Le premier ministre Philippe Couillard en rencontre éditoriale avec La Tribune, mardi.

Paradis conservera l'Agriculture, dit Couillard

« C'est moi qui nomme les ministres et Pierre Paradis va rester ministre de l'Agriculture. Je veux envoyer ce message très clair : ils ont avantage à transiger avec Pierre. »
Le ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis
C'est par un ton catégorique que le premier ministre du Québec Philippe Couillard a réitéré sa confiance envers le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, en table éditoriale à La Tribune. Et ce n'est pas le remaniement ministériel de janvier 2017 qui changera la donne. 
L'Union des producteurs agricoles du Québec (UPA) qui réclame la tête de Pierre Paradis a fait une sortie, mardi, concernant l'impact « plus important » que prévu concernant la réforme administrative du programme de crédit des taxes foncières agricoles (PCTFA). L'UPA soutient que les changements représenteront une hausse de 30 à 40 % des coûts nets pour plus de 80 % des entreprises agricoles. Le syndicat des producteurs agricoles soutient qu'une minorité d'adhérents enregistreront des diminutions du coût de leurs taxes foncières, alors que d'autres subiront des hausses allant jusqu'à 100 %.
« À mon avis, les producteurs agricoles n'ont pas toute l'information sur la question des taxes agricoles. Il y a beaucoup de nouveaux producteurs qui vont avoir accès au programme de remboursement. Environ 2500 petits producteurs qui n'y avaient pas accès vont y avoir droit. Nous n'affaiblissons pas le programme en y investissant 23 millions $ au cours des prochaines années », estime le premier ministre Couillard, qui rappelle que l'Union paysanne présente un son de cloche différent­ de celui de l'UPA.
Il mentionne qu'un expert indépendant sera mandaté pour donner son opinion.
« Je suis certain qu'il va nous rappeler que les producteurs du Québec sont les plus soutenus au Canada par leur gouvernement provincial. Nous allons continuer à soutenir notre agriculture. C'est un régime que nous avons simplifié et que nous avons rendu accessible pour plus de producteurs. Peut-être que l'UPA a été attirée par un élément, soit que nous avons enlevé qu'il fallait être membre de l'UPA et payer sa cotisation pour avoir droit au programme gouvernemental. Il est possible que certaines personnes soient irritées », souligne le premier ministre du Québec.
Rumeurs de remaniement 
Le premier ministre s'est bien gardé de commenter les rumeurs de remaniement ministériel, notamment celles concernant le député de Sherbrooke et ministre de la Culture et des Communications, Luc Fortin, qui pourrait changer de siège ou la députée de Richmond Karine Vallières pressentie pour accéder­ au cabinet ministériel.
« J'ai la chance d'avoir un caucus de l'Estrie très talentueux. Les décisions à prendre sont très délicates. Pierre Moreau revient parmi nous avec plein d'énergie. Je confie des mandats précis à mes députés comme Karine Vallières à la stratégie jeunesse qui l'a animée et communiquée, Guy Hardy avec le centre mère-enfant et Ghislain Bolduc avec la reconstruction de Lac-Mégantic­ avaient aussi des mandats précis », précise le député de Roberval et premier ministre du Québec.
« La plus belle des fonctions demeure celle d'être député. Il faut valoriser ce rôle et nous sommes là pour travailler sur le terrain. Tous les députés ne peuvent pas être ministres. Que l'on soit ministre ou pas, nous portons la voix de nos citoyens », ajoute Karine Vallières.