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215 paires de chaussures d'enfants sur les marches de la Vancouver Art Gallery, en souvenir des 215 enfants dont les restes ont été retrouvés enterrés sur le site d'un ancien pensionnat à Kamloops, à Vancouver, le vendredi 28 mai 2021.
215 paires de chaussures d'enfants sur les marches de la Vancouver Art Gallery, en souvenir des 215 enfants dont les restes ont été retrouvés enterrés sur le site d'un ancien pensionnat à Kamloops, à Vancouver, le vendredi 28 mai 2021.

Ottawa crée la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada

Christopher Reynolds
La Presse canadienne
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Les députés de la Chambre des communes ont adopté, vendredi, un projet de loi entraînant la création de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada.

Les élus ont accepté à l’unanimité de passer outre le débat sur le projet de loi C-5 afin d’accélérer la procédure et envoyer le tout directement au Sénat.

Cette nouvelle loi a pour but de créer un nouveau jour férié au pays en mémoire des victimes et des survivants des pensionnats autochtones.

Le tout coïncide avec la confirmation de la découverte, jeudi, des corps de 215 enfants autochtones enterrés dans une fosse commune sur le site de l’ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Cette nouvelle tentative d’adopter une journée nationale fait suite à celle du NPD qui avait déposé un projet de loi semblable en 2017. La procédure avait toutefois échoué au Sénat deux ans plus tard.

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déclaré plus tôt vendredi qu’»aujourd’hui serait un jour parfait pour adopter le projet de loi C-5» en invitant les parlementaires à agir.

S’il est officiellement adopté, ce jour férié apparaîtrait au calendrier le 30 septembre. Tous les travailleurs sous régulation fédérale profiteraient alors d’une journée de congé.

L’Église catholique et le gouvernement fédéral ont créé le système des pensionnats autochtones dans les années 1880 et l’ont exploité pendant plus d’un siècle. L’objectif était de convertir et d’assimiler les enfants autochtones. Des abus physiques et sexuels ont aussi été commis à répétition sur ces enfants dont des milliers sont morts dans les pensionnats.

Le dernier établissement du genre a fermé ses portes à Punnichy, en Saskatchewan, en 1996.

Le ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, qui parraine le projet de loi, a tracé un lien direct entre la décision des parlementaires d’accélérer son adoption et l’horrible découverte de la fosse commune par la Première Nation Tk’emlúps te Secwépemc.

«Inhumés sans leur nom et loin des leurs. Des familles déchirées, des histoires inconnues, des deuils figés. Commémorer la tragédie des pensionnats autochtones doit aller au-delà des mots. Je remercie mes collègues d’être passés à l’acte en faisant adopter le projet de loi C-5», a écrit le ministre dans un message publié sur Twitter.

Cette journée aidera à sensibiliser la population «aux horreurs du passé».

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, a déclaré plus tôt vendredi qu’»aujourd’hui serait un jour parfait pour adopter le projet de loi C-5» en invitant les parlementaires à agir. Il les a plus tard remerciés pour ce geste.

La députée du Parti vert, Jenica Atwin, a fondu en larmes lors de la troisième lecture au moment où elle faisait le lien entre l’héritage du colonialisme et la myriade de défis auxquels font face les Autochtones aujourd’hui.

Pour elle, cette journée aidera à sensibiliser la population «aux horreurs du passé».

De son côté, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a souligné que cette journée nationale marquait un autre pas vers l’objectif de corriger les erreurs du passé liées aux pensionnats qu’il a qualifiés de «tragédie nationale née du colonialisme et perpétuée par le racisme systémique».