Pour la deuxième fois en moins d’un an, le maire de Granby, Pascal Bonin, sera absent de l’hôtel de ville pour une période indéterminée, pour des raisons de santé.

Pascal Bonin encore absent de la mairie pour une période indéterminée

Pour la deuxième fois en moins d’un an, le maire de Granby, Pascal Bonin, sera absent de l’hôtel de ville pour une période indéterminée, pour des raisons de santé, a annoncé lundi la direction générale de la Ville par voie de communiqué.

Le conseiller municipal du district 7, Robert Riel, agira à titre de maire suppléant. 

Pascal Bonin, qui a reçu vendredi un diplôme honorifique du Cégep de Granby en marge de la collation des grades au centre Notre-Dame, n’a pas accordé d’entrevue lundi. 

Le maire s’est absenté dans des circonstances similaires le printemps dernier, entre le 4 avril et le 23 mai. À son retour, il avait évoqué un épuisement professionnel pour justifier cette pause.   

« Je traînais de la fatigue depuis longtemps. Et je n’en venais pas à bout. Ce n’est pas compliqué, j’étais épuisé. Quand on fait un métier comme celui-là, on travaille pour les citoyens. Si on n’a pas l’énergie pour ça, on n’est pas d’une grande utilité. J’ai pris cette décision en me disant qu’un dirigeant honnête est capable de dire qu’il est mieux de se retirer le temps de refaire le plein d’énergie, plutôt que de risquer de prendre de mauvaises décisions », avait-il expliqué à La Voix de l’Est.

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Pascal Bonin avait réintégré ses fonctions avec la « ferme intention » de terminer les projets en cours, dont celui du réaménagement du centre-ville et du centre aquatique. 

Déceptions

La semaine dernière, le maire avait cependant déclaré, dans une entrevue accordée à l’occasion de son 10e anniversaire de vie politique, ne pas avoir le cœur à la fête et accumuler les déceptions. À commencer par le nouveau pacte fiscal, qui doit se traduire par un transfert de fonds annuel supplémentaire de 500 000 $ pour la ville de Granby. Une somme, appelée à croître au fil des ans, que Pascal Bonin juge néanmoins dérisoire, à la lumière des demandes initiales des municipalités. 

Le maire a aussi évoqué le dossier du financement des services policiers au point mort, l’impression de tourner en rond et les discours contradictoires des citoyens, entre autres en matière environnementale, pour expliquer son amertume.  

Après avoir toujours déclaré vouloir se limiter à deux mandats à la mairie, Pascal Bonin avait ouvert la porte en août dernier à la possibilité de briguer un troisième mandat en 2021. 

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Lundi dernier, il a toutefois affirmé que la porte tend à se refermer dans les conditions actuelles. « Quand je regarde le climat et ce qui se passe à l’heure actuelle, c’est moins intéressant que ça a déjà été », a-t-il laissé tomber. 

Avancer

Les affaires municipales se poursuivront durant l’absence du maire, a assuré lundi le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

Étant l’une des « pièces maîtresses de la gestion municipale », le budget devrait être adopté le 2 décembre prochain, comme prévu, assure-t-il. « Au moment où on se parle, le budget est fait. Il a été étudié par le conseil municipal. Les travaux ont été faits en amont », dit M. Pinault.

Le maire suppléant remplacera par ailleurs le maire sur les divers comités auxquels il participe, de sorte que les dossiers pourront continuer à avancer.

90 jours  

Si la période d’arrêt de Pascal Bonin devait se prolonger plus de 30 jours, le règlement qui fixe la rémunération des élus municipaux prévoit que le maire suppléant a droit à un montant équivalent à 50 % de la rémunération du maire, rétroactivement à la date à laquelle ce dernier s’est absenté. Si l’absence du maire est de moins de trente jours, la rémunération du maire suppléant demeurera toutefois inchangée, précise le DG de la Ville.

Selon la Loi sur les élections et les référendums, l’absence du maire, comme celle de tout autre membre du conseil, ne peut par ailleurs excéder 90 jours à compter de la première séance du conseil où il est absent. Cette période débutera ainsi à partir du 18 novembre prochain, alors qu’une séance ordinaire du conseil est à l’agenda, explique M. Pinault.

« Le mandat d’un membre du conseil qui a fait défaut d’assister aux séances du conseil pendant 90 jours consécutifs prend fin à la clôture de la première séance qui suit l’expiration de cette période, à moins que le membre n’y assiste », est-il inscrit dans la Loi.

« S’il ne se présente pas, le conseil peut excuser son absence par voie de résolution », précise en outre le directeur général. Ce qui aurait pour effet, si cette situation devait se produire, d’accorder un délai supplémentaire de 30 jours.

Le maire Bonin continuera à toucher sa rémunération durant son absence, selon Michel Pinault. Les élus de Granby n’ont pas d’assurances collectives. Ils peuvent toutefois se prévaloir du Programme d’aide aux employés de la Ville. 

Robert Riel sera maire suppléant jusqu’au 29 février 2020. Il sera par la suite remplacé par Éric Duchesneau, selon le principe de rotation qui prévoit que chacun des élus assume cette fonction à tour de rôle.