Stéphane Prévost, DG de RHHY, et Jessica Brouillette, responsable de la Maison Oxygène des Yamaska, ont annoncé l’ouverture de la nouvelle maison d’hébergement pour les pères et leurs enfants.
Stéphane Prévost, DG de RHHY, et Jessica Brouillette, responsable de la Maison Oxygène des Yamaska, ont annoncé l’ouverture de la nouvelle maison d’hébergement pour les pères et leurs enfants.

Ouverture d’une maison d’hébergement pères-enfants à Granby

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
La Journée internationale de l’homme a été soulignée de belle façon jeudi à Granby avec l’ouverture de la Maison Oxygène des Yamaska. Cette nouvelle ressource permettra de répondre à un besoin en hébergeant des pères en détresse et leurs enfants, souligne la responsable de l’endroit, Jessica Brouillette.

Des maisons d’accueil existent déjà à Granby pour les hommes, comme le Joins-toi, l’Auberge sous mon toit ou le Passant, souligne-t-elle. «Mais ils ne peuvent pas amener leurs enfants là-bas. Les papas en difficulté avaient besoin d’une place, avec leurs enfants, pour se reprendre en main», a expliqué Mme Brouillette, lors de la conférence de presse tenue pour souligner l’ouverture de la maison.

L’événement s’est déroulé dans les bureaux de l’organisme Ressources pour hommes de la Haute-Yamaska (RHHY), à l’origine du projet. L’emplacement exact de la nouvelle maison, qui a récemment accueilli sa première famille, n’est pas dévoilé pour une question de confidentialité, alors que l’endroit sera appelé à devenir un «milieu de vie» pour des enfants. Il est toutefois précisé qu’elle est située dans le secteur de l’école primaire Ave-Maria.

La Maison Oxygène des Yamaska est par ailleurs la 14e Maison Oxygène à ouvrir ses portes au Québec. Uniquement cette semaine, trois maisons de ce type se sont ajoutées au réseau. Outre celle de Granby, les pères et leurs enfants auront aussi un toit à Saint-Jérôme et à Alma. «C’est un pas de géant pour les pères du Québec», s’est réjouie la directrice générale du réseau des Maisons Oxygène, Christine Fortin.

Les familles pourront échanger dans les aires communes de la Maison Oxygène, comme la cuisine.

Consolider

Concrètement, ce type de ressource vise à permettre aux pères de la Haute-Yamaska, mais aussi de Brome-Missisquoi, de surmonter différentes épreuves (séparation, perte d’emploi, difficultés familiales, etc.), tout en conservant la garde, partagée ou exclusive, de leurs enfants. Pères et enfants peuvent y séjourner de façon temporaire pour une durée variable, qui peut parfois s’étirer jusqu’à quelques mois.

Un soutien (matériel, individuel, à l’ancrage social et à l’exercice de la parentalité) et un suivi sont offerts sur place.

Des pères qui n’ont pas la garde de leurs enfants, mais qui souhaitent reprendre contact avec eux, peuvent aussi faire appel aux services de la Maison Oxygène. «Nous n’acceptons que des pères qui veulent avoir nos services dans un contexte volontaire», souligne Jessica Brouillette.

La capacité d’accueil de la maison est appelée à augmenter au fil de l’obtention des subventions. Pour l’heure, deux chambres sont offertes à autant de familles. À terme, jusqu’à sept familles pourront y demeurer. Des rénovations seront toutefois nécessaires pour atteindre ce but.

Une intervenante, Jessica Brouillette, oeuvre actuellement à la Maison Oxygène et offre le soutien nécessaire. Mais le nombre d’intervenants est aussi appelé à augmenter.

«Il vaut mieux avoir une maison que de ne pas en avoir du tout. On ouvre petit. (...) À mesure que le financement va arriver, on va pouvoir engager d’autres intervenants et ouvrir des chambres additionnelles», souligne le directeur général de RHHY, Stéphane Prévost.

Pour le moment, deux chambres sont offertes pour autant de familles. Mais ce nombre devrait grimper jusqu’à sept.

Résilience

Chose certaine, Ressources pour hommes de la Haute-Yamaska aura su faire preuve de persévérance et de résilience. L’organisme avait ciblé une maison de la rue Déragon à l’été 2019. Comme des citoyens du secteur avaient manifesté des craintes lors des démarches de changement de zonage, le projet avait temporairement été mis sur la glace.

Des efforts ont ainsi été déployés pour trouver un nouveau site. Ce qui n’a pas été simple, dit M. Prévost. Le zonage devait non seulement être adéquat, mais le vendeur de la résidence devait être prêt à patienter jusqu’à un an avant de finaliser la transaction, soit le temps pour l’organisme de boucler le dossier avec les autorités gouvernementales.

Ces dernières formalités sont en voie d’être complétées, mais la pandémie a ralenti le processus. La Maison oxygène est locataire, pour le moment. Mais elle est appelée à en devenir propriétaire.