Panorama des régions du Québec : là où il fait bon vivre

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
En dévoilant son plus récent Paranorama des régions du Québec mercredi, l’Institut de la statistique du Québec nous révèle certaines informations fort intéressantes pour mieux comprendre notre coin de pays. Voici quelques faits saillants sur la Montérégie et l’Estrie.

EMPLOI

Entre 2009 et 2019, 11,6 % de tous les emplois créés au Québec l’ont été en Montérégie, ce qui représente 84 400 postes. Du nombre, un peu moins de 50 000 sont occupés par des femmes et tout près de 35 000 par des hommes.

L’Estrie a pour sa part obtenu 6,8 % des nouveaux emplois de la dernière décennie.

Alors en pleine pénurie de main-d’œuvre, les deux régions jouissent également d’un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale, qui était de 5,1 % l’an dernier. L’Estrie a en effet enregistré un taux de chômage de 4,3 % et la Montérégie, de 4,1 %.

Par contre, seule la Montérégie a un taux d’emploi (62,9 %) plus élevé que celui de la province (61,5 %); le niveau d’emploi de 59,2 % de l’Estrie peut probablement s’expliquer par le fait qu’il s’agit d’une région très prisée des retraités.

L’Institut de la statistique mentionne cependant qu’au cours de la première moitié de 2020, en raison du ralentissement économique généralisé provoqué par la pandémie de la COVID-19, le taux de chômage provincial a grimpé d’environ 5 %, amputant du même souffle le taux d’emploi de 4,5 %.

DÉMOGRAPHIE

La Montérégie est la deuxième région administrative la plus populeuse du Québec. Elle comptait 1,6 million d’habitants au 1er juillet 2019, alors que la province en dénombrait 8 485 000.

L’âge moyen des Montérégiens l’an dernier était le même que celui du Québécois moyen, c’est-à-dire de 42,4 ans. L’âge moyen des Estriens était pour sa part légèrement plus élevé, à 43,8 ans. Cet âge moyen a, tant dans la province que dans les deux régions administratives, crû de trois ans entre 2016 et 2019, signe que la population est vieillissante.

TRANSPORT ÉLECTRIQUE

La Montérégie conserve son titre de grande championne du véhicule électrique, avec tout près de 30 % de ces types de véhicules à travers la province. 

Depuis cinq ans, la région demeure aussi en tête quant au nombre de voitures électriques recensées, qui sont passées de 1390 en 2015 à 19 206 en 2019.

Au Québec, on en dénombrait 5684 il y a cinq ans, et 69 004 l’an dernier. L’Estrie a contribué à l’effort collectif en voyant son parc automobile électrique passer de 245 voitures en 2015 à 3891 en 2019.

Les deux régions administratives, qui comptent l’équivalent de 87,1 (Montérégie) et 84,8 (Estrie) véhicules électriques par 10 000 habitants, tirent toutefois de l’arrière face à Lanaudière, où ce ratio est de 107 voitures électriques pour la même tranche démographique.

En ce qui concerne le nombre de bornes de recharge, la Montérégie arrive bonne deuxième après la métropole, comptant 953 unités.

PIB PAR HABITANT

Le produit intérieur brut (PIB) par habitant a crû de 6,9 % en Estrie cette même année, classant la région parmi celles ayant connu les meilleures augmentations. Sur la période comprise entre 2010 et 2018, le PIB par habitant dans la cinquième région administrative est passé de 30 918 $ à 40 036 $ (+29 %), tandis qu’en Montérégie, il est passé de 31 841 $ à 39 946 $ (+25 %)  au même moment. Le PIB par habitant à l’échelle provinciale est quant à lui passé de 38 675 $ à 48 614 $, une augmentation de 25,6 %.

ÉDUCATION

Les régions de la Montérégie et de l’Estrie comptent parmi celles qui accueillent le plus grand nombre de diplômés universitaires. En effet, ces deux régions comptent respectivement 29 % et 26 % de titulaires d’études universitaires, soit plus d’un citoyen sur quatre.

