La victime est morte asphyxiée sous un tas de grains similaire à celui-ci, disposé sur les lieux de l’accident lors d’une simulation­ faite par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Ouvrier agricole asphyxié: une procédure déficiente

Une organisation du travail déficiente est à blâmer dans la mort d’un ouvrier agricole survenue sur une ferme de Marieville, en novembre 2018.

Réjean Sirois, un homme d’une soixantaine d’années originaire de Saint-Jean-Baptiste, assistait un collègue camionneur lors d’une manœuvre de recul et de déchargement de grains de maïs à la ferme DG Noiseux.

Il se trouvait à côté du véhicule lourd lorsqu’il a avisé le conducteur qu’il pouvait déverser son contenu sur le sol du plan de séchage. 

Mais lorsque le camionneur a actionné la benne basculante, l’ouvrier n’était plus visible. Pour une raison inconnue, il s’était déplacé derrière le camion.

« Se trouvant dans la trajectoire du maïs, il a été complètement enseveli », indique la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dans les conclusions de son enquête parues mardi à propos de cet accident de travail. « Il a été asphyxié sous le grain. »

Ne le voyant plus après avoir terminé son déchargement, le camionneur est parti chercher d’autres grains et ce n’est qu’à son retour au plan de séchage qu’il s’est mis à la recherche de son collègue.

« M. Sirois a été retrouvé plus tard par son employeur, qui avait lui aussi entrepris des recherches sur le site, poursuit la CNESST. Les services d’urgence ont été appelés sur les lieux et le décès de M. Sirois a été constaté au centre hospitalier. »

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L’ouvrier n’aurait jamais dû se placer dans la trajectoire du déchargement lors de l’ouverture de la porte de la benne, dit l’organisme. De plus, « l’organisation des tâches liées au déchargement du maïs au plan de séchage était déficiente puisqu’aucune mesure n’était en place pour empêcher l’accès à l’arrière de la benne basculante lors de ce type d’opérations ».

L’entreprise du chemin du Ruisseau-Saint-Louis Est a depuis élaboré une procédure de travail sécuritaire et en a informé ses employés.

« Par la loi, l’employeur [la Ferme DG Noiseux] est tenu de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique de ses travailleurs, dit la CNESST. Il a également l’obligation de s’assurer que l’organisation du travail ainsi que les équipements, les méthodes et les techniques pour l’accomplir sont sécuritaires. »

« Les travailleurs doivent faire équipe avec l’employeur pour repérer les dangers et mettre en place les moyens pour les éliminer ou les contrôler. »

Les conclusions de l’enquête de la CNESST ont été transmises aux associations de camionnage et de production agricole ainsi qu’aux établissements de formation liés à ces domaines.