Dans la région, les employés d’Hydro-Québec ont notamment été aidés par leurs collègues d’Hydro Ottawa.

Pannes d'électricité : Lac-Brome et Sutton parmi les plus touchées

Dans la région, 556 clients d’Hydro-Québec à Sutton, 640 à Lac-Brome et 365 à Dunham étaient toujours privés d’électricité, dimanche à 22 h, selon le site Internet de la société d’État. En Haute-Yamaska, 286 clients de Shefford étaient toujours plongés dans le noir.

Plus largement, 19 998 ménages étaient toujours privés d’électricité en Montérégie dimanche soir, alors qu’en Estrie, ce nombre était de 12 983. Le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, avait assuré en conférence de presse dimanche après-midi que le nombre de personnes dans le noir serait inférieur à 100 000 : ils étaient 93 529 à 20 h.

Sur le terrain, 1400 employés rebranchaient les différents secteurs touchés. Ils étaient accompagnés dans leur travail par des renforts venus du Nouveau-Brunswick, de la ville de Détroit et d’Ottawa. D’autres venant d’ailleurs en Ontario, mais aussi des Maritimes et de l’État du Connecticut étaient attendus lundi, faisant passer le nombre d’effectifs à 1500.

Éric Martel a expliqué dimanche après-midi qu’un rebranchement permettait à 20 clients de retrouver l’électricité dans 70 % des pannes dénombrées à ce moment, ce qui prend donc beaucoup de temps.

Patience de mise

Certains secteurs plus éloignés devront s’armer de patience. Dans certains cas, les pannes pourraient s’étendre jusqu’à mardi soir.

C’est d’ailleurs le cas pour quelques endroits reclus de Sutton. La municipalité a mis des douches à la disposition des citoyens à l’hôtel de ville ainsi qu’un centre de service pour permettre aux gens de se retrouver autour d’un café. Le directeur général de Sutton, Pierre Largy, a confirmé que les effectifs des travaux publics étaient sur le terrain dimanche pour permettre le retour de la circulation sur certains tronçons affectés par la montée des crues.

Le porte-parole d’Hydro-Québec pour la Montérégie et l’Estrie, Philippe Cyr, a confirmé que les régions autour de Granby et de Sherbrooke étaient assez durement touchées par les pannes de courant, mais que c’était aussi le cas dans d’autres régions administratives du Québec.

Une centaine d’écoles du Québec ont également été touchées par des pannes et une vingtaine d’entre elles seraient toujours sans électricité. Plusieurs établissements pourraient donc demeurer fermés lundi.

En matinée, dimanche, le porte-parole d’Hydro-Québec Cendrix Bouchard suggérait aux gens privés de courant de trouver refuge chez des proches.

« Si des gens ont la possibilité de se rendre chez des membres de la famille ou encore de quitter leur résidence, c’est une bonne idée de le faire. Cependant, il faut être conscient que l’on continue de travailler dans l’optique de tenter de rebrancher tout le monde le plus rapidement possible », a-t-il proposé.

Au plus fort de la crise, 990 000 foyers, commerces et entreprises étaient touchés par ces pannes. Le premier ministre François Legault a parlé de « la pire situation depuis la fameuse crise du verglas de 1998 », lors d’une conférence de presse samedi.

Les vents ont cassé des branches d’arbres qui sont entrées en contact avec le réseau électrique à 2500 points, a expliqué le porte-parole.

— Avec La Presse canadienne


LA SOLIDARITÉ CONTRE LES ÉLÉMENTS

Parmi les témoignages recueillis par La Voix de l’Est, une constante se dégage : pour traverser la tempête, les gens font preuve de solidarité. 

La Suttonnaise Sabine Boisvert-Garceau vit en dans une résidence multigénérationnelle sur la rue Academy, près de la rue Highland, et son secteur était toujours privé d’électricité dimanche après-midi, et ce, depuis vendredi matin. « Au départ, on a sorti les chandelles et on se sentait en camping, mais quand est venu le temps des douches et de la cuisine, c’était plus compliqué. Vendredi soir, nous sommes allés à Granby [...] et on désirait souper au restaurant. On est parti quatre adultes et un bébé en voiture, mais les restaurants étaient tous plein ou fermés. Les 24 premières heures ont été les plus difficiles, mais maintenant, on se porte bien », témoigne-t-elle. 

L’eau a tendance à s’infiltrer dans le sous-sol et, dépourvue d’électricité, la pompe ne fait plus le travail et une odeur d’humidité s’est installée. 

Des amis et des membres de leur famille les ont accueillis pour souper et se doucher. Les voisins, chez qui le courant est revenu, leur ont offert de se servir de leur électricité s’ils étaient dans le besoin. « Il y a beaucoup d’entraide dans la communauté et c’est bon pour le moral », estime-t-elle. 

Stéphanie, aussi de Sutton, était dans le même état d’esprit lorsqu’elle s’est retrouvée sans courant vendredi. « La première soirée, j’ai trouvé ça cute, j’aime faire du camping et comme j’ai un foyer c’était pas si froid. J’ai reçu une amie et on a cuisiné avec l’équipement de camping dehors, c’était drôle », raconte-t-elle.

Mais le temps avance et elle s’inquiète de ses provisions pour l’hiver qu’elle garde dans son congélateur. Des amis ont accepté de mettre sa nourriture dans leur congélateur. « C’est beau de voir une communauté solidaire », conclut-elle. Le courant est revenu chez Stéphanie à 9h dimanche matin. 

Granby

Au 94, rue Saint-Charles Sud, à Granby, une douzaine de victimes des pannes d’électricité venaient tout juste de quitter lorsque La Voix de l’Est a rencontré Karine Darcy, la directrice générale d’Aide, conseils et assistance aux familles québécoises. Elle a décidé d’ouvrir les portes de cette ancienne résidence pour aînés afin que les gens dans le besoin aient accès à des douches, des réfrigérateurs, des congélateurs et du café. 

« J’ai une trentaine d’unités libres qui ne servent pas actuellement, avec des douches, des lits, de l’eau courante et de l’électricité », explique-t-elle. Depuis le début des pannes, une vingtaine de personnes sont venues profiter des services le temps que le courant soit rétabli dans leur secteur. 

« Le plus difficile, c’est de faire savoir aux gens que l’aide est disponible, puisque sans électricité, ils n’ont pas internet ni la télévision, indique Karine Darcy. On a communiqué avec les policiers pour leur dire que nous avions de la place pour accueillir des gens s’il y avait des cas plus urgents. » C’est par les réseaux sociaux que le message est principalement passé.