Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, une boîte intitulée «Sac aux besoins» a été créée par le Comitié Dignité Brome-Missisquoi. François Gaboriault, qui vit avec un handicap, témoigne haut et fort que «les handicapés ont le droit de travailler».

Pauvreté : un comité pour lutter contre les préjugés

Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère qui revient chaque année le 17 octobre, Action Plus Brome-Missisquoi est fier d’annoncer la création du Comité Dignité, qui vise à sensibiliser la population à la réalité des personnes vivant en situation de pauvreté.

« La naissance de ce comité lance un message très fort à la communauté : il faut être vigilants face aux perceptions que l’on entretient à l’égard des gens vivant en situation de pauvreté », lance le coordonnateur d’Action Plus Brome-Missisquoi, Nicolas Luppens.

« On réalise dans nos interventions auprès des personnes en situation de pauvreté que les préjugés sont bel et bien présents et très tenaces. »

Ainsi, le but de ce Comité Dignité Brome-Missisquoi est de donner l’heure juste, de démystifier et d’informer la population face aux préjugés touchant ces personnes, mais également de briser le silence sur les impacts négatifs et douloureux engendrés par les étiquettes que certains leur attribuent, tels que « paresseux » ou « fraudeurs ».

Portrait de la pauvreté

Selon Statistique Canada (2016), près de 4390 personnes vivent avec un faible revenu dans Brome-Missisquoi, et près de 3000 personnes vivent de l’aide sociale. Non seulement l’espérance de vie de ces personnes est en moyenne d’un an de moins, mais elles rencontrent au quotidien de grandes problématiques.

Par exemple, l’accès au transport en commun, le poids des préjugés qui peuvent peser très lourd dans les petites municipalités, le manque de programmes de formation et un accès très limité aux emplois avec de bonnes conditions.

François Gaboriault, qui vit avec un handicap, témoigne haut et fort que « les handicapés ont le droit de travailler. De mon côté, je reste occupé et je ne demande qu’à travailler. Mais les emplois ne sont pas accessibles en fauteuil. Je me fais dire dans certains programmes que je ne serai pas capable. Cette première impression est très blessante et ne me permet pas d’avancer. »

Tout en clamant haut et fort que oui, il est capable, M. Gaboriault renchérit : « On dit souvent que les personnes vivant de l’aide sociale ne veulent pas travailler et qu’elles profitent de la société. C’est tellement faux. »

Manifestement, selon Nicolas Luppens, mais aussi Peter Belland, membre bénévole impliqué dans l’organisme en santé mentale Le Phare, il reste beaucoup de travail en ce qui a trait à l’éradication des préjugés en matière de personnes vivant de l’aide sociale.

« Je trouve dommage qu’on soit encore ici maintenant, en 2019. En 1976 fut signé le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels par le Canada et encore aujourd’hui, les droits de ces personnes sont encore bafoués. »

Par ailleurs, l’isolement et l’exclusion sociale sont fortement dénoncés. « Être pauvre, c’est disparaître de la société », image Jean-Pierre Rousseau, membre du Comité Dignité. « Se faire des amis ou espérer rencontrer un partenaire de vie devient pratiquement impossible ».

M. Rousseau suggère qu’il y ait une sorte de pont, un lien dans la communauté, qui permettrait la rencontre et l’échange, et ainsi amener une inclusion sociale qui, de surcroît, dissiperait les tabous.

L’accès à un logement sain, propre et abordable manque à beaucoup, alors qu’il s’agit pourtant d’un droit fondamental.

« Quand je dis que je suis sur l’aide sociale, les propriétaires sont plus frileux et se mettent à douter. Mais je gère bien mon budget », raconte pour sa part Nadia, qui vit avec un trouble anxieux et d’autres problèmes de santé.

Sac aux besoins

Dans le cadre de la Journée mondiale du refus de la misère, une boîte, intitulée « Sac aux besoins », a été créée par le Comitié Dignité Brome-Missisquoi. On y retrouve, entre autres, des solutions pour diminuer les préjugés, des témoignages, des réponses face aux stéréotypes, et des phrases pour faire valoir les qualités et les forces des gens vivant en situation de pauvreté.

Par exemple, on peut y lire : « Agissez pour diminuer les préjugés sinon on se brise », « Je mérite mieux », « À tous les mois je me prive » ou « On a le droit de voyager et de visiter sa famille ».

« On invite la population, les citoyens, les organismes, et tous les groupes qui auraient envie de s’affilier et de lutter contre la pauvreté à joindre les rangs du Comité Dignité Brome-Missisquoi », laisse savoir Nicolas Luppens.

Pour en apprendre plus sur le mouvement « refuser la misère », visitez le site www.refuserlamisere.org.