Joanne Ouellette craint que le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion ne veuille mettre en compétition les MRC et les organismes comme SERY. L’organisme n’a rien obtenu du financement annoncé par Québec, jeudi, pour attirer et retenir les personnes immigrantes en région.

Pas un sou de plus pour SERY

Afin de mieux identifier les besoins et les actions à entreprendre pour attirer et retenir un plus grand nombre de personnes immigrantes en région, Québec a annoncé jeudi un investissement supplémentaire de 1,8 M $, puisé dans les coffres de son Programme Mobilisation-Diversité. La somme est destinée à 34 partenaires régionaux, mais Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) n’a rien obtenu, déplore sa directrice générale Joanne Ouellette.

« On aurait pu faire beaucoup plus, assure Mme Ouellette. J’aurais voulu bonifier notre service de régionalisation. On demande toujours 20 000 $ et ça ne nous est jamais octroyé. »

Elle explique que chaque fois que le coordonnateur de la régionalisation de l’organisme se déplace dans les salons de l’emploi à Montréal ou ailleurs, il y a un minimum de 700 $ de frais à prévoir, sans compter les heures et le déplacement. Les salons de l’emploi sont pourtant un premier contact avec la clientèle immigrante intéressée à s’établir et travailler en région.

Compétition
« Depuis deux ans, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion demande aux municipalités ou aux MRC de faire des projets pour l’immigration en région. L’an dernier, la MRC Haute-Yamaska avait demandé d’avoir de l’argent pour faire des projets attractifs dans la région, mais ça lui a été refusé. La MRC mentionnait qu’elle allait être partenaire avec SERY, parce que c’est SERY qui est l’instance en la matière dans la région. »

Selon elle, comme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska reçoit déjà un montant du Programme Mobilisation-Diversité et que la MRC voulait travailler avec l’organisme, cette dernière a essuyé un refus. Cette raison aurait été clairement communiquée, ajoute-t-elle.

En contrepartie, la MRC Brome-Missisquoi avait obtenu du financement puisqu’elle n’avait pas signifié son intention de travailler avec SERY.

« Les MRC ne connaissent pas ça, l’immigration ! Ils n’ont pas l’expertise », déplore Mme Ouellette. Par contre, ils deviennent en quelque sorte des compétiteurs d’organismes comme le sien, renchérit la directrice générale.

Mme Ouellette craint qu’en confiant aux villes ou aux MRC les fonds et l’administration de ses programmes de régionalisation au détriment des organismes qui en font leur cheval de bataille depuis des années, le ministère en vienne à couper le financement des organismes en question.

« Je suis toujours un peu découragée de voir que tous les organismes en régionalisation au Québec, comme SERY, soient un peu mis de côté dans des gros projets comme ça. On a beau en parler, mais notre représentant au ministère nous dit que c’est comme ça. »