Au lieu de charger la neige dans des camions, Granby a décidé d’expérimenter le soufflage de celle-ci sur certains terrains où un trottoir est dégagé, comme cela se fait à Magog, mais aussi à Sherbrooke, Saint-Césaire, Montréal, Québec, Longueuil et Gatineau.
Au lieu de charger la neige dans des camions, Granby a décidé d’expérimenter le soufflage de celle-ci sur certains terrains où un trottoir est dégagé, comme cela se fait à Magog, mais aussi à Sherbrooke, Saint-Césaire, Montréal, Québec, Longueuil et Gatineau.

Pas juste à Granby, le soufflage de la neige

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
L’annonce récente d’un projet pilote pour le soufflage de la neige à Granby a été accueillie avec froideur par plusieurs citoyens. La résistance a été la même à Magog lorsque cette méthode a été utilisée pour la première fois il y a 10 ans. Mais tous se sont rapidement adaptés, assure le directeur adjoint des travaux publics à Magog, Marc Fortin.

Au lieu de charger la neige dans des camions, Granby a décidé d’expérimenter le soufflage de celle-ci sur certains terrains où un trottoir est dégagé, comme cela se fait à Magog, mais aussi à Sherbrooke, Saint-Césaire, Montréal, Québec, Longueuil et Gatineau. L’objectif: maximiser l’efficacité des opérations de déneigement et diminuer leur impact sur l’environnement.

« On ne réinvente pas la roue. On s’est inspiré de ce que d’autres municipalités font pour l’implanter ici », fait valoir le directeur des travaux publics à la Ville de Granby, François Méthot-Borduas.

Ce dernier précise d’ailleurs que, dans les rues où il n’y a pas de trottoir, la neige est déjà « poussée » sur l’emprise de rue. « Ça va nous permettre d’unifier une procédure qui existe aussi dans les autres secteurs. Mais la neige va être projetée mécaniquement au lieu d’être poussée », souligne-t-il.

L’annonce de ce changement a néanmoins suscité plusieurs craintes et critiques de Granbyens sur les réseaux sociaux.

L’exemple de Magog

La réaction des citoyens a été un peu la même à Magog, lorsque les travaux publics ont commencé à souffler de la neige sur les terrains résidentiels de certains secteurs de la municipalité à l’hiver 2011-2012, se souvient le directeur du service, Marc Fortin.

Cela a même suscité une « levée de boucliers », dit-il.

« On a dû se réajuster. Ça a été un dossier chaud. Mais un peu avec raison, souligne pour sa part le contremaître aux travaux publics de Magog et responsable du soufflage, Sylvain Langlois. On débutait là-dedans et on soufflait un peu partout. Mais on s’est donné des balises et on a restreint nos zones de soufflage. »

S’il devait y avoir une quantité importante de neige, des opérations de chargement et de transport de neige pourraient tout de même avoir lieu, précise le directeur des travaux publics.

M. Langlois affirme qu’une fois la période d’ajustements réalisée, cette méthode a toutefois fait suffisamment ses preuves pour être adoptée définitivement. « C’est beaucoup plus rapide de souffler sur les terrains et, comme il y a beaucoup moins de transport de neige, ce sont des coûts énormes qu’on sauve », dit-il.

Bref, Magog ne reviendrait pas en arrière, assure Marc Fortin. Et les craintes des citoyens se sont amenuisées au fil du temps. « On a fait des études et des suivis après la mise en place de ça. Mais on n’a pas fait mourir d’arbres et le gazon revient toujours vert au printemps », relève Sylvain Langlois.

Lors du soufflage, les déneigeurs de Magog portent une attention spéciale et évitent d’accumuler la neige près des arbres et des entrées des propriétés. Ils laissent un mètre de libre de chaque côté, dit M. Langlois.

Selon lui, les citoyens peuvent par ailleurs, à la fin de l’hiver, mettre dans la rue les petites pierres et le sable qui se retrouvent sur leur propriété. La Ville les ramasse lors du ménage du printemps. Plusieurs Magogois étendent un géotextile sur leur gazon pour faciliter le travail de nettoyage.

Dans une lettre transmise cette semaine par la Ville de Granby aux citoyens, il est aussi suggéré, à ceux qui le souhaitent, d’appliquer un géotextile ou un morceau de jute double épaisseur pour minimiser la présence d’abrasifs sur le terrain.

À Granby, il est déjà permis de mettre les abrasifs (petites pierres) en bordure de rue, dont dans les quartiers blancs, avant le ménage du printemps. Seulement les abrasifs, pas de chaume, feuilles ou autres, précise toutefois François Méthot-Borduas.

Le directeur des travaux publics rappelle en outre qu’il s’agit, pour l’heure, d’un projet pilote. « On va s’adapter rapidement et apporter les changements nécessaires », dit-il.

Aussi, s’il devait y avoir une quantité importante de neige, des opérations de chargement et de transport de neige pourraient tout de même avoir lieu, précise M. Méthot-Borduas.

François Méthot-Borduas, directeur des travaux publics à la Ville de Granby

Les tronçons ciblés pour le soufflage de la neige sur les terrains riverains se trouvent par ailleurs davantage en périphérie du centre-ville, où la capacité de stockage est plus élevée, est-il précisé. Une carte du secteur du projet pilote a été mise en ligne à granby.ca/deneigement.

Environ 70 km, sur les 122,52 km du réseau, pourraient être déneigés avec ce procédé.