Après un accident de la route dont il attribuait la faute à l’autre automobiliste impliqué, Éric Audette est sorti d’un véhicule avec un bâton de baseball et a menacé l’autre conducteur en s’approchant de sa fenêtre.
Après un accident de la route dont il attribuait la faute à l’autre automobiliste impliqué, Éric Audette est sorti d’un véhicule avec un bâton de baseball et a menacé l’autre conducteur en s’approchant de sa fenêtre.

Peine avec sursis pour un cas de rage au volant

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Il y a des excès de colère qui coûtent plus cher que d’autres. Un automobiliste ayant été piqué par la rage au volant a pu bénéficier de la clémence d’une juge qui lui a fait éviter le chemin de la prison.

Cette histoire constitue «un cas classique de rage au volant» selon la juge Danielle Côté, qui a présidé l’affaire au Palais de justice de Granby.

Après un accident de la route dont il attribuait la faute à l’autre automobiliste impliqué, Éric Audette est sorti d’un véhicule avec un bâton de baseball et a menacé l’autre conducteur en s’approchant de sa fenêtre. Aucun coup n’est toutefois porté.

M. Audette, un homme sans emploi âgé de 50 ans, a reconnu sa culpabilité au chef d’agression armée qui pesait contre lui. Attribuant sur le coup son geste à la panique subie au moment des faits, il a exprimé des remords sincères au tribunal et s’est dit prêt à suivre un programme de la gestion de ses émotions.

De l’âge de 19 à 33 ans, l’accusé a accumulé de nombreux antécédents judiciaires, principalement en lien avec la drogue, mais aussi le non-respect de conditions de probation et de liberté.

«Il a reçu toute la gamme possible de sanctions : probation, service communautaire, peine de détention discontinue et peine d’emprisonnement ferme, dont la plus longue a été de deux mois», révèle son dossier.

Ces démêlés avec la justice pourraient être liés à son enfance dysfonctionnelle, «marquée par la violence physique de sa mère à son endroit», estime son agent de probation, qui a constaté une certaine accalmie chez l’accusé depuis qu’il a cessé de consommer de la cocaïne et de l’alcool, de même que mis un terme à certaines fréquentations.

Devant les remords sincères de M. Audette, son agent de probation conclut à un risque de récidive présent, mais plutôt faible.

Réhabilitation et responsabilisation

Alors que ce délit est passible d’un emprisonnement maximal de 18 mois, la Couronne proposait une peine de trois à quatre mois de prison ferme dans une optique de dénonciation et de dissuasion. Pour sa part, la défense a rappelé que la réhabilitation, la réparation et la responsabilisation de l’accusé étaient tout aussi importantes, une position derrière laquelle s’est rangée la juge.

«Après avoir entendu l’accusé, force est de conclure qu’il a fait du chemin [...], qu’il prend l’entière responsabilité de ses gestes et, comme il le mentionne lors de son témoignage, il ne reviendra plus devant la Cour», a noté cette dernière.

Elle souligne que «malgré ses antécédents judiciaires, voici un individu qui s’est repris en mains, n’a pas eu de démêlés avec le système de justice depuis la dernière peine de travaux communautaires imposée en 2005 et qui maintenant fonctionne bien dans la société».

Ce faisant, une peine d’incarcération serait trop sévère, estime la femme de droit, qui a sursis au prononcé de la peine en imposant une probation de deux ans à M. Audette, à savoir qu’il devra observer une bonne conduite, ne pas communiquer avec l’autre automobiliste impliqué dans cette affaire, suivre une thérapie de gestion des émotions et accomplir 240 heures de travaux communautaires sur une période de 18 mois.

Il lui sera également interdit de posséder des armes pour une période de 10 ans.