La propriétaire de la garderie ne voyait pas comment Mme Plante aurait pu venir chercher son enfant avant la fermeture.

Pas de discrimination, se défend la propriétaire

La mère de Granby s’étant fait refuser une place en garderie pour sa fille parce qu’elle n’avait pas de voiture n’a pas été victime de discrimination comme elle l’affirme, font valoir la propriétaire de la garderie et sa représentante syndicale. Le refus est davantage lié à la situation géographique et à l’horaire de la dame, allèguent-elles.

Les deux responsables en service de garde (RSG) se sont dites « ébranlées » par le reportage publié dans La Voix de l’Est de vendredi.

« Il n’a jamais été question de discrimination », précise la propriétaire de la garderie en milieu familial. Comme elle est pleinement dans son droit de refuser une place de garderie, nous avons choisi de ne pas l’identifier pour éviter qu’elle ne soit harcelée sur les médias sociaux.

Selon Isabelle Ménard, elle-même RSG et déléguée syndicale, sa collègue ne voyait pas comment Mme Plante aurait pu venir chercher son enfant avant la fermeture.

« Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas de voiture, mais plus parce qu’en raison de la distance, elle n’a aucune marge de manœuvre, explique-t-elle. Il ne semblait pas y avoir de solution. »

La garderie en milieu familial est ouverte de 7 h à 16 h 30 ; or, Mme Plante aurait dit à la RSG qu’elle suivait des cours de 8 h à 16 h pour terminer ses études secondaires, rapporte Mme Ménard.

Ce faisant, la propriétaire craignait qu’elle ne soit pas en mesure de venir chercher sa fille à temps. « Oui, dans mon message, j’ai déploré la distance, mais à ce moment-là, je pensais à toute la logistique [pour le déplacement] », commente la principale intéressée.

Par ailleurs, le quartier est peu sécuritaire pour les piétons, allègue la propriétaire de la garderie, qui demeure dans le canton. « L’hiver, ce n’est pas déneigé, il n’y a pas de lumières dans la rue le soir, poursuit-elle. Cette dame-là a fait le choix de ne pas avoir de voiture, et c’est correct, mais ça ne lui rendait pas service de venir chez moi. »

« Ce qui est fâchant, c’est que c’était pour le bien-être de l’enfant et même pour la mère qu’elle a pris cette décision, renchérit Mme Ménard. Quand on s’en est parlé, elle trouvait dommage de ne pas avoir pu l’aider. »

Recontactée par La Voix de l’Est, Mme Plante affirme qu’elle ne fréquente pas l’école à temps plein puisqu’elle a la charge de sa fille à temps plein. « Je n’ai pas encore reçu mon horaire, mais ça ne sera que quelques heures durant la journée. Je ne vois pas ce que ça change si j’ai un cours de deux heures à 13 h », a-t-elle répondu.