L’inspecteur Marc Tremblay, du Service de police de Bromont

Passages pour cyclistes: des situations dangereuses

Que l’on circule à Granby, Bromont ou Shefford, la confusion règne en ce qui concerne les passages empruntés par les cyclistes. Une mauvaise compréhension de la signalisation routière près de ces traverses peut provoquer des situations dangereuses.

Il y a quelques jours, un cycliste a été happé où traverse la piste cyclable l’Estriade dans la rue Denison Est, soit à la limite de la municipalité de Shefford. Deux véhicules se sont immobilisés à ce passage situé dans une zone de 90 km/h. Un troisième véhicule a tenté de dépasser les deux véhicules arrêtés devant lui, qui n’avaient pas l’obligation de s’arrêter. Résultat : il a heurté le cycliste, qui avait amorcé la traversée de la rue. Ce dernier a été blessé et conduit par ambulance à l’hôpital.

« L’enquête se poursuit. Ce n’est pas impossible qu’il puisse y avoir l’émission de constats d’infraction », explique Caroline Garand, porte-parole du Service de police de Granby.

La piste cyclable l’Estriade traverse à trois autres endroits une route sur le territoire de Granby, soit dans la rue Simonds, près du boulevard Fortin, dans la rue Robinson et la rue Saint-Charles. Contrairement à la croyance populaire, les cyclistes n’ont aucune priorité. Ni à Granby ni ailleurs au Québec.

Ces passages empruntés par les cyclistes sont identifiés au moyen de panneaux de signalisation et, à certains endroits, par des bandes jaunes peintes sur la chaussée. Un panneau de signalisation jaune signale — quelques dizaines, voire quelques centaines de mètres plus tôt — qu’il pourrait y avoir la présence de cycliste. « Ça indique un danger, précise la policière Garand. Comme automobiliste, on doit être plus attentif. »

À Granby, ces trois passages utilisés par les cyclistes et situés en périmètre urbain sont également empruntés par les piétons. Dans ce cas-ci, la priorité leur est accordée. Un automobiliste a donc l’obligation de freiner et de s’immobiliser pour céder le passage à un piéton. Des panneaux annonçant la priorité et la possibilité d’écoper d’une amende de 100 $ en cas d’infraction sont d’ailleurs installés près de ce genre de traverse.

Un cycliste qui souhaite obtenir le même privilège qu’un piéton à un passage doit descendre de son vélo. « Un cycliste n’est pas un piéton. Pour en devenir un, il doit débarquer de son vélo », confirme Caroline Garand. Granby a d’ailleurs installé des panneaux sur la piste cyclable à ces trois endroits à l’attention des cyclistes pour leur expliquer qu’ils ont l’obligation de descendre de leur vélo pour obtenir la priorité de passage, sans quoi ils doivent attendre que la voie soit libre avant de traverser.

La porte-parole du Service de police de Granby, Caroline Garand

Autres villes, même problématique
À Bromont, des panneaux sur lesquels on voit marcher un cycliste à côté de son vélo sont installés à ces traverses. C’est notamment le cas sur le boulevard Bromont, près du poste de police. « C’est une piste cyclable, mais il y a aussi une traverse pour les piétons », indique l’inspecteur Marc Tremblay, du Service de police de Bromont.

Afin de dissiper la confusion, seul un panneau annonçant que la priorité est accordée aux piétons a été installé à cette traverse, précise M. Tremblay.

Des automobilistes appellent la police locale à l’occasion pour signaler des comportements dangereux, notamment dans le chemin Saxby où traverse la piste cyclable, aux limites de Bromont et Shefford.

« Des gens trouvent ça dangereux parce que certains véhicules s’arrêtent pour laisser passer un cycliste, dit le policier. Ça ne veut pas dire que le véhicule qui arrive dans la voie inverse, lui, va s’arrêter aussi. » La situation peut aussi être dangereuse pour les automobilistes suivant le véhicule qui freine soudainement devant eux.

Un citoyen de Shefford a d’ailleurs contacté La Voix de l’Est pour rapporter que des automobilistes s’arrêtent sans en avoir l’obligation à la traverse de la piste cyclable sur la route 241, dans une zone où la limite de vitesse est 90 km/h, ce qui entraîne là aussi un risque de collisions. Comme ailleurs dans la région, la confusion règne.

« Cette réalité-là est connue des policiers, mentionne la sergente Aurélie Guindon, porte-parole de la Sûreté du Québec en Estrie. La clé est de bien informer les gens que ce n’est pas la même chose qu’une traverse de piéton. »

Les patrouilleurs à vélo sont interpellés quotidiennement par des usagers de la route qui s’interrogent sur les différentes traverses. « La prévention se fait tous les jours, dit-elle. Parce que ça peut causer un accident de ne pas savoir. »

Les policiers de Bromont misent également sur la prévention afin de mieux faire comprendre la signalisation en place aux traverses. « On continue l’éducation. Quand il y a un événement cycliste, on va faire de la prévention », explique l’inspecteur Tremblay.