Daniel et Robert Vandal sont en deuil d'Isabelle, décédée le 4 février dernier après une longue lutte contre la maladie. Ils espèrent recevoir l'aide du public pour payer les frais funéraires.

Pas d'argent pour payer les funérailles

Une famille de Sainte-Cécile-de-Milton en deuil se résigne à faire appel à la générosité du public pour réussir à payer les frais funéraires d'une de ses membres, emportée par le cancer.
Isabelle Vandal, 44 ans, a finalement rendu les armes le 4 février après s'être battue vaillamment depuis 2010. Son père, Robert, est encore sous le choc.
« Elle ne s'est jamais plainte. Elle a battu tous les pronostics et elle a été une battante. Et elle aurait voulu continuer, je suis convaincu­ », lance l'homme éploré.
« Isabelle n'était pas censée mourir ! Lorsque je suis allé la porter à l'hôpital le 3 février, je m'attendais à la voir ressortir. Elle a tellement connu de hauts et de bas que je m'attendais à la revoir. Je lui donnais des années encore à vivre », laisse tomber tristement Robert Vandal, qui entretenait des liens très forts avec son aînée. 
Seul élément de consolation : Isabelle ne souffre plus. « À un moment donné, l'hôpital m'a appelé pour que j'aille la voir, il était proche minuit. Ça faisait depuis 19 h qu'elle ne bougeait plus. À mon arrivée, je lui ai dit que j'étais là et elle s'est levée pour me serrer. Je lui ai dit qu'elle avait la décision entre ses mains. Que si elle partait, elle verrait la gloire de Dieu et que si elle se battait encore, elle la verrait quand même. Finalement, elle a lâché son dernier souffle, en paix, entourée de toute sa famille et ses proches », raconte-t-il.
« Elle avait dit aux infirmières et aux autres de prendre soin de moi, que j'étais une personne sensible. Ça a été toute une claque de la voir partir », poursuit­ l'homme de 73 ans. 
Les épreuves ont été nombreuses pour Isabelle Vandal. Après un diagnostique de cancer du sein en 2010, des métastases sont apparues sur sa colonne vertébrale, entraînant d'insupportables douleurs. En février 2013, elle a subi une opération au dos et a dû porter un corset, tout en multipliant les traitements de chimiothérapie­ et de radiothérapie.
En décembre dernier, le cancer s'était propagé au cerveau. Son état s'est ensuite dégradé rapidement.
Funérailles
Les funérailles ont été célébrées le 7 février à Sainte-Cécile-de-Milton­. Les différents frais afférents à la cérémonie s'élèvent à 7500 $. 
« Il faut payer le curé, le notaire, le salon funéraire, énumère le père de neuf enfants, aujourd'hui retraité. Au moins, ils sont compréhensifs de la situation et ne nous pressent pas. On leur a assuré que nous allions payer d'une manière ou d'une autre. On va gratter le plus possible pour y arriver. »
À cause de la maladie, Isabelle Vandal vivait de l'assistance sociale. Pas d'autre revenu, et pas la moindre somme de côté. « Nous avons donc une succession sans argent et nous aussi, nous ne sommes pas riches, sans pouvoir aider Isabelle une dernière fois », explique M. Vandal­, qui reçoit sa pension de vieillesse. 
L'idée de lancer une campagne de financement a été lancée par son fils Daniel, à la suggestion de plusieurs personnes. « On ne voulait pas au début, explique le jeune homme, qui a été nommé liquidateur. Finalement, au bout de deux semaines, mon père a accepté. Les options ne sont pas nombreuses pour nous. »
« Au cours de ma vie, j'ai dû apprendre à accepter de recevoir. Ce n'est pas facile pour moi », précise Robert Vandal, avouant que la situation complique son deuil.
Outre ses frères et soeurs et parents, Isabelle Vandal laisse dans le deuil ses fils Michael - âgé de 25 ans et qui est handicapé intellectuel - et Jacob, 7 ans. « C'est vraiment peu de temps avant l'accouchement de Jacob qu'Isabelle a su qu'elle était atteinte d'un cancer du sein », souligne M. Vandal.
Il est possible d'effectuer un don au https://ca.gofundme.com/isabelle.­vandal/ 
Une portion du don sera remis à la Fondation du cancer du sein du Québec, une cause qui tenait à coeur à Isabelle Vandal.
Un baume pour la famille
Petit baume pour sa famille en ces jours sombres : Isabelle a laissé derrière elle un journal de bord qu'elle tenait assidûment. « On ne savait pas qu'elle écrivait. Nous avons découvert une toute nouvelle profondeur qu'elle possédait... Tu ne peux pas savoir à quel point ça aide pour le deuil », confie son père.
« Lorsque Jacob va avoir 18 ans, on va le lui remettre. Ça va lui permettre de connaître sa mère puisqu'il ne l'a pas connue longtemps. Elle disait qu'elle aurait plein de choses à accomplir pour lui... »
Pour la famille, ce cahier vaut de l'or. « Ça a plus de valeur que n'importe quoi. Elle va toujours rester présente, elle l'a écrit », ajoute son père, « qui pensait mourir avant elle ». 
« Ce qui m'aide, c'est de savoir qu'elle ne souffre plus, glisse l'homme âgé. Le deuil reste à faire, mais au moins, elle est bien où elle est présentement. »