Le maire de Granby, Pascal Bonin, pourrait solliciter un troisième mandat, alors qu’il a toujours dit vouloir se limiter à deux.

Pascal Bonin songe à un troisième mandat à la mairie

Pascal Bonin a toujours déclaré vouloir se limiter à deux mandats à la mairie de Granby. Mais il n’est plus aussi catégorique. Il pourrait déposer à nouveau sa candidature lors des prochaines élections municipales, en novembre 2021, a-t-il confirmé à La Voix de L’Est.

« Je ne ferme plus la porte comme avant pour plusieurs raisons », a fait valoir lundi le maire élu pour un premier mandat en 2013 et réélu en 2017.

Pascal Bonin, qui a évoqué sa réflexion lors d’une entrevue au magazine 100 degrés, souligne entre autres les délais nécessaires à la réalisation des projets. Ceux-ci sont « de plus en plus longs », plaide-t-il.

« Cela fait en sorte que trois mandats aujourd’hui, c’est l’équivalent de deux mandats il n’y a pas si longtemps. Pour le projet du centre aquatique, ça aura pris six ans. Pour celui du centre-ville, on parle plus de dix ans. Ce sont des projets menés à long terme. Et le centre-ville me tient à cœur. Je suis né là. J’ai resté là presque toute ma vie. J’ai commencé ce projet-là et je veux finir la job », lance-t-il.

Le projet de renouvellement des infrastructures souterraines de la rue Principale et du réaménagement du centre-ville doit se déployer en trois phases, entre les mois d’août et de novembre 2020, 2021 et 2022, de la rue St-Hubert à Mountain. Les travaux devraient entraîner des coûts entre 20 et 25 millions $.

La deuxième phase de ce chantier majeur devrait ainsi être en cours de réalisation lors des prochaines élections municipales.

Demande des citoyens

Pascal Bonin dit par ailleurs être « emballé » par l’exercice de planification stratégique réalisé par l’administration municipale au cours de la dernière année. « Il y a un virage très important qui est en train de s’effectuer dans la municipalité, autant au niveau du contact avec les citoyens que du côté environnemental », dit-il.

Son absence de l’hôtel de ville durant un mois et demi pour cause d’épuisement professionnel, le printemps dernier, ne l’empêche pas d’envisager un troisième mandat. « Mes ennuis de santé m’ont fait réfléchir et réaliser que j’aime vraiment la mairie. C’est quelque chose que j’adore. Je suis très redevable aux citoyens et j’ai l’intention d’ouvrir une porte pour un dernier mandat. C’est plus positif que ça ne l’a jamais été, même si je trouve que c’est très tôt pour parler de ça », affirme-t-il.

Le maire Bonin relève par ailleurs que ce sont les citoyens « qui ont ouvert la porte » au cours des deux dernières années, alors qu’il affirme avoir reçu de nombreux témoignages de Granbyens souhaitant qu’il poursuive le travail entrepris.

« Tout va bien dans à peu près tous les domaines. Quand on réussit à signer toutes les conventions collectives, que les employés sont heureux, que le conseil est heureux, que la population est heureuse et que ça roule [pour les secteurs] dans l’industriel, le touristique, le commercial et le communautaire, tu te dis que ça va bien », laisse-t-il tomber.

Contradictoire

Le nouveau discours de Pascal Bonin tranche cependant avec les propos qu’il a tenus, au lendemain de sa réélection, en novembre 2017. Il assurait à ce moment qu’il s’agissait de son dernier tour de piste. Après, il comptait mettre une croix sur toute forme de politique, qu’elle soit municipale, provinciale ou fédérale.

« Après, je m’en vais chez nous. J’ai toujours dit qu’une étoile filante, c’est beau quand ça brille. Là, elle brille encore et je suis bien content. Mais ça va être tout après », avait-il déclaré.

Le principal intéressé ne nie pas avoir prononcé ces paroles. « C’est vrai. Je ne veux pas m’éterniser là. Mais d’un autre côté, la job n’est pas finie. C’est ça qui arrive », dit Pascal Bonin.

Celui-ci fait en outre valoir que des changements importants sont en cours au sein de l’administration municipale, au cœur d’une vague de retraites. « Je pense que c’est aussi important d’avoir un élu d’expérience sur un conseil. Avant, Michel Mailhot [un ex-conseiller municipal, NDLR] était un peu la mémoire du conseil. Maintenant, c’est moi », glisse-t-il, alors qu’il a également siégé quatre ans à titre de conseiller municipal avant d’être élu à la mairie.

« À 46 ans, je suis loin d’être fini », lance-t-il par ailleurs.