Le juge Serge Champoux a pris en compte la situation difficile dans laquelle se trouve l’accusée pour déterminer sa peine.

Peine discontinue pour une trafiquante

Pour s’être adonnée au trafic de stupéfiants à Granby, une jeune mère toxicomane passera ses fins de semaine en prison.

Jessy Renaud Couture a été condamnée la semaine dernière à 90 jours d’emprisonnement discontinus, à purger du samedi matin au dimanche en fin de journée. Cette peine est assortie d’une probation de trois ans et d’un suivi de deux ans sur certaines conditions.

Ce faisant, le juge Serge Champoux de la Cour du Québec a accédé à la demande de la défense, qui réclamait une peine plus clémente que celle exigée par la poursuite. Celle-ci proposait une peine d’incarcération de 15 à 24 mois étant donné la gravité des gestes reprochés à l’accusée.

La jeune femme avait précédemment plaidé coupable d’avoir eu en sa possession diverses substances en vue d’en faire le trafic. Plus précisément, le 13 avril 2017, l’accusée avait été interpellée par les policiers de Granby après qu’un citoyen ait informé les autorités qu’une camionnette stationnée dans une rue nuisait à la circulation.

La dame, qui était endormie au volant de son véhicule, était également intoxiquée par la drogue, ont conclu les policiers. Ceux-ci ont découvert en sa possession pas moins de 35 fioles de résine de cannabis, 139 grammes de cocottes de cannabis, 29,43 g de cocaïne, 475 comprimés de méthamphétamine, 170 comprimés d’oxycontin, 115 pilules de kétamine, 500 ml de GHB, communément appelé la drogue du viol, 1,05 g de cocaïne sous forme de crack ainsi qu’un montant de 1030 $ en argent comptant, un téléphone cellulaire, deux balances contaminées par la drogue, deux calculatrices, plusieurs sacs ziplocs, une liste de comptabilité et de nombreux articles servant à la consommation de drogue.

Descente aux enfers

Un accident de travail survenu en 2015, alors qu’elle travaillait comme préposée aux bénéficiaires dans une résidence pour aînés de Granby, a provoqué une véritable descente aux enfers pour Mme Renaud Couture, mère monoparentale d’un garçonnet ayant effectué un retour aux études pour y suivre une formation collégiale en soins infirmiers.

Son avenir professionnel se trouve compromis par l’accident, dont les séquelles l’empêcheront de travailler à titre de préposée ou d’infirmière, en plus de la contraindre à délaisser la pratique de certains sports.

Comme aucun médicament ne la soulage de ses douleurs, l’accusée finit par se tourner vers les drogues de rue. Sa dépendance au crack la mène dans la déchéance : elle se retrouve à la rue après avoir perdu la garde de son fils.

Elle se retrouve également dans une relation amoureuse « malheureuse avec un conjoint criminalisé et violent » qui l’amène à être condamnée dans une affaire de possession d’armes et à purger une peine dans la collectivité.

Sympathie

Bien qu’il admette d’emblée qu’il ne croit pas « qu’il y ait lieu d’avoir beaucoup de sympathie, en général » pour les personnes se livrant au trafic de drogue, le juge Champoux a pris en compte la situation difficile dans laquelle se trouve l’accusée pour déterminer sa peine.

Le magistrat considère comme étant « capital » le témoignage de Jessy Couture Renaud. Bien qu’elle n’ait pas encore réglé tous ses problèmes, la femme semble « extrêmement lucide sur sa condition, remplie de bonne volonté et capable de réussir. Il me semble qu’il vaut la peine de lui donner une chance de continuer à se battre pour retrouver son fils, retrouver une meilleure santé, et, je l’espère, se réintégrer socialement » explique le juge.

Et bien qu’il croit que la réinsertion de l’accusée ne serait pas facilitée par une longue peine d’incarcération, celle-ci « demeure tout de même inévitable », nuance le juge Champoux, qui a tenu compte de la période de détention déjà purgée ainsi que de la thérapie difficile de 14 mois à laquelle s’est soumise l’accusée après son arrestation.