Avec 20 % de sa population ayant terminé ses études secondaires, la Montérégie jouit également d’un taux de diplomation de base supérieur à la moyenne québécoise, qui est de 17 %. L’Estrie s’en approche avec un taux de 16,3 %.

En Montérégie, 9 % des femmes n’ont aucun diplôme; la statistique grimpe à 14 % chez les hommes. En Estrie, le portrait est sensiblement le même avec des taux de non-diplomation de 9,7 % chez les femmes et de 15,1 % chez les hommes.

HABITATION

Avec une croissance de 3,25 % et de 3,75 % pour les années 2018-2019 et 2019-2020, la valeur moyenne des résidences unifamiliales en Montérégie a grimpé plus vite que la moyenne québécoise, où les hausses des deux dernières années totalisent 6 %. On est loin du compte en Estrie, où les augmentations successives ont été d’environ 1,5 % et de 2 %.

La valeur moyenne d’une résidence unifamiliale au Québec a atteint en 2 020 286 344 $, quelque 27 000 $ de moins que celle d’une résidence en Montérégie, évaluée à 313 346 $. En Estrie, une maison unifamiliale moyenne est estimée à 228 609 $.

Plus précisément, la valeur moyenne d’une résidence unifamiliale dans Brome-Missisquoi a atteint 289 170 $, alors qu’en Haute-Yamaska, elle se situe à 246 838 $. Dans les MRC d’Acton et de Rouville, la maison unifamiliale moyenne est estimée respectivement à 192 332 et 266 777 $.

Pour sa part, la valeur moyenne des copropriétés, tant en Montérégie qu’en Estrie, est bien en deçà de la moyenne provinciale, qui est de 285 663 $. Avec des copropriétés d’une valeur de 213 465 $ et de 200 523 $, on est loin du compte.

Enfin, bien que la Montérégie arrive deuxième en importance dans la province en ce qui a trait aux investissements en immobilisations, l’Institut de la statistique prédit une baisse «notable» de 13,3 % pour 2020.

ÉCONOMIE

La Montérégie fait partie des quatre régions, avec Montréal, Québec et les Laurentides, qui ont compté pour plus de 65 % de la croissance du produit intérieur brut (PIB) du Québec en 2018. Parmi les secteurs économiques qui ont le vent dans les voiles en Montérégie, notons les finances, les assurances et les services immobiliers qui ont connu une hausse de 4,5 % depuis deux ans, de même que les services professionnels, scientifiques et techniques qui ont crû de 3,9 % dans la région.

Les retombées du commerce de gros et celles du commerce de détail représentent des augmentations respectives de 4,6 % et de 5,7 % en Montérégie, où la hausse de 9 % des investissements dans le secteur de la construction la place bonne deuxième sur l’échiquier provincial.

L’Estrie devance toutefois sa voisine dans le secteur de la fabrication, avec une hausse de 10,7 % en 2018 comparativement à 3,8 % en Montérégie.

Du côté de l’élevage et de l’agriculture, on a constaté une baisse de tout près de 2 % en Montérégie, mais une hausse de 5,5 % en Estrie.

TOURISME

Destination touristique par excellence, les Cantons-de-l’Est, qui chevauche l’Estrie et la Montérégie, ont connu une hausse marquée de 4,7 % de leurs unités d’hébergement disponibles entre 2018 et 2019, portant leur total à 1,3 million et leur valant la quatrième place à l’échelle provinciale. Le reste de la Montérégie, avec ses 1,7 million d’unités d’hébergement, les devance d’une place. 

À l’échelle provinciale, la région touristique se classe cinquième avec 131 établissements hôteliers de tous genres.

Sur les quelque 1,3 million d’unités à louer dans les Cantons-de-l’Est, 1 290 786 l’ont été en 2015. Le tout a un peu diminué en 2019, alors qu’on a enregistré 1 255 086 nuitées. D’ailleurs, le taux d’occupation de 46,3 % figure en queue de peloton, devant les régions d’Eeyou Istchee (43,3 %) et de Duplessis (43,4 %), dans le nord du Québec, de même que de Lanaudière (44,4 %).