«Il faut arrêter de penser que c’est une mode et que c’est juste pour des petits bums», dit Yan Désautels qui souhaite que la pratique de la planche à roulettes soit incluse dans le projet de centre sportif multifonctionnel.

Pas de place pour la planche à roulettes au Centre sportif multifonctionnel

Les amateurs de skateboard aimeraient bien avoir un espace à eux dans le nouveau projet de centre sportif multifonctionnel à Granby. Mais il semble qu’ils devront à nouveau prendre leur mal en patience, selon le président du comité des sports à la Ville, Stéphane Giard.

« Tant qu’à bâtir cette infrastructure-là, elle peut être un peu plus grande et inclure un espace pour le skateboard », lance Yan Désautels, un adepte de planche à roulettes de longue date.

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Celui-ci a en quelque sorte repris son bâton de pèlerin cette semaine lorsqu’il a pris connaissance du projet de centre sportif sur lequel planche la Ville de Granby. Les coûts de la nouvelle infrastructure, projetée près de l’école secondaire J.-H.-Leclerc, sont estimés à 38 millions $. Une demande de subvention de 20 millions $ a été déposée dans le cadre du Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS).

Yan Désautels et d’autres amateurs de planches à roulettes n’ont pas tardé à envoyer des courriels aux élus au cours des derniers jours pour tenter de les sensibiliser à leur cause. « Ce n’est pas l’enthousiasme et le désir d’implication bénévole qui manque de la part des utilisateurs du skatepark de Granby, qui sont d’ailleurs une belle et grande famille! On vous demande l’équivalent d’un 10 000 pieds carrés. On peut trouver des subventions et des commanditaires pour les modules », ont-ils écrit aux élus.

Cela fait plus de 20 ans que Yan Désautels milite pour que les aficionados de planches aient un toit. Ses premières démarches ont malgré tout permis vers la fin des années 1990 l’aménagement du skatepark extérieur, près du centre sportif Léonard-Grondin.

Selon lui, le skate demeure bien « vivant » à Granby, qui fait d’ailleurs office de « ville satellite » pour les adeptes. « Les gens viennent ici pour skater, mais il faut innover dans nos infrastructures. Le skate a évolué et le skatepark a le style des années 1990, 2000. On est rendu en 2020 et on est dû pour autre chose », dit-il.

« Le skateboard va être aux Olympiques. Il faut arrêter de penser que c’est une mode et que c’est juste pour des petits bums. C’est vraiment un sport. Il y a des athlètes. Il faut que les gens soient capables de s’entraîner et de pratiquer leur sport 365 jours par année », ajoute Yan Désautels.

Polyvalence

Le président du comité des sports et conseiller municipal à la Ville, Stéphane Giard, dit être sensible aux demandes et aux arguments de Yan Désautels. Seulement, estime-t-il, le centre sportif multifonctionnel est voué à des usages multiples.

« Ce sont des plateaux multifonctionnels. On peut utiliser le même plateau pour faire du handball, du basket-ball, du volley-ball, du badminton, du pickleball. Mais un skatepark n’a qu’une fonction et ne peut pas être transformé en autre chose. Et on a besoin des quatre plateaux prévus pour avoir des compétitions régionales, provinciales ou nationales, reconnues par les différentes associations sportives. Si j’écoute leur demande, il faudrait enlever des plateaux sportifs pour ajouter un skatepark, mais on perdrait la possibilité d’avoir des tournois majeurs », fait valoir M. Giard en soulignant que le projet a été élaboré pour répondre aux critères du programme de subventions.

La polyvalence des lieux est ainsi au cœur du nouveau projet, selon l’élu. Un large pan de la population, allant de la clientèle scolaire aux aînés actifs, pourrait fréquenter l’endroit, qui prévoit en outre une piste de marche et de course intérieure, en plus d’un stade d’athlétisme extérieur. « On a même dû couper certains éléments qu’on aurait aimé avoir pour arriver au budget de 38 millions $, comme des terrains de volley-ball extérieurs », souligne Stéphane Giard.

Pas délaissés

Ce dernier assure par ailleurs que les adeptes de planche à roulettes ne sont pas « délaissés », comparativement à d’autres. « On comprend la nécessité et le besoin. Mais ce n’est pas parce que c’est aux Olympiques qu’il faut avoir une infrastructure pour accommoder ça. Il y a d’autres sports qui demandent des installations et n’en ont pas. Ça fait des années que des infrastructures d’athlétisme sont attendues. Ils (les jeunes) doivent s’entraîner dans un centre communautaire [NDRL: la nef de l’ex-église St-Benoit] », relève le président du comité des sports.

Bref, dit-il, pour que les projets aillent de l’avant, ils doivent idéalement s’inscrire dans un programme de subvention. Si l’aide financière de 20 millions $ demandée par Granby au PAFIRS devait être refusée, le projet de centre sportif multifonctionnel ne verra pas le jour, a-t-il par ailleurs été précisé.

Cela dit, si un projet privé de skatepark est envisagé à Granby, la Ville est prête à s’asseoir avec les promoteurs, dit Stéphane Giard. « On va voir si on peut les accommoder pour trouver le meilleur terrain avec le zonage nécessaire. On va les accompagner dans leur projet. Mais que la Ville investisse des millions de dollars, sans subvention, pour un sport, c’est plus difficile », dit-il.