Le maire sortant de Granby, Pascal Bonin, veut que la Loi électorale soit changée pour être plus inclusive avec les électeurs âgés.

Pascal Bonin réclame un changement à la Loi électorale

Pascal Bonin réclame un changement à la Loi électorale afin que les pensionnaires d’une résidence pour aînés puissent y voter lors d’élections municipales. Actuellement, les aînés qui souhaitent le faire doivent formuler une demande par écrit avant le 20 octobre et sont éligibles seulement s’ils ne peuvent pas se déplacer.

Contrairement aux élections provinciales et fédérales, il n’y aura pas d’urne pour voter à même les résidences. Le vote itinérant se fait de chambre en chambre à condition d’en avoir fait la demande par formulaire et d’avoir fourni des photocopies de deux preuves d’identité, dénonce M. Bonin.

« Et dans les résidences, je le sais parce que je les visite toutes, il y a une confusion à peu près totale, soutient le maire sortant de Granby en entrevue à La Voix de l’Est. Toutes les personnes qui sont en marchette, en fauteuil roulant, théoriquement, peuvent se déplacer. Mais les résidents pensent qu’ils vont descendre et qu’ils vont pouvoir voter ici. Ce qui est mélangeant, c’est qu’au fédéral et au provincial, c’est comme ça que ça marche. »

Pascal Bonin raconte avoir rencontré une dame de 94 ans, vendredi, qui a des problèmes de hanches et de genoux et se déplace en marchette et en fauteuil roulant. Elle se fait un devoir de voter à chaque élection, mais a peur de sortir de la résidence pour le faire. C’est le cas, assure-t-il, de plusieurs personnes du troisième âge. Selon lui, il incombe aux candidats d’assurer le transport de ces électeurs si les résidences n’organisent pas elles-mêmes des autobus. Cependant, les candidats n’ont pas de voitures adaptées pour les fauteuils roulants et ne répondent pas aux normes sévères du transport en commun.

« Ces gens-là ont peur, ils partent de chez eux, ils s’en vont peut-être une heure. Est-ce qu’ils vont avoir une place pour s’assoir? Est-ce qu’ils vont avoir mal quelque part? Est-ce qu’ils vont avoir un malaise, est-ce que c’est vraiment le chauffeur­ du candidat? »

Bassin de la population ignoré

Pascal Bonin le dit clairement: il ne fait pas cette sortie publique pour s’attirer des votes, mais pour que les électeurs se rendent aux urnes. Le candidat à la mairie souligne qu’il y a aussi des sièges de conseillers en jeu et que le problème n’est pas qu’à Granby. Il a mené ce combat dans l’ombre, en 2013. Comme rien n’a changé, il reprend les armes, cette fois publiquement, espérant que le DGE réagira plus que par l’envoi d’une lettre.

« La réalité des choses est que, démographiquement, les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses. Tout ce que je demande est de faciliter la vie de ces gens-là pour avoir un vote qui est inclusif. Là, on va comparer les taux de participation entre les paliers gouvernementaux et on va dire que le municipal est plus pas. Mais on n’a pas les mêmes règles. [...] Ceux qui font des élections municipales depuis longtemps vont vous le dire, le taux de participation des personnes âgées est anémique. Il n’est absolument pas représentatif de cette portion-là de la population. C’est une tranche d’âge qui vote beaucoup, qui est très politisée. Le DGE fait les élections­ à moitié. » 

De l’argent à investir

Le maire sortant de Granby se questionne par ailleurs sur l’utilisation de sommes importantes pour faire des publicités dans l’espoir de mousser le taux de participation, alors qu’une partie de ce budget pourrait être utilisée pour l’installation de bureaux de vote itinérants dans les résidences pour personnes âgées.

M. Bonin est  conscient qu’il est trop tard pour le scrutin du 5 novembre. « Encore une fois, pour l’élection municipale qui s’en vient, toute cette tranche-là de la population à mobilité réduite, n’ayant pas rempli le formulaire, on vient de tous les évacuer. »

Bien sûr, les résidents pourraient tous remplir le formulaire, mais dans certaines résidences, ce sont aux employés que revient ce travail, à la demande des individus, a constaté M. Bonin. Vendredi, « à la Résidence du Parc on m’a dit: ‘‘penses-tu que je vais remplir 70 formulaires? Il reste 7 jours!’’. Qu’est-ce que tu penses qui va arriver? Les pamphlets vont rester là et les gens n’iront pas voter. C’est ça qui va arriver. C’est triste, mais c’est la réalité. »