Les policiers de Granby, dont l’agent François Fortier (photo) patrouillent davantage à pied en décembre, notamment au centre-ville, dans les commerces et aux Galeries. Lors d’une patrouille jeudi, le propriétaire d’un commerce l’a abordé pour lui rapporter une situation.

Patrouille à pied à Granby: «C’est un contact direct avec la population»

Flânage au terminus d’autobus. Présence d’un itinérant qui mendie près d’un commerce. Infraction aux traverses piétonnières. Les policiers de Granby qui patrouillent à pied — et davantage en décembre— le centre-ville, les commerces et les Galeries constatent quasi quotidiennement ce type de situations. Cette présence leur permet aussi de rencontrer les commerçants, de répondre à leurs questions et de les conseiller.

Les citoyens ne doivent pas être surpris de voir les policiers patrouiller à pied. Déjà, certains agents ont l’habitude de le faire sur une base quotidienne ou presque. Le service de police, qui veut se rapprocher davantage des citoyens, a toutefois décidé d’accentuer cette forme de patrouille pendant le mois de décembre, explique leur porte-parole, Guy Rousseau.

« Il y en a toujours eu des patrouilles à pied dans le temps des Fêtes, mais deux ou trois jours avant Noël. Cette fois-ci, c’est pendant tout le mois de décembre », précise-t-il.

La Voix de l’Est a accompagné l’agent François Fortier, jeudi après-midi, durant une patrouille à pied au centre-ville. « C’est un contact direct avec la population lorsque tu patrouilles à pied », estime le policier.

Plutôt que d’emprunter directement le trottoir sur la rue Principale, le policier marche derrière des immeubles commerciaux et une église pour vérifier « si tout va bien ». L’accès est d’ailleurs plus facile à pied, fait-il remarquer.

De retour sur l’artère principale, il s’arrête devant certains commerces, jette un coup d’oeil à l’intérieur, salue les employés d’un signe de la main avant de reprendre sa route. Premier arrêt : un établissement licencié de la rue Principale. Dès qu’il franchit la porte d’entrée, les regards se tournent vers l’agent qui va saluer l’employé en service, avant de quitter. « On regarde qui sont les personnes présentes », explique-t-il.

Itinérance

De retour dans la rue, le propriétaire du William J. Walter Saucissier, André Gaudreault, interpelle le policier lorsqu’il le voit regarder à travers la vitrine de son commerce. Il lui fait part de la présence fréquente d’un itinérant qui aborde sa clientèle. Le policier en prend note et gardera un oeil attentif.

Quelques mètres plus loin, l’agent Fortier s’arrête dans une institution financière. « J’entre toujours dans les banques, je regarde comment ça se passe et je poursuis ma patrouille, raconte l’agent Fortier. Des itinérants dorment parfois près des guichets la nuit. On intervient, on leur demande de circuler et on les aide à se relocaliser. »


« C’est un contact direct avec la population lorsque tu patrouilles à pied . »
François Fortier, agent au Service de police de Granby

Leur présence a été rapportée par quelques commerçants et citoyens. Le policier en a d’ailleurs croisé un qu’il connaît pendant sa patrouille. « Est-ce que vous allez bien ? », l’a questionné l’agent, qui a reçu un timide « oui » en guise de réponse. Le policier lui a suggéré de se trouver un manteau plus chaud que celui qu’il portait pour affronter l’hiver.

L’agent explique que ses collègues et lui doivent occasionnellement intervenir auprès de personnes sans domicile fixe pour les aider à se trouver un endroit où dormir lorsqu’ils les retrouvent étendus sur un banc de parc ou à l’entrée d’un commerce, ce qui n’est pas permis.

On accompagne le policier qui se dirige au terminus d’autobus de la rue Centre où du flânage et de la consommation d’alcool leur sont parfois rapportés. Rien de tel à signaler jeudi après-midi.

« C’est mon ange sur deux pattes »

Le policier profite de sa patrouille pour entrer dans quelques commerces et discute avec le personnel et le propriétaire, une occasion pour eux de poser des questions ou de les informer de certaines situations.

« C’est mon ange sur deux pattes, laisse tomber Karine Vallières, la propriétaire de la boutique Durt Sytle, à propos du policier. C’est une sécurité supplémentaire pour nous. Sa présence aide grandement. » « Ce n’est pas bad la police. C’est ça que les gens doivent comprendre », ajoute-t-elle. Le policier en a profité pour lui donner quelques conseils de sécurité.

Le propriétaire du commerce voisin, l’Écolivres, Ricardo Robles, voit d’un bon oeil une telle présence policière. « Ça donne une sécurité pour nous, mais aussi pour les autres citoyens. C’est agréable d’avoir une présence policière. »

Il n’est pas exclu que les patrouilles à pied puissent devenir monnaie courante.

« On pourrait peut-être en voir de façon plus régulière. En patrouillant comme ça pendant un mois, on prend des notes et on regarde comment ça se déroule », indique l’agent Rousseau.