment d’un cancer — et le fait qu’elle travaille toujours dans le même domaine.

Elle ne fait toutefois plus « d’administration » ni ne s’occupe des dépôts de fin de journée.

À la défense, Me Mireille Leblanc réclamait la peine que la juge a retenue, soit 90 jours de prison à purger de façon discontinue, soit les dimanches et lundis.